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Changement de cap

Blog1_3Je suis partie au Cambodge avec de belles idées dans la tête. Exit la prostitution, le tourisme sexuel, le sida, la guerre, moi je ne voulais voir que le Cambodge qui sourit, la nouvelle génération qui reconstruit, un nouveau pays. Malheureusement, on ne crée pas la réalité en l’imaginant. En commençant à travailler sur mes sujets, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien du pays dans lequel je me trouvais. Evidemment, le « beau » Cambodge existe, mais n’en voir qu’un seul côté équivaut à ne pas le voir du tout, car l’un ne va pas sans l’autre. Ici, les gens vous accueillent les bras ouverts, sourient beaucoup, sont souvent d’une douceur inouïe… et peuvent passer à une extrême violence l’instant d’après. A l’image de leur histoire où littéralement du jour au lendemain le régime Polpot a vu les Khmers s’entretuer. La terreur, les tortures, l’errance totale ont laissé un pays exsangue dont toute morale a volé en éclats. Ici, les Occidentaux sont montrés du doigt dès qu’ils approchent un enfant, et pourtant, ils représentent qu’à peine 5 % des pédophiles. Les autres sont des Asiatiques, dont une bonne partie de Khmers. Et que dire de l’inceste, très en vogue, tout comme la violence conjugale…

Blog2Heureusement, le pays peut compter sur les ONG et autres associations pour l’ « aider ». Jamais de ma vie je n’en ai vu autant ! Certaines sont efficaces, ce n’est pas très dur de les reconnaître, ce sont elles qui reviennent le plus dans la bouche des gens. Mais nombre d’entre elles semblent plus dépenser pour elles-mêmes que pour le bien d’autrui. En outre, celles qui sont vraiment actives ne le sont pas toujours à bon escient, ainsi, concernant la pédophilie, la très grande majorité ne traque que les occidentaux et à l’endroit le plus connu, Riverside à Phnom-Penh. Mais très peu luttent contre les maisons closes – à caractère pédophile – dans les autres coins de la capitale. Il est vrai que s’attaquer à ces édifices, la plupart du temps protégés par des intouchables, n’est pas chose aisée…
Quant aux expats, autre curiosité cambodgienne, je les classe en deux catégories : ceux qui sont venus pour eux-mêmes et ceux qui sont venus sauver le monde. Les premiers savent qui ils sont et veulent souvent avoir une expérience dans un pays étranger mais ne cherchent pas à se prouver quelque chose. Les seconds pensent en venant ici qu’ils vont se refaire une virginité, avoir une vie complètement différente, monter un business dément ou sauver les petits enfants de la misère. Ceux-ci deviennent bien souvent aigris car le Cambodge ne leur apporte pas ce qu’ils espéraient.

Un proche m’a dit que souvent, on ne ressortait pas indemne du Cambodge. Je dois bien admettre aujourd’hui que c’est la vérité. Mais phénomène curieux, c’est maintenant que j’ai ouvert les yeux que je commence à m’attacher vraiment à ce pays.

Que va devenir ce blog ?
Le blog des pérégrinations de deux journalistes. Nos rencontres, nos galères, nos joies et nos frustrations, tout, nous coucherons tout sur ce blog qui décidément a pris un cap bien différent.

A propos du blog

Les rencontres insolites, elles adorent. Et lorsqu'elles ont lieu au bout du monde, elles exultent ! Armées d'une plume, pour Corinne, et d'un appareil photo, pour Tatiana, les deux jeunes femmes parcourent le Cambodge à la recherche d'expat'ordinaires, une espèce d'humain migrateur qui a tout lâché pour s'installer en pays khmer. Pourquoi ? Comment ? quel est leur parcours ?
"A vous de nous lire."

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Nos deux aventurières n'ayant pas toujours accès à des ordinateurs francophones, il est possible que certains billets soient postés sans caractères accentués. Toutes nos excuses.
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