18.02.2012
Nous quittons Muang Khoua en empruntant l’ancienne « Route Coloniale 4 » , qui n’a pas du beaucoup changer depuis cette époque. La piste est défoncée, et dès le 5ème km, nous traversons notre première rivière ! Les choses se corsent rapidement avec une longue montée sous une chaleur écrasante. Nous croisons des cyclistes qui nous apprennent que notre carte se trompe : au lieu des 74km annoncés, il y en a 122, dont 63 de montée. Devant arriver avant 17h au poste frontière situé au sommet d’une montagne, nous devons prendre un camion pour les 25 derniers kilomètres laotien. Nous redescendons ensuite vers Dien Bien au soleil couchant, et entrons sur l’immense cuvette dont parlaient nos livres d’histoire.
Tout en pédalant, nous sommes saisis d’une forte émotion dans ce lieu où ont péri tant de soldats. Il est difficile de concevoir que cette vallée verdoyante où de paisibles habitants cultivent leurs rizières, a été le théâtre d’une des plus grandes batailles du XXème siècle.
Malheureusement la ville est décevante, c’est un ensemble de gros blocs de bétons et il n’y a pas grand-chose qui évoque la bataille. Le musée étant fermé, nous ne pouvons que monter au monument de la victoire, et pénétrer dans le cimetière militaire vietnamien, bordé d’une frise racontant la bataille. Nous sommes déçus du manque de pédagogie et d’informations concernant son déroulement.
La route jusqu’à Hanoi est ensuite difficile. En effet, la chaine annamitique ne s’interrompt qu’à 80km de la capitale, et les enchaînements de montées et descentes continuent. En revanche, le climat a radicalement changé depuis le Laos. Le ciel est désormais couvert, et nous nous retrouvons tous les jours au milieu des nuages. L’humidité est telle que nous sommes littéralement trempés dans les montées, avant de grelotter dans les descentes à cause du vent glacial. Nous jonglons sans cesse avec nos couches de vêtements, et commençons légèrement à saturer. Seules les longues descentes de fin de journée nous permettent d’apercevoir les magnifiques rizières qui s’étendent dans les vallées !
Heureusement, le moral remonte le 2 février puisque nous fêtons l’anniversaire de Charles à Mai Chau, petit village de maisons thaïs (en bois sur pilotis), dans lequel le Parti Communiste a autorisé les villageois à accueillir des touristes. Pour la première fois depuis notre retour au Vietnam, nous mangeons autre chose que la traditionnelle « phô’ », la soupe de nouilles au bœuf qu’on nous sert matin, midi et soir. Charles ouvre son cadeau : une bouteille de Bourgogne qu’Antoine et Tristan dissimulent dans leur sacoche depuis Luang Prabang, il n’est pas dit qu’un fils de viticulteurs commencera sa troisième décennie sans une goutte de vin rouge dans le gosier !
Plus nous approchons d’Hanoi, plus la circulation s’intensifie, et donc l’usage du klaxon. Cet instrument fascine les Vietnamiens, il suffit de voir ceux de 7 à 77 ans, qui s’amusent à chaque pause avec le « pouet-pouet » de Carlos. Ils l’utilisent en permanence, sa signification étant « je suis là et je ne ralentirai pas ». Ils résonnent dans nos oreilles et nous sommes parfois proches de la rupture. Mais nous parvenons finalement à Hanoï, devant la cathédrale Saint-Joseph, fin de notre aventure à vélo en Asie du Sud Est. Notre ami Paul-Antoine doit nous y rejoindre deux jours plus tard, pour rencontrer des entrepreneurs et découvrir les merveilles du nord du pays. Quelques jours de tourisme « normal », qui ne feront pas de mal à nos organismes fatigués !



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