Donc, partout, on se prépare au Jour J, au D Day aux États-Unis, au денъ -д en Russie. La presse russe, malgré la vie nationale qui fait le plus souvent la Une, entre crises financière et géorgienne, a entamé son chemin américain, en consacrant des reportages plus ou moins anecdotiques à l’événement planétaire qui s’annonce. Les Izvestia (Les Nouvelles) choisissent par exemple de donner l’explication de l’origine des emblèmes animaliers, côtés républicains et démocrates : l’éléphant pour les uns, l’âne pour les autres. Au-delà des fables amusantes autour de caricaturistes inspirés, le quotidien utilise cet abécédaire pour manier l’ironie à coups de jeux de mots, une moquerie qui n’épargne ni Obama, ni McCain. Un petit relent de guerre froide peut-être…
Ce lundi veille des élections, les Izvestia remettent ça avec une autre question à la Une : "États-Unis et Russie : que pouvons nous apprendre
les uns des autres ?" Le quotidien s'est entretenu avec deux experts de la chose américaine, qui discutent de l'histoire des relations entre ces deux pays immenses, qui ont joué parfois en miroir, parfois en repoussoir, dans une sorte de "je t'aime moi non plus, incessant". Les deux spécialistes moscovites ne peuvent s'empêcher de s'ériger en donneurs de leçons. Ainsi Vladimir Chourov énonce tranquillement que ce ne sont pas les Américains mais les Russes qui ont compter les premiers et au XVIIIème sièlce un général noir dans leur armée, le fameux Abraham Petrovitch Hannibal, issu de la traite des Noirs russe, et favori à la cour du tsar... (Sans compter que Pouchkine aussi avait, lui aussi du sang noir dans ses veines). Une autre anecdote semble faire les délices de nos interlocuteurs : la célèbre visite du Grand Duc Alexeï à la fin du XIXème siècle et qui fit forte impression outre Atlantique, sans compter qu'il rencontra Buffalo Bill en personne...
Plus sérieusement, un autre quotidien Vremia (Le Temps) a choisi
deux grands angles : le poids des nouveaux électeurs inscrits dans les élections à venir, et celui des femmes, à l’aune du modèle proposé par Sarah Palin… Le journal explique à ses lecteurs que l’absentéisme est une constante des scrutins américains, mais que cette fois on note une poussée des inscriptions sur les listes électorales, ce qui pourrait signifier un plus pour Obama. Ou pas… Puis, il en vient à cet « objet non identifié », la colistière du candidat républicain. Dans la contrée qui vit naître tant de guerrières mais aussi Alexandra Kollontaï, l'inventrice de la monogamie successive, on s’interroge : est-elle féministe ou pas ? Et donne une réponse en constatant qu’elle est en train de perdre le soutien des femmes américaines – ce qui ne réplique pas forcément à la question…
Enfin, l’hebdomadaire Tribuna a exploré les discours des candidats pour comprendre la « croissance exponentielle de Barak Obama » comme le tire en Une le magazine. Les excès linguistiques de Mme Palin ne sont pas profitables à son camp : évoquer une « nation exceptionnelle », unique, supérieure ou sacrée, dans un monde aussi globalisé et en pleine crise planétaire, ne peut évidemment pas répondre à cette exigence d’ouverture de beaucoup de citoyens américains aujourd’hui. « Il n’y a plus d’exceptionnalisme américain », nous dit Alexei Pouchkov, l’auteur de l’article, une personnalité du monde médiatique et universitaire moscovite…
Et donc, si tout le monde se prépare au jour J, nous aussi à TV5Monde, côté antenne, et côté site
www.tv5.org. Nous vous proposerons lors de la nuit américaine (enfin la nuit pour nous autres petits Européens), un blog « mondial », alimenté par des mains de tous les coins de la planète… Si vous avez envie de vous joindre à l’opération, n’hésitez pas à vous porter candidat à l’adresse suivante : kiosque@tv5.org

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