Bilan de la vague de froid
Le 12 décembre, un anticyclone installé entre les Iles
Britanniques et la Scandinavie dirigeait de l’air de plus en plus froid sur la
France et l’Europe Occidentale. C’est ainsi qu’a pris naissance la vague de
froid qui a duré jusqu’au week-end dernier, voire jusqu’en début de semaine sur
les régions situées les plus au nord.
En durant une petite dizaine de jours, cette vague de froid est assez banale dans sa durée. Il n’est pas rare de voir des vagues de froid plus longues, durant deux ou trois semaines, voire davantage (un mois en février 1956, janvier 1979, deux mois et demi entre fin décembre 1962 et début mars 1963).
Du point de vue de l’intensité, on constate d’importantes
disparités géographiques. Les températures minimales absolues ont été
remarquables des frontières de l’est au Massif-Central jusqu’en Sologne,
beaucoup plus modérées ailleurs, voire habituelles.

Toujours est-il que des records mensuels de froid sont tombés dans le grand Est (mais aucun record annuel) :
-16°4 à Charleville-Mézières le 21, ancien record : -13°9 le 29 décembre 1996 (depuis 1990)
-17°3 à Saint-Dizier le 20, ancien record : -15°5 le 3 décembre 1973 (depuis 1951)
-16°4 à Langres le 20, ancien record : -15°6 le 28 décembre 1962 (depuis 1949)
-18°7 à Dijon le 20, ancien record : -16°0 le 28 décembre 1962 (depuis 1921)
-17°3 à Ambérieu le 20, record du 30 décembre 2005 égalé (depuis 1936)
-15°6 à Embrun le 20, ancien record : -14°6 le 18 décembre 1950 (depuis 1947)
Mais les températures sont localement descendues encore plus bas : -23° à Til-Châtel, en Côte d’Or, et –28° (valeur officieuse) à Mouthe dans le Doubs le 20
Sur le Bassin Parisien, en dehors de la valeur de Toussus-le-Noble (-11°9, assez loin du record de décembre 1946 : -14°0), le froid n’a pas été exceptionnel. Pire, dans Paris, il n’a pas fait moins de –3°9, valeur enregistrée habituellement au mois de décembre. L’ouest de la Bretagne, le littoral aquitain et les côtes méditerranéennes ont également connu un froid finalement très modéré.
Si les pics de froid ont été très bas dans l’est, ce fut sur une très courte durée : 24 à 48 heures tout au plus. À Dijon, malgré une valeur exceptionnelle de près de –19°, on ne compte que deux jours avec moins de –5° et seulement neuf jours consécutifs de gelée.
La vague de froid s’est terminée par un redoux
exceptionnel au sud de la Loire et sur le flanc est, avec une hausse de 31
degrés en deux jours et demi dans le sud de l’Alsace, à Mulhouse : le
thermomètre est passé de –18 degrés dimanche à 0 heure à +13 degrés mardi
après-midi !

Le redoux s’est fait attendre un peu plus en revanche sur
les régions de l’extrême nord (Nord-Pas-de-Calais et Picardie) où la neige
continue de fondre lentement. Les températures vont progressivement remonter
jusqu’en début de semaine qui verra des valeurs dépasser 10 degrés sur la
plupart des régions.
Quant au passage à l’an 2010, il pourrait se passer dans
une ambiance à nouveau plus froide, assez humide, sans pour autant parler de
vague de froid…
Frédéric Decker