Bilan de la vague de froid

Le 12 décembre, un anticyclone installé entre les Iles Britanniques et la Scandinavie dirigeait de l’air de plus en plus froid sur la France et l’Europe Occidentale. C’est ainsi qu’a pris naissance la vague de froid qui a duré jusqu’au week-end dernier, voire jusqu’en début de semaine sur les régions situées les plus au nord.

En durant une petite dizaine de jours, cette vague de froid est assez banale dans sa durée. Il n’est pas rare de voir des vagues de froid plus longues, durant deux ou trois semaines, voire davantage (un mois en février 1956, janvier 1979, deux mois et demi entre fin décembre 1962 et début mars 1963).

Du point de vue de l’intensité, on constate d’importantes disparités géographiques. Les températures minimales absolues ont été remarquables des frontières de l’est au Massif-Central jusqu’en Sologne, beaucoup plus modérées ailleurs, voire habituelles.

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Toujours est-il que des records mensuels de froid sont tombés dans le grand Est (mais aucun record annuel) :

-16°4 à Charleville-Mézières le 21, ancien record : -13°9 le 29 décembre 1996 (depuis 1990)

-17°3 à Saint-Dizier le 20, ancien record : -15°5 le 3 décembre 1973 (depuis 1951)

-16°4 à Langres le 20, ancien record : -15°6 le 28 décembre 1962 (depuis 1949)

-18°7 à Dijon le 20, ancien record : -16°0 le 28 décembre 1962 (depuis 1921)

-17°3 à Ambérieu le 20, record du 30 décembre 2005 égalé (depuis 1936)

-15°6 à Embrun le 20, ancien record : -14°6 le 18 décembre 1950 (depuis 1947)

Mais les températures sont localement descendues encore plus bas : -23° à Til-Châtel, en Côte d’Or, et –28° (valeur officieuse) à Mouthe dans le Doubs le 20

Sur le Bassin Parisien, en dehors de la valeur de Toussus-le-Noble (-11°9, assez loin du record de décembre 1946 : -14°0), le froid n’a pas été exceptionnel. Pire, dans Paris, il n’a pas fait moins de –3°9, valeur enregistrée habituellement au mois de décembre. L’ouest de la Bretagne, le littoral aquitain et les côtes méditerranéennes ont également connu un froid finalement très modéré.

Si les pics de froid ont été très bas dans l’est, ce fut sur une très courte durée : 24 à 48 heures tout au plus. À Dijon, malgré une valeur exceptionnelle de près de –19°, on ne compte que deux jours avec moins de –5° et seulement neuf jours consécutifs de gelée.

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Outre le froid, la neige s’est invitée sur la plupart des régions à partir du jeudi 17, donnant une couche au sol parfois importante : 5 à 10 cm en Ile-de-France (10 cm dans les Yvelines), jusqu’à 15 cm vers le nord-est et les Ardennes, et localement plus de 20 cm dans le Nord-Pas-de-Calais (22 cm à Lillers). De telles quantités de neige ne s’étaient pas vues depuis longtemps sur ces régions au mois de décembre. En région parisienne par exemple, en dehors de phénomènes locaux (1er décembre 1997 : 15 cm à Trappes), il n’avait pas neigé autant et de façon généralisée en décembre depuis 1970. Tous mois confondus en revanche, on retrouve des quantités plus importantes en fin d’hiver 2004-2005.

La vague de froid s’est terminée par un redoux exceptionnel au sud de la Loire et sur le flanc est, avec une hausse de 31 degrés en deux jours et demi dans le sud de l’Alsace, à Mulhouse : le thermomètre est passé de –18 degrés dimanche à 0 heure à +13 degrés mardi après-midi !

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Le redoux s’est fait attendre un peu plus en revanche sur les régions de l’extrême nord (Nord-Pas-de-Calais et Picardie) où la neige continue de fondre lentement. Les températures vont progressivement remonter jusqu’en début de semaine qui verra des valeurs dépasser 10 degrés sur la plupart des régions.

Quant au passage à l’an 2010, il pourrait se passer dans une ambiance à nouveau plus froide, assez humide, sans pour autant parler de vague de froid…

Frédéric Decker

Vague de froid sur la France

Après des semaines et même de longs mois de douceur, depuis mars dernier en fait, le froid s’est enfin invité sur la France. C’est le samedi 12 décembre que les centres d’actions se sont mis en position pour démarrer l’arrivée d’air froid avec un anticyclone situé entre le Royaume-Uni et la Scandinavie.

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Avec cette position septentrionale, l’anticyclone a dirigé un courant d’est à nord-est continental, sec et très froid. Les températures ont alors entamé une baisse assez rapide sur nos régions. Les premières gelées sont apparues dans l’est durant le week-end, sur le bassin parisien et le Centre le lundi 14 (soit avec plus d’un mois de retard par rapport à la date habituelle). Dès mardi matin, on enregistrait –5,4 degrés à Trappes et Lille, -6,4 degrés à Rouen, -6,9 degrés à Reims, -7 degrés à Rennes, -7,3 degrés à Alençon, -8 degrés à Deauville et –8,7 degrés à Charleville-Mézières. Mercredi matin, on enregistrait –5,6 degrés à Saint-Nazaire, -6,6 degrés à Beauvais, -7,1 degrés à Angers, -8,2 degrés à Deauville et Alençon… Un froid vif, même s’il n’y a rien d’exceptionnel à voir des valeurs aussi basses… en hiver (l’hiver météorologique débute le 1er décembre).

Et après, que va t’il se passer ?

Comment va évoluer cette « vague de froid » dans les prochains jours ? Les températures vont stagner jeudi et vendredi (souvent entre –5 et –9 degrés dans l’intérieur les matins, -2 à +2 degrés les après-midi). Toutefois vendredi, entre le matin et l’après-midi, les températures stagneront, pour rapidement plonger le soir et dans la nuit.

Samedi matin, les températures s’annoncent particulièrement basses avec des valeurs comprises entre –10 à –14 degrés des frontières de l’est au Centre jusqu’au bassin parisien (valeurs comparables aux 10 et 11 janvier derniers), et –5 à –10 degrés sur les autres régions. Samedi après-midi, les thermomètres resteront négatifs du tiers Est au quart sud-ouest. Dimanche matin, alors qu’il fera nettement moins froid au nord de la Loire, il continuera à faire très froid sur les régions du sud, avec des valeurs parfois proches de –10 degrés de la région Rhône-Alpes aux régions du sud-ouest. 

Après une journée de lundi encore bien froide, le vent tournera au sud-ouest et un temps plus perturbé devrait se mettre en place, faisant nettement remonter les températures.

Et la neige dans tout ça ?

Elle arrive ! Des chutes de neige faibles et pas vraiment prévues se sont déjà produites ce mercredi matin sur les régions centrales, déposant une légère couche d’or blanc. Une petite perturbation pluvio-neigeuse va arriver par le nord dans la nuit de mercredi à jeudi, apportant des chutes de neige dans les terres, des pluies parfois verglaçantes près des côtes et vers l’ouest. Elle concernera toute la moitié nord jeudi avant de glisser vers le sud vendredi, laissant place à des giboulées de neige au nord de la Loire. C’est sur un axe central, entre le Nord-Pas-de-Calais et les Pyrénées, que les quantités de neige s’annoncent les plus importantes. On peut s’attendre à des cumuls de l’ordre de 5 cm en général, localement davantage sur le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, le Massif-Central et le piémont pyrénéen.

Plusieurs épisodes neigeux sont envisagés durant le week-end jusqu’à lundi, surtout sur le quart nord-est. Le redoux qui suivra risque quant à lui d’être accompagné de pluies verglaçantes au nord de la Loire. Tout cela méritera d’être préciser à court terme dans nos prochains bulletins météo.

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Une tendance pour Noël ?

Oui, si la date est encore assez éloignée, une première tendance se dessine et se confirme depuis quelques jours déjà : l’air froid s’éloignera, laissant place à un courant d’ouest à sud-ouest perturbé, souvent pluvieux. Les températures devraient être assez douces, parfois proches de 10 degrés l’après-midi. Mais étant donné l’échéance, des réglages devront avoir lieu là encore dans les prévisions d’ici là…

La dernière période froide et neigeuse comparable en décembre date de fin décembre 1996. Mais la période hivernale de janvier 2009 reste également comparable à ce qui nous attend. Nous resterons loin des grands hivers du milieu des années 80…

Frédéric Decker

Douceur exceptionnelle en novembre

Ce mois de novembre a été exceptionnellement doux sur la France, très arrosé et moyennement ensoleillé dans l’ensemble, terminant ainsi un automne très doux sur nos régions.

Avec un excédent moyen national de +2,8 degrés, novembre 2009 se place en deuxième position derrière novembre 1994 (+3,6 degrés), et devant novembre 2006 qui comptait +2,6 degrés d’écart. En dehors d’un court épisode relativement frais du 6 au 11, les températures sont restées constamment au-dessus des normales saisonnières, avec des pics de douceur en tout début de mois, puis du 13 au 16 et à nouveau du 20 au 24. Aucun record de chaleur extrême n’est tombé malgré des pointes à plus de 26 degrés à Pau et Dax. Les températures nocturnes ont été particulièrement élevées, avec très peu de gelées en plaine, et des minimums absolus records : il n’a jamais fait moins de +4,4 degrés à Paris (+3,9 degrés en 1994).

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Si la douceur a été appréciable, la pluie l’a été beaucoup moins. Il a plu plus de deux jours sur trois sur les trois quarts de la France, et les quantités ont souvent été importantes, voire exceptionnelles. Ceci est de bonne augure toutefois après la sécheresse de ces derniers mois. Ces précipitations vont permettre de reconstituer au moins partiellement les nappes phréatiques qui ont souffert du manque d’eau depuis le printemps dernier. À l’exception du quart sud-est, les précipitations ont souvent dépassés les 100 mm avec par exemple : 123 mm à Nancy (normale 68 mm), 180 mm à Limoges (normale 101 mm), 278 mm à Brest (nouveau record, ancienne valeur maxi : 263 mm en 1960 ; normale 121 mm) ou encore 342 mm à Biarritz (l’équivalent de sept mois de pluie à Paris, normale 172 mm).

L’ensoleillement a été assez mitigé, avec un déficit modéré au nord de la Loire, des valeurs proches des normales au sud du fleuve, voire localement un faible excédent sur les régions méridionales. Le rapide courant dépressionnaire a certes apporter son lot de nuages, mais la rapidité du flux a souvent permis aux éclaircies de se développer entre les perturbations, d’où finalement des valeurs s’éloignant peu des chiffres habituels. On note par exemple 46 heures à Paris (normale 69 heures), 55 heures de soleil à Alençon (normale 68 heures), 65 heures à Dijon (normale 63 heures), 73 heures à Lyon (normale 70 heures), 76 heures à Bordeaux (normale 91 heures), et tout de même 154 heures à Nice (normale 149 heures) et 158 heures à Ajaccio (normale 132 heures).

La « chaleur » de novembre a ainsi clos un automne très doux en France, le deuxième plus chaud depuis 1900 après l’automne 2006. Avec un écart de +1,5 degrés, il reste toutefois loin derrière l’automne 2006 qui comptait 2,8 degrés d’excédent ! Et la tendance pour les prochains mois me direz-vous ? Plutôt doux et bien arrosé entre décembre et février selon les dernières projections, ce qui n’empêchera pas quelques épisodes hivernaux (froid, neige) d’arriver jusqu’à chez nous… mais rappelons que la fiabilité des tendances saisonnières n’est que de 65%…

Frédéric Decker

Septembre : encore un mois chaud

Le mois de septembre s’est déroulé dans un contexte d’ « été indien » sur la France avec de belles journées et des températures agréables. Mais malgré un ressenti très favorable, aucun record n’est tombé, on en est même resté assez loin.

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Les températures sont excédentaires partout, avec un excédent moyen de 1,3 degrés à l’échelon national. Septembre est le septième mois consécutif « trop chaud » sur notre pays par rapport aux normales 1971-2000. Il faut remonter au premier semestre 2007 pour trouver une anomalie positive aussi récurrente, mais entre septembre 2006 et juin 2007, on dénombrait dix mois chauds consécutifs (un record) !

La chaleur de ce mois de septembre a été généralement modérée mais durable, avec un pic les 7 et 8. Les températures ont souvent dépassé 30 degrés au cours de ces deux jours, sans atteindre de records.

Les précipitations ont été faibles partout à l’exception de la Côte d’Azur qui a bénéficié de pluies orageuses. Ailleurs, les pluies sont restées rares et faibles, se concentrant sur les quatre premiers jours du mois. Il est souvent tombé moins de la moitié d’un mois de septembre normal au nord de la Loire, sur le centre-ouest ou encore le Roussillon. À Strasbourg, il n’est tombé que 13 mm pour une normale de 62 mm. Si ce mois a été sec, il n’a pas fait tomber de record : en septembre 1985 et 1997, il n’avait pratiquement pas plu sur une grande partie du pays. La sécheresse estivale se poursuit donc et il faut espérer un automne et un hiver correctement arrosés pour appréhender le printemps et l’été 2010 en toute quiétude. Les tendances saisonnières ne vont pas vraiment dans ce sens puisque les mois à venir risquent de rester secs (fiabilité de 65% toutefois).

Le soleil a largement brillé au cours de ce mois de septembre, et l’excédent est général. C’est près de la Méditerranée, sur le Lyonnais ou encore le bassin parisien que les excédents sont les plus faibles. En revanche, la façade atlantique et la Bourgogne ont connu un net surplus d’heures ensoleillées. À Dijon par exemple, le soleil a brillé 226 heures pour une normale de 172 heures. Mais là encore, aucun record n’est tombé, septembre 1997 ayant connu un ensoleillement nettement plus élevé que cette année (266 heures à Dijon pour comparaison).

Les conditions anticycloniques omniprésentes expliquent bien évidemment ces anomalies. L’anticyclone, proche du Royaume-Uni, a peu bougé au cours de ces dernières semaines, détournant le courant perturbé beaucoup plus au nord, vers l’Islande et la Scandinavie, ou vers le sud en Méditerranée. Cet énième mois chaud n’est pas forcément lié au changement climatique, même s’il se situe dans un contexte de réchauffement, bien établi en France depuis 1988.

Frédéric Decker

Août estival, été chaud

L’été météorologique (s’étalant du 1er juin au 31 août) s’est terminé sous la chaleur et dans un contexte de sécheresse sur la majeure partie de la France.

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Août 2009 a été globalement chaud à très chaud. En moyenne nationale, l’écart thermique sur le mois est de +1,7 degrés, ce qui place ce mois d’août en quatrième position des mois d’août les plus chauds depuis 1950, derrière dans l’ordre décroissant : 2003, 1997 et 1991. L’épisode caniculaire du 15 au 20 a évidemment pesé lourd dans la balance, avec rappelons-le des pics de chaleur atteignant 35 à 38 degrés au nord de la Loire (36 degrés à Paris, 38 degrés à Colmar) et jusqu’à 40 degrés dans le sud  (Albi, Montauban). Même s’il se situe bien loin d’août 2003 marqué par une canicule sans précédent, août 2009 peut être qualifié de particulièrement chaud (6 jours consécutifs avec plus de 35 degrés à Lyon du 15 au 20). Tout le monde n’a toutefois pas été logé à la même enseigne : la Bretagne fait bande à part avec des températures de saison, voire inférieures aux normales en Bretagne-sud (25,3 degrés de maximum absolu dans le mois à Lorient, 23,8 degrés à Quimper) !

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Les précipitations ont été très rares et bien faibles, liées principalement aux orages des 1er et 24 du mois. Il n’est par exemple tombé que 6 mm dans le mois à Châteaudun (Eure-et-Loir) pour une normale de 45 mm. Il n’a plu en moyenne que 3 fois dans le mois sur le bassin parisien et la Beauce. Certaines localités proches de la Méditerranée n’ont pas vu la moindre goutte d’eau (Nice, Sète).

Logiquement, on retrouve un ensoleillement excédentaire partout, sauf… en Bretagne. Les valeurs ont été élevées, sans être exceptionnelles toutefois, avec des excédents proches de 15% en général.

Sur l’ensemble de la saison, l’été 2009 (moyenne du 1er juin au 31 août) présente un excédent national marqué : +1,3 degrés. Il se place en huitième position des étés les plus chauds depuis 1900, derrière, dans l’ordre décroissant : 2003, 2006, 1947, 1994, 1983, 1911 et 1976. Le ressenti général ne va pourtant pas forcément dans ce sens : la chaleur des mois de juin et juillet a été irrégulière, entrecoupées de courtes périodes normales ou fraîches. Seule la vague de chaleur d’août a été véritablement durable, et dans une moindre mesure celle de fin juin-début juillet. À noter que sur les 21 derniers étés, 19 ont été plus chauds que la normale. Seuls les étés 1993 et 2007 ont connu des températures légèrement inférieures aux normales saisonnières. La saison estivale a été sèche cette année, notamment sur le tiers sud de la France et de la frontière belge aux Pays de Loire. L’ensoleillement a été important partout, sauf encore un fois en Bretagne où un déficit marqué a été observé.

Frédéric Decker

Météo de juillet en dents de scie

Juillet 2009 a été très changeant, alternant courtes périodes anticycloniques et passages perturbés et orageux rapides. En conséquence, on retrouve finalement des paramètres climatiques assez proches de leurs normales en général.

Chaleur et fraîcheur, sans excès d’un côté comme de l’autre, ont alterné à peu près équitablement sur la France. À l’échelon national, on note un léger excédent thermique de 0,6 degré, mais avec des disparités géographiques : un léger déficit concerne le quart nord-ouest (-0,6 degré à Rennes) alors qu’un excédent notable intéresse la région Rhône-Alpes (+1,7 degrés à Lyon). Malgré des records de chaleur en fin de mois (43,4 degrés à Sartène) battant même la canicule d’août 2003, la Corse ne présente pas d’excédent thermique important (+1,0 degré à Ajaccio). Le coup de chaud a en effet été de courte durée.

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Comme toujours en été, les précipitations ont été très disparates d’un point à un autre en raison des orages, et le cumul moyen sur la métropole est très proche de la normale. On constate toutefois d’importantes quantités de pluies sur le quart nord-est avec localement des records en raison d’orages parfois violents (138 mm à Dijon pour une normale de 61 mm ; le record de juillet 1936 est frôlé : 141 mm). Le bassin parisien, la Normandie, le Bordelais, la Côte d’Azur et la Corse ont reçu moins de pluie qu’habituellement. Il n’a pas plu du tout d’ailleurs à Ajaccio.

L’ensoleillement quant à lui fait un peu grise mine : le déficit est généralisé, n’épargnant que la Côte d’Azur et l’île de beauté où le quota d’heures de soleil a été rempli à l’heure près. Ailleurs, les chiffres sont assez bas, avec un déficit souvent de l’ordre de 15 à 20%. Le soleil n’a brillé que 172 heures à Paris pour une normale de 211 heures.

Le ciel très changeant et la relative chaleur a toutefois laissé une assez bonne impression générale, malgré des nuages un peu trop présents. La France vient de connaître son cinquième mois consécutif un peu trop chaud, et le bilan de l’été aux deux-tiers de la saison est de +1,0 degré.

Frédéric Decker

Un orage pas comme les autres

De nombreux orages grêleux se sont produits au mois de mai en France, notamment dans les plaines du sud-ouest, dans la Loire, en Picardie, en Ile-de-France ou encore dans le Nord-Pas-de-Calais. Près de Valenciennes, on a même pu recenser des grêlons de 12 cm de diamètre, phénomène exceptionnel du à des courants ascendants particulièrement puissants au sein du cumulonimbus qui a provoqué cet orage.

Certains médias se sont emparés du phénomène, comme toujours, et ces orages grêleux répétitifs sont apparus comme étant « jamais vus » et « dus au réchauffement climatique »… Que nenni ! Orages et grêle ont de tous temps traversé la France de part en part, semant panique et désolation. Et le plus bel exemple ne date pas d’hier… mais du 13 juillet 1788 !

Ce jour-là, ou plus exactement ce matin-là, un orage aborde la France par la Charente-Maritime avant de progresser rapidement vers le nord-est (à une vitesse d’environ 100 km/h !). Il se renforce brutalement sur la région Centre et le bassin parisien au lever du jour. Et tous les écrits de l’époque, paroissiaux et autres, confirment ces détails : un grondement sourd et continu a précédé l’orage. Des rafales de vent très brutales et violentes ont accompagné le début des précipitations, déracinant des arbres et renversant des moulins. Puis ce fut au tour de la grêle : des grêlons dont la taille variait entre des œufs de pigeons et… le poing sont tombés durant un quart d’heure, réduisant les récoltes beauceronnes à néant (les plus gros grêlons pesaient alors 600 grammes), trouant le toit du château de Versailles… Tout a été saccagé en quinze petites minutes seulement, et le soleil est réapparu crânement après la tourmente, comme si de rien n’était… Le monstre météorologique a ensuite traversé la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais, la Belgique et la Hollande en semant le trouble sur son passage. Il s’agit de l’orage de grêle le plus mémorable en France, et il date de plus de 200 ans.

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Cet orage est d’ailleurs partiellement mis en cause dans les événements historiques qui suivirent, tout comme l’hiver glacial 1788-89 (-21 degrés à Paris, 86 jours de gel). La Beauce, grenier de la France, a donc perdu pratiquement tout son blé - déjà peu prometteur en raison d’une sécheresse estivale - sous la grêle, les fruits ont été saccagés, le pain est devenu très cher et la disette s’est installée. Le froid sibérien qui a suivi quelques mois plus tard n’a fait qu’empirer la situation. Un an et un jour après cet orage historique, la France tournait une page de son histoire en ce 14 juillet 1789… la suite, tout le monde la connaît.

Frédéric Decker

Mai doux et orageux

Dans la continuité d’un mois d’avril agréable et très doux, le mois de mai 2009  a été doux, orageux et normalement ensoleillé sur la France.

Les températures moyennes nationales dépassent leurs normales de 2 degrés sur l’ensemble du mois. L’excédent a été marqué surtout sur la moitié sud-est de la France avec plus de 3 degrés d’écart, voire plus de 4 degrés de l’Auvergne à la frontière italienne. Avec 24,1 degrés de température maximale moyenne, mai 2009 se rapproche du record de mai 1945 à Lyon (24,5 degrés). De nombreux records de chaleur absolus mensuels ont d’ailleurs été battus en fin de mois dans le grand Est, avec 30 à 35 degrés les 24 et 25 mai (34,7 degrés à Colmar le 25, l’ancien record était de 32,8 degrés le 27 mai 2005 depuis 1957). La palme revient à Calvi avec 36,0 degrés le 22, pulvérisant le record du 19 mai 1978 (32,3 degrés). Comme en avril, il n’y a pas eu de véritable incursion d’air frais durant ce mois, uniformément doux à chaud partout.

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Les précipitations ont été globalement faibles sur la France avec un déficit généralisé, sauf des Pays de la Loire à la frontière belge en passant par le bassin parisien où des épisodes orageux répétitifs ont fourni beaucoup d’eau. C’est près de la Méditerranée évidemment que les pluies ont été les plus faibles (5 mm à Ajaccio, 11 mm à Nice). Alençon obtient le score pluviométrique le plus élevé : 123 mm sous des orages fréquents. Les orages ont surtout frappé les plaines du sud-ouest, les Pays de la Loire, la Normandie, le bassin parisien, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais en causant souvent d’importants dégâts. Dans la nuit du 25 au 26, des orages particulièrement violents éclatent de la Picardie à la Belgique, avec des rafales atteignant localement 130 km/h et des grêlons énormes, mesurant ponctuellement plus de 10 cm de diamètre près de Cambrai, fait rarissime sur l’hexagone.

L’ensoleillement a été globalement proche des normales saisonnières, avec quelques disparités géographiques toutefois : il a été relativement faible du nord de la Seine au Poitou et sur le piémont pyrénéen. Le soleil s’est montré assez généreux en revanche de la Bretagne à la Vendée, du centre-est au Limousin et de la Côte d’Azur à la Corse. C’est à Rouen que l’astre du jour s’est le moins montré : 155 heures. À l’opposé, le soleil a brillé 363 heures à Ajaccio.

Un mois de mai où nous avons donc pu faire à peu près ce qu’il nous plaisait !

 

Frédéric Decker

En mai, fais ce qu’il te plaît…

Qui ne connaît pas ce dicton : « en avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te plaît »… Sur le calendrier, le mois de mai se situe à la fin du printemps, mais le ciel peut encore nous jouer des tours, y compris cette année après un mois d’avril bien agréable au nord de la Loire…


Si avril a été très lumineux sur les deux-tiers nord de la France, mai fait plutôt grise-mine depuis son début, avec par exemple 54 heures de soleil à Paris du 1er au 17, alors que la normale est de 111 heures. Il est vrai que les nuages se succèdent en rangs serrés depuis le jour du muguet et que les averses tombent fréquemment. Mais ne nous plaignons pas trop : malgré l’humidité ambiante, les températures restent de saison, ni plus ni moins.


Masses d’air chaud et d’air froid se mènent un combat sans merci au-dessus de nos têtes traditionnellement en mai, et il est très rare d’avoir un mois de mai uniformément chaud ou froid. Grande fraîcheur et fortes chaleurs peuvent se suivre de très près à cette période de l’année. Le 1er mai 1945 par exemple, Paris se réveille avec 0 degré au thermomètre et surtout… 8 cm de neige au sol (plus que l’hiver dernier !!). Seulement 9 jours plus tard, le 10 mai, le thermomètre affichait 30 degrés l’après-midi…

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Le 18 mai 1935, Paris connaît se chute de neige la plus tardive… qui tient au sol durant quelques heures avec 3 cm. Ce jour-là, il fait 0 degré le matin, et pas plus de 6 degrés au plus « chaud » de la journée. Mais il tombe jusqu’à 20 cm de neige dans l’intérieur de la Normandie, davantage encore côté anglais ! Il a également neigé début mai 1979.

Plus près de nous, le 7 mai 1997, Tours se réveille sous 5 cm de neige… alors qu’il faisait 27 degrés… trois jours avant !! Mai 1997 est d’ailleurs globalement doux, cette chute de neige fut donc un « accident » climatique…

En 1902, il faut attendre le 24 du mois pour enfin atteindre le seuil des 20 degrés, le 21 l’année d’après, le 22 mai en 1951, le 30 mai ( !!!!) en 1957…

Le 21 mai 1908, c’est le plein été, avec 29,2 degrés à Paris !!! Le lendemain, c’est… la fin de l’automne avec 10,9 degrés au plus « chaud » de l’après-midi, soit une chute de plus de 18 degrés en 24 heures !

En 1910, du 1er au 12, le thermomètre ne dépasse jamais 15 degrés ! Mais le 12 mai 1912, il fait 33 degrés…

En 1923, mai démarre sur les chapeaux de roue, avec 22 à 29 degrés du 1er au 8… Mais du 9 au 31, on ne repassera plus la barre des… 19 degrés !

En mai 1941, les 20 degrés ne sont dépassés que durant 3 jours (avec un maximum absolu de 21 degrés seulement le 21 !), et ce sera pire en 1984 avec deux jours au-dessus de 20 degrés, avec pour « record de chaleur du mois » 20,1 degrés le 5 !

En mai 44, c’est l’inverse avec près de 35 degrés les 29 et 30, et 4 jours consécutifs avec plus de 30 degrés…

Le mois de mai 1998 compte… 14 jours de chaleur (plus de 25 degrés) pour une normale de 3 jours!

 

Bref, il peut se passer tout et n’importe quoi côté météo dans notre ciel, et le dicton cher à notre cœur ne tient pas la route. Il aurait été difficile de sortir bras nus le 1er mai 45 ou le 18 mai 1935, non ?

Un mois de mars bien calme...

Après un hiver bien agité et froid, le calme est revenu en ce premier mois de printemps sur la France grâce à des conditions anticycloniques omniprésentes, installées 20 jours sur 31 sur nos régions.

Ces hautes pressions ont logiquement apporté un temps sec. C’est en début de mois et du 23 au 29 que l’essentiel des précipitations est tombé. Un long épisode sec nous a concerné en revanche du 11 au 22. En conséquence, les quantités de pluie cumulées sur le mois atteignant généralement 45 à 60% de la normale, soit seulement la moitié des précipitations habituelles. Ce déficit relativement marqué n’est pas exceptionnel. En mars 1953, de nombreuses régions n’avaient pas reçu la moindre goutte d’eau, notamment le Centre et le bassin parisien. L’Alsace, la Côte d’Azur et la Corse font bande à part puisque les précipitations dépassent leurs normales, avec près du double des chiffres habituels dans la région de Strasbourg.

Autre conséquence des conditions anticycloniques : l’ensoleillement a été généreux pratiquement partout. L’excédent est généralement de l’ordre d’une trentaine d’heures (soit une heure de soleil supplémentaire par jour), davantage vers le Roussillon (+45) et en Bretagne (+60). Petites exceptions sur l’extrême nord-est et notamment en Alsace où l’astre du jour s’est fait désirer (23 heures de déficit à Strasbourg) et dans une moindre mesure sur l’île de beauté (20 heures de perte à Ajaccio).

Du point de vue des températures, mars 2009 a été parfaitement conforme à la normale (+0,3 degré d’excédent à l’échelon national), mais avec quelques subtilités… Les températures nocturnes ont souvent été légèrement inférieures aux valeurs habituelles (nuits claires, fort rayonnement, chute du mercure la nuit). Au contraire, les températures moyennes des après-midis dépassent les normales de 0,5 à 1 degré en général grâce au bon ensoleillement. Si le léger excédent de la température moyenne est général (jusqu’à +0,7 degré à Bordeaux), un petit déficit concerne les régions situées entre la Bourgogne et l’Alsace. Mars a par ailleurs été très régulier, sans températures extrêmes dans un sens comme dans l’autre (pas de grands froids, pas de douceur excessive).

En conclusion, un beau mois de printemps après un hiver assez long et froid. Il a peu plu, le soleil s’est montré fréquemment et les températures diurnes ont souvent été agréables.

Frédéric Decker