Le dioxyde de carbone, aussi dénommé gaz carbonique ou encore CO2, est omniprésent dans l'atmosphère terrestre. On parle beaucoup actuellement de l'augmentation de sa concentration. Mais on oublie souvent de dire que la découverte de cette augmentation et de son origine a une longue histoire qui commence à la fin du 19e siècle, plus précisément en 1896.
Cette année là, Svante Arrhenius, scientifique suédois qui reçu le prix Nobel de chimie 1903, publia un article dans lequel il émettait l'hypothèse que la concentration du CO2 dans l'atmosphère pouvait augmenter du fait des activités humaines. A cette époque, on savait déjà que la combustion du bois et du charbon dégageait du CO2. Avec le début de l'ère industrielle, le bois et le charbon étaient utilisés de façon de plus en plus massive (pour l'industrie, les machines à vapeur, le chauffage...) et on pouvait supposer que cette augmentation des émissions de CO2 se traduirait par une augmentation de la concentration atmosphérique du CO2.
Mais d’autres scientifiques ont également émis l'hypothèse que la Terre dans son ensemble pourrait réguler la concentration du CO2. En effet, de très nombreux phénomènes physiques, chimiques ainsi que tout ce qui est lié à la vie des plantes et des animaux tantôt absorbent, tantôt libèrent du CO2. Il suffisait donc d'une légère modification des quantités de CO2 émis ou absorbé naturellement pour compenser les émissions de CO2 dues aux activités humaines.
Finalement, c'est dans le cadre de l'année internationale de géophysique de 1958 que des mesures précises et systématiques de la concentration de l'atmosphère en CO2 ont commencé à être réalisées : Charles D. Keeling installa ses instruments au milieu de l'océan Pacifique à Mauna Loa (à Hawaii), c'est à dire loin des régions dans lesquelles de grandes quantités de CO2 était émises (villes, sites industriels...). Au bout d'une dizaine d'années, ses mesures montrèrent que la concentration de CO2 augmentait au fils des années, et cette augmentation continue depuis. Ces mesures furent étendues à d'autres sites, par exemple au pôle sud. C'est donc seulement depuis les années 1970 que l'on a une mesure directe de l'effet des activités humaines sur la valeur globale de la concentration du CO2.
La mesure de la composition chimique des bulles d'air emprisonnées dans les glaciers (notamment ceux des calottes polaires) permet de d'estimer la concentration atmosphérique du CO2 dans le passé. Si on se limite au passé récent (les 1000 dernières années), on observe que la concentration du CO2 a été stable jusque vers les années 1800, puis qu’elle a augmenté fortement: de 1800 à 2007, elle est passée de 280 à 377 parties par million (ppm), c'est à dire qu'elle a augmenté de 31%. Le début du 19e siècle correspond au début de l'ère industrielle.

Mais il existe également une autre raison indiquant que l'augmentation de la concentration du CO2 est due aux activités humaines. Les molécules de CO2 sont constituées d'un atome de carbone C et de deux atomes d'oxygène O. L'atome de carbone (comme beaucoup d'atomes) existe sous plusieurs formes très proches, que l'on appelle isotope. La proportion des différents isotopes du carbone est distincte pour le charbon et le pétrole d'une part, pour la matière organique vivante (plantes, animaux...) d'autre part. En mesurant la concentration des différents isotopes du carbone dans le CO2 atmosphérique, on a pu montrer que cette concentration évoluait et qu'elle était cohérente avec les quantités de charbon et de pétrole brûlés.