Arabie saoudite, au diable Mickey!
La veille du Ramadan 2008 - ou 1429, selon le calendrier lunaire islamique- un prédicateur syro-saoudien, Mohamed El-Mounajjid, ne trouva rien de plus urgent que de lancer une fatwa appelant à la mise à mort sans appel de... Mickey Mouse, cet abominable et ô
combien sournois “suppôt de Satan” !
Tuer un personnage fictif, une créature de dessin animé... Sur le coup, le cheikh estomaqua le public de la chaîne El-Majd où il officiait. Le prédicateur ne se laissa point démonter. Revenant à la charge, il affirma que la Charia, le Droit coranique, avait toujours dépeint la souris sous les traits d’un “petit être corrupteur” agissant en infatigable “soldat du Démon” lui-même.
De quelle corruption était donc coupable Mickey Mouse ? La tactique de la bête immonde, expliqua doctement le télécoraniste, a de tout temps consisté à flatter le regard du croyant, à le distraire, l’amuser à la seule fin de lui montrer le visage avenant, ingénu et jovial d’un animal impur, maléfique et retors en diable. L'ennemi, selon le cheikh, était autant privé que public, et il s'agissait de le
mettre au plus tôt hors d’état de luire, de reluire, de nuire.
Allah reste grand même sur le petit écran. Fait inédit en semblable occasion,
l’unique éclat que provoqua cette fatwa - simple “avis” religieux n’ayant nullement force de loi -, fut un éclat de rire franc. Puis, une inquiétude sur l’essor d’un nouveau discours religieux certes moins violent mais pas moins
extravagant.
Il fut néanmoins reproché au cheikh El-Mounajjid - qui occupa naguère un poste de diplomate à Washington, au pays de Mickeyville ! - d’ignorer l’histoire de l’”ennemi”. Il aurait alors su qu' en 1932, l'année même de la naissance du royaume d'Arabie Saoudite, Walt Disney avait réalisé un “Mickey en Arabie”, un récit entretissé d’images d’Epinal coloniales et de clichés nettement racistes. Ce qui n'empêcha pas la Société des Nations de lui décerner trois ans plus tard une médaille frappée du profil d’un Mickey érigé en “Symbole universel de bonne volonté”. Quant au grand cinéaste soviétique, Sergueï Eisenstein, il voyait en Mickey Mouse “La plus originale contribution de l’Amérique à la culture”.
La souris noire “revint” fouler le sol de l’Orient arabe dès 1938, au moment où du sous-sol se mit à jaillir l’or noir. Il y eut bientôt une version en langue du Coran du journal “Mickey” qui devint fort populaire de Bagdad à Rabat en passant par Riyad, Le Caire, Tripoli et Alger. Si populaire que le Hamas lui-même jeta son dévolu sur le héros américain pour incarner… le jeune palestinien. Ainsi, la chaîne du mouvement El-Aqsa TV créa-t-elle en 2007 le personnage Farfour
–“Papillon”-, un “clone” de Mickey en lutte contre l’occupant israélien. Mis à l’index par Israël et même par le Fatah, en raison de son discours anti-israélien primaire, Farfour, après deux mois de diffusion, succomba aux coups d’un “colon sioniste”. Il devint un “martyr” virtuel, une première.
Surpris par le tollé rigolard suscité par sa fatwa, le cheikh El-Mounajjid a protesté de sa bonne foi. Il
n’aurait fait qu’user du droit d’exprimer une opinion. Si Mickey Mouse doit être mis à mort, lui demanda un éditorialiste de l’influent quotidien arabe de Londres, El-Charq El-Awsat, Hussein Shobokshi, pourquoi pas le duo Tom et Jerry, la Panthère rose, Felix le Chat, Babar, Donald Duck et autres Bugs Bunny, si familiers des enfants arabes? Et de trancher, un tantinet agacé : “Mickey et ses amis, eux, n’ont jamais porté de ceinture d’explosifs, ni accusé quiconque d’idôlatrie, ni menacé qui que ce soit de mort, au seul prétexte qu’il ne partage pas leur opinion”.



il y eut aussi une montée au créneau
d'hitler contre "cette nation pro-juive"(usa) qui, selon lui idolâtrait un animal des égouts"la souris mickey"
Rédigé par: gilles | 20 octobre 2008 at 11:21
trop trop marrant... j'adore...
Rédigé par: inconnue | 26 novembre 2008 at 21:01