Curieux début de campagne présidentielle.
François Hollande et Nicolas Sarkozy travaillent dur à changer leur image. L'un, le premier, doit casser celle d'un homme rond, jovial, sympa, consensuel. L'autre, le second, doit casser celle d'un homme dur, agité, hyperactif même, fort avec les faibles et faible avec les forts.
Depuis une semaine, le travail commence à payer et produit des effets pour le moins surprenants.
Au Bourget, et plus encore sur France 2, François Hollande a étrené son nouveau costume de candidat présidentiable. Se présidentialiser, c'est se projeter sans gêne à l'Elysée, c'est aussi refuser systématiquement de prononcer le nom de son adversaire, quitte à être rapidement découvert par les journalistes. Le problème est que l'arrogance n'est jamais loin. La distance non plus. Drapé dans une certitude largement construite -ça saute aux yeux- François Hollande prend le risque de perdre la sympathie dont il est traditionnellement l'objet. Il est même parvenu, c'est un comble!, à faire passer Alain Juppé pour un tendre. Depuis une semaine, pas un jour sans que la droite ne surfe sur ce candidat arrogant qui s'y voyait déjà. Le challenger devient le favori et c'est une position difficile à tenir pendant 3 mois...
En face, le président sortant, Nicolas Sarkozy, fait étalage de ses doutes, évoque ses erreurs, s'interroge sur son avenir en politique lors d'un voyage en Guyane. Voyahe qui pourrait se révéler fondateur si dans quelques semaines il était réelu.
Que Nicolas Sarkozy doute, voilà une chose qui est nouvelle. Mais c'est un coup de génie politique. Le voilà qui, fasse à l"'arrogant" Hollande, se retrouve dans la peau du challenger. Lui qui était parvenu à se faire passer pour l'outsider en 2007, alors qu'il avait été ministre, sent bien que la simple stature de président sortant (terme employé en permanence par François Hollande pour le qualifier, ce n'est pas un hasasd) ne suffira qu'à le renvoyer dans son cabinet d'avocat au printemps prochain.
Pour vaincre, chacun a bien conscience de ses faiblesses qui se trouvent être les forces de l'autre. Mais, ce faisant, par un curieux jeu de miroir, François Hollande et Nicolas Sarkozy se retrouvent là où ne les attendait pas.
À suivre...



Jeu de miroir ou chassé-croisé ?
;-)
Rédigé par : Nicolas Bordas | 30/01/2012 à 00:00
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Rédigé par : グッチ 財布 | 03/03/2012 à 02:06