Bilan d'avril : entre chaud et froid

Avril a démarré sous des auspices quasi-hivernaux, dans la continuité du mois de mars. Mais les conditions météo ont fini par basculer vers des températures beaucoup plus clémentes sur l'ensemble du pays.

La première décade d'avril a été particulièrement froide cette année (mais loin derrière début avril 1975), avec même quelques records de froid dans le nord-ouest : il n'a pas fait plus de 4,3 degrés à Rennes dans l'après-midi du 5 avril, valeur qui bat d'un cheveu les 4,4 degrés du 7 avril 1986.

L'orientation du flux à l'ouest puis au sud entre le 10 et le 15 a ensuite occasionné une hausse spectaculaire des températures. La France a même connu un de ses 14 avril les plus chauds avec 25 degrés et plus sur les trois-quarts du pays, valeurs que l'on retrouve habituellement en plein coeur de l'été.

Aucun record de chaleur ce mois-ci (les mois d'avril 2007 et 2011 ont, semble-t-il, posé la barre trop haut !), mais on ne compte pas moins de trois jours de chaleur (25 degrés et plus) en moyenne, y compris au nord de la Loire, ce qui est remarquable et rare en avril (on reste loin toutefois des 10 jours de chaleur d'avril 2007).

La troisième décade est restée plus proche des normales ou faiblement excédentaire.

Au final, l'écart thermique moyen national est de -0,1 degré en avril sur le pays. Le froid de la première décade a donc été largement compensé par la douceur, voire la chaleur qui a suivi. Nous avons donc connu un mois d'avril parfaitement conforme à la moyenne 1981-2010.

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Les extrêmes du mois sont : -6,4 degrés à Charleville-Mézières le 7 pour le pic de froid ; +32,1 degrés à Socoa le 17 pour le pic de chaleur.

Des précipitations mal réparties

Globalement déficitaires des côtes de la Manche au Bassin Parisien, au plus près de l'anticyclone nordique encore récurrent, les précipitations ont été le plus souvent excédentaires sur notre pays en avril.

Il n'est tombé par exemple que 17 mm à Paris, soit le tiers de la normale mensuelle. Ailleurs, en dehors du Bordelais et du Roussillon qui ont reçu moins d'eau que d'habitude, les quantités de précipitations ont été importantes, au gré des perturbations et des orages de la fin du mois. Il est tombé jusqu'à 145 mm à Chambéry (normale 92 mm), ce qui reste loin néanmoins du record d'avril 1983 et ses 243 mm !

En moyenne nationale, la France a reçu 72 mm le mois dernier, soit un excédent de 14% par rapport à la normale 1981-2010 (calculée sur 140 stations). A titre de comparaison, le mois d'avril le plus sec date de 1955 ( 7 mm en moyenne nationale ! ) et le plus pluvieux fut avril 1998 et ses 130 mm !

Un soleil encore un peu paresseux 

L'astre du jour n'a pas encore été très vaillant en avril, notamment des frontières de l'est aux régions centrales jusqu'aux côtes méditerranéennes où le déficit est marqué. Les chiffres sont plus conformes ailleurs, avec même un bon ensoleillement le long de la Manche et de l'océan.

Le soleil a brillé 164 heures en moyenne sur la métropole en avril au lieu de 182 heures en temps normal, soit un petit déficit de l'ordre de 10%. Avril 2013 a été plus ensoleillé que 2012 (140 heures) et surtout 1986 (124 heures seulement). Avril 1997, le plus ensoleillé sur notre pays, comptabilisait 273 heures en moyenne nationale ! 

On retiendra en outre quelques chutes de neige en début de mois dans le nord-ouest et... en toute fin de mois le 27 dans l'est (Lyon, Saint-Etienne), deux jours seulement après un pic de chaleur (25 à 27 degrés) ! 

Le "ressenti humain" a encore mal interprété ce mois d'avril 2013, souvent considéré froid et humide par les Français, impression sans doute laissée par un hiver qui semblait s'éterniser entre mars et début avril. Finalement, nous avons connu un mois d'avril très classique, normal en températures, un peu plus arrosé que la moyenne et un peu plus sombre, sans excès. Les fortes variations de températures sur des laps de temps très courts ont parfois éprouvé nos métabolismes... mais auront permis de connaître les premiers jours de chaleur, très... précoces cette année après un froid pourtant tardif.

Frédéric Decker, MeteoNews

France : des intempéries dès vendredi

L'hiver a eu du mal à nous quitter, mais le printemps a fini par s'installer plus ou moins depuis deux semaines sur la France. Mais ne crions pas victoire trop tôt : une franche dégradation et un net rafraîchissement sont attendus dès vendredi et pour plusieurs jours sur l'ensemble du pays. 

Après deux journées ensoleillées et chaudes (ce mercredi et jeudi), à la faveur d'une dorsale anticyclonique alimentée en ai chaud, les conditions météo vont radicalement changer dès vendredi. 

Dans la nuit de jeudi à vendredi déjà, une dépression gagnera les Baléares, occasionnant une dégradation pluvieuse sur les régions proches de la Méditerranée où des pluies se produiront. Ce front remontera sur une large partie sud et est du pays vendredi, apportant des pluies orageuses intermittentes parfois copieuses. Dans le même temps, un front froid venu des îles Britanniques envahira la moitié nord, apportant des pluies. Les contrastes thermiques augmentant (air chaud et humide méditerranéen, air froid plus sec venu du nord), la masse d'air va très vite se déstabiliser partout. Les températures chuteront sévèrement, d'une dizaine de degrés sur le quart nord-ouest en particulier (25 degrés au Mans jeudi, 14 degrés vendredi). 

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Les pluies vont s'acharner sur les mêmes régions samedi, à savoir un large tiers sud-est du pays. Le reste du pays ne sera pas épargné, mais les pluies seront plus modestes.

L'air froid gagnera les régions de l'est samedi. L'omniprésence des précipitations et d'une importante couverture nuageuse va engendrer un refroidissement sepctaculaire sur tout le flanc est du pays, où le mercure peinera à atteindre les 10 degrés, avec même 7 à 9 degrés en général au coeur d' l'après-midi, contre 18 à 23 degrés la veille, soit une chute d'une quinzaine de degrés ! 

Dimanche, le front remontera un peu plus au nord et à l'ouest. Les régions de l'est regagneront près de 10 degrés (advection d'air doux) et les précipitations seront moins importantes. 

Sur ces trois jours (de vendredi à dimanche), les quantités de pluie seront donc souvent très élevées des Pyrénées aux Alpes jusqu'à la Franche-Comté, pouvant ainsi occasionner des inondations ou des coulées de boue par endroits. 

Le début de semaine prochaine restera très instable sur les deux tiers sud-est du pays, puisque pluies et orages donneront à nouveau des quantités de pluies pouvant être importantes. L'humidité et l'instabilité devraient ensuite reculer progressivement, mais il faudra tout de même compter sur pas mal d'averses et une certaine fraîcheur au moins jusqu'en fin de semaine prochaine.

Frédéric Decker, MeteoNews

La fonte de l'Arctique va-t-elle mener à des hivers beaucoup plus froids en Europe ?

Cette question m'a été posée par le site d'infos "atlantico.fr". Voici l'intégralité de l'interview :

Atlantico : Ce mois d’avril est le plus froid que les îles britanniques aient connu depuis près de 100 ans. Le Met Office, équivalent de Météo France, met en garde contre un refroidissement climatique  qui pourrait être dû à la fonte des glaces dans l’océan Arctique et qui affecterait le jet stream, ce courant d’air chaud qui nous arrive de l’ouest. Les températures sont telles (-11,2°C le 2 avril sur la côte Est écossaise) que le Dr Julia Singlo, du Met Office, appelle de ses vœux une réunion d’experts du monde entier. Ces périodes particulièrement froides peuvent-elles effectivement être dues à la fonte des glaces ?

Frédéric Decker : En préambule, je précise que suite à diverses études et recherches personnelles, je suis plutôt à contre-courant des annonces du Giec et autres climatologues, et je vais m'en expliquer.
Le climat est une machine extrêmement complexe, dont certaines subtilités nous échappent encore. Bien sûr, nous progressons dans cette compréhension du climat, mais les résultats récents (réchauffement globalement moins rapide que prévu sur la dernière décennie) démontrent bien que nous avons encore beaucoup à apprendre en prenant en compte notamment les effets naturels tels que l'activité solaire ou encore les échanges énergétiques océans-atmosphère.

N'étant qu'au 15 avril, on ne peut pas encore affirmer qu'avril 2013 est le mois d'avril le plus froid connu sur les îles Britanniques. Nous en saurons davantage au 1er mai. Même en ne prenant que ces 15 premiers jours d'avril, il ne s'agit pas du plus froid : avril 1922 et 1917 (depuis 1900) ont été plus froids, et nul doute que la moyenne d'avril 2013 va grimper au moins un peu en seconde quinzaine, d'autant que la douceur qui règne depuis quelques jours va persister jusqu'à jeudi, avant de céder la place à de l'air plus frais. Mars n'a pas été le mois de mars le plus froid non plus, même s'il fallait remonter à 1962 pour trouver un mois de mars au moins aussi froid sur les îles Britanniques.

La mise en garde faite par le Met Office, concernant un refroidissement climatique, a déjà été faite à la fin du long hiver 2005/2006. Mais les deux hivers suivants, exceptionnellement doux, ont fait tomber cet effet d'annonce dans les oubliettes. On ne peut pas tirer des conclusions hâtives sur l'évolution du climat à partir d’une anomalie ponctuelle. Sa récurrence, en revanche, pourrait obliger à se pencher sur le sujet. Or, sur ces dernières années, douceur et froid ne présentent pas d'anomalies particulières, alternant équitablement d'un hiver à l'autre.

La fonte des glaces risque d'avoir des conséquences, mais lesquelles ? Nous n'avons aucune certitude, uniquement des théories. La fonte record (avant 2012) de 2007, par exemple, avait été suivie d'un hiver particulièrement doux en Europe, ce qui peut paraître contradictoire par rapport à cette annonce du Met Office.

Le réchauffement, mesuré depuis les années 1970, est avéré mais ne signifie pas que le froid va disparaître. Les vagues de froid devraient simplement être globalement moins fréquentes et moins fortes qu'auparavant (comme on le constate d'ailleurs déjà depuis 1988). Mais cela n'empêchera pas, ponctuellement, de battre des records de froid comme ce fut le cas en mars ou début avril.

Les périodes froides du passé étaient, semble-il, davantage liées à une forte baisse de l'activité solaire (notamment pendant le petit âge glaciaire), à la variation de l'inclinaison de la terre et, tout simplement, à la variabilité naturelle du climat terrestre, climat qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'est pas linéaire.

Arctique

L'Europe entière doit-elle s’attendre à des hivers de plus en plus rudes ? Ce phénomène pourrait-il rester confiné à la partie nord du continent ?

Cette théorie a déjà été envisagée à maintes et maintes reprises. A la fin des années 1970, après une longue période de rafraîchissement du climat (de l'après-guerre à 1980), les climatologues de l'époque affirmaient que l'Europe entrait dans une nouvelle période glaciaire, que les hivers seraient de plus en plus rudes, etc. Il n'en fut rien, bien au contraire : après trois hivers certes très froids (de 85 à 87), nous avons au contraire connu un brutal réchauffement, en toutes saisons, y compris en hiver (peu d'hivers froids depuis).

On ne peut donc absolument rien affirmer à ce sujet. Le nord de l'Europe ne présente aucun signe de refroidissement ces dernières années et ces derniers hivers. D'ailleurs, ces climatologues, en parlant du nord de l'Europe, ont dû oublier l'Islande. Cette île a en effet connu son deuxième hiver le plus doux de son histoire... cette année !

Est-on en mesure de prévoir la durée de ce refroidissement ? Faut-il craindre un « petit âge glaciaire » ? Quelles seraient les conséquences concrètes sur nos vies, et les moyens à mettre en œuvre pour s’y adapter ?

On ne peut pas parler de refroidissement pour le moment. Il faudrait une anomalie récurrente pour cela, ce qui n'est pas le cas. Le petit âge glaciaire (de 1350 à 1850 environ), parlons-en : il était très probablement dû à une baisse de l'activité solaire. Il faisait suite à l'optimum médiéval (800-1300), période climatique chaude, aussi chaude, voire plus chaude qu'actuellement selon certaines recherches.

Durant ce petit âge glaciaire, les températures étaient 1,5 à 2 degrés inférieures à celles d'aujourd'hui. Les saisons et les hivers étaient globalement plus froids qu'actuellement, avec des vagues de froid fréquentes et plus intenses que de nos jours. Toutefois, la fameuse variabilité naturelle n'a pas empêché de connaître, en plein petit âge glaciaire, des hivers exceptionnellement doux, presque sans gel et sans neige en France et en Europe...

En climat comme en météo, prendre de tels raccourcis me paraît peu sérieux. Le climat, on l'a vu, se réchauffe et se refroidit indépendamment de l'activité humaine. On ne s'explique pas encore très bien pourquoi le climat en Europe et dans le monde s'est refroidi de l'après-guerre à 1975, en pleine explosion démographique et industrielle... avant de connaître le brutal réchauffement que nous subissons encore.

La France et l'Europe Occidentale ne peuvent pas connaître des hivers du type de ceux de Montréal pour une bonne et simple raison : leur position à l'ouest d'un continent. La force de Coriolis due à la rotation de la planète déplace les masses d'air d'ouest en est... Avec l'Océan Atlantique à l'ouest de notre position, son effet adoucissant restera présent, fonte des glaces ou non, activité solaire basse ou non. Paris restait beaucoup plus chaud que Montréal en plein hiver durant le petit âge glaciaire malgré quelques pics de froid remarquables à l'époque, et cela ne changera pas.

Un refroidissement climatique reste tout à fait possible pour des raisons naturelles : chute de l'activité solaire ou explosion volcanique (un épais nuage de cendres empêcherait le soleil de réchauffer la planète). De grosses éruptions ont déjà refroidi la planète sur 1 à 3 ans en 1815-1817, 1883-1885 et 1991-1993.

Les conséquences d'un refroidissement seraient très négatives : baisse des rendements agricoles, famines, pauvreté, crise (ce fut le cas un peu partout durant le petit âge glaciaire ; les conditions climatiques ont largement contribué à la Révolution Française par exemple)... à l'inverse de l'optimum médiéval qui a permis, entre autres, de conquérir des contrées nordiques (notamment le Groenland, "pays vert"), d'ériger des cathédrales, ou encore d'effectuer d'excellentes récoltes céréalières, fruitières et même viticoles jusqu'en Angleterre !

Pour finir, j'ajouterai qu'il faut se méfier des "effets d'annonces" de certains instituts. Certains annonçaient en effet, au début des années 2000, une humidification de l'Europe du Nord et de la France (car nous avions connu 3-4 années très arrosées)... c'est ensuite la sécheresse qui s'est installée ! Ces instituts ont alors retourné leur veste, annonçant un assèchement des mêmes régions... Suite aux hivers non-hivernaux des années 1990 à 2002, la quasi-absence de vagues de froid était annoncée... c'est aujourd'hui le contraire qui est annoncé après quelques vagues de froid ces 3-4 derniers hivers. C’est un avis personnel, mais tirer des conclusions d'une anomalie de 3-4 ans ou moins me semble peu sérieux, et tomber systématiquement dans le catastrophisme également. Par définition, notre climat n'est pas linéaire et connaît régulièrement des périodes climatiques extrêmes (grands froids, canicules, sécheresses, inondations). Cela a toujours été le cas, c'est encore le cas et cela restera ainsi...

France : Après le froid, le chaud

Un mois après des records de froid, après un mois de mars hivernal et un début avril qui prenait la même direction, les conditions météorologiques ont radicalement changé en quelques jours, passant du froid au chaud. 

L'anticyclone nordique coincé dans une situation de blocage, avec son air très froid, a fini par flancher. Une dorsale anticyclonique, méditerranéenne cette fois-ci, accompagnée d'un flux de sud-sud-ouest rapide en altitude, a permis à de l'air très chaud venu des tropiques de remonter brutalement vers nous ce week-end. 

Entre samedi et dimanche, le mercure a connu une hausse brutale de plus de 10 degrés, notamment au nord de la Loire. Un tel sursaut du thermomètre en 24 heures à peine est très rare : il s'agit de la hausse en 24 heures la plus rapide par exemple à Orly pour atteindre un jour de chaleur – plus de 25 degrés - depuis au moins 1946. 

Sans surprise, c'est dans le sud-ouest que les thermomètres ont atteint des sommets, avec quelques valeurs supérieures à 30 degrés : 30,3 degrés à Sabres (Landes), 30,4 degrés à Belin (Gironde), Rion-des-Landes (Landes), la Pointe de Socoa (Pyrénées-Atlantiques) et Aicirits (Pyrénées-Atlantiques), 30,5 degrés à Capbreton (Landes) et 30,8 degrés à Dax (Landes). Ces valeurs établissent souvent des records quotidiens, voire pour une mi-avril (record quotidien de 29,6 degrés à Biarritz, largement devant les 23,8 degrés du 14 avril 2006). En revanche, aucun record mensuel n'est tombé. 

La douceur va persister jusqu'à jeudi, avec notamment une nouvelle pointe de chaleur mercredi puisque les thermomètres pourront à nouveau atteindre ou dépasser les 30 degrés dans le sud-ouest, près de 25 degrés à Paris, Rennes et Nevers, 26 à Bourges et Limoges, 27 à Poitiers et Avignon, 28 à Cahors, 29 à Agen et jusqu'à 30 degrés de Bordeaux au Pays Basque. 

La fin de la semaine s'annonce en revanche beaucoup plus fraîche avec un retour aux normales saisonnières, voire des valeurs légèrement inférieures. On peut même craindre quelques gelées blanches dimanche matin (à confirmer), ce qui est toutefois assez courant encore en deuxième quinzaine d'avril. 

Le printemps est traditionnellement la saison des changements de temps brutaux. Chauds et froids peuvent se succéder très vite sur nos régions. Rappelons que les 25 degrés avaient été atteints beaucoup plus tôt en 1955, dès le 25 mars... au coeur d'un des mois de mars les plus froids que la France ait connu ! A l'inverse, neige et gelées ont surpris le... 1er mai 1945 au nord de la Loire (10 cm de neige en région parisienne) au cours d'un des printemps les plus chauds de l'histoire (plus de 25 degrés en avril et 30 degrés une semaine après la neige). Bref, nous connaissons des extrêmes qui font tout simplement partie de la variabilité naturelle de notre climat.

Frédéric Decker, MeteoNews

Un mois de mars quasi-hivernal

Cela n'aura échappé à personne : mars 2013 a prolongé l'hiver, plus particulièrement sur le tiers nord du pays avec des conditions froides et parfois neigeuses.

Un mercure sérieusement en berne

Des hautes pressions bloquées sur le nord de l'Europe ont engendré un temps bien froid sur une large moitié nord du pays, surtout vers les frontières du nord-est où le déficit tourne autour de 3 degrés (jusqu'à 3,3 degrés de déficit à Phalsbourg). Le déficit se réduit ensuite à mesure que l'on se dirige vers l'ouest et surtout le sud. Les régions méridionales ont même connu un léger excédent (jusqu'à +1,6 degrés tout de même en Corse).

Au final, l'écart thermique moyen national de mars 2013 est de -1,3 degrés. Malgré un déficit finalement assez modéré à l'échelon de la France entière, il faut remonter à mars 1987 pour trouver un déficit aussi marqué (-2,4 degrés cette année-là). Mais l'anomalie vient davantage de l'absence de mois de mars froid de 1988 à 2012 inclus : la plupart ont été normaux à chauds, rarement légèrement frais. Un mois de mars du type de cette année était même courant avant 1988. La température moyenne nationale est de 7,1 degrés en mars 2013. Rappelons que l'ancienne normale 1951-80 pour ce mois était de... 7,2 degrés (contre 8,4 de nos jours).

Un pic de froid exceptionnel s'est produit en milieu de mois (les 12 et 13), faisant tomber des records de froid mensuels parfois, ce qui est remarquable aussi tard dans le mois :

-10,5 degrés à Lille, ancien record mensuel depuis 1945 : -8,8 degrés le 9 mars 1970

-10,6 degrés à Evreux, ancien record depuis 1968 : -10,2 degrés le 7 mars 1971

-11,4 degrés à Cambrai, ancien record depuis 1954 : -10,6 degrés le 7 mars 1971

-11,5 degrés à Saint-Quentin, ancien record depuis 1933 : -11,3 degrés le 8 mars 1971

-12,1 degrés à Beauvais, ancien record depuis 1931 : -11,2 degrés le 1er mars 2005

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Des précipitations abondantes

Les basses pressions omniprésentes ont logiquement permis aux précipitations de tomber fréquemment et abondamment sur de nombreuses régions. 

Relativement faibles vers les frontières du nord-est où l'air sec et froid a stagné la majeure partie du mois, les quantités de pluie ont, au contraire, été importantes sur les régions méridionales, au plus près des basses pressions situées souvent entre le golfe de Gascogne et la Méditerranée. C'est à Solenzara qu'il a le plus plu en mars, avec 270 mm de précipitations, valeur proche du record de mars 1969 (286 mm) et plus de quatre fois la normale (63 mm).

Le minimum national appartient à Strasbourg (23 mm).

En moyenne national, il est tombé 80 mm sur le pays (normale 55 mm), soit un excédent de 45%. Ces derniers mois, bien arrosés, auront au moins permis de recharger très largement les nappes phréatiques, mises à mal ces dernières années par des périodes sèches récurrentes. 

Outre la pluie, il a neigé fréquemment sur un large tiers nord-est, surtout du nord de la Bretagne à la frontière belge entre le 10 et le 13 mars. On a alors mesuré 18 cm à Roissy, 27 cm à Caen, 50 cm à Valognes (près de Cherbourg) et 60 cm localement dans le département de la Manche. De telles quantités sont exceptionnelles et établissent parfois des records. 

Et le soleil dans tout ça ?

Là encore sans surprise, le soleil a fait défaut. L'astre du jour a en effet brillé 118 heures en moyenne national sur l'hexagone en mars au lieu de 156 heures en temps normal, soit un déficit de 24%. Nous restons toutefois assez loin du record de mars 2001 (93 heures seulement). C'est surtout le tiers nord du pays qui a peu vu le soleil avec moins de 100 heures de présence.

Sur ces six derniers mois (octobre-mars), l'ensoleillement atteint 542 heures pour une normale de 659 heures, soit un déficit de 19% et... la deuxième valeur la plus basse sur ce dernier semestre, juste derrière les 500 heures d'octobre 2000 à mars 2001, depuis 1946. 

Un mois de mars donc froid (le plus froid depuis 1988), surtout sur le tiers nord du pays puisque le déficit moyen national est réduit à 1,3 degrés, chiffre finalement modéré. Beaucoup d'eau évidemment et peu de soleil en raison des conditions largement dépressionnaires (25 jours sur 31 sous 1013 hPa sur le pays). Nul doute qu'un mois d'avril même moyen nous paraîtra printanier ! 

Frédéric Decker, MeteoNews

Un mois de février 2013 plutôt froid

Froid modéré et humidité ont largement dominé en février sur la France, surtout en troisième décade, alors que le soleil et une relative douceur ont réussi à s'interposer temporairement vers le milieu de mois.

Un thermomètre en berne

En dehors du tout début de mois et de la période du 15 au 20, c'est un froid généralement modéré mais durable qui a dominé ce mois de février. Nous avons d'ailleurs connu un mois de février "à l'envers", puisque c'est en fin de mois que le thermomètre est descendu le plus bas, restant toutefois bien loin des records des fins février 1956 et 1986.

Avec un déficit moyen national (calculé sur 168 stations météo) de 1,8 degrés par rapport à la normale 1981-2010 et une température moyenne de 3,9 degrés, février 2013 figure parmi les mois de février froids, malgré un chiffre plus élevé que l'an dernier (2,1 degrés de moyenne et 3,6 degrés de déficit).

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Les mois de février 1986 (0,8 degré de moyenne et 4,9 degrés de déficit), 1963 (-0,1 degré de moyenne) et surtout 1956 (-4,3 degrés de moyenne soit 10 degrés de déficit !) conservent le trio de tête des févriers les plus froids, et 15 mois de février ont été plus froids que cette année depuis 1946. Pour mémoire, rappelons que le mois de février le plus chaude date de 1990 et ses 9,9 degrés de moyenne, soit 4,2 degrés d'excédent.

Les extrêmes du mois ont été atteints à Mouthe le 14 pour la valeur la plus basse (-20,5 degrés) et à Antibes pour la pointe de douceur maximale le 1er (+20,8 degrés). 

Moins de pluie que les mois précédents

Bien que fréquentes, les précipitations ont été plus faibles que ces derniers mois pour se situer finalement assez près des moyennes saisonnières (53 mm en moyenne nationale pour une normale de 55 mm). Le nombre de jours de précipitations a toutefois été élevé sous un défilé de perturbations atténuées.

Souvent proches des normales, les précipitations ont été déficitaires vers les côtes de la Manche et sur les régions du sud-est, souvent proches des chiffres habituels ailleurs. Les Pyrénées et leur piémont, la Côte d'Azur et l'ouest de la Corse font bande à part, ces régions ayant connu au contraire un excédent notable.

Les extrêmes du mois vont de 3 mm à Sète jusqu'à 179 mm à Socoa.

La neige est tombée fréquemment sur une large moitié Est du pays (jusqu'à 11 jours de chutes par exemple en Ile-de-France pour une moyenne de 4 jours). La couche au sol est restée assez faible dans l'ensemble, en dehors des régions proches des frontières de l'est et surtout des Pyrénées où l'enneigement reste tout à fait exceptionnel en cette fin d'hiver. 

Encore un mois sombre

Comme ses prédécesseurs, février a peu vu le soleil. L'astre du jour a brillé en moyenne 90 heures dans le mois sur la France pour une normale de 109 heures, soit un déficit de près de 18%.

Seuls l'extrême nord, les régions proches de l'océan et un petit quart sud-est ont connu un ensoleillement de saison ou faiblement excédentaire. Les chiffres ont été bas partout ailleurs, plus encore sur le tiers Est avec un minimum de 36 heures à Ambérieu, nouveau record de faiblesse pour le mois qui bat les 54 heures de février 1995 (depuis 1991). Et c'est à Montpellier que le soleil a été le plus généreux avec 203 heures de présence (pour une normale de 168 heures). 

Février 2013 aura donc été hivernal, froid, humide et sombre. Des conditions qui auront pesé lourd sur le moral des français, déjà largement entamé par l'obscurité des mois précédents. Les quelques jours ensoleillés du milieu de mois n'auront pas suffi à renverser la tendance. Quelques bonnes nouvelles tout de même : un excellent enneigement dans les stations de ski où la saison touristique peut battre son plein... sauf en cas d'excès de neige comme c'est parfois le cas dans les Pyrénées ! Et un bon rechargement des nappes phréatiques d'autre part grâce à plusieurs mois consécutifs excédentaires en précipitations depuis octobre. La sécheresse, récurrente depuis fin 2002, peut ainsi reculer de façon notable.

Frédéric Decker, MeteoNews

Nouvel épisode froid sur la France

L'anticyclone qui nous protège depuis ce week-end va peu à peu remonter vers le nord pour s'installer sur la Scandinavie à partir de mercredi. Cette configuration permettra à de l'air froid de débouler sur la France jusqu'en début de semaine prochaine (au moins).

Les thermomètres vont dégringoler dès mercredi des régions du nord-est vers l'ouest et le sud du pays au fil des jours. Le froid ne s'annonce pas très vif, mais modéré tout de même (gelées souvent comprises entre -4 et -8 degrés) dès jeudi matin jusqu'au week-end, surtout sur un grand quart nord-est.

Les valeurs seront moins basses vers les régions méridionales et la façade atlantique, légèrement négatives les matins.

Les après-midis ne seront pas en reste avec là aussi une chute du mercure à partir de mercredi et surtout jeudi. Localement, il ne dégèlera pas dans le nord-est entre jeudi et le week-end (valeurs autour de 0 degré). Les chiffres seront faiblement positifs sur les autres régions (1 à 3 degrés en général), plus élevées tout de même vers les côtes (4 à 10 degrés près de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée).

Facteur aggravant de la sensation de froid toutefois : le vent de nord-est qui soufflera fort, surtout au nord de la Loire. Le ressenti au vent pourra alors atteindre -10 à -15 degrés !

Les températures devraient commencer à remonter en début de semaine prochaine, peut-être beaucoup plus franchement ensuite à la faveur d'une bascule du flux au sud à sud-ouest (à confirmer).

Côté intempéries neigeuses : elles devraient se cantonner surtout aux régions du sud-est entre vendredi et ce week-end. Les quantités de neige pourraient d'ailleurs être importantes sur le sud des Alpes et les Cévennes. Ces chutes atteindraient les plaines entre la vallée du Rhône et le nord de la Provence. Les autres régions pourraient être beaucoup moins concernées, avec simplement quelques flocons du Massif Central à la frontière allemande, voire quelques giboulées le long de la Manche.

L'épisode de temps froid à venir s'annonce modéré et relativement court (une semaine environ) en cette fin d'hiver météorologique, sans commune mesure avec les fins d'hivers 1956, 1970, 1971, 1986 ou encore 2005 qui avaient été très froides. La neige devrait peu faire parler d'elle en dehors des régions du sud-est, mais la présence d'un vent de nord-est très sensible rendra la sensation de froid parfois difficile. MeteoNews apportera davantage de précisions si besoin est lors de prochains communiqués.

Frédéric Decker, MeteoNews

Un début d'année dans l'obscurité

Comme les mois précédents, la météo a fait grise-mine en janvier avec un ciel souvent bien gris et une humidité omniprésente sur la plupart des régions. 

Peu de soleil... 

Le fait marquant du mois est sans conteste le manque de soleil ! L'astre du jour a en effet brillé en moyenne nationale pendant 62 heures au lieu de 87 heures habituellement, soit 29% de déficit. On se rapproche même du record de faible ensoleillement détenu par janvier 1955 (56 heures). Et depuis 1946, seuls quatre mois de janvier ont été moins ensoleillés que cette année sur l'hexagone : 1948, 1955, 2001 et 2004.

Le quart nord-est a connu un ensoleillement particulièrement faible durant ce premier mois de l'année 2013, avec un minimum de 11 heures de soleil à Auxerre, soit plus 80% de déficit et un nouveau record qui efface les 22 heures d'ensoleillement du mois de janvier 1970.

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Seul le pourtour méditerranéen a tiré son épingle du jeu avec des durées d'insolation légèrement supérieures aux normales saisonnières. 

Quid des thermomètres ?

Froid et douceur ont alterné à peu près équitablement durant ce mois de janvier 2013. La première décade et les derniers jours du mois ont vu la douceur océanique s'imposer sur le pays, alors qu'une vague de froid faible à modérée (selon les régions) déferlait entre le 14 et le 26.

Au final, janvier est très proche de la moyenne saisonnière, avec un déficit moyen national de 0,2 degré par rapport à la normale 1981-2010 (4,9 degrés de moyenne nationale au lieu de 5,1 degrés). Pour mémoire, janvier 1963 fut le plus froid (-1,3 degrés de moyenne nationale et 6,4 degrés de déficit) et les mois de janvier 1988 et 2007 à égalité, les plus chauds avec 7,7 degrés de moyenne française. 

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C'est au nord de la Seine et sur le Massif Central que le déficit thermique a été le plus marqué (parfois proche de 1 degré), alors qu'un léger excédent concernait toute la façade Atlantique, le Mâconnais, l'Alsace et ponctuellement le pourtour méditerranéen.

Au plus froid, le mercure est descendu à -20 degrés le 17 à Mouthe (Doubs) et en plaine à -14,8 degrés le 17 à Saint-Quentin. La palme de la douceur revient à Perpignan avec un maximum de 22,8 degrés le 7. Aucun record n'est tombé, dans un sens comme dans l'autre. 

Des précipitations contrastées

Après une première décade assez sèche, les passages pluvieux et neigeux se sont rapidement succédés sur le pays. Les cumuls ont parfois été remarquables voire execptionnels sur les régions du sud-ouest qui dépassent largement les 100 mm : 258 mm à Tarbes (nouveau record qui efface les 245 mm de janvier 1988) et un maximum national de 340 mm à Socoa (nouveau record battant les 247 mm de janvier 1995).

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En revanche, les précipitations ont été un peu déficitaires au nord de la Loire, plus franchement vers les frontières du nord-est (déficit qui atteint 50 à 70, voire 80% localement en Picardie). A l'échelon national, la France a reçu en moyenne 79 mm de précipitations pour une normale de 68, soit un excédent de l'ordre de 16%. Il s'agit du quatrième mois consécutif excédentaire, ce qui permet un très bon rechargement des nappes phréatiques depuis octobre (mais aussi en contrepartie des crues et inondations). 

Un mois de janvier dans les clous côté thermomètre, alternant à peu près équitablement le froid et la douceur. Des précipitations globalement excédentaires, surtout vers le sud-ouest où quelques records sont tombés. On notera par ailleurs des chutes de neige remarquables entre le 15 et le 22, avec des cumuls au soleil atteignant parfois 15 cm en région parisienne et localement plus de 30 cm dans le Nord-Pas-de-Calais ! Les reliefs ont par ailleurs été exposés à des précipitations neigeuses très importantes, notamment les Pyrénées où les quantités relevées en fin de mois avoisinaient les records. L'ensoleillement quant à lui a été très faible. Cumulé sur les quatre derniers mois, la durée d'heures ensoleillées n'est que 334 heures sur le pays pour une moyenne de 396 heures, soit un déficit de 15% et une des valeurs les plus basses depuis 1946, pas très loin du record établi entre octobre 2000 et janvier 2001 (303 heures). Sur ces quatre mois, 2012-2013 apparait en quatrième position des cumuls de soleil les plus faibles, derrière 2000/01, 1960/61, et 1993/94 (et à égalité avec 1987/88).

Frédéric Decker, MeteoNews

Hiver et dépression saisonnière

Y'en a marre... Il fait froid... Il fait tout le temps gris... Et cette humidité... Ca va se terminer quand monsieur Météo ? J'entends souvent  cela ces derniers mois, plus encore ces dernières semaines, alors que le soleil reste aux abonnés absents sur les trois-quarts du pays.

Il est vrai que sur ces quatre derniers mois (octobre à janvier), l'ensoleillement a été particulièrement faible en France. Avec un cumul national moyen de 334 heures, il se situe parmi les quatre "hivers" (au sens large) les plus sombres depuis 1946. Le record appartient à l'hiver 2000-2001 avec 303 heures seulement d'octobre à janvier. Ont été aussi peu ensoleillés ou moins que cette année sur cette même période (octobre à janvier) : 1993-94 (321 heures), 1987-88 (334 heures comme cette année) et 1960-61 (320 heures).
Sur ces mêmes mois, la période la plus lumineuse fut observée entre octobre 1989 et janvier 1990, avec 500 heures de soleil.

La moyenne est de 396 heures, soit un déficit de 15% d'ensoleillement cette année. A cela s'ajoute un taux d'humidité très élevé ces derniers mois, des précipitations très fréquentes et parfois abondantes, et des températures plutôt douces jusqu'ici malgré quelques petits épisodes hivernaux mi-janvier et en février.

Le manque de lumière naturelle conduit 18% de la population environ vers une "dépression saisonnière" : manque d'entrain, moral en dents de scie, inactivité, insomnies... Et c'est pire dans les pays nordiques où la durée du jour est réduite par rapport à la France. La médecine prône même la luminothérapie en Scandinavie notamment où le taux de suicide augmente sensiblement entre novembre et février.

  Lumino

En effet, la lumière joue un rôle important dans la régulation de l’horloge biologique interne. Celle-ci contrôle plusieurs fonctions du corps suivant des rythmes bien précis, comme les cycles d’éveil et de sommeil et la sécrétion de diverses hormones selon l’heure du jour.

Par exemple, après avoir pénétré dans l’oeil, les rayons lumineux se transforment en signaux électriques qui, une fois envoyés au cerveau, agissent sur les neurotransmetteurs. Un de ceux-ci, la sérotonine, souvent appelée «l'hormone du bonheur», régularise l’humeur et gouverne la production de la mélatonine, une autre hormone responsable des cycles éveil-sommeil. La sécrétion de mélatonine est inhibée durant le jour et stimulée durant la nuit. Les dérèglements hormonaux causés par un manque de lumière peuvent être suffisamment importants pour occasionner des symptômes liés à la dépression.

L’exposition à la lumière artificielle à large spectre profite aux personnes souffrant de symptômes dépressifs pendant la saison hivernale. Cette thérapie, qui existe depuis la fin du XIXe siècle, n'a été reconnue qu'en 2005 par l'ensemble de la communauté médicale en tant que traitement efficace contre la dépression saisonnière.

La grisaille est encore là pour quelques temps. Si vous ne partez pas au soleil ou si vous ne faites pas de luminothérapie, soyez patient : l'hiver météorologique se terminera le 28 février pour laisser place au printemps, aux journées plus longues et à une hausse sensible du rayonnement solaire !

Frédéric Decker, MeteoNews

Extrêmes climatiques dans le monde et réchauffement : quelques explications

Entre chaleur excessive et grand froid, sécheresse et inondations, le climat de notre planète semble perdre le nord. Une impression ou une réalité ? Faut-il relier ces phénomènes au "changement climatique"? 

En Australie, c'est la fournaise après quatre mois de températures déjà anormalement élevées. Une période de canicule historique se déroule dans le pays dans un contexte très sec. Du coup, des incendies monstrueux ravagent le sud du pays. Dans le même temps, le cyclone de catégorie 3 Narelle occasionne une nette dégradation sur les côtes ouest du pays. Une tempête de sable a d'ailleurs précédé l'arrivée du cyclone sur l'Australie Occidentale. Cela fait beaucoup d'événements météorologiques, même pour un pays aussi étendu que l'Australie. Le "réchauffement climatique" y-est t'il pour quelque chose ? Peut-être, mais rien n'est sûr. Il est vrai que les températures atteintes ces derniers jours (jusqu'à 54 degrés à l'ombre dans les zones désertiques, 43 degrés dans la capitale) ont battu des records, du jamais vu depuis les premiers relevés météo il y a plus d'un siècle. Cette canicule 2013, de plus, survient quatre ans seulement après un épisode caniculaire déjà remarquable durant l'été austral 2008/2009. Un événement météo isolé ne peut pas être une preuve du réchauffement climatique, mais sa répétition anormale, en revanche, peut inscrire dans ce contexte. Mais nous manquons encore de recul pour être catégorique sur ce point, la météo moderne et la climatologie étant des sciences récentes.

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Cyclones et tempêtes de sable se produisent régulièrement en Australie et font partie de la variabilité naturelle de son climat. 

Et le Proche-Orient grelotte 

Depuis 4 à 5 jours, une vague de froid et d'intempéries secoue le Proche-Orient. Outre des fortes pluies et des inondations, la neige a surpris aussi bien au Liban qu'en Israël, en Syrie, en Jordanie, dans les Territoires Palestiniens et même jusqu'en Arabie Saoudite. Neige d'ailleurs très abondante notamment du côté de Jérusalem (10 à 15 cm) où de telles quantités ne s'étaient pas vues depuis 10 à 20 ans. Pas de records donc dans cette partie du monde, mais des phénomènes assez rares qui sèment rapidement la pagaille dans ces pays peu habitués à des conditions météo de ce type. 

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Et ailleurs ? 

L'hiver tarde à venir en Europe occidentale, mais les prévisions annoncent sa venue dès dimanche. En attendant, une douceur remarquable mais non exceptionnelle nous concerne depuis un mois.

Si le froid est désormais raisonnable en Russie et en Europe de l'Est, ces contrées ont connu une vague de froid remarquable en décembre, avec des pointes à moins de -50 degrés localement en Russie (mais pas de records battus).

De l'autre côté de l'Atlantique, après d'importantes chutes de neige, un bref mais intense appel d'air chaud occasionne une hausse spectaculaire des thermomètres de l'est des Etats-Unis au Québec où les valeurs dépassent leurs normales de 10 à 20 degrés ! En attendant la rechute et le retour de la neige 24 à 48 heures plus tard ! 

Changement climatique ou réchauffement, notre climat perd-il la tête ? 

Le réchauffement est avéré et mesuré partout dans le monde depuis plus d'un siècle, avec une accélération notable depuis les années 70 (mais après un refroidissement d'une trentaine d'années entre les années 40 et 70). C'est donc une certitude, le climat s'est réchauffé et se réchauffe encore. Les causes restent discutables et sujet de débat, sans doute partiellement naturelles et partiellement anthropiques. 

Notre bonne vieille Terre connaît un climat qui, par définition, n'est pas linéaire : refroidissements et réchauffements se succèdent depuis toujours. Notre "période chaude" actuelle fait suite à une trentaine d'années fraîches qui n'a pas été sans conséquences négatives : aggravation de la sécheresse au Sahel, chute des productions agricoles dans de nombreux pays de l'hémisphère nord, vagues de froid plus fréquentes, meurtrières et destructrices... Le réchauffement qui a suivi (et qui perdure) n'a donc pas eu que du mauvais, améliorant notamment les productions céréalières et agricoles, y compris dans les pays les plus septentrionaux. 

D'ailleurs, notre planète et l'humanité se portaient très bien lors de l'optimum médiéval (entre l'an 800 et 1300), période chaude de l'histoire qui a permis à l'être humain de partir à la conquête d'espaces inconnus, de prospérer grâce à des rendements agricoles excellents et de construire des monuments grandioses. Cet optimum médiéval était d'ailleurs au moins aussi chaud qu'actuellement, voire plus chaud (le sud du Groenland était couvert de prairies et les vignes permettaient de faire du vin dans le nord de l'Angleterre). 

Les études de paléoclimatologie démontrent par ailleurs que la Terre a connu des périodes encore plus chaudes, le climat tropical recouvrant même la majeure partie de la planète (y compris la France et l'Europe !) entre autres entre la fin du Crétacé et le début du Tertiaire. Les températures à l'échelon global dépassaient alors de 6 à 8 degrés celles que nous connaissons de nos jours ! 

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Après l'optimum médiéval, un refroidissement très net, le Petit Âge Glaciaire (de 1300 à 1850), a frappé la planète, notamment l'hémisphère Nord et l'Europe : multiplication d'hivers rigoureux, régimes pluviométriques chamboulés alternant précipitations excessives et sécheresses extrêmes, étés pourris... les activités humaines ont été considérablement ralenties, les rendements agricoles ont gravement chuté, famines et épidémies ont fait rage et ces événements climatiques ont d'ailleurs probablement participé à l'écriture de l'histoire (y compris l'histoire de France).

Actuellement, nous sommes dans une période tempérée interglaciaire, donc une période froide de l'histoire de la Terre ! Il n'est d'ailleurs pas forcément anormal que le climat terrestre se réchauffe de nos jours, c'est même assez logique (même si l'homme a très probablement une influence aggravante sur le réchauffement récent). 

Bref, si nous nous laissons surprendre par les soubresauts du climat, si nous avons sans cesse l'impression de vivre des événements jamais vus, c'est faux, notre planète en a vu d'autres ! Sans le concours de l'être humain, le climat a toujours connu des périodes froides (très froides durant les glaciations), chaudes (très chaudes parfois durant les périodes interglaciaires), y compris dans un passé plus récent (chaleur de l'optimum médiéval, froid du Petit Âge Glaciaire, fraîcheur des années 40 à 70). Le "changement climatique" est un non-sens puisque, justement, le climat change... constamment.

Frédéric Decker, MeteoNews