De gauche à droite et retour

Posté par : Sylvie Braibant

Klarsfeld
C’est l’une des dévotions familiales : la gifle de Beate Klarsfeld assénée sur les joues plutôt rebondies du chancelier allemand et ancien nazi Kurt Georg Kiesinger le 7 novembre 1968 à Bonn.  Juste après que cette jeune femme, se faisant passer pour journaliste, ait commis ce geste magnifique, on voyait les courtisans de la CDU se précipiter pour caresser ce visage marqué par les cinq doigts d’une main délicate. Depuis, les Klarsfeld ont accompagné mes parents, ma mère surtout, et moi, dans le Loiret où je vis, celui des camps d’où partaient les convois d’hommes, de femmes, puis d’enfants vers les camps dans la mort, je ne manque jamais leurs venues chaque mois de juillet, celui des rafles de 1942, à Beaune la Rolande. Beate est toujours présente légèrement en retrait, derrière leurs camarades rescapés, parce que malgré cette gifle et d’autres actions d’éclat, comme la poursuite de criminels de guerre, elle l’Allemande doit rester en retrait, du moins en France où elle a choisi de faire sa vie d’adulte.

Tageszeitung.750Mais voici qu’en Allemagne, son visage s’affiche à la Une de la plupart des journaux, pour un nouvel épisode flamboyant : le parti de gauche Die Linke, le plus à gauche de l’échiquier allemand, où l’on compte un certain nombre d’anciens communistes Est allemands, a décidé de soutenir sa candidature à la présidence de l’Allemagne. On peut rêver, mais bien entendu cette initiative n’a aucune chance d’aboutir contre le candidat des partis de la coalition gouvernementale et des principales formations d'opposition, Joachim Gauck. Tous ces partis se sont mis d'accord le 19 février sur le nom de ce pasteur de 72 ans qui fut un défenseur des droits de l'homme dans l'ex-RDA et qui deviendra sans aucun doute le nouveau président le 18 mars 2012. La fonction est avant tout symbolique et morale. Le précédent président Christian Wulf, membre de la CDU comme le giflé Kiesinger, a démissionné en février 2012 après avoir été compromis dans un scandale financier – il aurait bénéficié d’un prêt de 500 000 euros de la part d’un financier de sa région la Basse Saxe, un fait qui n’aurait provoqué aucun soulèvement de sourcil de ce côté ci du Rhin…

La candidature sans lendemain de Beate Klarsfeld soulève tout de même des questions : en France, aux côtés de son mari Serge et de son fils Arno, elle affiche un soutien indéfectible au candidat président sortant, Nicolas Sarkozy. Est-ce à dire que l’Ump française serait plus proche de la gauche radicale que de la droite conservatrice allemande ? Ou bien que l’émotion prend le pas parfois sur la raison et la pensée politique ?

Autre emblème de la confusion gauche droite, les Izvestia de Moscou, nées avec la révolution, la Izvestia.750première, celle de février 1917, ont conservé leur nom, malgré quelques virages idéologiques à 180°. Le quotidien fête en grande pompe son 95ème anniversaire, fier d’avoir survécu à la fin de l’Union soviétique, autrefois propriété de l’Etat, aujourd’hui celle des banques, autrefois fidèle, quoique plus « intellectuel » que la Pravda, soutien du Parti communiste, aujourd’hui allié du pouvoir de Vladimir Poutine.

Mais ce qui rend fier surtout l’équipe de journalistes du quotidien russe n’est pas tant d’avoir surmonté les chaos de l’histoire que d’avoir résisté aux assauts des nouveaux médias sur Internet et à la transition économique du socialisme au capitalisme sauvage. Le tirage a tout de même sombré de 1 million au temps de la splendeur à 250 000 exemplaires quotidiens aujourd’hui…

Mais cette résistance aux coups de boutoir du temps et aux nouvelles technologies s’est accompagnée de quelques compromis pour ne pas dire compromissions avec le pouvoir post soviétique : un temps propriété de Gazprom, la multinationale étatique, les rédacteurs en chef pouvaient valser si la ligne éditoriale froissait en haut lieu, comme en  septembre 2004, après la prise d’otages très meurtrière de l’école de Beslan en Ossétie du Nord. 

Alors plutôt que de revenir sur ses heures de gloire aux jours de la révolte de Kronstadt en 1917, où à son engagement pour la perestroïka de Gorbatchev, le quotidien préfère se mettre en valeur au milieu d’une liste mondiale des plus vieux journaux, essentiellement anglosaxons, pour célébrer sa survie….

 

 

Tableaujournaux

Russie - la patrie de Vladimir Poutine est du genre masculin

Posté par : Sylvie Braibant

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S’il y a une chose avec laquelle on ne plaisante pas en Russie, c’est la patrie. Le mot est prononcé en général avec un mélange de terreur respectueuse, qui renvoie à l’histoire tourmentée des deux siècles derniers, pleins de bruit et de fureur, et dont l’apogée culmina avec la grande guerre patriotique en 1942, à Stalingrad. Les jours fériés marquant cette quasi religion sont nombreux, certains correspondent aux nôtres, comme le 9 mai (au lieu du 8) anniversaire soviétique de la victoire sur l’agresseur nazi, suivi de quatre jours chômés parce qu’une semaine est absolument nécessaire pour se remémorer les 20 millions de morts que laissa derrière lui le conflit avec les régiments d’Hitler.

Mais ce n’est pas suffisant, et le 23 février est aussi férié. Ce jour là, celui des défenseurs de la Patrie, honore les soldats de la grande armée patriotique, parce que le 22 janvier 1918 « l’armée rouge des ouvriers et des paysans » entrait dans l’histoire sous l’impulsion d’un certain Léon Trotsky qui la constitua au pas de charge, sans trop prendre de précautions démocratiques, malgré son principe d’intégration volontaire. Deux ans plus tard, cinq millions de soldats l’avaient intégrée…

Moskovskaya_pravda.750Mais le 23 février depuis qu’il est férié, passe avant tout pour la journée des hommes, comme une sorte de contrepoint à l’approche du 8 mars, autre invention soviétique  (mais aussi américaine) inébranlable, la journée des femmes. Chaque 23 février, les ventes de mousse à raser et de chaussettes connaissent un pic insolent. C’est donc l’occasion pour l’excellent Moskovskaïa Pravda de s’interroger sur la masculinité de la défense patriotique, et sur cet oubli de la moitié de l’humanité russe. Les femmes ont pourtant été intégrées dès les fondations de l’Urss dans l’armée, elles sont aussi entrées en nombre non négligeable dans la sinistre Tchéka, sans être en reste (par rapport à leurs mâles collègues) dans les manifestations de violence à l’égard des dissidents. Certaines étaient même connues pour leurs raffinements et leur inventivité en la matière.

En 1941, lorsque l’Urss entre finalement avec toutes ses forces dans le chaos européen, certaines se jettent dans la bataille, tandis que les autres font tourner à plein régime l’industrie de l’armement. Aujourd’hui, elles sont présentes, nous dit encore le quotidien moscovite, à tous les échelons civiles et militaires de la défense russe. Le journal cite encore toutes les héroïnes (vraies ou fausses) de la survie de la grande patrie. Et pourtant le 23 février les dames continuent à offrir des chaussettes et de la mousse à raser, tandis que les messieurs s’offrent à boire sans limites, le 23 février au cœur de l’hiver connaît aussi un pic de beuveries tous azimuts.

Cette année 2012, à une semaine de la présidentielle, Valdimir Poutine, ex président, ex Premier ministre, et bientôt futur président, avait choisi ce 23 février pour lancer à ses partisans surchauffés réunis dans le stade Loujniki de Moscou : « Nous sommes une nation de vainqueurs, c’est dans nos gènes ! »

« Mourront devant Moscou,

Comme nos frères avant nous !

Mourir, nous l’avons promis,

Et nous avons tenu notre serment »

Cinq hommes et seulement des hommes concourent dans ce scrutin. Alors de la testostérone est toujours bienvenue dans ces derniers jours, avant le grand jour…

 

Elfstedentocht 2012 : caramba, encore raté !

Posté par : Sylvie Braibant

Unespaysbas
Donc, ils ne sont pas partis, ces patineurs, prêts sur la ligne de départ, déjà chaussés et bonnetés... Malgré des températures de - 15° à - 20°, alors même que le soleil ne se montrait pas trop généreux au nord de Bruges et d'Anvers, les autorités hollandaises ont décidé que la glace n'était pas assez solide pour accueillir les hordes de Bataves décidés à se surpasser, se dépasser, presque à trépasser, au long des 200 kms de canaux gelés, et autour des onze villes mythiques, de cette course qui ne l'est pas moins. La couche glacée a stagné à 12 cms d'épaisseur, alors qu'elle doit être d'au moins de 20 cms pour supporter ces milliers de patins en furie sur son dos. L'hiver est arrivé trop tard, et les jours déjà trop longs...

La déception est à la hauteur des espérances : une défaite quasi nationale et l'amertume presque aussi palpable que celle des supporters irlandais contraints de rentrer bredouilles à Dublin, après l'annulation du match Irlande/France. Sauf que l'Elfstedentocht est gratuite, n'exige aucun billet d'entrée, ni nuit d'hôtel hors de prix. Juste une paire de patins... Ce que tout le monde possède en Hollande.

Certains chanceux en ont tout de même profité : tandis que les inspecteurs de la glace sondaient sa solidité, des petits malins et malines sont partis dans leur sillage et ont tout de même parcouru 40 kms à toute vitesse, dans un bonheur immense ! En espérant que l'année prochaine, le froid polaire attaque plus tôt et plus longtemps...

L'insoutenable suspens de la course des 11 villes aux Pays Bas

Posté par : Sylvie Braibant

Elfstedentocht
Les clichés sont pris de haut, à distance d'un hélicoptère, qui tenterait de s'approcher au plus près de ses cibles, comme pour mieux les espionner. Tels de petites fourmis travailleuses et attentives, des hommes en bonnets multicolores sont penchés vers le sol blanc de neige. Ils tiennent des pieux ou des rateaux dans leurs mains. Ils sont vêtus de noir, rouge ou bleu. Et de cette hauteur, on ne voit pas leurs visages, ni leurs expressions. Mais sans voir, on sait. L'angoisse est là, palpable...

C'est que rien n'est encore sûr. Malgré le froid, malgré des températures qui flirtent avec des mesures Ad.750sibériennes depuis quelques jours (- 20° les bons jours), tout reste mouvant. C'est que l'hiver, avant ce mois de février, a été si doux. Et que pour obtenir une bonne glace d'au moins 30 cms d'épaisseur, il en faut des nuits claires et gelantes.

Les Hollandais, puisqu'il s'agit d'eux, retiennent donc leur souffle. Pourront-ils s'adonner à leur passion nationale, à leur mythe unitaire et fondateur annuel, l'Elfstedentocht ? Un mot que l'on prononce sans s'arrêter, au risque d'une sortie de route...

La tension est telle que les quotidiens sont passés en liveblog sur leurs sites, informant minute par minute, que dis-je seconde par seconde de la solidification de la glace... On a déjà expliqué ici ce qu'était l'Elfstedentocht, cette course des onzes villes qui se court sur des canaux glacés... N'empêche qu'on est toujours étonnée de l'engouement que cette compétition populaire provoque. Et l'on remarque aussi que dans cette période de réchauffement climatique annoncé, cela fait quatre années de suite que les patineurs et patineuses peuvent s'y élancer après plus d'une décennenie de vaches maigres. On notera aussi que c'est lorsque la crise économique est la plus vive que l'enthousiasme pour le rush polaire est le plus fort. Y aurait-il multiplication des tentatives d'oubli de soi, dans ces moments-là ?

On espère en tout cas que contrairement aux bourses mondiales, la glace ne craquera pas. Il faut qu'elle tienne d'ici le week end du 11 février, date retenue pour que le peuple batave en entier s'élance...

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Mon petit déjeuner chez Standard & Poor’s

Posté par : Sylvie Braibant

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Le journaliste d’investigation du XXIème siècle aime prendre des risques pour aller au plus près des grands sujets d’actualité. Et donc lorsqu’il mène l’enquête sur les institutions haïssables de la finance moderne, il n’hésite pas à pénétrer dans le saint des saints, en l’occurrence le siège parisien de la très honnie ces derniers temps en Europe Standard & Poor’s. Il y arrive un mercredi, dans un petit matin blême et hivernal, quasi camouflé sous son manteau matelassé. Il passe la porte furtivement. Heureusement, il n’est pas seul : une vingtaine de confrères et consœurs venus de tout le vieux continent (et même au delà) se sont engouffrés avec lui dans le hall blanc (marbre, bureaux, canapés, fleurs, tout y est immaculé en une symphonie de pureté), conviés par l’agence de notation la plus détestée de France, à une séance de questions réponses, en toute franchise.

Les heureux élus de ce briefing boivent un café, debout, accompagnés de viennoiseries miniatures, avant Carnet d’être conduits secrètement dans une salle du sous sol de cet immeuble désormais célèbre – puisque les indignés de tout poil viennent y célébrer régulièrement leurs dévotions anticapitalistes. Les journalistes enquêteurs, repus et animés par la caféine, sont heureux : ils découvrent sur chaque siège un carnet de note et un stylo « collectors », estampillés S&P, avec lesquels ils pourront désormais se reconnaître.

Première surprise : le comité d’accueil est presque exclusivement féminin – patronne du bureau parisien, responsable de la méthodologie des analyses, directrice de la communication. Le seul homme est l’économiste en chef, le penseur donc… Les échanges de bienvenue débutent alors par un merveilleux lapsus, celui du président bien aimé de cette coterie de correspondants européens et d’enquêteurs hors pair, Alberto Toscano, un condensé à lui seul de toutes les saveurs italiennes : « je tiens tout d’abord à remercier les représentants à Paris de Goldman Sachs de nous accueillir ! ». Alberto vient de publier un livre sur « les gaffes en politique » ("Ces gaffeurs qui nous gouvernent", chez Fayard) ! La séance peut commencer… avec une heure de présentation un peu professorale, loin de la flamboyance ou de la concision imaginaires de « lémarché » de la finance mondiale.

Setp2Puis une autre heure pour les questions réponses, sur un ton très polissé – avec cette seule interpellation d’un confrère français : « comment osez-vous encore vous présenter devant nous et justifier votre existence après une erreur aussi catastrophiques sur la pertinence et la solidité des subprimes ? » (Les subprimes sont ces prêts hypothécaires à risque, dont le non remboursement a déclenché la pré crise de 2008, et qui ressortent de la titrisation, technique qui permet de gonfler très artificiellement ses capacités de finance.)

Qu’a donc appris l’envoyé spécial au siège parisien de Standard & Poor’s, ce mercredi 25 janvier 2012 ? Que chez S & P, on ne s’énervait jamais ; que les effets de la dégradation de AAA en AA, voire en A, restaient très marginaux ; que personne ne leur demandait de noter les États souverains, tels que la France, l’Allemagne ou les Etats-Unis ; qu’on pouvait trouver toutes les informations sur leur site ; qu’ils ne subissaient aucune pression politique, non mais dis donc ; que l’enquête menée par un juge italien de Milan pour manipulations contre S & P n’était qu’une croisade solitaire ; et que la titrisation était une magnifique et solide technique financière ; et qu’enfin l’un des critères retenus pour noter les États, était de s’assurer qu’en temps de crise aiguë, il y avait bien un capitaine, de droite ou de gauche peu importe, dans le bateau.

« Comme dans les croisières Costa ! », a renchéri Alberto.

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Histoires de genres – l’irréductible faute des mères

Posté par : Sylvie Braibant

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On pourrait trouver l’affaire anecdotique. La Tageszeitung berlinoise, un peu bobo branchée, a choisi d’en faire sa Une. Et pourquoi pas ? C’est l’histoire d’un(e) petit(e) Alex qui, depuis qu’il/elle sait marcher et babiller s’est décidé pour un autre genre que le sien. Quand Alexander est né, les deux parents unis dans l’amour, se sont émerveillés. Il était né le divin garçon ! Et puis, à mesure que l’enfant s’éveillait au monde, malgré le volontarisme d’un papa tout à ses petites voitures et autres jouets virils, Alex coiffait ses poupées, aimait la couleur rose, et accrochait des tresses à ses cheveux. Anna, sa maman, a refusé de contrarier cette tendance et a accepté de mettre des « couleurs de fille » dans la chambre, d’acheter des robes et des souliers vernis. L’école a suivi elle aussi et a modifié l’état civil en Alexandra. Le père continuait ses tentatives de redressement avec ses petits robots et ses soldats de plomb. Rien à faire, Alex persistait, pleurait, tempêtait. Les parents se sont séparés. Aujourd’hui Alex aime danser, nager, et lire Harry Potter, autant d’activités au genre neutre et peu effrayantes, même pour un père affolé…

Tageszeitungfemm.750Et voilà qu’Alex a eu 11 ans, et que personne ne parlerait d’elle, si la Cour suprême allemande n’avait décidé de s’en mêler à la demande du père. Parce qu’Alex, au seuil de la puberté et de l’adolescence a souhaité qu’un traitement hormonal le fasse basculer définitivement dans le genre féminin. Son sort est donc suspendu aux expertises contradictoires de psychiatres. La « communauté scientifique » est en effet très partagée sur le sujet. Ou bien, elle restera avec sa mère, ou bien elle ira dans une clinique psychiatrique pour y subir un lavage de sexe, avant d’être confiée à une famille d’accueil. Le ministère de la jeunesse et le père avancent main dans la main, attendant que les aiguilles de l’horloge remarchent dans le bon sens, et accusant la mère Anna d’avoir encourager cette déviance. La Tageszeitung a interrogé des experts, de Berlin à Amsterdam en passant par Bâle.

Le docteur Klaus Beier de Berlin s’est déclaré hostile à cette volonté enfantine. Parce que dit-il « à cet âge nous n’avons aucune certitude sur ses orientations futures qui peuvent encore changer, aucun critère sur lequel on puisse asseoir une vérité, et administrer un traitement aussi définitif peut s’avérer catastrophique. » Des Hollandais ont pourtant avancé dans des études récentes que les petits garçons très déterminés à être des filles, avaient peu à voir avec l’homosexualité qui se déclare, elle, souvent après la puberté, et que leur désir absolu de traverser le miroir vers l’autre sexe, restait inentamé avec le temps. Ce que confirme le bon Dr Udo Rauchfleisch de Bâle. « Il faut accompagner et suivre l’enfant pendant plusieurs mois. Et si je peux établir un diagnostic de transgenre, alors je commencerai à le traiter avec des hormones. Cela ne peut qu’être un immense soulagement, si l’enfant s’avance vers le sexe qu’il désire. Cela évitera énormément de souffrances. » Lors de tests dans un service psychiatrique de Berlin, alors qu’elle était âgée de 6 ans, les médecins ont dit à Alex que plus tard ce serait terrible quand « il » ne voudrait plus être une fille… Alex a refusé de continuer les tests…

Aux Etats-Unis, en mai 2011, des parents ont amené leur petit Jack de 10 ans, se faire opérer afin d’en faire une petite Jackie, ce qu’il voulait être depuis toujours. L’affaire a soulevé un tollé général et les parents, en particulier la mère, ont été stigmatisés. Au Canada, des parents refusent toujours d’indiquer le sexe de leurs enfants aux administrations qui le demandent pour établir une « identité ». Ils leur ont donné des prénoms asexués et des jouets ou des vêtements de filles et de garçons. Le pays se déchire entre partisans (ou juste tolérants) de cette démarche et adversaires… Le couple est traité au mieux de fou, au pire de criminel. Il ne s’agit pas ici de crier avec les loups et de juger qui a raison et qui a tord, mais de remarquer qu’à chaque fois, les mères sont montrées du doigt, comme elles l’ont été très longtemps dans les raisons de l’autisme infantile. Le sujet, très tabou, a souvent été traité par les artistes,  dernièrement encore avec Tomboy de Cécile Sciamma. Il faut dire que désormais la réalité dépasse la fiction.

Aujourd’hui, en attendant la décision suprême, Alex et sa mère Anna peuvent voir débarquer chez eux, pour mesure conservatoire, et sur injonction des organismes de protection de la jeunesse, des hommes en blanc pour embarquer l’enfant trop indéterminé…

Quant à Lady Joan Bakewell, l’une des stars de la radio britannique, elle a bien failli aussi ne jamais  Daily_telegraph.750pouvoir réaliser ses rêves de devenir une « voix », plutôt grave et masculine, plébiscitée par les auditeurs, à cause de sa pauvre maman. Elle a confié au Daily Telegraph que jeunette, alors qu’elle était loin d’être promue « lady », à la BBC où elle s’était présentée pour prononcer les annonces de la nuit, on lui avait dit que son accent était trop snob et aigu.

Sa mère, modeste femme, l’avait inscrite enfant à un cours d’élocution, pour qu’elle ne soit pas pénalisée plus tard face aux gosses d’aristos. Il semble alors que la petite fille avait dépassé les maîtres. Et aujourd’hui, les auditeurs trouvent qu’il n’y a pas plus BBC que la voix de Joan Bakewell… De quoi faire la fierté de cette petite employée du sud de Manchester, qui voulait que sa fille ait une vie meilleure.

Champs et contrechamps de Syrie en Argentine

Posté par : Sylvie Braibant

Trouxnyt
Elle a les mains délicatement posées sur les épaules des enfants devant elle, un garçon et une fillette aux yeux inquiets. Elle porte une casquette qui  rehausse son léger sourire attentif et admirateur. Elle regarde droit devant elle. Le visage lumineux de Asma el-Hassad, l’épouse du sinistre Bachar, retouché à la Une du Trouw hollandais ou tel quel à celle du Times britannique était tendu ce jeudi 12 mai vers quelque chose, mais vers quoi ? Il fallait regarder le New York Times pour avoir le contrechamp : une estrade pleine de monde, aux couleurs orange, blanche et grise, femmes cheveux au vent, de dos, jeunes hommes s’agitant au dessus comme dans un concert de pop musique, et le plus grand de tous, Bachar, saluant en souriant la foule comme une rock star.

Les légendes des journaux des deux côtés de l’Atlantique nous disent la même chose : leurs apparitions publiques à ces deux-là sont rares. Alors profitons en ! Et contemplons les postures de cet homme qui ne voulait pas être président de la Syrie et sa femme qui rêvait de poursuivre une carrière d’ophtalmologiste à Londres. Ont-ils seulement conscience des morts, du sang et de la réprobation générale qui les entourent ?  Ils ont l’air si sympas ! Et sans doute le sont-ils, à l’abri de leurs murs insonorisés…

Guardian.750Tout est affaire de champ et de contrechamp. La grande photographe Eve Arnold, partie sans laisser d’adresse cette semaine, en savait quelque chose, la preuve par l’image à la Une du Guardian, très rare vue d’elle, tout de même de profil. La dame du contrechamp qu’on ne voit jamais est morte, dans une maison de retraite, à 99 ans, à quelques semaines de son centenaire, ce qui est bien fâcheux, note Beeban Kidron, son assistante dans le très beau portrait (écrit) nécrologique qu’elle signe dans le quotidien anglais.

Le mot légendaire, nous dit Beeban, colle à Eve Arnold : photographe légendaire qui figea sur sa pellicule des légendes, au premier rang desquels Marylin Monroe et Malcom X. Beeban se souvient surtout du timbre si grave de la voix d’Eve, de son hospitalité et de sa capacité à transmettre.

Ce jour-là, l’argentin Pagina12, avait choisi une photo floue pour sa Une. Une main repliée devant le bas d’un visage brouillé, sous ce titre « Une vie dan la terreur ». Et le quotidien de la gauche argentine de dévider l’horreur dans laquelle ont plongé de très jeunes filles, après avoir croisé le chemin de Raul Martins, ancien membre de la Side, les services secrets argentins de sinistre mémoire sous la dictature, reconverti dans le proxénétisme. L’homme a fini par tomber, parce que sa propre fille Lorena a fini par témoigner contre ce père tortionnaire de militants puis de femmes.  

Les infortunées étaient appâtées par des offres d’emploi de réceptionniste au Mexique, à Cancun, Tapagnoù elles arrivaient l’espoir au cœur. Jusqu’à ce que leurs passeports soient confisqués.

L’une d’entre elles raconte : « dès que nous avons dit oui et que nous sommes arrivées à destination, nous avons dû aller à une fête d'accueil. Nous avons été emmenées en voiture vers une maison, celle du propriétaire de l'un des plus grands hôtels de Cancun. Quand nous sommes entrées, nous avons commencé à trembler. Il y avait des hommes armés partout, avec des fusils  aussi partout sur les tables. Le propriétaire avait reçu une balle dans la jambe et une infirmière l’accompagnait en permanence pour nettoyer la plaie qui s’était infectée. Nous avons été immédiatement saisies par les cheveux et ils ont fait de nous tout ce qu’ils voulaient. J'ai pleuré, je me suis cachée dans la salle de bains. Les autres filles, même les plus âgées, tremblaient aussi. Ils étaient douze hommes et une femme, elle aussi très violente, et nous étions seulement trois. J'ai aussi commencé à saigner. » Raul Martins possédait des boîtes de nuit à Buenos Aires et à Cancun, bases de prostitution, et sa fille, jusque-là restée dans le contrechamp, a tout balancé à la justice argentine…

 

Et soudain parut Mikhaïl Prokhorov !

Posté par : Sylvie Braibant

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En janvier 2007, soit un an avant l’élection présidentielle russe de 2008, Vadim Glusker, le correspondant de la chaîne NTV en France (l’une des trois plus importantes de Moscou) était en partance comme chaque année pour Davos. Il avait dit : «  cette année, dans le cénacle de la puissance économique mondiale, il y aura Dmitri Medvedev, il faut regarder attentivement cette personne, parce que ce sera notre prochain président en Russie ».  Le petit (1m67) homme brun était alors un parfait inconnu en Europe ou ailleurs, et sans doute même un peu en Russie. 

FTAlors, lorsque Vadim, au lendemain des manifestations du 10 décembre à Moscou a lancé : « Mikhaïl Prokhorov, retiens ce nom, il va jouer un rôle d’ici la présidentielle… », je me suis précipitée pour chercher qui il était. Cette fois, je n’étais pas la seule : le Financial Times à Londres et le New York Times aux Etats-Unis, mettaient à la Une de leurs éditions du 13 décembre, ce nom et cette nouvelle tête-là…

C’est qu’à 46 ans, ce déjà très grand homme (2m04) est aussi l’une des plus grandes fortunes du monde (la 32ème) et la troisième de Russie selon le magazine Forbes, dédié aux riches. Son pactole constitué dans les filières de métaux précieux (nickel, or, etc) est estimé à plus de 18 milliards de dollars. Et comme un autre des ces oligarques, devenus richisssimes en quelques années post soviétiques, un certain Mikhaïl Khodorkovsky avant lui, il a décidé de se lancer en politique, après avoir fait ses armes dans le sport – il est propriétaire de l’équipe de basket New Jersey Nets, et lorsqu’il parle à ses joueurs, il peut en tout cas les regarder droit dans les yeux, puisqu’il a leur taille…

Il a été lui aussi en délicatesse avec la justice, jusqu’à être arrêté voilà quatre ans sur les pentes neigeuses et françaises de Courchevel où il a ses habitudes, pour soupçon de proxénétisme (il aurait agréablement pourvu ses invités en jeunes femmes avenantes). On lui prête aussi l’intention d’avoir voulu acheter en  2008 la villa Leopoldia, la demeure plus chère du monde (près de 500 millions d’euros) à Villefranche sur mer sur la Côte d’Azur, avant de se raviser, sans doute parce que la crise pointait son nez.

Newyork_times.750Mais après quoi court donc ce milliardaire, rentré en politique voilà huit mois, avec son parti Juste Cause (à ne pas confondre avec Russie Juste autre formation, très poutinienne celle-là), présenté comme un proche de Dmitri Medvedev. Immédiatement après l’annonce de sa candidature à la présidentielle russe du 4 mars 2012, les commentateurs ont décrypté le message : Prokhorov serait un sous marin russe lancé par le premier ministre et ex/futur président Vladimir Poutine pour désamorcer la contestation et porter vers lui les mécontents, avant de les rapatrier dans son giron. La manipulation est assez complexe et même peut-être aléatoire : il arrive que les marionnettes échappent au marionnettiste…  

Sur son blog après avoir posté le 12 décembre à 18h56 (heure locale) un très sobre : « C’est sans doute la décision la plus importante de ma vie. Je me lance dans la présidentielle. », le candidat balaye deux jours plus tard les accusations  de proximité kremlinesque : « J’ai regardé et écouté tous les commentaires dans les médias et sur les réseaux sociaux après ma candidature. On me prête à nouveau toute sorte de projets : de chercher ainsi à me rapprocher de Poutine, du Kremlin et des Etats-Unis.  Bien sûr que je veux aller au Kremlin, mais pour la démocratie. Bien sûr que l’on cherche à nous utiliser, mais nous n’allons pas nous laisser faire, et nous allons utiliser toutes nos forces pour transmettre notre point de vue et faire avancer nos objectifs. »

Les objectifs du milliardaire restent, pour l’heure, un peu flous. Son programme se résume à permettre à la jeunesse russe d’accéder aux richesses et aux biens de consommation, à introduire la Russie dans la zone euro (à moins que ce ne soit l’Europe qui adopte le rouble et intègre la Russie, vue la taille démesurée du partenaire), à  supprimer les visas entre l’Union européenne et son pays, et à grâcier son infortuné prédécesseur Mikhaïl Khodorkovsky.  Comme profession de foi démocratique, on a vu mieux…

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Antisémitisme, racisme et néonazisme, à l’Est, rien de nouveau

Posté par : Sylvie Braibant

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Dans le « Journaliste indésirable », recueil coup de poing publié en 1975, le journaliste allemand d’investigation Günter Wallraff, racontait ses incursions de reporter masqué et infiltré au sein de zones limites variées, dont un groupe de néonazis. Il y décrivait en particulier les liaisons dangereuses qu’entretenait la police avec ces militants au nom de la surveillance, liaisons qui frôlaient bien souvent l’approbation, voire la complicité. C’était il y a plus de 30 ans.

Die_welt.750Et voici qu’en ce début du XXIème siècle, outre Rhin se joue un remake du récit de Wallraff. Un trio infernal de deux hommes et une femme, - surnommé  la Fraction armée brune, version néonazie, selon la presse, de la RAF d’ultra gauche et meurtrière des années 70 -, fait depuis la mi novembre la Une des quotidiens allemands : Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt et Beate Zschäpe ont semé dix ans durant la terreur parmi les Turcs d’Allemagne. Ils ont assassiné au moins dix personnes, braqué quatorze banques et sans doute perpétré l'attentat à Cologne qui fit 22 blessés en 2004. Et pour ces « Döner-Morde » - meurtres Döner (du nom du kebab éponyme) -, ils ont certainement bénéficié de complicités au sein même des renseignements allemands. Pourquoi -, par exmple, Uwe Böhnardt n'a-t-il pas été surveillé depuis 1997, date de son premier méfaut connu : il avait suspendu, à un pont d'autoroute, un mannequin marqué d'une étoile de David et ornémenté de deux bombes factices

Au début des années 2000, les autorités qui voulaient interdire le NDP, parti néonazi, actif surtout dans les lands de l’Est, découvraient que sur les 300 responsables de cette formation, une bonne quarantaine travaillaient pour les renseignements généraux. L’enquête sur Clandestinité nationale socialiste, le groupe des deux Uwe et de Beate, mène elle aussi à des policiers, dont un certain Andreas T, présent sur les lieux de six au moins des crimes.

La dérive de ce ménage à trois s’est achevée le 4 novembre, après un ultime braquage. Les deux hommes se sont suicidés, la femme a fait exploser la maison où ils vivaient. Et l’Allemagne s’est réveillée avec la gueule de bois, la honte de la chancelière Angela Merkel reprise en écho par la presse du pays.

Tageszeitung.750A la veille de ces révélations se répandant, par un curieux hasard, le 11 novembre, la Tageszeitung du 10 novembre annonçait, elle, que l’antisémitisme se portait bien, selon la dernière étude commandée par le Ministère de l’Intérieur à ce sujet, et qu’aucune couche de la population n’y échappait. « Les préjugés, insultes, mauvaises blagues, et diffamations restent quotidiennes en Allemagne. » Elles auraient même augmenté de 20% depuis leur dernière enquête en 2009. Le 9 novembre, jour de publication de ces tristes constatations, était aussi celui du 73ème anniversaire de la nuit de Cristal, pogrom culminant du nazisme contre les juifs d’Allemagne.

Le surlendemain, le 13 novembre 2011, le Laos (rassemblement populaire orthodoxe), un parti grec, antisémite, raciste, nationaliste et homophobe, entrait au gouvernement d'union national de Mr Papadermos, sans que personne n'y trouve rien à redire.

Il semblerait que la vieille Europe ne traverse pas une période d'émancipation...

Katzav, DSK, Cain, Palin, Berlusconi, etc : « tout cela ne leur ressemble vraiment pas ! »

Posté par : Sylvie Braibant

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Il paraît que Dominique Strauss Kahn joue aux échecs pour tuer le temps, depuis qu’il est revenu place des Vosges à Paris. Peut-être a-t-il décidé de ne plus lire les journaux, de ne plus écouter la radio, ou de ne plus regarder la télévision et internet, pour éviter les révélations de plus en plus glauques sur ses appétences sexuelles. Dans quelques semaines, on verra peut-être Silvio Berlusconi lui aussi l’œil rivé sur le damier noir et blanc à se demander comment le roi sautera la dame. Le 7 décembre, Moshe Katzav rentrera en détention en Israël pour y purger une peine de sept ans. Sait-il seulement bien jouer aux échecs ? Quant à Herman Cain, jusque là favori de la primaire républicaine aux Etats-Unis, il devra lui aussi développer d’autres stratégies, et consacrer son temps libre à pousser des pions, les pieds dans des chaussons…

L’année 2011 aura décidément été fatale à ces hommes politiques qui se voulaient puissants, aussi bien Yedioth_ahronoth.750dans la sphère publique par les armes des mots, que dans les recoins plus obscurs par leur sexe brandi et omnipotent. Avant leurs chutes, des sourires entendus et complices accompagnaient les rumeurs sur leurs attitudes envers les femmes – quelle santé ces hommes, et quelle philosophie cette pratique du libertinage ! oubliant que celui-ci suppose l’égalité sociale sexuelle – quand cela n’était pas de  l’indignation à rebours – allons nous devenir aussi politiquement corrects que les Américains ? Mais la réponse la plus souvent entendue dans la bouche des amis ou des soutiens de ces mâles dominants et soi disant virils fut : « franchement, je le connais très bien, et cela ne lui ressemble vraiment pas (de violer, d’agresser, de harceler…). Et en plus, vous croyez qu’il aurait besoin de ça (sous entendu, lui aux pieds duquel se pressent et se lamentent les plus belles femmes du monde…). »

Newyork_times.750Voici donc Herman Cain, le dernier en date à chuter sur l’autel de son plaisir. L’enfant chéri de la droite républicaine américaine, l’Obama des conservateurs, sera donc reparti aussi vite qu’il était arrivé dans la course à la présidentielle de 2012. Ce rêve américain à lui tout seul, homme d’affaires noir ayant réussi à la force de son poignet, promettant de diriger les Etats-Unis comme il l’avait fait pour ses entreprises, avec jubilation et ténacité, pizzas, paillettes et coca cola, hola, hola, séduisait bien au delà de l’électorat traditionnel conservateur. Ah quel type sympa ! Et voilà que fin octobre patatras ! Bienvenu chez les adeptes du bunga bunga… Le Politico, républicain, un quotidien à petit tirage et pourtant a priori bienveillant pour le nouveau chouchou des médias, révèle que plusieurs affaires de harcèlement sexuel trainent à la remorque du candidat. Des plaintes auraient été déposées par des employées dans les années 90 alors qu’il  mettait sur orbite la « National restaurant association »  du consortium (qui représente tout de même plus de 380 000 restaurants, les aide à se développer, avec un budget annuel de 20 millions de dollars). L’homme d’affaires politique est accusé de comportements inappropriés en mots ou gestes déplacés (une main dans la culotte tout de même, selon Sharon Bialek, alors postulante à l'embauche) qui ont offensé plusieurs femmes lors de salons organisés par l’association. Les affaires auraient été stoppées grâce à l’échange de quelques billets verts.

Herman dit vaguement se souvenir de quelque chose mais renvoie à son avocat. Et son équipe de campagne, que dit-elle ? « Herman Cain est un homme délicat et gracieux. Tout cela ne lui ressemble absolument pas ! Et franchement vous n’avez pas l’impression que c’est un film déjà vu ? Un conservateur qui monte, ciblé en plein vol par des libéraux qui n’approuvent pas sa politique ? »

Cette réponse, pourrai-on leur répondre a déjà été entendue dans les films précédents avec d’autres Timeacteurs : « Moshé Katzav, un violeur ? Un homme pieux comme lui, ça ne lui ressemble pas ! Silvio Berlusconi , un amateur de jeunes filles à peine pubères ? Franchement, avec toutes les belles femmes de sa compagnie, ça ne lui ressemble pas ? Dominique Strauss Kahn, un agresseur ? Vous croyez vraiment qu’un homme comme lui a besoin d’agresser des femmes pour les avoir ? ça ne lui ressemble pas ! »

Mais soyons honnêtes, une femme pourrait figurer en bonne place dans ce palmarès de la déchéance. Sarah Palin vient d'annoncer qu'elle jetait l'éponge dans la course à la primaire républicaine, après que cette gardienne impitoyable de la morake chrétienne ait été épinglée dans un livre pour ses écarts de conduite avec une stard du basket ball. Non vraiment cela ne lui ressemblait pas !

Mais sait-elle jouer aux échecs ?