Sur le lien entre climat et météo, rapport depuis la 3ème conférence internationale de la mission Tropical Rainfall measurements Mission, Las Végas, Nevada, USA.

Depuis le début de la semaine se tient cette importante conférence qui célèbre les 10 années de fonctionnement du satellite nippo-américain TRMM qui permet de mesurer sur toute la ceinture intertropicale les pluies à la surface de l’océan et du continent. Environ 200 chercheurs du monde entier y présentent leurs plus récents résultats de leurs études. Des présentations synthétiques permettent aussi de mesurer les énormes progrès de cette discipline au cours de la dernière décennie. Au milieu de cet amoncellement de communications scientifiques très pointues, je voulais dans ce post vous rapporter les conclusions de l’une d’entre elles concernant le lien entre le climat et la météorologie. Note : la différence entre ces deux concepts est/sera précisée dans un post de Jean Yves Grandpeix.
Une équipe de chercheurs universitaires américaine a en effet exploité les observations combinées de plusieurs satellites dont TRMM pour caractériser les événements pluvieux extrêmes. Ils définissent ces événements comme les 5% événements engendrant le plus de pluie pour chaque région de la surface de la terre et pour chaque saison. Ensuite ils essaient de relier ces événements à des phénomènes climatiques caractéristiques des régions tropicales (tendance décennale, indice El Niño, etc…). Ce genre d’étude est généralement limité car la significativité (la robustesse) des résultats est faible. Cette fois ci les auteurs ont mis en œuvre une grosse artillerie statistique pour ne garder dans les analyses que les résultats les plus solides et les plus robustes. Le résumé de leurs résultats est le suivant :
A l’échelle interannuelle (d’une année sur l’autre), dans les tropiques sur terre et sur mer, en hiver de l’Hémisphère Nord (janvier-mars), les événements extrêmes de pluie sont significativement reliés à l’indice El Nino. Plus simplement, les années pour lequel le climat tropical est plus ou moins affecté par El Nino/La Nina, nous observons plus d’événements pluviogènes très forts que les années normales. A l’échelle décennale (sur une dizaine d’années) en revanche les variations des événements extrêmes n’apparaissent pas reliées aux variations climatiques à grand échelle.
Ces travaux vont permettre aux chercheurs de questionner les modèles utilisés pour les projections climatiques de manière originale et devraient permettre de préciser les réponses à attendre, en termes de météorologie, aux différents scénarii climatiques envisagés pour les prochaines décénnies.
Rémy Roca, En direct de l’Hotel Bally’s à Las Vegas

Merci de ce post Rémy.
Peut-être peux-tu préciser de quelle équipe il s'agit ? Je (et bien d'autres certainement) serai curieux d'en savoir plus.
Amitié,
Mathieu
Rédigé par: Mathieu Vrac | le 08 février 2008 à 17:52
Bonjour Mathieu
Il s'agit du Dr Scott Curtis du Department of Geography de l'Université de l'East Carolina
Rédigé par: Rémy Roca | le 11 février 2008 à 16:10
Bonjour Rémy,
puisque vous parlez de TRMM j'ai trouvé l'animation proposée sur le site de la NASA très instructive.
Elle est accessible à partir de cette page-là:
http://earthobservatory.nasa.gov/Newsroom/NewImages/images.php3?img_id=17843
Il s'agit des 12 moyennes par mois des 10 années d'observation de pluie par TRMM.
Je trouve que c'est fascinant de voir les zones de pluie évoluer ainsi du Nord au Sud puis revenir et de guetter les spots rouges des fortes pluies liées aux moussons, non?
Longue vie au blog climat.
Rédigé par: Lalifou | le 14 mars 2008 à 15:07