Le record qu'on n'attendait pas : la glace de l'Antarctique ne fond pas, elle est en expansion

Un récent rapport de la National Snow and Ice Data Center (fondé par la Nasa) dévoile que la surface de la banquise en antarctique serait 2.1 millions de kilomètres carré supérieurs aux prévisions de la période de l'année. Comment expliquer ce paradoxe ?

- Frédéric Decker : Les modèles climatiques ont leurs limites. Ils l’ont d’ailleurs déjà démontré en échouant sur l’accélération du réchauffement prévue pour la décennie 2000-2010 à l’échelle planétaire. Au lieu de cela, la température moyenne globale de notre planète a stagné, voire très légèrement augmenté. C’est aussi le cas dans les prévisions de comportement des banquises arctique et antarctique.
Le fait que la banquise antarctique progresse cette année n’est pas très étonnant. La variabilité naturelle du climat fait que ce type de fluctuations reste « normal ». La Terre vient de connaître son deuxième printemps le plus chaud depuis la fin du 19e siècle, juste derrière le printemps 2010. Plus régionalement, l’Antarctique a connu des mois conformes aux moyennes de saison, voire un peu froid depuis ce début d’année.
Avec plus de 12 millions de km2 d’extension des glaces et de la neige, l’hémisphère Sud bat en effet un record de forte extension. D’ailleurs, en contradiction avec le réchauffement global, cette extension est régulière depuis les premières mesures en 1979, à l’inverse de l’hémisphère Nord et donc de la zone Arctique qui voit la couverture de neige et de glace réduire progressivement.

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Pourtant, le programme de modélisation de l'évolution des banquises utilisé par les Nations unies prévoit une diminution de sa surface, et non une augmentation. Peut-on mettre en cause les paramètres qui le composent ?

- Frédéric Decker : Les modèles climatiques échouent régulièrement comme je le disais plus haut, plus encore sur les projections des précipitations à venir. Le cas de l’Antarctique est toutefois particulier : le réchauffement est peu marqué, et concerne essentiellement la frange littorale du continent glacé ; une grande partie intérieur de l’Antarctique stagne, voire se refroidit ! Ce léger réchauffement côtier s’accompagne de précipitations plus abondantes que dans un passé récent, augmentant donc la masse neigeuse près des côtes, neige qui se transforme en glace et donc en banquise lors des hivers extrêmement froids de cette partie du monde. Cette extension est donc logique, elle pourrait même perdurer dans les années, voire les décennies à venir avant, peut-être, un recul ultérieur. Les climatologues planchent régulièrement sur les modèles climatiques qui demandent fréquemment des réglages. Nul doute que les prévisions à long terme vont progresser, mais lentement en fonction de la meilleure compréhension de certaines interactions, notamment entre les océans et l’atmosphère.

A quel point ce phénomène remet-il les différents scénarios du dérèglement climatique en question ?

- Frédéric Decker : Le climat terrestre est très complexe. Parler de dérèglement est d’ailleurs erroné puisque, par définition, le climat terrestre n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais linéaire, donc jamais « réglé ». Réchauffements et refroidissements se succèdent depuis toujours, notre planète a d’ailleurs été beaucoup plus chaude qu’aujourd’hui il y a plusieurs millions d’années (mais la configuration géographique a changé depuis en raison de la dérive des continents).
Le réchauffement climatique, puisque c’est de cela qu’il s’agit notamment depuis les années 70, est mesuré et confirmé. Les tendances climatiques vont dans le sens de la poursuite de ce réchauffement, mais les modèles restent assez indécis sur la rapidité et l’intensité de ce réchauffement. Des phénomènes naturels sont d’ailleurs susceptibles de contrarier ce réchauffement…

De quoi est-on aujourd'hui sûr en ce qui concerne le dérèglement climatique, et son effet sur la diminution de la banquise ?

- Frédéric Decker : Justement, nous ne sommes sûrs de rien. Le climatologue ou le scientifique qui affirme être sûr de quoi que ce soit dans ce domaine est à côté de la plaque ! Le climat est complexe, certaines de ses subtilités nous échappent encore, et nous avons toujours à apprendre à ce sujet.
Bien sûr, le réchauffement actuel occasionne une diminution de la banquise Arctique qui se confirme depuis la fin des années 70 (début des mesures fiables). Mais  je rappelle que le climat arctique s’est brutalement refroidi entre la fin des années 40 et 1979 (d’où une extension de la banquise), avant de connaître un nouveau réchauffement (comme entre 1900 et 1945). La poursuite du réchauffement va donc probablement maintenir la fonte des glaces de l’hémisphère Nord. La situation plus complexe de l’Antarctique laisse à penser que son expansion pourrait perdurer ces prochaines années. Ce continent est si froid qu’un réchauffement d’un degré ou moins ne suffit pas à faire reculer sa banquise. Un réchauffement plus intense pourrait peut-être inverser cette tendance. Mais le conditionnel reste de rigueur…

Ça chauffe !

Près de 22 degrés à Paris en hiver (astronomique) le 9 mars, du plein soleil, une ambiance presque estivale et des taux de pollution qui vont avec ce phénomène de blocage anticyclonique… Faut-il paniquer ? Après une relative pause, le réchauffement repart-il de plus belle ? Je vais tenter d’apporter quelques réponses à vos questions…

J’étais hier soir (vendredi 14 mars) un des invités de l’émission « Après réflexion » diffusée sur la Web Radio «Fréquence Orange» (Podcast bientôt disponible), animée par Gilles Dagba. Etaient également invités monsieur François Gervais, physicien et professeur en Physique et Science des matériaux, ainsi que Charles-Adrien Louis, président de l’association « Avenir Climatique ».

Ce fut l’occasion de débattre sur un sujet brûlant, le réchauffement climatique. Les récentes conditions météo ont en effet poussé l’équipe de cette petite radio en pleine renaissance à lancer ce sujet.

Si monsieur Louis est très orienté vers les conclusions que je considère alarmistes du GIEC, le professeur Gervais appréhende ce problème de réchauffement climatique d’une façon très différente… Que je ne vais pas dévoiler ici pour l’instant, puisque l’émission n’est pas encore en ligne. En revanche, je vous invite à lire son ouvrage «L'innocence du carbone - L'effet de serre remis en question», qui sort totalement des a priori que l’on peut se faire de l’évolution du climat, largement dominée par les thèses très discutables du GIEC.

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Oui, vous l’aurez compris et vous le savez déjà pour ceux qui me suivent régulièrement, je suis plutôt «climato-sceptique», peut-être pas au point de François Gervais, mais je suis à des années-lumière des propagandes du GIEC, entité politico-économico-climatique.

Pas question de nier le réchauffement bien sûr : il est réel, mesuré sur pratiquement toute la planète, et la dernière trentaine d’années est la plus chaude probablement depuis plusieurs siècles (mais la période 1950-1980 a été fraîche). Ce qui n’est pas très étonnant puisque nous sortons du Petit Âge Glaciaire. Nous nous retrouvons aujourd’hui plus ou moins au niveau de l’Optimum Médiéval, période très chaude, favorable aux grandes découvertes et aux constructions de grande envergure (ce qui est difficilement le cas en période froide comme lors du PAG : période de disette, de famine, d’épidémies et de surmortalité). Car jusqu’à aujourd’hui, les périodes chaudes ont toujours été bénéfiques, au contraire des périodes froides, synonymes de maladies, de pauvreté et de mort, d’un point de vue humain comme d’un point de vue naturel.

Alors ce réchauffement ? Où en est-il ? La pause de la dernière décennie n’a pas été prévue par les experts du GIEC, convaincus qu’il devait poursuivre sur sa lancée, voire s’accélérer. Malgré une année 2010 record de chaleur à l’échelon mondial et des années régulièrement chaudes, une relative stagnation est observée. Serait-ce un palier avant une reprise du réchauffement ? Possible, mais rien n’est sûr. Les modèles climatiques ont échoué sur la période 2000-2010, leur fiabilité pour la suite est donc discutable.

Une question m’a été posée vendredi soir : dans quelle mesure l’homme intervient-il dans le réchauffement climatique par rapport aux causes naturelles ? Ma réponse ? « Je n’ai pas de chiffre, c’est la grande inconnue. Pour le GIEC, le réchauffement est en très grande partie anthropique, ce n’est pas mon avis. »

A nous, météorologues, climatologues et autres chercheurs dans le domaine du climat, d’accepter la difficulté d’appréhender le climat à venir, de mettre de côtés nos petites certitudes (du moins pour ceux qui en ont). Par définition, le climat n’est pas linéaire, il ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Chauds et froids de succèdent depuis toujours. La Terre a été beaucoup plus chaude qu’aujourd’hui il y a quelques millions d’années (6 à 8 degrés de plus !), même si, il est vrai, la distribution des continents à l’époque peut en partie expliquer cette période tropicale, ainsi que la présence d’animaux géants, fournissant des quantités importantes de méthane, un très puissant gaz à effet de serre (bien plus efficace que le CO2). Acceptons de nous remettre en question constamment, de rester humbles face à la nature, tout en la respectant et en la préservant bien sûr. Car nos effets, en dehors du climat, sont malheureusement néfastes pour l’environnement…

Frédéric Decker

Le buzz abuse !

Le buzz (terme anglais signifiant « bourdonnement » d'insecte) est une technique marketing consistant, comme le terme l'indique, à faire du bruit autour d'un événement, d'un nouveau produit ou d'une offre. Assimilée au marketing viral, cette pratique en diffère par le contrôle du contenu (message publicitaire ou de communication).

On parle aussi de « buzz » en dehors du contexte commercial : une œuvre ou une idée peuvent créer un « buzz ».

Pas besoin d'ouvrir la presse à scandale telle que "Closer", "Voici" et autres pour avoir accès au buzz. Le web pullule de ce type d'effets d'annonces dans tous les domaines possibles et imaginables, en politique comme ailleurs.

La météo n'échappe pas à cette nouvelle règle. Certains n'hésitent pas à annoncer des conditions météo extrêmes pour se faire connaître, apparaître dans la presse ou à la télévision. Et ça marche... pour l'instant...

Car il faut se rendre à l'évidence : ces buzz, qui ne se basent pas du tout sur l'aspect scientifique de la météorologie, sont dans 99% des cas à côté de la plaque.

L'été 2013, censé être le plus froid depuis 200 ans, finalement très chaud, n'a pas suffi à refroidir les ardeurs de certains. En effet, dès l'automne dernier, un météorologue indépendant russe, repris ensuite par un collègue allemand, annonçait l'hiver le plus froid de ces 100 dernières années en Europe.

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Et il faut croire que l'atmosphère aime se moquer de ces hurluberlus : cet hiver, prévu normal à doux par les instituts "sérieux", a été... particulièrement doux, sans doute le 2e ou 3e plus doux en France depuis les premiers relevés météo, c'est-à-dire depuis 1854, voire depuis 1658 (premiers relevés parisiens) !!!

Pas sûr que ce nouvel échec plus que cuisant calme ces pancartes publicitaires sur pattes. On va sans doute lire des nouvelles annonces extrêmes pour les prochaines saisons. J'ai ouï-dire que certains annoncent déjà un été aussi sec que 1976... Il n'y a pourtant aucun indice qui aille dans ce sens à l'heure actuelle !

Bref... En météo comme en politique ou dans d'autres domaines, il ne faut pas croire tout ce que l'on vous dit, et ne pas écouter certaines sources plus que douteuses. Je vous invite d'ailleurs à relire mon édito du 17 octobre 2013, archivé sur mon MétéoBlog TV5. Bien avant le début de l'hiver, je démontais déjà ces buzz ridicules qui me faisaient faire des bonds de trois mètres...

Un mois de janvier 2014 hors-norme

Le courant dépressionnaire océanique a maintenu la douceur tout au long de ce mois de janvier, interdisant ainsi totalement à l'air froid de venir nous visiter. Mais courant océanique signifie aussi des intempéries en grand nombre, comme fin décembre dernier.

Sans surprise, janvier 2014 dégage un très net excédent thermique sur la France. Avec une moyenne nationale de 2,3 degrés par rapport à la normale 1981-2010, soit 7,4 degrés au lieu de 5,1 degrés, il se place en seconde position des mois de janvier les plus chauds depuis l'après-guerre, juste derrière les mois de janvier 1988 et 2007 qui détiennent la palme avec 7,7 degrés.
Il faut dire que la première quinzaine a été exceptionnelle. Il s'agit de la première quinzaine de janvier la plus chaude depuis les premiers relevés météo. La deuxième moitié est restée douce, mais dans une moindre mesure.
Avec 0 à 2 jours de gel sous abri dans le mois sur une large moitié ouest, de nombreux records minimums sont tombés en nombre de jours de gelées.
Les extrêmes du mois sont -8,3 degrés au Puy le 25, et 21,2 degrés à Saint-Girons le 9.

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Beaucoup de pluie

Les quantités de pluie ont généralement été importantes sur les trois-quarts du pays, en dehors des régions du nord-est plus proches des normales saisonnières, voire légèrement déficitaires. Ces nouvelles pluies abondantes ont causé de nombreux problèmes de crues et d'inondations dans l'ouest en tout début de mois, et à nouveau fin janvier. C'est au sud de la Garonne et en Bretagne que ces crues ont été les plus marquées.
Nice a reçu 286,7 mm de précipitations, nouveau record devant les 263,9 mm de janvier 1978. Records également à Dax (305,6 mm battant les 296,3 mm de janvier 1986), Bormes-les-Mimosas (449,6 mm battant les 416,4 mm de janvier 1996) ou encore Saint-Auban (181 mm battant les 153,8 mm de janvier 1994).

Un soleil bien timide

Après un mois de décembre record en terme de fort ensoleillement, l'astre du jour a perdu sa partie de cache-cache avec les nuages en janvier, ces derniers prenant un net avantage.
L'ensoleillement a, en effet, été largement déficitaire pratiquement partout en dehors du nord de la Bretagne et du Cotentin qui ont connu quelques heures de soleil supplémentaires par rapport aux normales de saison.

Malgré une grande agitation, les tempêtes ont évité notre pays. Les coups de vent ont été plus rares que fin décembre. On a en revanche connu un phénomène de houle important le 31 janvier, phénomène qui s'est aggravé le week-end des 1er et 2 février, semant son lot de dégâts.

Relativement peu courantes en janvier, les premières tornades de l'année 2014 se sont manifestées le 25 dans le Nord, notamment à Halluin où d'importants dégâts ont été déplorés.

Un mois de janvier donc atypique et hors-norme. Il n'y a pas forcément de logique après un mois de janvier très doux, même si, le plus souvent, février reste au-dessus des normales saisonnières (ce fut le cas en 2007 et 1988).

Tempête à Noël ?

Depuis fin novembre, la France profite d'un blocage anticyclonique. Avec à la clé des conditions météo très calmes, un très bon ensoleillement sur la plupart des régions en dehors de la vallée de la Saône et du Lyonnais, ainsi qu'une certaine douceur, notamment vers la Bretagne, dans le sud et sur les massifs. L'anticyclone commencera à être bousculé par des perturbations cette semaine, avant une possible détérioration plus sévère vers Noël et pour les fêtes, avec un risque de fort coup de vent, voire de tempête. 

L'anticyclone va encore plus ou moins résister jusqu'au week-end sur le pays. Entre mercredi et jeudi, une perturbation parviendra à traverser l'ensemble du pays, avec son lot de nuages et de pluie. Le vent va également se renforcer notablement, surtout près des côtes de la Manche avec un bref coup de vent (jusqu'à 100 km/h). Une dorsale anticyclonique temporaire prendra le relais entre samedi et dimanche. Et pour la suite ?

Un très vaste système dépressionnaire va s'installer entre le Groenland, les îles Britanniques et la Scandinavie, dirigeant ainsi un rapide courant océanique d'ouest. Passages pluvieux conséquents et coups de vent risquent donc de balayer la France à partir du 23 décembre.

Le premier coup de vent sévère est attendu pour le réveillon de Noël (ça tombe mal...). En journée, les rafales pourront atteindre 80 à 100 km/h au nord de la Loire, y compris dans les terres, et jusqu'à 120 km/h le long de la Manche et du sud-Bretagne à la Vendée. Le nord-est serait touché en soirée  avec des rafales parfois proches de 100 km/h (valeurs à confirmer d'ici là).

Après une courte accalmie, les vents pourraient franchement s'accélérer dans l'après-midi de Noël en Bretagne et surtout en soirée sur les régions du nord-ouest. Les bourrasques sont susceptibles de dépasser les 100 km/h jusque dans les terres (pointes à 120 km/h possibles), davantage sur le littoral (jusqu'à 150 km/h). Dans la nuit du 25 au 26, toute la moitié nord serait touchée avec des rafales potentiellement très violentes, de l'ordre de 110 à 130 km/h dans les terres, et parfois plus de 150 km/h sur le littoral de la Manche ! Ces chiffres sont donnés à titre indicatif, sachant que cette prévision n'est pas figée, et qu'elle peut évoluer dans un sens ou dans un autre d'ici là. MeteoNews vous tiendra régulièrement au courant de l'évolution de ces coups de vent / tempêtes via des communiqués.

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Une bonne nouvelle dans tout cela ? Le courant jet, violent courant d'air de la haute atmosphère, s'annonce bien moins fort qu'en 1999. Chaque situation météo est unique, il est donc difficile de comparer, mais nous devrions rester bien en dessous des deux monstres de la fin d'année 1999. La situation à venir se rapprocherait davantage des conditions de fin janvier-février 1990.

Si il convient d'être prudent en terme de prévision de tempête, MeteoNews vous incite à commencer à vous préparer à ces coups de tabacs, susceptibles de provoquer des dégâts.

Vers un hiver 2013/2014 glacial...

Activité solaire en berne, éruptions volcaniques répétitives, courants océaniques perturbés, eaux de surfaces présentant des anomalies thermiques conséquentes, nuage de pollution asiatique de plus en plus étendu... Tous les indices concordent cette année vers un hiver extrêmement froid en Europe et en France. Nous pourrions connaître des pics de froid record, y compris sur plusieurs siècles. Bref, il va falloir couper du bois, faire le plein de fioul et se préparer à affronter des rigueurs hivernales pas vues depuis l'extraordinaire hiver 1788-1789...

Vous y avez cru ? Vraiment ?

Comme tous les ans, le buzz de l'hiver glacial, hors-normes, frigorifiant, extrêmement neigeux renait de ses cendres en cette période automnale presque estivale. Comme tous les ans, l'hiver du siècle est attendu. Comme tous les ans, des quantités de neige astronomiques sont prévues. Comme tous les ans, Noël tombera le 25 décembre...

Mais quel est donc l'intérêt de ce genre d'effet d'annonce ? De la pub gratos, mais de bien mauvaise augure puisque ces prévisions ont 99,9% de chances d'échouer ? Apporter un max de clics pour remplir les caisses de tel ou tel organisme peu scrupuleux, relevant davantage du charlatanisme plutôt que de la science météorologique ?

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D'ailleurs, où est passé notre "été pourri" promis par quelques pseudos-professionnels tels que la seule chaîne dédiée aux caprices du ciel en France ?... Loin, très loin, mais certainement pas chez nous.

Les tendances saisonnières, je l'ai déjà exprimé fréquemment, sont encore peu fiables en France, en Europe et dans les pays tempérés en général. Il y a beaucoup trop d'influences diverses et variées, mal comprises et mal interprétées par les modèles saisonniers, mais aussi il faut bien l'avouer par nous, météorologues, pour atteindre un indice de fiabilité digne de ce nom. Les situations météo atypiques répétitives de cette année 2013 ont d'ailleurs fait sévèrement chuter ma moyenne (25% de réussite seulement entre janvier et août !!) pour un résultat global de 60% "seulement" depuis 2007.

Les tendances saisonnières sont encore expérimentales. Jeunes (elles n'existent que depuis une quinzaine d'années scientifiquement parlant, plus anciennes selon un certain folklore et autres croyances parfois dignes de la sorcellerie), elles sont bien sûr appelées à progresser. Mais lentement... Il y a tant de phénomènes à comprendre : les interactions océans-atmosphère encore mal cernées dans le domaine de la tendance saisonnière ; l'impact de l'activité solaire, bien incertain ; les impacts de la Niña et El Niño, pas franchement concluants ; les tendances faussées par le réchauffement climatique contemporain... Les dernières études sur le sujet établissent difficilement des liens entre tous ces paramètres. Il en existe certainement, mais si subtils que nous manquons cruellement de recul pour les saisir pour le moment. Donc oui, la tendance saisonnière va progresser, mais sans doute très lentement.

Quant aux signes de la nature... rien de très probant non plus (sinon on saurait déjà faire des tendances saisonnières) ! La nature réagit au temps qu'il a fait les jours, semaines et mois précédents... mais elle est bien incapable de prévoir la couleur du ciel de l'hiver prochain. Pas de pot pour les peaux d'oignons qui n'annoncent rien... à part la quantité de larmes plus ou moins grande qu'il vous faudra pour les éplucher ! Quant aux dictons, aux vents des rameaux etc... disons que... c'est amusant !

Il ne faut pas croire tout et n'importe quoi en météo. Les effets d'annonces sur les conditions météo des semaines et des mois à venir ne valent rien. Des certitudes pour l'hiver à venir ? Bien sûr : il va geler et neiger sur certaines régions. Des brouillards et des grisailles seront souvent présents, Noël tombera le 25 décembre et il fera autour de -18°C dans vos congélos lorsque vous sortirez la bûche le 24 décembre prochain. Quel scoop...

L'été indien

« C’était l’automne, un automne où il faisait beau
 Une saison qui n’existe que dans le Nord de l’Amérique
 Là-bas on l’appelle l’été indien »

Ca y est ! Le soleil et une relative chaleur vont revenir ces prochains jours sur la France, surtout à partir du dimanche 22. Et ça y est : l'expression d'"été indien" revient sur toutes les bouches, dans la presse, à la radio, à la télévision... Mais au fait !! C'est quoi, l'été indien ???

Comme le chantait Joe Dassin, « C’était l’automne, un automne où il faisait beau, Une saison qui n’existe que dans le Nord de l’Amérique, Là-bas on l’appelle l’été indien ».

Eh oui ! Il avait raison Joe ! L'été indien, ce n'est pas un truc de chez nous ! Vous avez vu des cow-boys et des indiens dans l'histoire de France, vous !!?? Mais non !! Ca se passe de l'autre côté de l'Atlantique tout ça... enfin ça se passait... car à part chez quelques texans arriérés, ces temps-là sont révolus !

L'expression d'été indien est utilisée depuis plus de deux siècles. On a commencé à entendre parler de l’Indian Summer tout d’abord en Pennsylvanie à la fin du XVIIIe siècle. Ce terme a ensuite voyagé dans les régions de l’État de New York et de la Nouvelle-Angleterre vers 1798. Il aurait fait son apparition au Canada vers 1821 et en Angleterre vers 1830. Les francophones du Canada ont traduit ce terme littéralement par Été des Indiens.

Elle peut tirer son nom de la période traditionnelle où les Indiens d’Amérique achevaient leurs récoltes ; dans The Americans, The Colonial Experience, Daniel J. Boorstin suppose que le terme tire son origine des raids des colons européens, pendant les guerres contre les Indiens, raids qui s’arrêtaient à l’automne. Toute période de temps estival permettait de prolonger des raids, en faisant un été indien, mais la première fois que le terme apparaît, en 1778, ces raids n’étaient plus pratiqués depuis longtemps ;
L’été indien est peut-être tout simplement nommé ainsi car il est commun dans les anciens territoires indiens d’Amérique du Nord.

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En France, les expressions les plus classiques, avant Joe Dassin, étaient « l’été de la Saint-Denis » (9 octobre) ou « été de la Saint-Martin » (11 novembre), période opposée à celle des Saints de glace. Sur la moitié nord de la France les températures peuvent atteindre ou dépasser la barre des 25 °C environ jusqu’à la mi-octobre. Exceptionnellement, le thermomètre peut dépasser les 20 °C jusqu’au début du mois de novembre. Dans le Sud-Ouest, les 30 °C peuvent être dépassés généralement jusqu’à la mi-octobre, les 25 °C sont possibles, souvent jusqu’à la Toussaint. En Corse, des pointes à plus de 30 °C, voire 35 °C en octobre, ont déjà été observées. L’un des épisodes les plus marquants de la Saint-Denis ou de la Saint-Martin est celui de 1921, le mois d’octobre est extrêmement chaud, plusieurs journées sont estivales, avec le plus souvent entre 25 à 32 °C l’après-midi, sur une grande partie du pays. Désormais, l'été le plus fréquent dans le Midi est celui de Saint Martin, si bien popularisé par la tradition qu'on le trouve en Catalogne et en Roussillon, sous le nom d'« Estiuet (petit été) de Sant Martí ».

Un dicton précise bien d'ailleurs : « À la Toussaint, commence l'été de la Saint-Martin » ou « été de la Saint-Martin, dure trois jours et un brin ».

Faut arrêter de nous bassiner avec des expressions qui viennent des states ou de Joe Dassin, lui-même précisait bien dans sa chanson que l'été indien n'existe que dans une partie de l'Amérique du Nord. Et puis l'été indien en septembre... franchement... quelle rigolade ! Cela pourrait peut-être passer en octobre ou novembre... mais en septembre voyons ! Faut pas pousser ! En tous cas, il faudra bien profiter de ces belles journées, car ne nous leurrons pas : on va tout de même vers le pire dans les semaines et les mois à venir ! ^^

Frédéric Decker, MeteoNews

Un été 2013... estival !

Malgré un mois de juin encore frais et humide, l'été s'est rattrapé par la suite, grâce à des mois de juillet et août chauds, voire très chauds. Chaleur et luminosité ont été largement appréciées après une longue disette de près de dix mois.

Bien que plus modérée qu'en juillet, la chaleur a joué les prolongations tout au long de ce mois d'août qui présente un léger excédent thermique (+0,2 degré par rapport à la normale 1981-2010). Après un début de mois encore très chaud, le thermomètre s'est rapproché des normales saisonnières, affichant même localement des valeurs bien basses le 25 au nord de la Loire, parfois proches des records de froid en températures maximales.
L'été météorologique 2013 dans son ensemble (du 1er juin au 31 août) affiche une température moyenne nationale (calculée sur toutes les stations météo métropolitaines) de 19,8 degrés, soit 0,5 degré au-dessus de la normale 1981-2010. Cet écart peut paraître faible, mais rappelons que les étés se sont réchauffés de 1,4 degrés depuis les années 50. Nous sommes donc 1,9 degrés au-dessus de l'ancienne normale 1951-1980.

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Depuis le développement des stations météo après-guerre, soit 1946, seuls cinq étés ont été plus chauds que cette année : 1994, 1983, 2006, 1947 et bien sûr 2003 qui se démarque largement des autres.
L'été 2013 se retrouve donc sixième ex-æquo avec les étés 2010, 2009, 2005, 1995 et 1950.

Peu de pluie

Après trois saisons consécutives très arrosées de l'automne 2012 au printemps 2013, la tendance s'est inversée cet été. Les 140 mm de pluie tombées en moyenne sur le pays présentent un déficit de 10%, écart qui s'est surtout creusé au cours du mois d'août moins orageux que juillet et donc plus sec.
L'omniprésence de conditions anticycloniques (1018 hPa de moyenne sur juillet-août) explique ces précipitations assez rares et faibles. Seuls les orages et plus localement le retour d'occlusion normand du 25 août ont apporté des quantités d'eau parfois importantes.

Beaucoup de soleil

Le déficit d'ensoleillement de juin a été très largement compensé en juillet-août. L'astre du jour a brillé 275 heures en août pour une normale de 242 heures. Il s'agit du huitième mois d'août le plus ensoleillé depuis 1946. Sur les trois mois d'été, nous atteignons cette année 797 heures d'ensoleillement au lieu de 735 heures en moyenne, dont 582 heures en deux mois (juillet-août). Sur ces deux mois d'ailleurs, 2013 obtient le quatrième chiffre le plus élevé depuis l'après-guerre, derrière les 590 heures de 1959, 593 heures de 1990 et le record reste 613 heures en 1949.
Nous restons en déficit d'ensoleillement sur ces huit premiers mois de l'année (1386 heures pour une normale de 1479 heures), mais l'écart s'est nettement réduit grâce à l'été, et nous ne sommes plus dans les records de faiblesses (les huit premiers mois de 2007 étaient moins ensoleillés, mais aussi 2002, 2001, 2000 etc...).

Un été "estival" qui a remis les pendules à l'heure après une longue période fraîche voire froide, très humide et exceptionnellement sombre. Malgré les craintes d'un été mitigé il y a encore quelques mois, la machine climatique a déjoué les pronostics et les statistiques... pour le plus grand bonheur des estivants.

France : nouvelle vague orageuse

Les basses pressions maintiennent une grande instabilité qui va encore se renforcer sur de nombreuses régions ces prochaines 48 heures. Des phénomènes violents seront à nouveau à craindre par endroits. 

Un front froid ondule entre l'Aquitaine et les Ardennes. Des remontées d'air chaud et humide s'établissent à l'avant, alors qu'un air plus sec et plus frais intéresse les régions du quart nord-ouest. La zone de conflit se situe à la zone de contact de ces deux masses d'air où des vagues orageuses potentiellement virulentes vont encore se succéder. 

Une nouvelle vague orageuse va démarrer sur l'Aquitaine et sur le Midi-Pyrénées ce mardi soir, progressant ensuite vers le Massif Central, la Bourgogne, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Elle occasionnera des orages potentiellement violents, s'accompagnant parfois de grêle, de fortes bourrasques de vent et de pluies abondantes (localement 30 à 50 mm). Des dégâts seront à craindre sur ces régions (coupures de courant, toitures endommagées, arbres déracinés, chutes d'objets divers, cultures abimées). Inondations et coulées de boue pourront aussi se produire par endroits. 

Malgré un léger mieux, l'instabilité restera très marquée mercredi en journée jusque dans la nuit de mercredi à jeudi du Midi-Pyrénées à la frontière allemande jusqu'aux Alpes, orages qui pourront déborder vers le littoral méditerranéen. Des phénomènes localement violents resteront probables (grêle, vent fort, pluies intenses). Des trombes marines sont susceptibles de se former sur les bords de la grande bleue. 

Les conditions s'amélioreront par l'ouest jeudi. Un petit tiers Est conservera des averses orageuses résiduelles, encore assez fortes parfois du Rhône aux Alpes jusqu'en Alsace. 

Soyez très vigilants en cas d'orage. Evitez de sortir, de téléphoner. Débranchez vos appareils électriques. N'intervenez pas sur votre toit durant l'orage même si il y a des dégâts. En pleine campagne, restez dans votre voiture, ne vous abritez pas sous un arbre et évitez de porter des objets métalliques. 

Frédéric Decker

Bilan climatique : juillet très estival

Le mois de juillet qui vient de se terminer a été à contre-courant de la tendance climatique du premier semestre et du dernier trimestre 2012. Et ce, malgré des tendances saisonnières mitigées, relativement optimistes de la part de MeteoNews qui annonçait un mois de juillet assez chaud et orageux, beaucoup plus pessimistes de la part de la concurrence.

Un  thermomètre médaille de bronze

L'anticyclone et la chaleur se sont installés chez nous à partir du 5 jusqu'au 31 (et même au delà). Généralement modérée, la chaleur a connu quelques pics remarquables entre les 19 et 23 puis du 25 au 27. Mais rien d'exceptionnel, aucun record n'est tombé. On notera l'absence de période fraîche, en dehors de  trois ou quatre jours relativement frais en tout début de mois.

La température moyenne nationale (calculée sur 140 stations) atteint donc 22,0 degrés, soit 1,8 degrés d'excédent par rapport à la normale 1981-2010. Juillet 2013 se place ainsi en troisième position (ex-æquo avec juillet 1994) des mois de juillet les plus chauds (depuis 1946) derrière juillet 2006 (23,6 degrés) et juillet 1983 (22,7 degrés). Dans le sud-ouest, il se place même juste derrière 2006, à quelques dixièmes de degrés près seulement.

La maximum absolu du mois a été atteint le 27 à Carpentras : 39,3 degrés.

Le minimum absolu a été relevé à Mouthe le 1er : 3,3 degrés. En plaine, le thermomètre est descendu jusqu'à 6,3 degrés le 12 à Reims.

Juillet2013-graphtempes

Des précipitations orageuses très irrégulières

Malgré une longue période sèche, puisqu'il n'a quasiment pas plu au nord de la Loire du 23 juin au 22 juillet, les déficits ont été rattrapés en fin de mois sous des vagues orageuses successives.

Les précipitations sur le mois s'échelonnent de 0,2 mm au Cap Corse à 153,0 mm à Lus-la-Croix-Haute. La moyenne nationale s'élève à 51 mm, ce qui est très proche de la normale qui est de 48 mm.

La troisième décade a été marquée par une succession de vagues orageuses souvent intenses. Les fortes précipitations ont donc rattrapé le déficit des trois premières semaines, alors que grêle et bourrasques de vent provoquaient des dégâts sur de nombreuses régions.

Des records de pluie en 24 heures sont même tombés en toute fin de mois sous les orages à Grenoble, Cognac, Chambéry, Mâcon ou encore à Carpentras.

Un soleil très présent

Après nous avoir boudés neuf mois durant, l'astre du jour a été omniprésent tout au long de ce mois de juillet sur l'ensemble du pays. Quelques records sont même tombés, comme à Reims : 342 heures, soit 22 heures de plus qu'en juillet 1990, ancienne valeur maximale.

L'ensoleillement moyen national s'élève à 307 heures, ensoleillement assez homogène d'ailleurs. Huit mois de juillet ont été plus ensoleillé depuis 1946 : 1949, 1959, 1964, 1967, 1971, 1975, 1984 et 1990. Il faut donc remonter à l'année 1990 pour trouver un mois de juillet aussi lumineux que cette année. Le record appartient toujours au mois de juillet 1949 qui comptabilisait 340 heures de soleil en moyenne nationale.

Personne n'y croyait plus, mais l'été s'est finalement décidé à venir s'installer du jour au lendemain dès le début du mois, déjouant ainsi les pronostics établis lors des tendances saisonnières. Août s'annonce moins chaud, mais moins désagréable qu'on le redoutait il y a encore quelques semaines.

Frédéric Decker