Deux hommes ont fait la Une en cette semaine du 15 août 2011, deux petits humains dont les visages se sont affichés sur les journaux des deux pays les plus peuplés du monde. Comment faut-il donc faire pour être ainsi remarqué, être l’unique choisi dans plus d’un milliard d’habitants en Inde ou dans un milliard et demi en Chine ? À New Delhi, Anna Hazare, en bon disciple du Mahatma Gandhi, a commencé une grève de la faim, et à Pékin, Gary Locke a débarqué portant lui même sa valise pour prendre ses fonctions de nouvel ambassadeur américain en Chine. En Inde, des dizaines de milliers d’indignés ont manifesté pour soutenir le petit homme de 74 ans, qui pousse l’admiration jusqu’à ressembler comme un jumeau au père de l’indépendance indienne. En Chine, des millions de citoyens ont regardé à travers leurs petits écrans, interloqués, ce nouvel ambassadeur de 61 ans, au nom si américain, mais à la physionomie si pékinoise, rentrer dans sa nouvelle résidence, avec femmes et enfants, mais sans gardes du corps et portant lui-même ses valises.
Et au fond, ils sont tous deux des missionnaires. Anna Hazare prétend lutter contre la corruption endémique qui gangrène tous les secteurs de l’économie et de la politique en Inde, depuis des décennies. Une pratique qui avait culminé en 2008 avec le marché nucléaire américano-indien, comme l’ont révélé les milliers de câbles diplomatiques publiés par Wikileaks. Gary Locke, qui s’appelait Luo Jiahui avant que son grand-père puis son père embrassent les valeurs et la nationalité américaines, a été choisi par Barack Obama pour apaiser les relations entre Pékin et Washington, en ces temps troublés de crise économique et surtout de doute sur les capacités des Etats-Unis à rembourser leurs créances, détenues en grande partie par les Chinois .
Anna Hazare avait donc entamé, dans la rue et entouré de ses partisans, une grève de la faim illimitée dans un pays qui interdit de jeûner, en public, plus de 72 heures, sans doute pour lutter contre les excès de quelques préceptes hindouistes. (Dans certaines régions du sous-continent, des observants prétendent vouloir mourir ainsi.) Le militant n’a pas dans sa ligne de mire toutes les affaires de corruption qui touchent aussi bien les élus que l’armée ou les services chargés de lutter contre la pauvreté. Mais de façon assez curieuse, et sans doute plus réaliste, ce qu’il cherche c’est à faire amender une loi destinée à lutter contre ladite corruption, en cours d’examen au Parlement indien. Ce texte ne serait pas assez sévère puisqu’il exempte le Premier ministre et des magistrats de haut rang d'être inquiétés par la justice en cas de soupçon de corruption.
Affolées, les autorités l’ont arrêté pour l’empêcher de poursuivre. C’est alors que ces centaines de milliers d’Indiens sont descendus dans la rue, à la manière des indignés de tous les coins du monde, pour soutenir leur nouveau héros. Du coup, Anna Hazare a été relâché et autorisé à ne pas s’alimenter pendant les deux semaines à venir. Reste à savoir si les députés se soumettront à ses désirs. À suivre, donc…
Pendant ce temps, Gary Locke, le nouvel ambassadeur américain en Chine, donne entretien sur interview aux médias chinois, un grand sourire plaqué sur son visage. Pour être bien sûrs de ne pas se tromper les journalistes font appel aux politologues les plus renommés des universités de Shanghai ou de Pékin. Le nouvel ambassadeur, venu remplacer un prétendant aux primaires républicaines en vue du scrutin de 2012, connaît bien les enjeux de son choix par Obama. La Chine détient plus de 1500 milliards de dollars en obligations de l’État américain, soit 6,1% de la dette américaine, alors que les bourses jouent au yoyo à travers le monde et que les capacités de remboursement du gouvernement américain sont mises en cause…
Alors Mr Locke sourit : « ma femme et nos enfants sommes très excités à l’idée de nous installer ici, de contribuer à resserrer les liens entre les États Unis et la Chine, et d’aider la croissance de la coopération et la collaboration entre nos pays sur des sujets clés des relations bilatérales ou internationales. » Tout ça tout ça à lui tout seul !
Interrogé par le China Daily, Shen Dingli, professeur à l’Institut des études internationales de Shangaï a commenté sobrement : « le job ne sera pas facile pour Locke. »
Gary Locke se voit comme une passerelle : "sur un plan personnel, je me sens tout à la fois très honoré, mais modeste, de me présenter à vous en enfant d'immigrants chinois représentant les USA, le pays de mon enfance et des valeurs que ma famille a épousées."
Et donc, plus optimiste, le Global Times cite Guo Longlong, un autre chercheur du même institut : « Le bagage ethnique de Locke offre un levier unique à Obama et son administration de nouer des liens profonds avec la Chine. »
À suivre aussi...

Entre les deux...Jean, il y en a bien un, qui souffre sans rire, ni pleurer (?).
Rédigé par : Ghouti | 30 août 2011 à 17:33
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Rédigé par : RIVASMadeline35 | 09 septembre 2011 à 09:45
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Rédigé par : serruriers | 20 octobre 2011 à 20:49