Avril dans tous ses états !

Pluie, vent, orages, neige, grêle, froid et chaud se sont succédés à un rythme effréné dans le ciel français au cours de ce mois d'avril particulièrement inconstant, d'après Frédéric Decker de MeteoNews. 

Avec une pression atmosphérique moyenne de 1005,9 hPa, avril 2012 ne bat pas le record de faiblesse détenu par avril 1998 (1004,1 hPa) malgré 26 jours sur 30 en conditions météo dépressionnaires (alors qu'il n'y avait eu qu'une seule journée dépressionnaire entre le 1er janvier et le 31 mars, quel retournement de situation !). Les basses pressions ont donc largement dominé, permettant un véritable défilé de perturbations, de ciels de traîne actifs, le tout dans un flux d'ouest rapide. Conséquence : les précipitations ont été abondantes partout avec souvent autour de deux fois la normale du Nord-Pas-de-Calais à la Bretagne, de l'Aquitaine au Centre, sur le sud des Alpes ou encore en Corse. Il est tombé par exemple 150 mm à Cognac (normale 71 mm), mais nous restons loin des 201 mm d'avril 1998. Petite exception dans ce contexte très arrosé : l'Alsace où les quantités de pluie sont plus proches des normales, voire inférieures. Des inondations se sont parfois produites dans le sud-ouest, en Normandie ou encore en Bretagne après plusieurs mois de sécheresse. On constate une nette amélioration des taux d'humidité des sols en surface. En revanche, la situation de sécheresse persiste (alors qu'il y a parfois eu des inondations !) en profondeur. 

Ce mois d'avril a du vous paraître frais, voire froid... Oui et non en fait ! Oui, car il suit un mois de mars très chaud cette année, si bien que les températures, en regagnant les normales, sont descendues. Oui aussi car les mois d'avril des années 2000 ont été anormalement chauds, faussant ainsi notre perception d'un mois d'avril "normal". Non, car l'écart moyen national d'avril 2012 par rapport à la normale 1971/2000 est de... +0,3 degré, soit un très léger excédent ! Quelques disparités régionales sont toutefois à signaler : un déficit thermique de l'ordre de 0,2 à 0,6 degré a concerné les régions du nord et de l'ouest, alors qu'au contraire un excédent de 1 degré et plus s'est imposé sur la frange Est du pays et le pourtour méditerranéen (jusqu'à +1,9 degrés en Corse). Si une relative fraîcheur a dominé longtemps, le début de mois encore doux et le pic de chaleur de la fin du mois ont équilibré le bilan thermique. Des records de chaleur sont d'ailleurs tombés dans l'est en fin de mois : 29,0 degrés à Luxeuil (battant les 28,1 degrés du 15 avril 2007), 29,5 degrés à Chambéry (battant les 27,7 degrés du 29 avril 2010), 29,6 degrés à Colmar (battant les 29,4 degrés du 21 avril 1968), 30,0 degrés à Strasbourg (battant les 29,7 degrés du 17 avril 1949) et surtout 32,2 degrés à Ajaccio (battant les 29,9 degrés du 7 avril 1961). 

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Sans surprise, l'ensoleillement a été déficitaire pratiquement partout, battant même des records de faiblesse dans le sud-ouest : 86 heures de soleil seulement à Biarritz, ancien record 105 heures en 1969. Deux régions s'en tirent avec les honneurs, comptant même des heures supplémentaires de soleil par rapport aux normales : la Côte d'Azur (+15%) et... la Bretagne (jusqu'à +17% à Lorient). 

N'oublions pas les tempêtes tardives en ce mois d'avril. Le 25 avril, la dépression Petra provoque une tempête sur les régions du nord-ouest et sur le Lyonnais (100 km/h à Lyon, 105 km/h à Landivisiau, 122 km/h à la Pointe-du-Raz, 128 km/h à Ouessant). Dans la nuit du 28 au 29, un puissant courant de sud dégénère en tempête sur le centre-est du pays : 100 km/h à Clermont-Ferrand, 141 km/h à Valence, 143 km/h à Saint-Etienne, 149 km/h à Chamonix et jusqu'à 194 km/h à Villard de Lans !

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La "cerise sur la gâteau" est sans aucun doute la tornade qui s'est produite le dimanche 29 près de Toulouse, dans le secteur de Muret, sous une supercellule orageuse. Cette tornade, de force F1 (vents tourbillonnants entre 120 et 180 km/h), n'a fort heureusement que causé des dégâts matériels (toitures envolées, arbres cassés ou déracinés, voitures déplacées). Le phénomène a en effet concerné une zone peu habitée. 

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Après les trois premiers mois de l'année particulièrement calmes et anticycloniques, le ciel s'est énervé en avril, occasionnant même des phénomènes violents, voire destructeurs (tempêtes, orages, grêle, tornade toulousaine). Ces conditions très perturbées auront eu le mérite de faire nettement reculer la sécheresse de surface, à défaut de celle de profondeur qui persiste. Mais ne crions pas victoire trop vite : en 1989, avril avait été "pourri" (très pluvieux, très froid, neigeux et gris), se glissant dans une année trop sèche. Si ce début mai s'annonce encore arrosé, restons vigilant par rapport à la gestion de l'eau, les nappes phréatiques présentent toujours un déficit notable. 

Frédéric Decker, MeteoNews

Tornade toulousaine et quelques précédentes

Le fort contraste thermique installé depuis deux-trois jours en France a occasionné des orages violents dimanche soir du Midi-Pyrénées à l'Auvergne avec des vents parfois très violents, des chutes de grêle, allant jusqu'à occasionner la formation d'une tornade près de Toulouse, d'après Frédéric Decker de MeteoNews.

Les contrastes thermiques, à la fois verticaux (air très froid en altitude, chaud au sol) et horizontaux (plus de 20 degrés d'amplitude entre l'est et l'ouest de la France ce week-end) associés à des cisaillements de vent importants (vents de direction opposées selon les altitudes) ont permis le développement d'une tornade sous un mésocyclone (puissante cellule orageuse) dimanche soir près de Toulouse, entre Muret et Seysses. De force EF1 (138 à 178 km/h) voire EF2 (179 à 218 km/h), cette tornade a éventré des silos, endommagé des toitures et déplacé des voitures. 

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Les tornades sont moins rares qu'il n'y paraît en France. On estime qu'il s'en produit en moyenne une petite centaine par an. Toutefois, la grande majorité sont faibles et de courte durée. De plus, elles se produisent fréquemment en zones rurales et échappent aux observations humaines et n'ont, du coup, aucune retombée matérielle. 

Plus rarement, des tornades de plus grande ampleur se produisent, comme la tornade toulousaine de dimanche soir, mais aussi d'autres précédents :

Il n'y a pas si longtemps, une tornade EF2 a frappé Anduze le 3 novembre dernier.

Le 3 août 2008, une tornade intense (EF3 à EF4 soit près de 300 km/h !) frappe Hautmont, dans le nord, provoquant des dégâts très importants (maisons rasées) et tuant trois personnes.

Le 9 novembre 2001, une tornade EF3 traverse Dunkerque en provoquant des dégâts importants.

Le 8 janvier 1998, une trombe marine dégénère en tornade à Saint-Omer-Capelle (62), arrachant le clocher de l'église et retournant des caravanes.

Le 9 novembre 1997, deux tornades sévissent dans la Vienne à Rouillé et Villemort.

Le 17 août 1986, une violente tornade (EF3) frappe La Charité-sur-Loire (Cher), emportant un silo et déracinant des arbres.

Le 20 septembre 1982, plusieurs tornades traversent les Ardennes, arrachant des arbres en traversant des forêts. Une voiture et son occupante (indemne !) son littéralement enroulées autour d'un arbre !

Le 2 juin 1982, une très violente tornade (EF4, soit 267 à 322 km/h) frappe Levier, dans le Doubs.

Les 24 et 25 juin 1967, une série de tornades éprouve le Nord-Pas-de-Calais et la Somme. La commune de Palluel (Pas-de-Calais) est grièvement touchée par une EF5 (intensité maximale, soit des vents supérieurs ou égaux à 542 km/h !) : 7 personnes sont tuées, 72 blessées. Il s'agit de la tornade la plus forte du siècle en France.

Le 4 mai 1961, deux tornades frappent l'Eure, dont une concerne Evreux où des dégâts importants sont causés, une 2CV passe au-dessus d'une maison et trois personnes sont tuées.

Le 10 septembre 1896, c'est en plein Paris, à Chatelet, qu'une tornade sème la panique.

Le 18 et 19 août 1890, deux tornades frappent Dreux (Eure-et-Loir) et Saint-Claude (Doubs), arrachant des toitures.

Une tornade de force maximale (EF5, identique à celle de Palluel en 1967) a dévasté Montville, en Seine-Maritime, le 19 août 1845. Il s'agit sans doute de la pire tornade ayant eu lieu en France ces 200 dernières années : elle tua 70 personnes, fit des centaines de blessés et déracina, selon les écrits de l'époque, des milliers d'arbres, alors que des centaines de maisons étaient emportées... 

Les tornades se produisent donc régulièrement en France, dans des conditions météo très agitées, à la fois dépressionnaires et orageuses dans un contexte de forts contrastes thermiques. Rappelons que le terme "mini-tornade" n'existe pas en météorologie et n'a aucune valeur scientifique. Les dégâts dus aux orages peuvent être provoqués par une tornade ou d'autres phénomènes venteux (macro-rafales, micro-rafales, rafales descendantes etc...) que les météorologues vous expliqueront avec grand plaisir ! 

Frédéric Decker, MeteoNews

Intempéries marquées en France ces prochains jours

Le courant dépressionnaire, déjà bien installé depuis une dizaine de jours, va s'accélérer franchement au cours des prochaines 72 heures, d'après Frédéric Decker de MeteoNews. 

Lundi, une perturbation active va rapidement balayer la France, apportant des pluies abondantes et des vents forts voire violents. Les rafales atteindront souvent 60 à 70, voire 80 km/h localement dans les terres au nord de la Loire. Près des côtes atlantiques et sur le littoral breton jusqu'au Cotentin, les bourrasques pourront atteindre 90 à 100, voire 110 km/h localement, plus particulièrement sur les côtes vendéennes plus exposées. La prudence sera de rigueur sur ces régions, surtout en bord de mer. Ce coup de vent tardif (mais pas exceptionnel) est susceptible de provoquer quelques dégâts. 

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La journée de mardi sera rythmée par un flux d'ouest rapide et instable, occasionnant des averses fréquentes, souvent ponctuées de coups de tonnerre et pouvant s'accompagner de chute de grésil ou de grêle. 

Un net réchauffement va se mettre en place par la suite, surtout sur le sud et l'est du pays où les températures pourront gagner plus de 10 degrés en 48 heures (MeteoNews prévoit 27 degrés à Strasbourg vendredi) ! De l'air plus frais résistera vers le nord-ouest (14 à 15 degrés), et la France restera sous l'influence d'une dépression océanique. Ce cocktail détonnant risque de provoquer une situation orageuse potentiellement violente entre jeudi et la fin de la semaine, surtout du sud-ouest au nord-est. Cette prévision demande toutefois confirmation et devra être précisée d'ici là. 

Des conditions météo très agitées pour une fin avril vont dominer ces prochains jours, pouvant occasionner des dégâts par endroits (vents violents, orages, grêle). Prenez des dispositions dès à présent en prévision de ces intempéries pour vos cultures ou autres activités. 

Frédéric Decker, MeteoNews

 

1ère quinzaine d'avril : le retour de la pluie

Après trois mois de conditions anticycloniques exceptionnellement présentes (une seule journée dépressionnaire en France entre le 1er janvier et le 31 mars !), les pressions ont fini par baisser début avril pour retrouver des couleurs dépressionnaires, apportant enfin des pluies, mais pas partout.

La pluie a signé son retour début avril sur la France, enfin ! Mais de façon encore bien irrégulière au gré des régimes d'averses récurrents. De ce fait, les régions situées au nord de la Loire jusqu'aux Charentes présentent encore un déficit pluviométrique en cette première quinzaine d'avril, surtout du Bassin Parisien à la Charente-Maritime en passant par le Centre où il n'est tombé, en moyenne, que le tiers des précipitations habituelles ! L'extrême nord fait exception avec des pluies généralement excédentaires. Au sud de la Loire, il a plu davantage que la normale à l'exception du Roussillon où l'eau a encore manqué (60% de la normale seulement à Perpignan). MeteoNews annonce toutefois un défilé de perturbations et des traînes (régimes d'averses) très actives dans la huitaine à venir, permettant d'améliorer sensiblement la situation de sécheresse de surface un peu partout. Le bémol concerne les nappes phréatiques qui continuent à baisser pour la plupart. En effet, la période de rechargement est terminée depuis un mois : toute la pluie à venir sera absorbée par la végétation, souvent en stress hydrique suite à la sécheresse. 

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Malgré un ressenti frais et mitigé, les températures de cette première quinzaine d'avril sont tout à fait conformes aux normales saisonnières, voire légèrement excédentaires vers l'ouest et le sud du pays ! Plusieurs facteurs interviennent dans ce ressenti "négatif" : la deuxième quinzaine de mars exceptionnellement chaude et ensoleillée a donné une impression estivale exceptionnellement précoce avec souvent 8 à 10 degrés d'excédent : un simple retour aux normales apparaît comme une chute vertigineuse du mercure. A la sécheresse et à l'ensoleillement record de mars ont succédé humidité et nombreux nuages en cette première quinzaine d'avril. Dernier facteur, et non des moindres : 9 des 10 derniers mois d'avril ont été doux ou chauds en France (à l'exception d'avril 2008 plus "normal"). Ainsi, la moyenne de cette décennie pour les mois d'avril équivaut à un chaud mois d'avril des décennies précédentes (1987, 1993 etc...) !! Ce mois d'avril 2012 dans les normes paraît donc frais. Au 30 avril, la moyenne mensuelle nationale devrait sensiblement tourner autour de la normale, à quelques dixièmes de degrés près. 

Généralement déficitaire du Nord-Pas-de-Calais aux frontières de l'est jusqu'au pourtour méditerranéen et plus localement sur le Bordelais, l'ensoleillement ne présente pas d'écart particulier sur les autres régions, se situant près de chiffres habituels, grâce à quelques journées très ensoleillées en début de mois alternant avec quelques jours plus gris vers Pâques. On constate même un ensoleillement excédentaire entre la Bretagne et le Berry. 

Il faut se méfier des sensations humaines, car si certains évoquent un mois d'avril "pourri" jusqu'ici, il ne l'a pas été : les principaux paramètres sont en effet très proches de leurs normales ! Et la sécheresse persiste... 

Frédéric Decker, MeteoNews

 

Entre pluie et sécheresse...

Ca y est ! La pluie est enfin de retour en France pour le plus grand bonheur de nos agriculteurs, de nos jardins et de nos potagers ! Sommes-nous pour autant sauvés de cette sécheresse récurrente depuis plus d'un an ? Pas vraiment ! Quelques jours de pluie et même quelques semaines ne suffiront pas à faire reculer la sécheresse.

Des quantités de pluie parfois importantes ont été relevées depuis quelques jours un peu partout en France, permettant une stabilisation de la sécheresse de surface, voire une amélioration grâce une bonne hydratation de nos sols en surface. C'est une très bonne nouvelle, alors qu'à la même période, en 2011, nuages et pluies boudaient notre ciel, et ce jusqu'à début juin !
Si la sécheresse de surface s'atténue, au moins temporairement, il n'en est rien en revanche en profondeur : la végétation est désormais bien éveillée et absorbe la majeure partie de la pluie, d'autant qu'elle était déjà en stress hydrique depuis la vague de froid de février. D'autre part, l'ETP, ou évapotranspiration potentielle (évaporation de l'eau du sol et transpiration des plantes) dépasse depuis le 15 mars les précipitations, nous amenant logiquement à une situation de déficit pour les mois à venir, à moins de connaître des précipitations continuellement excédentaires jusqu'au 30 septembre, ce qui est très peu probable. Donc, si la situation s'améliore enfin en surface, il n'en est rien pour les nappes phréatiques qui vont au mieux se stabiliser ou légèrement baisser s'il pleut vraiment beaucoup d'avril à septembre. Mais des pluies mêmes "normales" maintiendraient la sécheresse à coup sûr

Mais, me direz-vous, pourtant il pleut ! Et parfois énormément ! Des inondations se sont même produites ces dernières heures dans les Côtes d'Armor ou dans le sud-ouest au gré des averses et des orages ! Oui, mais qui dit inondation, dit fort ruissellement, et un faible taux de pénétration des pluies dans le sol lorsqu'elles tombent trop violemment.

Les sécheresses les plus longues sont régulièrement interrompues par des mois pluvieux, et même parfois extrêmement pluvieux ! La sécheresse de 1976 par exemple a connu une "anomalie" en juillet, mois très orageux, qui a été nettement excédentaire sur de nombreuses régions en raison d'orages fréquents et fortement pluvieux. La sécheresse de fin 1988 à 1992 a connu de multiples interruptions, mais bien insuffisantes pour faire reculer la sécheresse pour de bon : en avril 1989, avec un temps très pluvieux et froid tout au long du mois (bien plus perturbé et froid que cette année !). La douche écossaise a été atteinte entre fin janvier et le 1er mars 1990, alors qu'une météo particulièrement violente frappait toute la France : outre des tempêtes à répétition (pas moins de 7 tempêtes en un peu plus d'un mois !!!), des perturbations gorgées de pluie inondaient nos régions en plaine sécheresse, à tels points que certains facteurs normands faisaient leur tournée en barque ! Et pourtant, l'année 1990 figure parmi les plus sèches du XXe siècle... Je ne vais pas énumérer toutes les interruptions de cette longue sécheresse de profondeur, mais sachez que un ou deux mois de pluie ne suffiront pas à effacer notre sécheresse bien installée depuis l'hiver 2010-2011.

Profitons (!!!) de ces pluies, car l'eau est précieuse. On voit même qu'elle devient un objet de convoitise dans le monde, allant jusqu'à provoquer des conflits internationaux. Et ce n'est sans doute que le début des problèmes dans un monde toujours plus dur où la gestion de l'eau laisse souvent à désirer. Un bon récupérateur d'eau de pluie, un arrosage de vos plantes avec votre eau de rinçage des légumes et la coupure des robinets lorsque l'eau coule inutilement peu aider à quelque peu sauver la mise si tout le monde exécute au quotidien ces petits gestes simples...

Frédéric Decker, MeteoNews

Mars 2012 aggrave la sécheresse en France

Dans la continuité de janvier et février, mars 2012 reste sous l'influence d'une situation de blocageanticyclonique, empêchant le courant perturbé de s'installer avec ses pluies. Les quantités de précipitations sont une nouvelle fois très faibles, associées à un ensoleillement remarquable et des températures proches des records de chaleur, facteurs aggravants.

Février 2012 figurait parmi les plus secs en France, juste derrière février 1959 qui détient le record dans cedomaine. Les giboulées de mars ont décidé de nous bouder, ainsi que les perturbations atlantiques. Un énième blocage anticyclonique nous a concerné la majeure partie du mois, obligeant les zones pluvieuses àcontourner notre pays où les précipitations se sont avérées une fois de plus bien faibles, sans affichertoutefois de valeurs exceptionnelles (mars 1953 et mars 1961 avaient été nettement plus secs avec peu voirepas de pluie !).

L'ensemble de la France connaît donc un déficit pluviométrique ce mois-ci, à l'exception de la région lilloise qui a bénéficié d'un important épisode pluvio-neigeux en début de mois (provoquant d'ailleurs quelques inondations). C'est du sud-ouest et de la Vendée au Bassin Parisien jusqu'au Massif Central, et du pourtourméditerranéen (sauf Roussillon et Corse) aux Alpes jusqu'au sud des Vosges que le manque d'eau s'est fait davantage remarquer, avec un déficit supérieur à 60%, localement même 80% et plus sur l'Hérault, le Var et les Savoies ! Le Languedoc est durement éprouvé après un hiver record en sécheresse : 5 à 10 mm dedécembre à février et moins de 5 mm en mars ! La situation y est déjà critique alors que nous ne sommesqu'au début du printemps ! Les premiers incendies de forêts ont déjà sévi sur la région depuis fin février!

 

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Côté ensoleillement, les valeurs mesurées jusqu'ici sont remarquables sur la plupart des régions, notamment de l'Ile-de-France à l'Ille-et-Vilaine et de la frontière allemande au nord de la région Rhône-Alpes où l'excédent dépasse 50% ! Au 31 mars, des records d'ensoleillement seront très probablement battus dans l'est du pays, dépassant ainsi les records de mars 2003. Petite exception : le Languedoc et la basse vallée du Rhône où les chiffres avoisinent les moyennes saisonnières, à cause surtout d'un milieu de mois très nuageux par entrées maritimes.

 

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Autre phénomène aggravant : la chaleur, exceptionnellement précoce et durable en seconde quinzaine de mars. Du jamais vu depuis les premiers relevés météo à la fin du XVIIIe siècle en France ! Cette chaleur, associée parfois à un vent sensible, a accéléré le dessèchement des sols en surface (hausse rapide de l'évapotranspiration potentielle) et réveillé précocement la végétation (qui va donc boire le peu d'eau attendue ces prochains jours) déjà en état de stress hydrique. Il s'agit donc d'un facteur aggravant, au même titre que la vague de froid sec de février.

MeteoNews n'envisage toujours pas le retour d'un courant perturbé d'ouest sur la France dans les 10 à 15 prochains jours, situation météo qui serait la plus bénéfique pour freiner la sécheresse. Les températures vont chuter à partir du week-end, mais les précipitations resteront trop faibles et disparates au gré des averses pour permettre un semblant de retour à la normale.
L'évapotranspiration potentielle (quantité d'eau totale transférée du sol vers l'atmosphère par l'évaporation au niveau du sol et par la transpiration des plantes) dépasse les précipitations en moyenne en France du 15 mars au 15 septembre. Les réserves superficielles en eau seront donc naturellement à la baisse au cours des prochaines semaines et des prochains mois, alors qu'elles n'ont jamais été saturées au cours de l'hiver, à moins de mois excessivement pluvieux, ce qui est très peu probable (les tendances saisonnières de MeteoNews, fiables à 63%, envisagent la poursuite de conditions plutôt sèches jusqu'à l'été prochain).

Si la pluie tombe en quantités relativement importantes et de façon régulière, nous pourrons peut-être éviter une sécheresse "de surface“ (même si elle a déjà débuté dans le sud et le Bassin Parisien). En revanche, la sécheresse de profondeur (nappes phréatiques) est désormais inévitable après une période de rechargement hivernal trop courte et peu importante. 80% des nappes phréatiques accusent un déficit marqué actuellement, plus particulièrement de la façade atlantique aux régions centrales. Il faudra un automne et un hiver prochains très arrosés pour combler au moins partiellement ce manque d'eau. 

Frédéric Decker, MeteoNews

Le point sur la sécheresse 2011/2012

La sécheresse entamée durant l'hiver 2010/2011 s'est régulièrement aggravée tout au long de l'année 2011, en dépit d'un été parfois humide mais inefficace en terme d'approvisionnement des nappes phréatiques. L'automne très sec suivi d'un hiver à nouveau sec ont encore dégradé la situation. 

Après une année 2011 sèche voire très sèche, notamment sur une large moitié ouest du pays (surtout le printemps record et l'automne très peu arrosé), la pluie est enfin revenue en décembre sur la plupart des régions à la faveur d'un rapide flux océanique humide. Ces précipitations atteignaient alors le double, voire le triple de la normale, sauf près de la Méditerranée où, au contraire, les quantités de pluie sont restées très faibles, voire nulles. 

Malheureusement, les conditions anticycloniques se sont installées en janvier, bloquant l'accès des perturbations. Si le nord-est a tiré son épingle du jeu avec des précipitations "dans les normes", le reste du pays connaissait à nouveau des quantités faibles, voire nulles parfois dans le sud-est ! 

La vague de froid de la première quinzaine de février quant à elle a eu des effets très négatifs : l'anticyclone venue de Sibérie était accompagné d'air très sec et d'un vent de nord-est souvent soutenu. Les sols en surface se sont alors brutalement asséchés, mettant déjà la végétation en conditions de stress hydrique. Le retour de la douceur en fin de mois s'est déroulé une fois de plus sous des conditions sèches ou très peu arrosées. Il s'agit du deuxième mois de février le plus sec sur le pays derrière février 1959. 

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Précipitations en février 2012

On espérait des giboulées en mars, mais le ciel en a décidé autrement, avec un nouveau blocage anticyclonique. Conséquences : les précipitations restent très faibles entre le 1er mars et aujourd'hui, inférieures à 20 mm presque partout (toujours nulles dans certains secteurs du sud-est où il n'a pas plu depuis janvier !). L'extrême nord fait exception grace à l'important épisode pluvio-neigeux du début du mois (plus de 60 mm à Lille). Du 1er janvier à aujourd'hui, les pressions sont restées anticycloniques... 79 jours sur 80 en métropole ! 

Les conséquences se font déjà ressentir : les sols superficiels sont déjà anormalement secs (plutôt comme une fin avril, voire un mois de mai dans le sud-est) et le taux de rechargement des nappes phréatiques entre octobre et mars a été très mauvais, n'ayant duré que 1 à 2 mois selon les régions, entre mi-décembre et fin janvier. 

80% des nappes phréatiques sont en déficit actuellement, notamment sur le Bassin parisien, sur le secteur du Rhône et dans le sud-ouest pour plusieurs grands aquifères. La tendance est à la baisse en ce début d’année 2012, puisque 51% des indicateurs mesurés sont en baisse contre 26% à un niveau stable et que moins d’un quart des points de suivi est en hausse (24%).

Nos prévisions n'envisagent pas le retour d'un courant océanique dépressionnaire dans les 10 à 15 prochains jours. Seules quelques averses tomberont localement, notamment dans le sud-ouest ces prochains jours, sans incidence sur la sécheresse qui perdure et s'aggrave. À moins de connaître des mois extrêmement pluvieux entre avril et l'été, ce qui est peu probable, les conditions seront difficiles jusqu'au début de l'automne, au moins en profondeur, les besoins en eau augmentant rapidement avec le réveil de la végétation. Nous pouvons au moins éviter la sécheresse de surface avec des pluies régulières et suffisamment abondantes... mais les tendances saisonnières (fiables à 63%) ne vont pas vraiment dans ce sens...

Frédéric Decker, MeteoNews

Un hiver 2011/2012 contrasté !

La douceur omniprésente durant une grande partie de l'hiver a été interrompue par une vague de froid assez remarquable en première quinzaine de février dans un contexte souvent sec.

Du doux et du grand froid

Décembre et janvier ont été uniformément doux, avec de courtes incursions fraîches, trop faibles pour faire chuter les moyennes de températures. Ces deux mois ont été excédentaires respectivement de 2,0 et 1,5 degrés.

Rappelez-vous la nuit de la Saint-Sylvestre : avec 10 à 14 degrés de minimum sur la plupart des régions, la France connaissait son 1er janvier le plus doux depuis l'ouverture des stations météo, y compris les plus anciennes !Les conditions changent radicalement toutefois toute fin janvier et surtout en première quinzaine de février, alors qu'un anticyclone sibérien apportait une vague de froid remarquable, la plus forte depuis 25 ans : il fallait remonter à janvier 1987 pour trouver un équivalent (même s'il avait fait nettement plus froid en 87).

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Peu de records de froid sont tombés, sauf dans les stations météo récentes n'ayant pas connu le mémorable mois de février 1956. Cette vague de froid nous a quitté aussi brutalement qu'elle est arrivée, et c'est à nouveau la douceur qui l'a emporté en seconde quinzaine de février, notamment en fin de mois avec quelques records de chaleur locaux (21,3 degrés le 29 à Briançon).

Au final, février 2012 présente un déficit national de 3,9 degrés, proche des -4,0 degrés de février 1986.Conséquence sur la moyenne saisonnière de l'hiver : elle a été parfaitement conforme aux valeurs habituelles puisque l'écart atteint -0,1 degré par rapport aux normales.  Et ce malgré le fait que les trois-quarts de l'hiver se soient passés sous la douceur ! L'intense vague de froid a permis un équilibrage thermique de la saison hivernale. Géographiquement, un léger déficit a concerné la moitié sud, au contraire de la moitié nord qui a connu un hiver un peu plus doux que la normale (localement plus d'un degré d'excédent en Bretagne sur le Cotentin ou encore l'Ile-de-France.

Et la sécheresse continue à faire parler d'elle...

Après une année et un automne 2011 très secs, nous espérions un hiver très arrosé pour éloigner le spectre de la sécheresse. L'hiver avait plutôt bien démarré de ce côté-là, avec un mois de décembre très arrosé sur la plupart des régions à l'exception du pourtour méditerranéen.

Malheureusement, les conditions anticycloniques ont ensuite largement dominé en janvier et surtout février (59 jours sur 60 !) : les quantités de pluie ont été faibles, surtout en février avec des records de sécheresse en montagne et dans le sud-est (0 mm à Nice, Saint-Auban...). 

Dans sa globalité, l'hiver 2011-2012 a été sec, plus particulièrement dans l'ouest et le sud du pays où l'on note 20 à 40% de déficit, et même plus de 80% de déficit sur le Languedoc-Roussillon et la basse vallée du Rhône ! Dans l'Hérault, il n'est tombé que 9 mm de pluie en trois mois à Montpellier, et même 5 mm à Vias, ce qui est exceptionnel ! Cette sécheresse hivernale a d'ailleurs été telle sur la région que les premiers incendies ont éclaté en fin de mois. C'est vers le nord-est que les précipitations ont été les plus importantes, affichant des chiffres proches des normales ou légèrement excédentaires. 

C'est une mauvaise nouvelle : la période d'écoulement des eaux de pluie vers les nappes phréatiques a été très courte. Elle a démarré autour du 15 décembre (après un arrosage suffisant pour pénétrer les couches superficielles du sol) pour se terminer fin janvier. L'air très froid et très sec apporté par la vague de froid a ensuite gravement et précocement asséché les sols en surface, mettant déjà la végétation en état de stress hydrique. Il est désormais trop tard pour espérer remplir les nappes : la végétation s'éveille et pompera toutes les pluies des prochains mois jusqu'au début de l'automne.

Des mois pluvieux entre mars et septembre pourront réduire, voire stopper la sécheresse de surface, mais n'amélioreront pas les conditions en profondeur.

Peu de neige malgré le froid

Malgré le froid, les chutes de neige ont été généralement peu nombreuses et faibles (généralement 5 jours ou moins avec chute de neige en plaine sur l'hiver, soit deux à trois fois moins qu'habituellement), sauf en Corse où la neige s'est invitée plus souvent qu'au cours d'un hiver normal.

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L'enneigement a été correct en montagne grâce aux chutes de décembre et début janvier, avant une longue période de disette. En plaine, la neige est arrivée très tard : début février, après l'installation de la vague de froid. Les quantités sont restées faibles à modérées dans l'ouest et le sud, loin des records, très faibles sur le quart nord-est. Ces chutes de neige s'étant produites sous des températures largement négatives, elles n'ont pratiquement pas apporté d'eau après leur fonte.

Et un soleil très généreux !

Les conditions anticycloniques largement dominantes cet hiver ont permis au soleil de briller plus qu'habituellement, notamment en février : l'air continental a asséché la masse d'air, empêché la formation de nuages bas et permis au soleil de briller très largement (records de fort ensoleillement en février dans les Alpes et près de la Méditerranée avec par exemple 257 heures à Saint-Auban, soit 48 heures de plus que l'ancien record datant de février 1999, et cela représente 91% d'heures ensoleillées sur le mois pour 9% d'heures sans soleil !).

Sur l'ensemble de l'hiver, l'excédent maximal s'étend sur les régions entre les Pays de la Loire et l'Ile-de-France, ainsi que sur l'Hérault. L'hiver 2007/2008 reste toutefois en première position des hivers les plus ensoleillés.

La conformité thermique de l'hiver 2011/2012 par rapport aux normales cache à la fois une longue période douce et une vague de froid assez importante. Nous mesurerons dans les semaines à venir les dégâts dus au froid sur la végétation et les cultures. Mais l'événement le plus marquant restera finalement la poursuite et même l'aggravation de la sécheresse, avec un taux de remplissage des nappes phréatiques très mauvais (59 mm d'écoulement seulement sur le Bassin Parisien sur les trois mois d'hiver !). Souhaitons des pluies régulières et importantes d'ici septembre pour éviter une forte sécheresse de surface, car sécheresse il y aura en profondeur, avec des conséquences certaines dans le domaine agricole. Il faudra un automne et un hiver très pluvieux pour reprendre le rechargement de nos précieuses nappes phréatiques !

Frédéric Decker, MeteoNews

Bilan de la vague de froid

La vague de froid qui a déferlé sur la France entre le 30 janvier et le 12 ou 13 février (selon les régions) est qualifiée de "modérée" par MeteoNews, que ce soit en durée ou en intensité.

Prévue huit jours à l'avance par MeteoNews, la vague de froid a frappé la France à des degrés différents selon les régions. L'est et les zones enneigées ont en effet connu des températures beaucoup plus basses que l'ouest (la Bretagne ayant été très peu touchée), le sud et les régions dépourvues de neige.Quelques records de froid mensuels sont tombés par endroits : 

-13,5 degrés le 9 à Auch, ancien record : -10,3 degrés en 1986 (station récente ouverte en 1985)

-14,8 degrés le 12 à Evreux, ancien record : -13,0 degrés en 1986-16,1 degrés à Rodez, ancien record : -16,0 degrés en 1986

-16,4 degrés le 7 à Orléans, ancien record : -15,4 degrés en 1956

-17,0 degrés le 9 à Bergerac, ancien record annuel : -12,4 degrés en décembre 2001 (station ouverte en 1988)

-17,2 degrés le 6 à Châteaudun, ancien record : -15,8 degrés en 1986

-17,9 degrés le 5 à Aurillac, ancien record : -17,1 degrés en 1969

-19,4 degrés le 5 à Grenoble, ancien record : -17,1 degrés en 1952

Aucun record de température maximale basse n'a toutefois été battu en dehors des stations météo récentes qui n'ont pas connu les vagues de froid de février 1956 ou 1986.

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Les dernières vagues de froid comparables remontent à celles qui se sont produites entre Noël 1996 et mi-janvier 1997, ou encore entre fin janvier et mi-février 1991. La vague de froid qui se termine a toutefois été un peu plus intense, mais aussi un peu plus courte (15 jours) au lieu de près de 3 semaines pour les deux précédentes.

Cette récente vague de froid n'est en revanche pas comparable aux vagues de froid de janvier 1987 - qui a duré 4 semaines avec des pics de froid atteignant -10 à -20 degrés partout et des températures diurnes largement inférieures à cette année, de l'ordre de -5 à -15 degrés un peu partout - ou encore janvier 1985, qui a duré près de 3 semaines avec des pics de froid extrêmes : -15 à -30 degrés presque partout et des températures diurnes beaucoup plus basses qu'en 2012 (de l'ordre de -10 à -15 degrés !).
Concernant les vagues de froid de février, celle de 1986 était un peu moins intense mais beaucoup plus longue : elle avait démarré fin janvier pour se terminer début mars ! Cette vague de froid avait été plus marquée au nord de la Loire à l'époque, plus faible au sud.

Janvier 1979 a été marqué par une vague de froid modérée, mais plus longue que cette année (3 à 4 semaines selon les régions).

L'hiver 1963 reste "intouchable" en terme de rigueur et de durée : des vagues de froid se sont succédées de mi-novembre 1962 à début mars 1963 à un rythme effréné, en faisant l'hiver le plus froid du XXe siècle.

Les records de février 1956 n'ont pas été inquiétés sauf très localement : la vague de froid avait duré un mois avec des pics de froid remarquables en toutes régions (-15 à -25 degrés) et des températures diurnes exceptionnellement basses (de -5 à -15 degrés).

La fameuse vague de froid de l'hiver 54, rendue célèbre par l'action de l'abbé Pierre, s'était produite toute fin janvier et début février. Elle avait été particulièrement intense mais assez courte : 8 à 10 jours "seulement".

Si l'on remonte plus en arrière encore, la vague de froid de cette première quinzaine de février 2012 est "noyée" dans de nombreuses vagues de froid à la fois plus durables et plus intenses, fréquentes dans les années 40 et durant les décennies et siècles précédents.

Rappelons pour mémoire que le record de froid à Paris reste -24 degrés en décembre 1879, avec des pointes à près de -30 degrés dans les campagnes environnantes (Orléanais, Seine-et-Marne) et jusqu'à -33 degrés à Langres !

Sans atteindre les valeurs exceptionnelles  et la durée des vagues de froid mémorables des mois de janvier 1985 et 1987, ou celles de février 1956, la vague de froid de ce mois de février figure en tête des vagues de froid les plus fortes depuis 1988, légèrement devant les vagues de froid de 1991 et 1996/97.

Frédéric Decker

Records de froid !

La vague de froid qui débute sur la France va s'intensifier jusqu'à samedi, faisant chuter les températures souvent autour de -10 degrés le matin, voire moins de l'est aux régions centrales... des records de froid en perspective ? En dehors des stations météo récentes, n'ayant pas connu les mois de février glaciaux, c'est fort peu probable. 

Les records de froid de février en France, en plaine, tournent très fréquemment autour de -15 degrés, et sont même inférieurs à -20 degrés sur le tiers Est du pays, le Massif Central et plus localement dans le sud-ouest. La majorité de ces records datent de l'exceptionnel mois de février 1956. Les autres sont tombés en février 1895, 1929, 1963, 1986 et plus rarement (stations récentes) en février 1991. On sera étonné de trouver sur cette carte ci-dessous des valeurs de -10 à -12 degrés seulement à Bergerac, Albi et Auch, -9 degrés à Saint-Brieuc, -17 degrés à Charleville-Mézières... mais ces stations n'ont qu'une vingtaine d'années, et n'ont donc pas connu de vague de froid importante en février, celles-ci s'étant raréfiées depuis la fin des années 80.

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Les records de froid diurnes datent aussi pour la plupart de février 1956, mais aussi parfois de début février 1954 (célèbre grâce à l'abbé Pierre, mais l'intense vague de froid n'a finalement duré qu'une semaine), et comme pour les minimales des mois de février 1895, 1929, 1963, 1986 voire 1991.  

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Les températures prévues pour ces prochains jours resteront généralement très loin de ces valeurs records. Seules la Côte d'Azur et l'ile de beauté sont susceptibles de battre des records de froid...

Retrouvez le détails de ces records de froid par stations !

La vague de froid qui s'installe s'annonce importante, sans atteindre des extrêmes exceptionnels. Quant à la durée du phénomène, elle reste indécise, mais le froid persistera au moins jusqu'en tout début de semaine prochaine, avant un éventuel redoux... relatif qui épargnerait l'est jusqu'en fin de semaine prochaine. Nul doute que les prévisions vont encore évoluer concernant la fin de cette vague de froid, rien n'est... figé (malgré les basses températures !).

Frédéric Decker, MeteoNews