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El-Niño et les variations récentes de température

On a beaucoup parlé d'El-Niño comme un des phénomènes qui ont une influence sur le climat. Rappelons qu'il s'agit d'une alternance de réchauffements (El-Niño) et de refroidissements (La-Niña) des eaux de surface de l'océan pacifique tropical Est -au large en particulier des côtes du Pérou-. Cette alternance se produit avec une périodicité variable, de l'ordre de 5 à 10 ans. Ce phénomène à des conséquences sur bien d'autres paramètres du climat -vents, pluies, sécheresses- dans d'autres régions du Monde. Compte-tenu de la grande surface concernée, l'effet de El-Niño se remarque sur l'évolution de la température globale. Voici une figure publiée par la NOAA, qui illustre ce comportement :Figelrg sur ce graphique, qui couvre la période 1950-2007, la courbe du haut représente l'évolution des températures globales, celle du dessous les températures tropicales. La ligne du bas signale les événements el-niño (en rouge) la-niña (en bleu) et les éruptions volcaniques importantes. On remarque que la rempérature tropicale est fortement influencée par les el-niño, mais que la température globale y est également sensible dans une moindre mesure. Il est à noter qu'actuellement nous sommes sous l'influence d'un épisode la-niña. La température globale de surface est donc plus froide que dans d'autres circonstances. C'est en grande partie pourquoi l'année 2007 ne sera pas la plus chaude jamais enregistrée. Elle restera cependant parmi les toutes premières...

chevaliers de l'ordre de la Terre plate (Allègre et Courtillot)-suite

Notre note précédente a connu pas mal de suites : les arguments des deux "sceptiques du climat" qui faisaient l'objet de cette note, ont été à nouveau fortement critiqués par des spécialistes internationaux du climat. C'est un article récent de Vincent Courtillot qui est cette fois-ci contesté : il essaie de relier les variations de températures globales récentes aux variations du champ magnétique . Le professeur Edouard Bard a répliqué dans un autre article scientifique, et cette polémique a attiré l'attention de la grande presse : articles dans "Libération" du 19 décembre le coup de colère du climatologue et dans "Le Monde" du 20 décembre Une étude "climato-sceptique" soulève des soupçons de fraude . Par ailleurs, notre collègue américain Ray Pierrehumbert, du blog "real climate", détaille lui aussi plusieurs arguments qui mettent en doute l'honnêteté intellectuelle de l'article de Courtillot chevaliers2  . Nous conseillons à nos lecteurs intéressés de se reporter aux liens que nous indiquons ici.

Les chevaliers de l'ordre de la Terre Plate : Allègre et Courtillot

C'est sous ce titre que Ray Pierrehumbert analyse les arguments qu'avancent ces spécialistes français de la géophysique interne pour mettre en cause les résultats des spécialistes internationaux du climat et du changement climatique (Ray Pierrehumbert est l'un des fondateurs du plus renommé des blogs sur le climat :  www.realclimate.org ). Les francophones peuvent eux-mêmes consulter ce texte, car ce site américain a fait l’effort de le présenter en Français : voici un lien direct : chevaliers 

Ce texte présente d’une manière assez détaillée des arguments scientifiques sur plusieurs affirmations d’Allègre et de ses collègues trouvées dans ses livres, ou dans des interventions à l’académie des sciences. Voici en résumé quelques éléments, si vous ne voulez pas vous plonger dans plusieurs pages de lecture :

1)    L’explication « tectonique » de la disparition des neiges du Kilimandjaro donnée par Allègre concerne des échelles de temps beaucoup trop longues par rapport à la période où se déroule ce phénomène. L'article que mentionne C. Allègre étudie les changements de circulation atmosphérique et des pluies il y a quelques millions d'années, en réponse à un changement du relief en Afrique de l'Est. Cette étude est basée sur des résultats issus du modèle de climat LMDZ, développé dans notre laboratoire: il est amusant de noter que C. Allègre accorde de la crédibilité aux modèles quand ils sont utilisés pour étudier les changements climatiques passé mais pas pour étudier les climats futurs...
2)    De même, la concentration de CO2 serait trop faible pour influer sérieusement sur l’effet de serre. Ceci est contredit par tous les calculs physiques.
3)    Les changements rapides du climat observés dans les séries paléoclimatologiques seraient inexpliqués. Il serait plus juste de dire qu’ils ne sont pas entièrement compris. De toute façon, cela ne démontre en rien que l’augmentation du CO2 (on atteint des quantités jamais observées  depuis plus 1 million d'année) n’est pas responsable du réchauffement actuel.
4)    Allègre se trompe en affirmant qu’une élévation de température de 10°C aux pôles serait sans conséquence majeure : on voit déjà que des réchauffements beaucoup plus faibles ont un effet direct important sur les glaces polaires (voir notre autre note sur « la banquise du pôle Nord »)
5)    Il conteste les courbes d’évolution de température sur le siècle dernier publiées notamment dans le rapport du GIECC (le groupe de scientifiques qui a produit les rapports sur le climat sous l’égide de l’ONU). Ceci sur la base d’une analyse plus que sommaire des séries de températures de quelques stations européennes (nous montrons au contraire que les variations en Europe sont du même type que les variations globales dans notre note sur « l’élévation des températures globales et locales »).
6)    Il fait preuve d’une méconnaissance grossière (ou du forte mauvaise fois, cf. point 1 ci-dessus) de ce qui compose les modèles d’évolution climatique. Il oppose à tort modélisations et observations, qui ne font que se renforcer les unes les autres….

Ceci n’est qu’un aperçu de quelques uns des premiers arguments de la note de « Real Climate », qui décortique par la suite d’autres écrits ou discours d’Allègre ou de ses collègues Courtillot et Le Mouel. Le dernier point, qui leur vaut l’appellation de « chevaliers de l’ordre de la Terre Plate » fait référence à une surestimation dans leurs calculs du rayonnement solaire reçu par la Terre (et donc de ses variations). Ils considèrent en effet que la Terre intercepte le rayonnement solaire sur une surface de 4πR2, comme si sa surface était entièrement déployée face au soleil, et non sur une surface de πR2, comme c’est le cas pour une sphère. Mais le mieux si vous voulez en savoir plus est de vous reporter au blog «  Real Climate ».