C'est la lettre B qui nous réunit depuis toujours James et moi. B comme Bond ou Braibant. En toute modestie. Et cinquante ans aussi. Si l’on rajoute les neuf ans de gestation nécessaires entre le livre (1953) et le premier film (5 octobre 1962), nous avons même presque le même âge (je suis tout de même beaucoup plus jeune). 1953, c’est aussi l’année où l’agent britannique George Blake (encore la lettre B) fut « libéré » par les Soviétiques de Corée du Nord et retourna à Londres, et personne ne savait alors qu’il était passé au KGB. 1953, donc, l’année où l’ancien espion Ian Flemming donna naissance à James, comme agent 007 du MI6 et celle ou George Blake, membre du MI6, s’accoucha lui même de l’un des plus prolifiques agents doubles de tous les temps jusqu’à inspirer Alfred Hitchcock et tant d’autres. Et personne ne l’avait révélé jusqu’à ce jour : James et George se sont croisés, se sont rencontrés, se sont appréciés (George, encore une chose que nous avons en commun James et moi…). Ils ont même décidé d’unir leurs forces pour défendre l’humanité. Si si si… Ca s’est passé en 1956 à Berlin… (Ah 1956…)
Si vous avez vu tous les James Bond depuis 1962, même ceux avec Sean Connery (que ma maman dite Boubelé aimait tant !), vous aurez constaté que malgré la guerre froide qui faisait rage, les vrais méchants n’étaient jamais les dirigeants soviétiques eux mêmes (ou les Coréens ou encore les Cubains), mais des excroissances monstrueuses ayant échappé à la vigilance communiste… Et que les Britanniques (avec leurs alliés américains) finissaient souvent main dans la main (ou corps dans le corps), unis pour éradiquer le mal de cette pauvre terre.
Donc le 29 novembre 1956, George Blake avait déjà passé une année à Berlin. Dans la capitale de la guerre froide, il ne chômait pas : recrutement et organisation des agents anglais le matin, rencontres furtives avec ses taupes et officiers traitants le soir. En général dans des cafés, et sur la table quelques bières du côté des « autres », jamais d’alcool pour George. Ni pour James. Cette soirée ne s’annonçait pas très agréable : froide, pluvieuse, et bousculée par les informations abondantes extraites du tunnel et qu’il fallait traiter. Cela faisait en effet plusieurs mois que le souterrain percé par les alliés vers les lignes téléphoniques du KGB à Berlin était opérationnel et les Russes, bien entendu informés en temps réel par George, s’en servait pour inonder de messages plus ou moins codés et surtout plus ou moins vrais les services occidentaux.
George était chargé de les « décrypter ». Et là sur un coin de table du mythique restaurant "Zur letzter Instanz" (littéralement "En dernière instance", cela ne s'invente pas) en attendant son rendez vous, il transcrivait les dernières dépêches : « notre industrie nucléaire du Kazakhstan est destinée au civil. Je répète : au civil. » Occupé à cette tâche ingrate, il ne fit pas attention à la longue silhouette brune qui déambulait entre les tables. Le manteau noir passa près de lui et un lourd objet dans la poche heurta la main de George.
- Damned, vous pourriez faire attention !
- Sorry, je pensais être plus mince…
- How do you do. George, George Blake.
- Enchanté aussi, Bond, James Bond.
Ils se serrèrent la main. James poursuivi son chemin pour retrouver Natalia Ivanovna, la super (et superbe) espionne que le KGB lui avait adjointe pour lutter contre le trafic d’uranium enrichi.
George se rassit pour continuer à traduire, en attendant Piotr, un Polonais louche qui lui donnait des tuyaux. Voilà donc, comment James, George et moi nous nous unîmes pour rendre le monde meilleur.
James Bond vu par Plantu pour le Monde du 6 octobre 2012 - En haut vu par Kroll pour Le Soir

Ca décide une petite relfexion...
Rédigé par : ghouti | 09 octobre 2012 à 18:01
B comme Blake, B comme Bond; ça fait des bébés et puis ça fait, comment dire...Bondir !!! Avec pour constatation attachante, l'union ( corps et âme ) USA-GB pour défendre l'humanité... Cela ne veut pas qu'il n'y a pas de Bond... pardon; du bon à l'Est.
Et bien entendu, si James et George ne buvaient, il faudrait bien vendre son breuvage quelque part... c'est donc toujours les " civils " qui trinquent, je ne vais pas le répéter !
Quand aux points communs, je suis quelque peu sidéré et épaté et surtout, content ! Je rappelle,si vous voulez bien, qu'il y a quand même un point que vous ne pouvez avoir en commun, entre James et vous et c'est normal. Lui, il aimait les " femmes "; un peu trop peut-être, surtout les Jolies femmes ( avec un J )et que peut-être, il était un Tombeur ( avec un T ), comme celui que vous avez oublié de mettre dans " poursuivi son chemin pour retrouver Natalia ), la Superbe ( avec un S ) comme...!
Enfin, sans prétention, je crois qu'avec George Blake, j'ai deux points en commun...Deux !!!
Rédigé par : Ghouti | 11 octobre 2012 à 18:30
Belle déclinaison...
Rédigé par : Caravane | 13 octobre 2012 à 09:27
Ca fait réfléchir quand même ^^
Rédigé par : Météo TF1 | 16 octobre 2012 à 22:31
Justement...
Rédigé par : Ghouti | 27 octobre 2012 à 20:04