Etes-vous bien certaine d'être une bonne mère ?

Posté par : Sylvie Braibant

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Vous qui avez allaité votre nouveau né pendant un mois, trois, peut-être cinq dans le meilleur des cas, sachez que cela n’a servi à rien. Si vous aviez été vraiment conséquente, si vous aviez voulu être une surdouée mammaire, vous l’auriez gardé au sein jusqu’à la puberté, voire plus, pourquoi arrêter une si bonne chose. Votre bébé pleurait la nuit, vous l’avez consolé, et vous l’avez remis dans son lit. Vous n’auriez pas dû. Il fallait le mettre dans le votre, et cela même si à 15 ans, il le réclame encore. Ainsi vous seriez conformes aux théories de ce bon William Sears, un médecin américain, promoteur de l’ « attachment parenting philosophy » - mais avant tout promoteur de lui-même, semble-t-il… Cette théorie, que l’on pourrait traduire par philosophie de l’attachement maternant et paternant, suppose une osmose complète avec sa progéniture, des années d’abnégation de maternage au service de ses chères têtes blondes, brunes, ou de tout autre couleur, peu importe. Et cet appel à la régression semble avoir séduit la rédaction de Time, l’un des plus importants magazines américains. Soyons honnêtes : à lire l’article, il s’agit de montrer pour critiquer … Les réactions de lectrices/lecteurs ont d'ailleurs été très véhémentes.

TimemamanLa couverture de l’hebdomadaire montre Jamie Lynne Grumet, une Californienne blonde de 26 ans, mince, belle, allaitant son fils de 3 ans. La légende nous interroge : « Etes vous suffisamment maman ? L’ attachment parenting philosophy conduit certaines mères à des excès et le Dr Bill Sears est leur gourou. » D’après le journal, elles sont même de plus en plus nombreuses à s’engouffrer dans cette aliénation présentée comme une libération (certain(e)s ont même prétendu qu'il y avait là comme un néo féminisme, puisque "l'essence" fémnine trouvait là à s'accomplir !). Comme Joanne Beauregard qui pense qu'elle n’est rien si elle n’est pas mère à 400%.

Quand elle s’est rendue compte qu’elle avait des difficultés à tomber enceinte, elle a quitté son travail bien payé de comptable pour se consacrer à ce but absolu : attendre un enfant. Puis elle a accouché à la maison, elle a allaité son enfant nuit et jour, le laissant dormir dans le lit conjugal, entre elle et son mari Daniel, un ingénieur en informatique… Et chaque matin, elle rend  sans doute hommage à celui sans lequel elle serait encore une femme potentiellement indépendante, le très médiatique Dr William, dit Bill, Sears, auteur d’un best seller, Le Livre de Bébé, paru en 1992.  Une petite recherche sur Twitter avec les deux termes #Attachmentparenting #Time vous permettra de mesurer le degré d’aliénation, navrant, de certaines Américaines à ce concept de mère totale.

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Le Dr Sears conquiert ses supportrices et supporters grâce aux nombreuses émissions dans lesquelles il est convié à porter sa bonne parole : CBS, CNN ou Foxnews se l’arrachent. Il peut compter sur le soutien infaillible de sa femme Martha, avec laquelle ils ont conçu huit enfants – dont un trisomique. L’attachment parenting a marché au delà de leurs espérances : quatre de leurs chérubins sont devenus médecins… Cet homme qui multiplie aussi les consultations dans les magazines spécialisés ou sur des sites internet, comme le sien, a également reçu l’appui de l’ American Academy of Pediatrics qui recommande au moins un an d'allaitement, a priori une fort sérieuse institution, mais attaquée par toutes les organisations de défense des droits humains après  avoir défendu la circoncision masculine et même… l’excision, pour raisons d’hygiène sanitaire ! Par ailleurs Sears,  family and co, sont une jolie petite entreprise bien rentable, puisqu’ils accompagnent leur philosophie de vie de tout un tas de produits dérivés, opuscules et produits diététiques, qui vous feront devenir encore meilleure mère que les meilleures mères...

Un aperçu télégénique du Dr Bill Sears dans ses bonnes oeuvres. Il ne se démonte jamais...

Des femmes à l'arrière plan de "l'attentat" de Londres

Posté par : Sylvie Braibant

Tageszeitung

On ne parlera pas ici de ces images comme tirées d'un film, enregistrées par les passants où l'on voit un homme discuter presque tranquillement, une hache et un couteau tenus par une main rouge de sang… Ce que la Tageszeitung berlinoise nomme "La terreur à l'heure des smartphones". On ne parlera pas non plus de ces assassinats politiques de pauvres qui essaiment de Toulouse (Mohamed Merah) à Boston (les frères Tsarnaïev), en passant par Londres. On n'évoquera pas non plus les chasses à l'homme lancées par les fascistes de l'English Defence League contre les non blancs, juste après le meurtre du soldat Lee Rigby, ancien d'Afghanistan, par de jeunes afro-anglais convertis, dans le quartier plutôt tranquille de londonien Woolwich, pas plus que les condamnations unanimes de cette sauvagerie, énoncée par les chefs de file musulmans de la capitale britannique.

On s'attardera ici sur un bruit de fond, dans lequel des silhouettes féminines  surgissent. Dans les images irréelles qui suivent le drame, des paroles sont échangées entre des Londoniennes et les tueurs. Ceux là disent avoir agi au nom d'Allah mais aussi en pensant aux femmes : "Quand vous larguez des bombes, vous pensez que ça ne tue qu'une personne ou que vos bombes déciment une famille entière? C'est la réalité". (.../...) Par Allah, si je vois ta mère aujourd'hui avec une poussette, je vais l'aider à descendre les escaliers parce que c'est dans ma nature. Mais nous sommes obligés par le Coran, par la sourate "al-taubah" et par beaucoup d'autres sourates (chapitres) dans le Coran, nous devons les combattre comme ils nous combattent, oeil pour oeil, dent pour dent. (.../...) Je m'excuse que des femmes aient été témoins de ce qui s'est passé aujourd'hui mais, dans nos terres, nos femmes voient le même genre de choses. Vous ne serez jamais en sécurité. Renversez votre gouvernement. Ils ne prennent pas soin de vous."

(Lors des témoignages sur les deux frères Tsarnaïev originaires de Tchétchénie et auteurs présumés de l'attentat qui a tué trois personnes durant le marathon de Boston, des proches ont rapporté le lien fusionnel qui rattachait l'aîné - tué par la police américaine - à sa mère, et l'invocation de sa parole pour justifier ses actes.)

FemmelargeLes femmes témoins de Londres, on les retrouve sur d'autres images. Elles n'ont pas couru se cacher, elles n'ont pas hurlé, elles sont venues parlementer avec les deux agresseurs pour les calmer. Il y eut d'abord Ingrid Loyau-Kennett, 48 ans, une ancienne scoute, qui a raconté et re-raconté ces moments : "Etant chef-scoute, j'ai des réflexes de premier secours. Quand j'ai vu cet homme au sol j'ai pensé qu'il s'agissait d'un accident. Mais j'ai vu qu'il était mort, car je n'ai senti aucun pouls. Quand je me suis relevée, il y avait cet homme noir avec un revolver et un couteau de cuisine [et] une petite machette pour couper les os. Il a dit 'Bougez le corps'. Il était couvert de sang. Je savais que ce genre de personnes ont généralement un message, alors je lui ai demandé : 'Que voulez-vous ?'Quand je lui ai demandé pourquoi il avait fait cela, il m'a dit que c'était parce que ce soldat britannique avait tué des musulmans dans des pays musulmans, et qu'il en avait assez des gens qui tuent des musulmans en Afghanistan alors qu'ils n'ont rien à y faire. J'ai remarqué que son collègue et lui avaient encore plus d'armes, mais comme les passants commençaient à se rassembler, je me suis dit qu'il fallait continuer à le faire parler avant qu'ils ne les remarquent. Il n'était pas sous l'emprise de la drogue ou de l'alcool, il était juste bouleversé et furieux. Il était en totale possession de ses décisions, et prêt à faire ce qu'il voulait. Quand je lui ai dit qu'ils étaient assurés de perdre contre tous ces gens, il m'a répondu qu'il voulait quand même rester et se battre. Le deuxième était plus timide. Je lui ai demandé s'il pouvait me donner ce qu'il avait dans les mains. J'ai pensé qu'il valait mieux que les armes soient pointées vers une personne plutôt que vers la foule, d'autant que les enfants commençaient à sortir des écoles."

Puis, comme le rapporte le Monde dans un récit clinique "deux autres "anges de Woolwich sont apparues", ainsi surnommées par le Daily Mirror. La première femme, décrite comme une quinquagénaire religieuse, a demandé à l'un des meurtriers la permission de s'allonger près du corps de la victime pour pouvoir prier. "Elle est allée directement vers eux sans la moindre peur". De la troisième femme (au milieu de la photo), on sait seulement qu'elle semble avoir parlé au deuxième meurtrier pour le calmer, comme Ingrid Loyau-Kennett."

En fait cet arrière plan ne signifie sans doute rien de précis, mais il s'inscrit avec entêtement comme un moment presque paisible (qui n'est pas sans rappeler le courage de Latifa Ibn Ziaten mère de l'un des soldats tués par Mohamed Merah en France) dans cette folie ordinaire individuelle ou étatique qui accompagne le début du XXIème siècle.

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Les deux autres témoins dont l'une s'est allongée pour prier auprès du soldat tué

L'armée américaine dans la ligne de mire des agressions sexuelles

Posté par : Sylvie Braibant

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C'est à un véritable réquisitoire que se livre, à la Une, le quotidien américain USA TODAY daté du 17 mai 2013. Avec pour commencer un inventaire terrible : une femme soldat est tripotée dans une caserne, une autre dans une réserve, une troisième sur un champ de tir. Une autre, incorporée dans la marine est molestée par son instructeur en tactique de défense, une autre est violée par un sergent (qui est aussi un  officier recruteur…). Deux jeunes soldats, durant des événements différents, sont sodomisés avec le goulot d'une bouteille en plastique. Etc, etc…

Jamais les cas d'abus sexuels n'avaient été aussi nombreux dans l'armée américaine, tous corps confondus. Le rapport commandé par le Pentagone, de 1500 pages, qui accumulent des milliers de détails plus effrayants les uns que les autres, est sans appel : 500 femmes et hommes ont été victimes de harcèlement sexuel chaque semaine de cette terrible année 2012, au sein de la glorieuse armée américaine. Les cas les plus graves vont jusqu'à la prostitution de jeunes recrues des deux sexes. 3.374 cas en 2012, en augmentation de 6% par rapport à l'année précédente.

Le quotidien a récupéré des commentaires de citoyens, via Facebook. Ils sont unanimes dans l'écoeurement : "le secteur militaire est un reflet de notre société. Ces questions d'abus sexuels nous concernent tous", dit par exemple Dwayne Perry. Tandis que Jamal Taha se lamente : "je suis si triste d'entendre ça. Ce ne sont pas les standards de l'armée américaine dans lesquels j'ai grandi. Cela ne doit plus être ignoré mais réglé au plus vite !"

Le choc de cette publication a été d'autant plus grand que l'avant veille, les Etats-Unis d'Amérique Usa_today.750s'étaient réveillés avec ce nouveau chapître d'indignité : dans la nuit de mardi 15 mai 2013, l'armée révélait que le sergent de 1ère classe Gregory McQueen, déjà inculpé d'agressions sexuelles, était en plus soupçonné d'avoir forcé une jeune soldate de sa compagnie à se prostituer pour lui.

"Mais pourquoi donc les militaires n'arrivent-ils pas à enrayer ces comportements ?" se demande le journal. Sans doute parce que "c'est la rencontre d'une justice vieille et inégalitaire et d'une culture de guerre établie sur la grossièreté".

Barack Obama a affirmé aussitôt après ces révélations que les abus sexuels dans l'armée représentaient une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis et promis de s'attaquer sans relâche à ce fléau, après une réunion de hauts responsables militaires et civils à la Maison Blanche. Mais les réponses de l'armée sont loin d'être satisfaisantes...

Dans le salon de Vladimir Poutine

Posté par : Sylvie Braibant

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L'une des animatrices de "Ligne directe" s'extasie régulièrement du nombre colossal de SMS, emails, et appels adressés par les téléspectateurs à leur président.

Cette fois, pas de musique tonitruante ou de trompettes, le président russe arrive presque sur la pointe des pieds, et en silence, sur le plateau de "Ligne directe", pour l'un de ses exercices favoris, échanger en toute liberté avec le peuple, aussi loin soit-il. Nous voici comme dans son salon : les interventions sont policées, entre personnes de bonne compagnie, Vladimir Poutine au centre, mais au même niveau que les autres participants. Et nous voilà partis pour 4h19 de direct, sans pause, comme pour une soirée entre amis. "Le publireportage de Vladimir Poutine", titre le quotidien de droite allemand Die Welt.

PublireportagedeoutinedieweltEn principe, le président russe, réélu en 2012, après un intermède à la tête du gouvernement, prétend ici répondre aux questions des téléspectateurs, internautes ou citoyens dotés d'un téléphone - la Russie est sans doute le pays le plus connecté au monde, l'ex-président Dmitri Medvedev, Premier ministre du nouveau, ayant lancé un programme gigantesque de raccordement cybernétique. Mais, ici et là, cet entretien multimedia et multiplexe est saupoudré d'interventions d'experts, très appréciés du Kremlin, que ce soit dans le domaine économique ou militaire. Pas de blagues comme avec les 1000 journalistes de décembre dernier.


Ca commence tout de même par une héroïne, une sans grade mais si essentielle à la vie: Natalya Osipova, une ambulancière du Kouzbass, à l'extrême centre sud du pays continent, dans un nul part coincé entre la Mongolie et le Kazakhstan... Un jour, elle brave une tempête et voilà que le véhicule ne peut plus avancer, mais tout de même elle continue à pied, et finit par sauver toute la famille qu'elle était venue chercher ! Mais Natalya a beau être une femme sensationnelle, elle gagne très mal sa vie, alors quand elle entend dire le président que les salaires ont TOUS augmenté, elle s'impatiente... Mais c'est promis, Vladimir va s'occuper lui même personnellement de son cas et vérifier pourquoi l'argent n'est pas arrivé. Ca pourrait être la faute des ministres, mais encore plus certainement celle des dirigeants de province. Moi, je serais gouverneur du Kouzbass, je ferai attention à mes oreilles, ça va chauffer dans les jours qui viennent !

EnliendirectkommersantDurant ces quelques heures, il ne faut pas attendre de grands sujets internationaux comme lors de la conférence de presse avec la presse russe et internationale. Ici, le président veut discuter des soucis quotidiens des Russes : les salaires augmentent sans augmenter tout en augmentant, l'état des routes ou les indemnités de l'assurance maladie...

Au détour de ces petits ptoblèmes bien essentiels, on trouve quand même quelques pensées importantes à destination du monde, comme ce rappel que d'une part le Stalinisme est bien fini, mais que tout de même il ne faudrait pas que les Etats-Unis impérialistes fassent trop de moulinets de menace ! Dans l'affaire Magnitsky, beaucoup de citoyens de part et d'autre de l'Oural, pensent que les Américains se sont très mal conduits, et que les enfants russes sont bien mieux traités en Russie qu'outre Atlantique... Tout de même, si ces deux affirmations - le stalinisme est fini et l'impérialisme amérocain ça suffit -, n'ont pas été énoncées en même temps, elles sonnent un peu comme un oxymore...

 En ligne direct avec le président, titre le Kommersant, quotidien plutôt indépendant.

 

Voici les 4 heures et quelque d'émission - même sans parler russe, les quelques minutes de démarrage valent le coup d'oeil...

Beate Zschäpe, veuve brune et héritière des mères-patrie

Posté par : Sylvie Braibant

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Beate Zschäpe, seule survivante d’un trio néonazi de meurtriers en série, aura réussi à sauver ses deux chats. Telle est la leçon que retient l'hebdomadaire Die Zeit dans un portrait de cette héroïne noire de l’Allemagne d’aujourd’hui, hantée par les vieux démons. Le 4 novembre 2011, la police fédérale allemande s’apprête à donner l’assaut contre des braqueurs. Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, sorte de Dupont et Dupond de l’assassinat en du grand banditisme se tirent une balle dans la tête avant d’être arrêtées. Leur complice est une femme. Quelques heures plus tard, cette « personne sympathique, intelligente et instruite » ainsi décrite par l'un de ses avocats, suit les instructions des deux Uwe, fait exploser leur repaire, confie ses chers félins à un voisin, et s’enfuit. Ce jour gris de novembre, « elle s’est habillée d’un pantalon noir, d’une veste polaire noire et a chaussé des souliers en cuir brun-rouge. Ses cheveux sombres encadrent son visage rond derrière des lunettes rondes. Dans ses mains, elle tient deux paniers avec ses chats Lilly et Heidi. » Après avoir participé, durant 13 ans face à une police pour le moins laxiste, à l’exécution de dix immigrés, principalement d’origine turque, et avoir laissé derrière elle quelques dizaines de blessés dont certains très grièvement atteints. Le 11 novembre 2011, le 11/11/11, après une cavale de une semaine, elle se rend aux autorités

Tageszeitung.750b« Elle cuisinait pour les hommes, faisait leur lessive, gérait l’argent des vols, elle était à la fois le cœur et l’âme des assassins. » Et elle aimait les animaux. Beate Zschäpe, la trentaine passée sait-elle qu’elle est une copie presque conforme des « mères-patrie » nazies, si bien décrites par l’historienne américaine Claudia Koonz dans le livre qu’elle a consacré aux militantes inconditionnelles du régime de Hitler ? Ces femmes-là, comme Beate, veillaient au repos des guerriers et ressassaient leur haine de l’autre – les juifs, les tsiganes et les homosexuels, alors. Auxquels, Beate et les deux Uwe, comme d’autres Allemands aujourd’hui, ont rajouté les Turcs, les Arabes et les Noirs. Beate avait fondé avec ses deux acolytes la NSU, Nationalsozialistischer Untergrund (le national-socialisme clandestin), n’osant sans doute pas s’approprier directement dans une réserve dévote l’acronyme Nazi du Nationalsozialismus inventé en 1920 par le petit Adolph Hitler.

Beate, elle, veillait au repos de ses deux guerriers, en un mariage à trois beaucoup moins joyeux que celui de Jules et Jim, ou du Que faire ? de Nikolaï Gavrilievitch Tchernychevsky. Son histoire est celle d’une errance haineuse, fille d’une Allemande de l’Est venue étudier à Budapest et d’un Roumain de hasard qu’elle n’a jamais connue. Lorsqu’elle a 20 ans, et ce ne fut sans doute pas le plus bel âge de sa vie, elle navigue d’anarchie punk en extrême droite, en un itinéraire classique qui rappelle les passerelles, rouges brunes comme les chaussures de Beate, entre mouvements libertaires, à la fin du XIXème siècle, puis tout au long du XXème siècle.

Détenue seule dans une cellule, la prisonnière n’a cependant pas connu la solitude de la plupart des 514px-Bundesarchiv_Bild_146-1973-010-31,_Mutter_mit_Kindernreclus : depuis un an, elle correspondait par lettres et par petites annonces codées avec tout un réseau d’internés néonazis, ils échangeaient leurs détestations de toutes sorte, à la barbe de l’administration qui n’en était pas à une bourde près dans ce dossier. Beate a reçu aussi derrière ses barreaux des dizaines de demandes en mariage et même une missive de son « frère » Anders Breivik, néonazi et meurtrier de masse norvégien : « Quand il sera clair aux yeux de tous que tu es vraiment une militante nationaliste, tu deviendras la courageuse héroïne de la résistance nationale-socialiste, qui a tout fait et tout sacrifié pour barrer la voie au multiculturalisme et à l’islamisation de l’Europe ».

Beate Zschäpe devait être jugée ce 17 avril 2013, devant la justice bavaroise, qui semble avoir tout fait pour que ce procès soir reporté, par exemple en prévoyant une salle d’audience minuscule et la en refusant l’accréditation aux correspondants de presse turcs, particulièrement concernés par l’affaire. Rendez-vous le 6 mai…

JUSTICE ! demande ce quotidien du soir, pour les dix assassinés

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A voir, le portrait, en allemand, réalisé par Spiegel TV

Si Angela Davis…

Posté par : Sylvie Braibant

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Si Angela Davis parlait français, je l’aurais peut-être rencontrée lors de son passage à Paris à l’occasion de la sortie du documentaire « Free Angela » qui lui est consacré.  Si Angela était francophone, peut-être l’aurais-je croisée au 1er Forum mondial des femmes francophones, auquel j’ai consacré mon temps (et quasiment mon âme) cette semaine.
Quoique… Cette figure historique des combats pour l’émancipation des afro-américains, des femmes et de l’humanité en général, pense-t-elle que les grands raouts marathoniens et coincés par le temps (à peine une journée) peuvent changer le monde ?

Peut-être… A l’écrivaine Virginie Despentes (et des bouffées honteuses de jalousie m’étouffent presque), Liberation.750elle a répondu que « qu’il ne fallait pas sous-estimer les luttes du XXIème siècle, et nous ne devons pas sous-estimer ce qu’Internet permet… ». C’est précisément ce qui s’est passé le 20 mars, la diffusion par les voies cybernétiques, et qui a fait courir toutes ces personnalités, connues ou pas, radicales ou moins, près de 800 venues de tous les continents, mais plus particulièrement d’Afrique, vers le Musée du Quai Branly.


La communiste irréductible qu’elle est toujours, la pourfendeuse du système néolibérale, aurait sans doute été heurtée par certains propos sur la conquête des femmes par le biais de la prise de pouvoir dans les grandes entreprises… Mais elle aurait applaudi à la clameur de protestation qui s’éleva lorsque l’animateur Emmanuel Duteil de BFM (groupe dédié à l’information économique et assez peu révolutionnaire) chercha à faire taire les participantes qui avaient pris la parole dans la salle et ne voulaient plus la rendre en leur disant « Je vous rappelle que nous ne sommes pas là pour faire de la politique Mesdames ! ». Ouhouhouhouh !!!!


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Elle aurait certainement apporté sa voix à celles et aussi ceux, clairsemés mais très motivés, venus pour échanger sur les moyens de lutter contre les violences dont les femmes sont victimes, partout dans le monde, francophone ou pas. A Virginie Despentes, toujours dans Libération, elle dit : « Il s’agit de rendre visibles, des connexions invisibles. Où les gens qui sont violents dans leurs maisons ont-ils appris que c’était ok d’avoir recours à la violence ? Il existe une connexion entre la violence militaire, la violence de la police, la violence dans les prisons et la violence domestique. Quand on parle de la violence, on oublie systématiquement que les femmes sont la première cible de la violence, dans le monde entier. On fait comme si les deux, la violence et les femmes, n’avaient strictement aucun rapport. Il est crucial de ramener cette question au centre du débat. »

Guerre, prison, femmes : « le corps des femmes est devenu le terrain de guerre des hommes » , c’est avec cette phrase que Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères a conclu le Forum, . Pas seulement du côté des pays pauvres aurait ajouté Angela : « Nous subissons encore, dix ans après le déclenchement de la guerre en Irak, les conséquences et dommages irréparables de cette offensive : la montée du racisme, singulièrement de l’islamophobie, aux États-Unis mais aussi partout dans le monde. »

 

Bon

Si Angela avait revendiqué une appartenance à la Francophonie, j’aurais pu la convier, comme Huma2003l’Humanité, à prendre en charge la rédaction en chef des Terriennes, qui sont la (meilleure) moitié de l’humanité, comme nous le proclamons, en nous moquons doucement de nous mêmes... Je lui aurais dit que voilà 30 ans, j’avais interviewé l’un de ses compagnons d’armes des Black panthers, lié aux réseaux Curiel qui tentaient aussi de faire progresser l’émancipation depuis l’Europe…

Tous avaient fait de la prison, cet enfermement institué dans lequel Angela, après avoir été chassée de l’Université par un certain Ronald Reagan, pourchassée par toutes les polices américaines pour un meurtre qu’elle n’avait pas commis, arrêtée, jugée, y passa 16 mois, peu et trop à la fois. Contre toutes ces forteresses, Guantanamo et autres bagnes, elle lutte désormais de toutes ses forces.

 

Extrait de Free Angela de Shona Lynch

 

Condor, auriez-vous dit Condor, cher pape François

Posté par : Sylvie Braibant

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Passé la stupéfaction délicieuse qui succéda à l'habemus papam de ce pape argentin - le silence interloqué des commentateurs français était presque hilarant -, il fallut bien s'arrêter à ce saisissant hasard historique : le pape François, ex cardinal Jorge Mario Bergoglio de Buenos Aires, fut élu le 12 mars 2013, quelques heures après la condamnation à la perpétuité du dernier militaire à avoir présidé l'Argentine (1982-1983), Reynaldo Bignone, pour crimes contre l'humanité commis dans un centre clandestin de détention d'opposants politiques. Sept femmes enceintes et leurs maris avaient disparu après avoir été détenus au Camp de Mai, près de Buenos Aires. Le Camp de Mai fut l'un des principaux centres d'emprisonnement et de torture pendant la dictature militaire qui sévit sous la houlette du général Videla, de 1976-1983.


Reynaldo Bignone est à peine plus âgé que le pape François. Le vieux général comparaît dans ce nouveau Tapagn procès (il a déjà été condamné plusieurs fois pour des actes similaires) en compagnie d'une vingtaine de "camarades" aussi sinistres que lui, parmi lesquels l'ex-président Jorge Videla, commanditaire des horreurs ou encore le général Luciano Menendez, 85 ans, surnommé "la hyène" parce qu'il riait pendant les séances de torture… Tous comparaissent pour leur participation au plan Condor, une multinationale fasciste et meurtrière dont on a bien tort de penser qu'elle ne sévissait qu'en Amérique latine, avec la bénédiction américaine.

Le Condor est l'un des plus beaux rapaces des Andes. Les Argentins le respectent, tout en le pourchassant dans les pampas où il fait des carnages parmi les troupeaux. L'opération Condor a pris racine au Chili, après l'assassinat du président Allende, avant de se répandre chez les dictatures voisines, en Argentine, au Brésil, en Uruguay, en Bolivie, au Pérou ou au Paraguay. Il ne s'agissait pas seulement d'échanger des renseignements pour poursuivre les communistes ou autres résistants aux dictatures. Il s'agissait de comparer les méthodes de torture afin de les rendre plus efficaces. Les militaires d'Amérique latine firent appel à des conseillers, les meilleurs alors sur le marché : dix ans après la fin de la guerre d'Algérie, les anciens mercenaires de l'OAS ou des commandos Delta, membres des services secrets français ou de la garde rapprochée de Valéry Giscard d'Estaing, champions de la "guerre contre révolutionnaire" avaient acquis une réputation hors pair en ce domaine. Ils enseignèrent aux apprentis tortureurs, avec la bénédiction de l'Etat français, les rudiments de la Gégéne (électrocutions), les crevettes Bigard (militants jetés d'hélicoptères) et autres corvées de bois (exécutions sommaires collectives).

Les disciples argentins (1976 - 1983) se distinguèrent par leur excellence : 15 000 fusillés, 10 000 Tapanprisonniers politiques, plus de 500 bébés confisqués à leurs parents "mal pensants" pour être donnés à des familles proches du pouvoir en mal d'enfants, plus de 30 000 disparus.

En 1976, Jorge Mario Bergoglio n'était encore pas archevêque, et encore moins pape, mais déjà un ecclésiastique puissant : il présidait alors aux destinées de la compagnie de Jésus, les jésuites d'Argentine. Il fit tout pour les maintenir loin des prêtres qui prônaient la théologie de la Libération pour s'élever contre les dictateurs et leurs soutiens de la CIA.

Horacio Verbitsky, dont la voix d'éditorialiste porte très loin en Argentine, fait part dans Pagina 12, (quotidien argentin de gauche qui titrait le 15 mars 2013 "Pagadios" - "Dieu te le rendra" en quelque sorte ...), de la colère qui l'anime au lendemain de l'avènement du pape François. Il publie tous les messages outrés qu'il a reçus en une nuit, en particulier ceux de parents de prêtres disparus pendant la dictature, qui avaient sollicité Jorge Mario Bergoglio pour obtenir alaires son aide. En vain…

Les procès des Condor se poursuivent, et les lourdes peines tombent les unes après les autres. L'Argentine est le seul pays hanté par ce passé à avoir refusé de passer l'éponge par une loi d'amnistie. Au lendemain de l'élection du pape François, le jeudi 14 mars 2013, les co accusés de Bignone et Videla sont entrés dans le tribunal, arborant des cocardes du Vatican et portant des insignes du Saint Siège au revers de leur veste.

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L'hommage des militaires de la dictature au pape François, lors de leur procès

Et en petit cadeau bien senti, je vous offre le dessin de Kroll pour le Soir. Le quotidien francophone de Belgique, qui lui aussi, sous la plume de son éditorialiste Jurek Kuczkiewicz s'interroge : "On n’ose croire que les cardinaux ont élu ce pape sans avoir la certitude qu’il est blanc de tout soupçon de collaboration avec une dictature militaire. Mais on ne peut oublier que la hiérarchie de l’Eglise a montré, ces dernières années encore avec les scandales pédophiles, combien elle sait occulter ses propres turpitudes."

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En Suisse, les femmes et les enfants d'abord !

Posté par : Sylvie Braibant

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Campagne "humoristique" en 2010 d'un site d'information
BritainThinks.com

MISE A JOUR DIMANCHE 3 MARS 2013 à 17 h 21 : l'initiative Minder a été plébiscitée avec 67,9% des voix et tous les cantons ont dit "oui", ce qui est très rare.

La démocratie suisse nous offre ce dimanche 3 mars 2013 un nouvel épisode de sa vitalité. Les Suisses, et surtout les Suissesses doivent se prononcer, lors d'une votation - entendez référendum -, pour ou contre un nouvel article constitutionnel permettant de mieux concilier travail et maternité ou paternité. C'est qu'en Suisse, nous prévient l'excellent Temps de Genève, comme en Allemagne prévaut toujours l'image d'une bonne mère, au foyer et esclave souriante de ses enfants maltraitants, tandis que la méchante dame abandonne à des professionnelles inconnues l'affection de ses bambins éplorés. Il faut ici rassurer toutes les femmes : quoi que vous fassiez, vous serez toujours une mauvaise mère ! Quoi que vous fassiez, vous vous sentirez toujours coupable (en yiddish une femme dit toujours, que "c'est à la 'culpvavilité' que je dois mon bonheur !"). La littérature romanesque ou psychanalytique a abondamment nourri le sujet.

Jusqu'à présent, il semblait que l'Allemagne était championne de la culture des mères patries, héritées 495px-Von_der_Leyen_2010en partie des images de blondeur enveloppée portées aux nues par le national socialisme. Dans les champs, en ville, elles avancent souriantes et sûres d'elles, entourées d'une ribambelle d'enfants entourés d'un halo de bonheur. parfois, il leur arrive de s'engager, pour le bien commun, pour le maintien de la famille justement. Figure emblématique de cette image d'Epinal, Ursula Gertrud von der Leyen, ministre fédérale de la Famille, toujours bien coiffée et souriante, fière de ses sept enfants, tous plus merveilleux les uns que les autres. Travail, famille, patrie !

Il est vrai que la Suisse est composée d'une forte proportion germanique. il n'est sans doute pas fortuit que lors de la conférence de presse tenue par les promoteurs du nouvel article constitutionnel, la majorité des questions ont été posées par des journalistes de langue alémanique…

Le nouveau dispositif ne semble à première vue pas trop révolutionnaire : le Conseil fédéral aimerait que la Confédération et les cantons (les deux étages essentiels de la démocratie helvète) soient "tenus de promouvoir la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Il appartient notamment aux cantons de veiller à une offre de places d'accueils extrafamilialles et parascolaire qui répondent aux besoins des parents. Et aussitôt, cette incitation, plus qu'une contrainte, soulève une levée de boucliers du côté des ultra libéraux, ceux qui masquent leur volonté de maintenir l'ordre établi sous un vernis de refus obsessionnel d'Etat omnipotent et centralisé, contraire selon eux à l'essence même de la belle Confédération.

Capture d’écran 2013-03-01 à 10.33.54Ainsi l'UDC, l'Union démocratique du centre, qui n'a de centre que le nom, et qui penche surtout très à droite, du côté du Front national français, et cherche à effrayer les électeurs à coups de mosquées et d'égorgements de moutons, s'insurge contre ce "caprice ruineux des Etats providence à visée totalitaire"… Rien de moins.

A ces grincheux, les écolos répondent point par point : "La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons est respectée : l’article constitutionnel proposé respecte la répartition des compétences entre la Confédération et les cantons. La Confédération ne se voit octroyée qu’une compétence subsidiaire, qui n’entrera en ligne de compte qu’une fois que les efforts déployés par les cantons et des tiers ne s’avéreront pas suffisants pour améliorer la conciliation entre la famille et le travail. Économiquement judicieux : l’existence de conditions-cadres de qualité pour les familles est un facteur de succès pour la Suisse. Elles favorisent la croissance économique qualitative ainsi que la mise en valeur des ressources humaines à dis-position. L’économie peut ainsi compter sur une meilleure participation des femmes et des hommes au marché du travail et ne doit donc pas renoncer à l’important savoir-faire de nombreuses personnes au bénéfice d’une formation de qualité.

La tendance semble pencher vers le oui à cette initiative. Mais ce qui complique un peu le choix, c'est que cet amendement est solidaire de deux autres points, sans relation les uns avec les autres : les citoyens devront aussi se prononcer sur les bonus dorés et le pouvoir des actionnaires - à l’avenir, les actionnaires devraient avoir un plus grand pouvoir décisionnel sur les rémunérations des cadres dirigeants des sociétés cotées en bourse -, ainsi que sur le mitage du territoire - la multiplication des constructions menace de plus en plus le paysage et le terrain devient de plus en plus rare en Suisse. Résolus à y mettre un frein, gouvernement et parlement proposent une révision de la loi sur l’aménagement du territoire.

Cela rend tout de même un peu jaloux cette consultation permanente de l'avis du peuple. Et nous alors ?

Mais alors même que les Suisses n'avaient pas encore voter, une nouvelle initiative populaire, intitulée "protéger la vie pour remédier à la perte de milliards" était lancée par des mouvements anti-avortement. Le texte, soutenu par l'élu du parti UDF (Union démocratique fédérale) du canton de Glaris Heinz Hurzeler, a pour but d'empêcher l'avortement, mais également l'aide au suicide et la recherche sur les cellules souches. Selon le comité d'initiative, l'économie suisse est victime des milliers d'avortements, qui réduisent son PIB et sa consommation. Les initiateurs de ce texte disposent d'un délai de 18 mois pour récolter 100.000 signatures, un nombre nécessaire pour l'organisation d'une consultation populaire au niveau fédéral.

Finalement, il n'est pas sûr que demander son avis au peuple à tout bout de champ soit une si bonne idée que ça...

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Oscar Pistorius du blade runner au blade gunner

Posté par : Sylvie Braibant

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Oscar Pistorius a fondu en larmes quand il a su qu'il était formellement inculpé pour le meurtre de sa petite amie, nous indique l'Agence France Presse. Bien sûr l'enquête vient à peine de commencer, mais cette mort sous le feu de son compagnon d'une top modèle sud africaine n'est pas sans rappeler d'autres faits divers, comme le meurtre de l'actrice Marie Trintignant par le chanteur Bertrand Cantat, en Lituanie, en 2003. A chaque fois, on retrouve des hommes hébétés par leur acte, surtout parce qu'ils semblent ne pas en comprendre le caractère irréversible.

CitizenBien sûr aussi, des femmes peuvent tuer leurs conjoints, leurs amants, leurs fiancés ou même leurs frères. Elles peuvent aussi être violentes, nul ne le niera. Mais c'est tellement plus rare, et singulièrerement en Afrique du Sud, considéré comme l'un des pays au plus haut taux de violences contre les femmes. "Pas étonnant dans une société imprégnée par la violence d'Etat, au temps de l'apartheid, et dont les ravages continuent à se faire sentir" écrivait la journaliste Liesl Louw en novembre 2011. C'est tout de même un bien curieux hasard que ce crime ultra médiatisé survienne le jour même - 14 février 2013 -, du One billion rising, "tsunami" féministe comme aimait à le décrire la presse anglo saxone, pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Comme avec Bertrand Cantat en France et sa gueule d'ange, même s'il était la vedette du groupe au nom prémonitoire de Noir Désir, toute l'Afrique du Sud, et même au delà aurait donné le bon dieu sans confession au coureur sans jambes qu'était Oscar Pistorius. Star mondiale de l'humanité, avec ses jambes en fibre de carbonne qui permettaient à ce doublement amputé de défier les plus valides des athlètes, il ne faisait pas rêver seulement les infirmes. Et voici que brusquement cette ténacité, ce courage, cette gentilllesse de Dr Jekill, bon gars prêt à donner de sa personne pour encourager les vocations naissantes, cèdent la place à un Mr Hyde caractériel et enclin aux violences conjugales. C'est sans doute pourquoi la version de la méprise n'aura tenu que quelques minutes - le champion avait indiqué aux policiers qu'il croyait avoir tiré sur un voleur...

La presse internationale et sud africaine joue sur les mots pour décrire cette chute : du "blade runner" (courant aussi vite qu'une lame) il est devenu le "blade gunner" (tirant aussi vite qu'une lame).

Twitt
Sur son compte tweeter, la top modèle Reeva Steenkamp continuait joyeusement à envoyer des messages à ses copines, quelques heures avant sa mort. Entre des futilités, elle s'affirme plus sèrieuse dans un avant dernier tweet, où elle prend tout de même la peine de rediffuser celui de la chanteuse Lindiwe Suttle qui appelait à partciper au #1billionrising contre les violences faites aux femmes. "Portez du noir aujourd'hui pour lutter contre les viols et les abus contre les femmes !" demandait-elle à ces concitoyens sud-africains...

 

Oscar Pistorius pleurait en entendant qu'il resterait en prison ce vendredi 15 février au matin. Comme Bertrand Cantat à Vilinus. Mais sur qui pleurent-ils ces jeunes hommes si parfaits à qui tout réussit - gloire, amour, beauté. Sur leurs amours perdues, ou d'abord sur eux mêmes, comme le pensait alors l'écrivain Samuel Benchetrit, lors du procès du chanteur à Vilnius en 2004 ? 

Un milliard de femmes seront victimes dans leur vie de maltraitances, violences, viols et autres exactions, souvent commises par de gentils garçons. "Des cris puis des tirs" titre ce vendredi 15 février 2013 le Times du Cap...

Capetimes

Après son K, Angela Merkel risque de perdre son double A

Posté par : Sylvie Braibant

Sueddeutsche
Angela est en passe perdre son double A. On ne badine pas en Allemagne avec les affaires de plagiat (alors qu'il faut bien dire qu'en France, ce genre de choses n'importune personne...). Un ancien ministre de la Défense en avait déjà fait l'amère expérience. Karl-Theodor zu Guttenberg, rejeton de la noblesse bavaroise, membre influent de la CSU (la composante bavaroise de la démocratie chrétienne) avait été contraint à la démission, voilà tout juste deux ans, après avoir été pris la main dans le copié-collé pour sa thèse de doctorat en droit. Il fut alors surnommé "baron von Googleberg" par les internautes qui rivalisaient pour mettre au jour les passages recopiés alors qu'il soutenait une thèse tardive, à 36 ans, devant l'université de Bayreuth (plus connue pour ses résonnances wagnériennes) : résultat 270 pages sur 407 étaient des "emprunts", soit 68,7 % du texte...

En ce mois de mars 2011 qui avait scellé la chute du baron du copié collé, en dehors de la chancelière Tageszeitung.750 dont il était un protégé, ses amis politiques avaient pudiquement détourné les yeux pour les plus affectueux, d'autres avaient donné de la voix, encore plus fort que ces détracteurs. Au premier rang de ces vociférateurs, on trouvait une certaine Annette Schavan, aujourd'hui ministre de l'Education et considérée comme "meilleure amie" de Angela Merkel. Annette et Angela - la première née en 1955 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l'autre à Hambourg en 1954, l'une grandie à l'Est, l'autre à l'Ouest, toutes deux docteures, Annette en philosophie, l'autre en physique chimie, toutes deux aussi imprégnées de théologie protestante.

Annette donc, en ces temps troublées pour le baron démasqué, n'eut pas de mots assez durs pour condamner le faussaire : "j'ai honte pour lui" avait-elle dit, des larmes de colère coincées dans la gorge, elle qui avait soutenu à l'âge de 25 ans une brillante thèse, intitullée avec prémonition "Personne et conscience", devant un jury de l'Université de Düsseldorf. On la voit souriante et sûre d'elle à la Une de la Taz, à l'époque de sa carrière naissante.Tandis qu'à la Une de la Süddeutsche Zeitung, la dame est beaucoup moins vaillante, un peu vacillante même - ce que résume le titre du quotidien bavarois : "Schavan reste en fonction - pour le moment".

C'est que Annette à son tour vient de perdre son titre de docteure. Une distinction très prisée en Allemagne, puisque dès qu'on est docteur de quelque chose, il convient de ne plus vous appeler que par ce préfixe : "Docteur machinchose, allez vous bien ?". L'Université de Düsseldorf a en effet rendu ses conclusions mercredi 6 février 2013 : la lauréate aurait triché "systématiquement et délibérément" selon le bataillon d'universitaires lancés sur les traces de ses manquements.

Depuis un an, du côté des internautes, la chasse était ouverte. On peut d'ailleurs, au delà de la véracité ou non des accusations proférées, s'interroger sur ce nouveau sport de délation permanente pratiqué sur Internet... Lorsqu'on se lance dans l'écriture d'une thèse, n'est-on pas imprégné de toutes les recherches antérieures sur le sujet ? Ne peut-on aussi être parfois plagiaire à "l'insu de son plein grè" ?

Ces questions, Annette doit se les reposer en boucle ces jours-ci, et continuera à tenter d'y trouver des réponses encore un certain temps, puisqu'elle a fait appel de la condamnation universitaire. Certainement au grand plaisir secret de son ami Karl-Theodor zu Guttenberg... Angela, toujours fidèle, a juste dit qu'elle avait "pleine confiance" en Annette.

Le résumé de l'affaire par Euronews