Et le saint en question c’est, pour l’heure, Vladimir, le prince qui adopta vers 988 la foi du Christ, non sans avoir pris soin auparavant d’écouter un imam et un rabbin... Révulsé par l’opprobre jeté par le premier sur le vin et l'insistance du second sur le devoir de circoncision, il opta finalement pour l’amour évangélique, lui qui jusqu’alors mena une vie de patachon impénitent. Une fois baptisé par le moine grec Cyrille, il imposa aussitôt sa religion à la principauté de la Rus de Kiev, noyau slave et chrétien orthodoxe de la future Russie.
Vladimir, cela va de soi, était connu comme le loup blanc... ou l’agneau pascal. Le 28 juillet n’était-il pas depuis des lustres un jour marqué d’une pierre -et d’une prière- blanche sur le calendrier canonique de l’Eglise orthodoxe? Pour louable, indispensable même, qu’il fût, cet hommage ecclésial jugé finalement trop ordinaire au Kremlin n’en restait pas moins confiné sous les voûtes des cathédrales et des monastères, trop à l’écart des bonnes gens russes. Une situation qu’ un autre Vladimir, Poutine, Premier ministre de son état et ex-futur chef de l’Etat, ne pouvait laisser perdurer. Joignant le geste au constat, il se fendit mi 2009 d’une instruction à la Douma, l’incitant à hisser sans tarder le jour du baptême de la Russie au rang d’une fête nationale à part entière. Ceci afin que l’Etat puisse enfin s’associer à l’Eglise pour honorer l’initiateur de l’autre “sainte trinité” russe, l’Eglise, l’Etat, la Nation. Le 21 mai 2010, le Sénat obtempéra comme un seul homme, l’imposant groupe communiste y compris.
Juste retour des choses? C’est Vladimir Poutine qui aura eu le fin mot sur le jour du baptême de la Russie. Entre deux visites aux sans abris, une photo souvenir -en Harley Davidson, s’il vous plaît!- avec l’acteur belge Jean-Claude Van Damme, à Sotchi, sur la mer Noire, le Premier ministre avait quand même pris le temps de rappeler le rôle historique majeur de l’Eglise, ce “socle inamovible de l’identité nationale”. C’est, là encore, un exemple éloquent de cette Russie-Janus, quand le patriarche de Moscou et des toutes les Russies faisait, avec l'aval de l'Etat, de la grande politique en Ukraine tandis le Premier ministre se livrait à la défense et à l’illustration de l’Eglise nationale.


merci pour cet article indiquant de nombreuses sources mutuelle d'information.
Rédigé par : mutuelle | 20 novembre 2011 à 15:30