Records de froid !

La vague de froid qui débute sur la France va s'intensifier jusqu'à samedi, faisant chuter les températures souvent autour de -10 degrés le matin, voire moins de l'est aux régions centrales... des records de froid en perspective ? En dehors des stations météo récentes, n'ayant pas connu les mois de février glaciaux, c'est fort peu probable. 

Les records de froid de février en France, en plaine, tournent très fréquemment autour de -15 degrés, et sont même inférieurs à -20 degrés sur le tiers Est du pays, le Massif Central et plus localement dans le sud-ouest. La majorité de ces records datent de l'exceptionnel mois de février 1956. Les autres sont tombés en février 1895, 1929, 1963, 1986 et plus rarement (stations récentes) en février 1991. On sera étonné de trouver sur cette carte ci-dessous des valeurs de -10 à -12 degrés seulement à Bergerac, Albi et Auch, -9 degrés à Saint-Brieuc, -17 degrés à Charleville-Mézières... mais ces stations n'ont qu'une vingtaine d'années, et n'ont donc pas connu de vague de froid importante en février, celles-ci s'étant raréfiées depuis la fin des années 80.

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Les records de froid diurnes datent aussi pour la plupart de février 1956, mais aussi parfois de début février 1954 (célèbre grâce à l'abbé Pierre, mais l'intense vague de froid n'a finalement duré qu'une semaine), et comme pour les minimales des mois de février 1895, 1929, 1963, 1986 voire 1991.  

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Les températures prévues pour ces prochains jours resteront généralement très loin de ces valeurs records. Seules la Côte d'Azur et l'ile de beauté sont susceptibles de battre des records de froid...

Retrouvez le détails de ces records de froid par stations !

La vague de froid qui s'installe s'annonce importante, sans atteindre des extrêmes exceptionnels. Quant à la durée du phénomène, elle reste indécise, mais le froid persistera au moins jusqu'en tout début de semaine prochaine, avant un éventuel redoux... relatif qui épargnerait l'est jusqu'en fin de semaine prochaine. Nul doute que les prévisions vont encore évoluer concernant la fin de cette vague de froid, rien n'est... figé (malgré les basses températures !).

Frédéric Decker, MeteoNews

-10 à -15 degrés en fin de semaine prochaine en France !

Les derniers modèles numériques de prévisions météorologiques confirment l'arrivée d'une vague de froid au cours des prochains jours. La bonne nouvelle, c'est qu'elle n'arrivera pas brutalement : les températures vont baisser de jour en jour au moins jusqu'en fin de semaine prochaine. La mauvaise nouvelle ? : il neigera peu ou pas du tout sur la plupart des régions, or la neige aurait préservé les végétaux les plus fragiles des plus fortes gelées. 

Les températures vont baisser ce week-end : de saison ce samedi, elles se situeront déjà quelques degrés en dessous dimanche. Les giboulées de neige seront encore assez rares et faibles en plaine ce samedi, tombant en revanche dès les premières hauteurs dans l'est, y compris sur les Ardennes.

Entre lundi et mercredi, la baisse va rester progressive, avec 1 à 2 degrés de moins par jour : les gelées se généraliseront à pratiquement tout le pays en dehors de quelques zones côtières et les fortes gelées (moins de -5 degrés) s'étendront du nord-est vers les régions centrales mercredi. 

Un appel d'air froid plus intense, en provenance d'Europe de l'est et de Russie, se mettra en place entre jeudi et le week-end prochain, faisant rechuter les températures : elles devraient atteindre fréquemment -5 à -10 degrés dès jeudi, tournant ensuite autour de -10 degrés les matins de vendredi et du week-end qui suivra, avec des pointes de froid pouvant approcher -12 à -15 degrés dans l'est. Il y aura peu ou pas de dégel en général les après-midis, avec même des températures diurnes particulièrement basses sur la moitié est en deuxième partie de semaine prochaine (entre -2 et -6 degrés !). 

Le vent, modéré à fort de secteur nord-est, sera un facteur aggravant qui renforcera nettement la sensation de grand froid : le ressenti pourra alors descendre sous les -15 à -20 degrés sur de nombreuses régions. 

Si le froid s'annonce très vif, il sera majoritairement sec, et peu de chutes de neige sont attendues : il neigera parfois jusqu'en plaine dimanche dans le sud-ouest et en région Rhône-Alpes. Quelques pluies et neiges mêlées, voire de la neige seule, tomberont lundi sur le tiers ouest, mais leur localisation et leur intensité restent indécises pour le moment. C'est finalement près de la Méditerranée que les chutes de neige les plus importantes pourraient se produire, plus particulièrement dans l'intérieur dès les premiers kilomètres et bien sûr sur les hauteurs. Les zones littorales seront aussi exposées, notamment entre lundi soir et mercredi (y compris la Corse). 

Cette vague de froid sera modérée dans un premier temps puis forte. Il faut remonter à février 1991 pour trouver des valeurs comparables à celles prévues pour la fin de la semaine prochaine. Sa durée reste indéterminée pour le moment dans l'état actuel des prévisions. Il semblerait toutefois qu'elle pourrait durer une bonne dizaine de jours. MeteoNews vous tiendra régulièrement au courant de l'évolution de la vague de froid et des épisodes neigeux.

Frédéric Decker, MeteoNews

Une tornade qui n'en était pas une...

Un phénomène météorologique a bien failli créer un vent de panique, voire un buzz ces deux derniers jours sur la toile. Présenté comme un début de tornade par la presse, avis conforté par Météo-France qui plus est, les amas nuageux photographiés à plusieurs reprises par des témoins correspondaient à une toute autre réalité météorologique.

Mardi dans l'après-midi, d'étranges amas nuageux s'amoncellaient dans le ciel de l'Ille-et-Vilaine, entre Fougères et Rennes. Plusieurs témoins armés d'appareils photo ou de téléphones portables immortalisent l'événement et envoient leurs prises de vue aux médias locaux, notamment le journal Ouest-France. 

Nuage

C'est par le biais d'amis sur Facebook que j'ai pris connaissance de cette affaire. Je n'avais alors vu qu'une seule photo (ci-dessus), et j'ai tout d'abord cru à un "fake", une image retouchée sur un logiciel adéquat. J'ai donc pris contact avec le journal "Ouest-France". Petit "hic" : une journaliste a vu le phénomène de ses propres yeux. Soit ! Mais là où j'ai fait des bonds, à la limite de me retrouver en orbite, c'est lorsque j'ai lu le commentaire d'un météorologue de Météo-France, qui affirmait haut et fort après avoir visionné la photo : "début de tornade. C’est un gros nuage avec des tourbillons. On observe ce phénomène lors de la formation de nuages plutôt orageux. Elle se développe lorsque les températures sont élevées et le temps humide en basse couche et lorsque les températures sont froides en hauteur"... Je ne sais pas s'il a été pris de court, s'il ne connaissait pas du tout la situation météo du jour (ce qui est fort peu probable tout de même), mais cette réponse est archi-fausse.

La situation météo de ce mardi après-midi sur la Bretagne était très simple : patate anticyclonique (1037 hPa à Rennes), conditions très calmes et pas de contrastes thermiques. Dans de telles conditions, une formation "tornadique" est tout simplement impossible. 

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Le journal m'envoie ensuite d'autres photos, attestant la présence de ce phénomène, somme toute bien surprenant. Je me lance alors dans une "enquête", avec l'aide d'un collègue de MeteoNews spécialisé dans l'étude des tornades (Pierre-Antoine Dutheil qui a étudié dans ce domaine en Oklahoma) et de quelques connaissances sur place.

On constate autour de la base nuageuse une couche uniforme de "stratocumulus", nuages typiques sous des conditions anticycloniques. Mardi, la situation météo était dominée par un anticyclone à 1037 hPa dans une atmosphère calme sans contrastes thermiques. De telles conditions interdisent totalement la formation d'une tornade. 

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Une anomalie positive de température locale, sans doute artificielle (zone surchauffée, usine etc...) puisque cette formation nuageuse a été d'abord photographiée dans une petite zone industrielle avant de progresser en campagne, a suffi à provoquer la formation de quelques cumulus isolés. En temps normal, les cumulus se développent verticalement sous l'effet de l'air chaud. Toutefois, la couche de stratocumulus présente mardi empêchait cette verticalité, obligeant ainsi le cumulus à s'étaler sous la couche de nuages bas, prenant ainsi cette forme assez "bizarre", pouvant ressembler de loin à un début de tornade. 

Ce type de phénomène est relativement courant, mais le cas de mardi était il est vrai assez atypique. Evidemment, ce phénomène esthétique ne présente aucun danger. 

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Dans certaines conditions météo particulières, des tornades sont possibles en Bretagne : il faut beaucoup d'air chaud en surface, beaucoup d'air froid en altitude, d'importants cisaillements de vent (vent de directions opposées entre le sol et l'altitude) et surtout la présence d'une cellule orageuse très active (seul un cumulonimbus, nuage d'orage, peut créer une tornade). 

Bref, beaucoup de bruit pour... pas grand chose ! Un phénomène de basse couche assez classique en hiver, qui a simplement pris des proportions assez inhabituelles... mais nous restons bien loin d'une scène du film "Twister" où les vaches prenaient leur envol... ;-)

Frédéric Decker, MeteoNews

Décembre doux termine une année 2011 record de chaleur

L'extrême douceur de l'automne s'est poursuivie en décembre en France dans un contexte beaucoup plus humide cette fois-ci, sous un rapide courant océanique dépressionnaire. Comme MeteoNews l'envisageait dès novembre, 2011 a battu le record de chaleur de 2003 en moyenne nationale annuelle de températures.

Décembre doux et arrosé

La douceur a été omniprésente en décembre sur l'ensemble du pays, sans battre de record : les mois de décembre 2000 et 1974, entre autres, ont été plus doux avec plus de 3 degrés d'excédent, alors que décembre 2011 dégage un surplus de 2,2 degrés à l'échelon national, ce qui est déjà remarquable notamment après le 2e automne le plus chaud en France depuis 230 ans.

La bonne nouvelle est venue des pluies, largement excédentaires partout à l'exception du pourtour méditerranéen. Ces précipitations importantes peuvent ainsi commencer à recharger nos précieuses nappes phréatiques, bien mises à mal cette année 2011 avec les sécheresses du printemps et de l'automne. Il est parfois tombé le double voire le triple des normales entre les Charentes et le Nord-Pas-de-Calais ! Mais ne crions pas victoire trop tôt : un mois d'hiver très pluvieux ne suffira pas à recharger convenablement nos nappes, souhaitons donc encore beaucoup d'eau d'ici le 15 mars pour enrayer totalement la sécheresse. Dans le cas contraire, elle pourrait à nouveau poindre son nez dès le printemps 2012.

L'ensoleillement quant à lui n'a pas présenté d'anomalie particulière, avec un léger excédent en général, notamment sur le tiers nord. Des coups de vent se sont produits à plusieurs reprises, atteignant même le seuil de la tempête au passage de Joachim entre le 15 et le 16. Les valeurs sont restées toutefois classiques pour une tempête hivernale.

Rétrospective 2011

L'année 2011 a été particulièrement atypique sur le plan climatologique en France. Après un mois de décembre 2010 franchement hivernal, le froid s'est peu montré en dehors d'une courte période fin janvier et tout début février... sans neige, au désespoir des stations de ski qui ont passé un de leur pire hiver. Les chutes de neige de décembre n'ont en effet pas suffi, mises à mal par des puissants redoux. La sécheresse commence à s'installer lentement mais sûrement, notamment en février.

La douceur et la sécheresse s'installent de plus en plus en mars ; le seuil des 20 degrés est dépassé dès le 15 au nord de la Loire, le soleil brille très largement et la neige continue de bouder les montagnes.

Il a fallu se découvrir de plus d'un fil en avril... le 2e plus chaud depuis 230 ans derrière avril 2007, avec notamment une vague de chaleur très précoce en début de mois (plus de 30 degrés déjà dans le sud !). La sécheresse bat des records et le soleil les approche parfois. Seul le pourtour méditerranéen connaît des pluies conséquentes.

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Mêmes causes, mêmes effets : le blocage anticyclonique se poursuit en mai. La chaleur prend ses aises, il s'agit même du mois de mai le plus chaud en France, devant 2008 et 1989 ! La sécheresse est extrême, la plupart des régions connaît ainsi son printemps le plus sec depuis les premiers relevés météo au XVIIIe siècle ! Il est aussi exceptionnellement ensoleillé.

On craignait le pire pour l'été, mais la sécheresse a finalement fait une pause : orages et pluies reviennent en fanfare en juin, pour se poursuivre en juillet jusqu'en première quinzaine d'août. Les orages de juin sont parfois violents et provoquent des dégâts (notamment dans les Ardennes avec des rafales de vent proches de 140 km/h!). Un pic de chaleur remarquable se produit en fin de mois, avec 35 à 40 degrés un peu partout, faisant même tomber des records des mois de juin 2003, 1976 ou encore 1947 !

Les juilletistes s'en souviennent : c'est la douche écossaise après un printemps estival puisqu'il pleut dans une ambiance très fraîche durant toute la deuxième quinzaine, après un début de mois de saison. Ce mauvais temps perdure plus ou moins début août dans une atmosphère réchauffée malgré tout. La deuxième quinzaine retrouvera des couleurs plus estivales...

Nouvelle douche écossaise pour les agriculteurs cette fois-ci dès septembre : il ne pleut plus ou presque ! Le même blocage anticyclonique qu'au printemps se met en place. Soleil, chaleur et sécheresse battent à nouveau leur plein sur la plupart des régions, sauf vers la Méditerranée où les anomalies sont moins marquées, comme souvent dans ce type de configuration. Après une vague de chaleur exceptionnellement précoce au début du printemps, la France connaît une vague de chaleur très forte et particulièrement tardive fin septembre-début octobre, faisant tomber les records de chaleur établis en 1985 et 1921 (Ploumanach bat son record de chaleur mensuel d'octobre de 5 degrés !).

Novembre reste remarquable en terme de douceur :il s'agit du mois de novembre le plus chaud dans le grand ouest. L'automne termine en 2e position derrière le record de chaleur établi récemment, en 2006. Si la sécheresse s'installe à nouveau presque partout, ce n'est pas le cas près de la grande bleue où des épisodes pluvieux remarquables s'enchaînent entre le 25 octobre et le 10 novembre (plus de 800 mm en quelques jours !), occasionnant des inondations importantes et de gros dégâts.

Comme nous l'avons vu plus haut, décembre a été doux et très pluvieux.

2011 devient donc l'année la plus chaude enregistrée en France depuis la fin du XVIIIe siècle (date des premiers relevés météo), passant devant l'année 2003 et sa canicule. Le printemps et l'automne (ainsi que décembre) ont pesé très lourd dans la balance avec des températures très largement supérieures aux normales saisonnières. Un seul mois a connu un déficit thermique, marqué qui plus est : juillet avec -1,3 degrés d'écart à la normale. La sécheresse a été marquée, entre février et début juin tout d'abord, puis de fin août au 30 novembre. Des records de sécheresse sont tombés dans l'ouest avec par exemple 448 mm dans l'année à Saint-Brieuc, ancien record : 499 mm en 1989 (normale 739 mm). Bien qu'important, l'ensoleillement annuel reste loin des records des années 2003, 1990, 1989, 1976 ou encore 1959.

Frédéric Decker, MeteoNews

Précipitations en 2011 : sécheresse et contrastes

La sécheresse a largement dominé durant la majeure partie de l'année sur la plupart des régions, notamment de janvier à mai puis de septembre à octobre, selon Frédéric Decker de MeteoNews.

Après un mois de décembre 2010 froid, neigeux et pluvieux, les conditions météo se calment subitement peu après Noël, calme qui durera tout le reste de l'hiver. Les stations de montagne, peu enneigées, attendent impatiemment les intempéries de mars et avril pour espérer le retour même tardif de l'or blanc. Il n'en sera rien : un blocage anticyclonique exceptionnel s'installe pour trois mois sur la France, occasionnant une sécheresse printanière record : il tombe parfois moins de 20 mm (en trois mois !!!) au nord de la Seine, et généralement moins de 50 mm de la frontière belge aux Charentes. Une sécheresse aussi extrême ne s'était pas vue depuis 1785 ! Le Languedoc-Roussillon et l'est de la Corse ont tiré leur épingle du jeu, seules régions à avoir connu des pluies excédentaires au cours de ce printemps historique (également le plus chaud et extrêmement ensoleillé).

Contre toute attente et malgré des tendances météo alarmistes, la pluie revient en force en juin, sous forme d'orages parfois violents. Ces précipitations atteignent leur paroxysme en deuxième quinzaine de juillet au retour d'un courant... dépressionnaire océanique ! Les pluies de début août continuent de tomber fréquemment avant de s'atténuer sensiblement en deuxième quinzaine du mois. Au final, l'été est bien arrosé (sans atteindre de records), notamment sur un grand quart nord-ouest, en région Rhône-Alpes et en basse vallée du Rhône. Le sud-ouest, le nord de la Lorraine et la Corse connaissent des précipitations estivales davantage "dans les normes", voire légèrement en dessous. Malheureusement, ces pluies sont arrivées trop tard et ont ruisselé en grande partie à la surface du sol. Les pluies d'été sont réputées comme étant "inefficaces", plus particulièrement après un printemps très sec. Seule consolation : les céréales ont pour la plupart évité un échaudage qui paraissait inévitable.

La situation de blocage exceptionnelle du printemps fait son retour... dès septembre pour se poursuivre jusqu'au 30 novembre ! Les précipitations sur trois mois sont souvent inférieures à 100 mm au nord de la Loire ainsi qu'entre Toulouse et le Périgord. A contrario, le pourtour méditerranéen connaît un automne très pluvieux (à l'exception de l'ouest de la Corse), en raison notamment d'épisodes pluvieux exceptionnels répétitifs entre le 25 octobre et le 10 novembre, provoquant évidemment de nombreuses inondations.

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Le long épisode sec automnal s'est brutalement stoppé dès le 1er décembre au retour du courant perturbé d'ouest. Les zones pluvieuses se sont très rapidement succédées, permettant de dépasser 100 m (voire 150 mm !) sur la moitié ouest du pays. Ces pluies sont les bienvenues après une année difficile et peuvent enfin gagner nos précieuses nappes phréatiques.

Les précipitations, en moyenne nationale, présentent un déficit de 20% en 2011, essentiellement à cause des saisons intermédiaires très sèches, voire arides (printemps). Si la pluie a fait son retour en fin d'année, ne crions pas victoire trop tôt : il faudrait que ces pluies abondantes se poursuivENT jusqu'à début mars pour éliminer totalement la sécheresse et remplir convenablement nos nappes phréatiques.

Frédéric Decker, MeteoNews

 

Premier bilan de décembre : doux et pluvieux

Le contraste est saisissant entre l'automne 2011 particulièrement sec et le mois de décembre en cours qui voit un véritable défilé de perturbations dans un flux océanique doux. Un premier bilan met en évidence lecaractère très pluvieux de ce dernier mois de l'année.

Les conditions météo dépressionnaires ont dominé en tout début de mois et surtout du 12 au 17, occasionnant des précipitations très fréquentes (19 jours sur 20 par exemple en Ile-de-France) et souvent abondantes. Il est entre autres tombé le triple de la normale à Lille (124 mm au lieu de 40 mm) et La Rochelle (150 mm pour une moyenne de 50 mm). Ce chiffre de 150 mm relevé à La Rochelle en 19 jours se rapproche du record de décembre 1982 qui comptabilisait 178 mm (mais en 31 jours!). Les précipitations représentent entre le double et le triple de la normale sur les trois-quarts du pays, sauf près de la Méditerranée où, au contraire, il a peu plu : 5 mm seulement à Perpignan, soit 14% de la normale. La Corse se démarque avec des précipitations souvent excédentaires, avec 69 mm pour une moyenne de 39 mm à Ajaccio.

Après un tout début de saison difficile, les montagnes retrouvent une couche de neige souvent importante grâce aux derniers épisodes neigeux conséquents. La suite de la saison devrait donc se dérouler sous de bien meilleurs auspices que l'hiver précédent.

Sans surprise, et dans la continuité de cette année 2011 exceptionnellement chaude, décembre présente jusqu'à présent un excédent thermique remarquable : 3,5 degrés en moyenne nationale ! Cet excédent, assez homogène, est un peu plus faible sur l'extrême nord, la Bretagne et le Roussillon (moins de 3 degrés) et supérieur à 4 degrés près des frontières de l'est, sur le Centre, le Bordelais et les Charentes. Le flux océanique omniprésent explique bien évidemment ces températures élevées. Cet écart thermique devrait quelque peu se réduire d'ici le 31 en raison de températures plus proches des normales saisonnières, mais aucune vague de froid ne viendra faire réellement chuter la moyenne.

Le défilé de perturbations n'a pas empêché le soleil de briller : il a brillé de façon souvent excédentaire à l'exception d'une bande reliant les Charentes au nord de la région Rhône-Alpes et de la Corse où il s'est fait relativement discret (48 heures de soleil pour une normale de 70 heures à Ajaccio). Les éclaircies parfois généreuses entre les passages pluvieux ont permis cet ensoleillement tout à fait correct.

Ce mois de décembre très doux vient clôturer une année 2011 exceptionnellement chaude (notamment la fin de l'hiver, le printemps et l'automne). Nul doute que 2011 figurera parmi les années les plus chaudes en France, au même titre que l'année de la canicule : 2003. Sur le bassin Parisien, 2011 est d'ores et déjà l'année la plus chaude devant 2003 et 1994 : il faudrait une vague de froid exceptionnelle d'ici le 31 décembre pour éviter ce record, ce ne sera pas le cas.

Frédéric Decker, MeteoNews

Passage de la tempête Joachim sur la France

MeteoNews et Lamétéo.org l'avaient annoncée une semaine avant son arrivée via un communiqué annonçant un fort risque de tempête. La tempête "Joachim" a confirmé cette nuit et ce matin en traversant une grande partie du pays, soufflant de violentes rafales de vent.

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Sans atteindre des valeurs exceptionnelles, les rafales de vent ont régulièrement dépassé les 100 km/h dans l'intérieur et les 120 km/h sur les côtes, conformément à nos prévisions :
100 km/h à Bourges, Niort et Lons-le-Saunier
102 km/h à Quimper, Troyes, Tarbes et Metz
104 km/h à Nantes, Epinal, Tours, Bourges et Auxerre
107 km/h à Poitiers et Limoges
110 km/h à Saint-Etienne
111 km/h à Saint-Nazaire, La Rochelle et Ploumanach
112 km/h à Châteauroux et Autun (Saône-et-Loire)
115 km/h à Saint-Nazaire, Lanvéoc, La Roche-sur-Yon et La Hève
116 km/h à Chouilly (Marne)
117 km/h à Landivisiau et Brest
118 km/h à Scillé (79), Evian et Royan
122 km/h à Lorient et Penmarch
126 km/h à Vannes
127 km/h à Clamecy (Nièvre)
128 km/h à Brignogan
130 km/h à l'île d'Oléron
133 km/h à Biscarrosse, la Pointe du Raz et l'île d'Ouessant
135 km/h à l'île d'Yeu
139 km/h à Clermont-Ferrand
140 km/h à l'île de Ré
141 km/h au Cap Corse
152 km/h à Chemoulin
168 km/h au Ballon de Servance (1213 m d'altitude dans les Vosges)
212 km/h au Puy-de-Dôme (1415 m d'altitude)

Outre les fortes rafales, il a énormément plu sur ces dernières 24 heures. MeteoNews a relevé par exemple :
29 mm à Blois, 32 mm à Angoulême, 35 mm à Nantes, 36 mm à Niort, 38 mm à Poitiers, 42 mm à Brest, 43 mm à Vannes, 44 mm à Lorient, 48 mm à Lanvéoc, 54 mm à Quimper et 83 mm près de Cherbourg.

Cette tempête peut être qualifiée de "tempête hivernale classique voire modérée", se situant bien loin des tempêtes record de fin 1999 ou Klaus en 2009. Le retour au calme se fera dès ce week-end dans une atmosphère plus hivernale et des chutes de neige jusqu'en plaine sous forme d'averses sur la moitié est et le nord.

Frédéric Decker, MeteoNews

Tempête suivie d'un refroidissement

Comme prévu depuis plusieurs jours par MeteoNews, un fort coup de vent traverse la France ce mardi, donnant des rafales comprises entre 70 et 100 km/h dans les terres (81 km/h à Orly, 93 km/h à Lille) et 100 à 130 km/h sur les côtes (120 km/h sur l'île de Groix, 128 km/h à Belle-Ile). Ce temps très agité atteindra son paroxysme vendredi avant un net refroidissement. 

Après le coup de vent de ce mardi, le temps restera très agité mercredi et jeudi avec des pluies et averses fréquentes, prenant parfois un caractère orageux près des côtes, et des vents qui continueront de souffler fort, voire très fort, jusqu'à 70 voire 80 km/h dans l'intérieur et 100 km/h sur les côtes. Les conditions météo vont sérieusement se dégrader dans la nuit de jeudi à vendredi jusqu'à vendredi midi au passage d'une dépression tempétueuse. Elle occasionnera de très fortes rafales de vent, qui pourront dépasser 100 km/h dans l'intérieur et 130 km/h sur les côtes. La position de centre dépressionnaire n'est pas encore clairement établie, mais il semblerait que la moitié nord soit plus exposée à cet important risque de tempête. 

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Un flux de nord-ouest puis nord s'établira après le passage de cette dépression, permettant à de l'air froid de descendre de l'Arctique vers la France. Dès vendredi soir, des giboulées de neige se produiront à très basse altitude dans l'est de la France, voire en plaine. Ces giboulées de neige vont ensuite perdurer samedi, dimanche et lundi en perdant peu à peu de leur activité. Elles pourront donner une petite couche de neige parfois près des frontières du nord-est. Après l'exceptionnelle période de douceur que nous connaissons depuis plus de trois mois et demi maintenant, les températures chuteront avec le retour des gelées (plutôt faibles toutefois) et des températures diurnes basses : parfois proches de 0 degré dans le nord-est et souvent comprises entre 2 et 6 degrés, davantage près des côtes. 

La bonne nouvelle est pour les montagnes : les perturbations actives de la semaine et le refroidissement permettront à la neige de tomber en quantités importantes à des altitudes de plus en plus basses, et l'arrivée du froid maintiendra l'or blanc au sol dans vos stations de ski.

Autre bonne nouvelle : les pluies abondantes et fréquentes vont nettement améliorer la situation de sécheresse. Sans y mettre un terme (il faudrait beaucoup de pluie jusqu'en mars), ces précipitations permettent au moins un début de remplissage des nappes phréatiques. 

L'épisode de temps agité qui vient de débuter ne sera pas particulièrement long. Les îles Britanniques seront davantage dans la ligne de mire des tempêtes que la France, plutôt épargnée en dehors du fort risque de la nuit de jeudi à vendredi. L'épisode de temps froid pourrait également être d'assez courte durée puisque des conditions anticycloniques venues de l'Atlantique devraient s'installer par la suite. Nous devrions connaître un Noël calme, sec mais souvent brumeux et gris en dehors des régions du sud-est plus ensoleillées.

Frédéric Decker, MeteoNews

 

Période de temps violent à venir

Après un automne particulièrement calme en dehors des fortes pluies méditerranéennes, les conditions météorologiques vont nettement se dégrader la semaine prochaine, à partir de la nuit de lundi à mardi.
 
Un rapide courant dépressionnaire dirigé par des basses pressions situées entre l'Islande et les îles Britanniques va se mettre en place entre mardi et le week-end suivant, occasionnant un rapide défilé de perturbations ponctué de forts coups de vent. Entre mardi et jeudi, les rafales de vent atteindront régulièrement 60 à 80 km/h dans les terres (parfois davantage) et plus de 100 km/h près des côtes de la Manche et de l'Atlantique.
La situation risque de se dégrader davantage le vendredi 16 décembre au passage d'une dépression tempétueuse liée à un très rapide courant jet (vents très forts en altitude habituellement situés vers l'Ecosse en hiver), notamment au nord de la Loire. Sans tomber dans le catastrophisme, il est important de souligner ce risque grandissant : tous les modèles de prévisions se calent sur ce risque de tempête. La chronologie et l'intensité restent toutefois à préciser d'ici là, dans un sens comme dans l'autre.

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Les tempêtes hivernales font partie de la variabilité naturelle de notre climat tempéré. Leur absence (comme lors de l'hiver 2010-11) est beaucoup plus "anormale" que leur présence. Le spectre des "tempêtes records" de fin 1999 et Klaus en 2009 plane encore sur la France. Rappelons que ce type de tempête "explosive" reste très rare en France, se produisant tout au plus une ou deux fois par siècle. La probabilité de connaitre une tempête aussi violente est donc très faible.

Frédéric Decker, MeteoNews

Climatologie de la France : tout est "normales"

En météorologie et climatologie, les normales se calculent sur des périodes de 30 ans pour lisser les valeurs et éviter des variations dues à des anomalies récurrentes. Ces normales ont nettement évolué entre la période de référence 1951-80 et 1981-2010.

Entre 1951 et 1980, les températures moyennes annuelles affichaient par exemple 9,7 degrés à Lille, 10,2 degrés à Chartres, 10,6 degrés à Dijon, 11,3 degrés à Lyon, 12,5 degrés à Bordeaux, 13,4 degrés à Biarritz ou encore 15,6 degrés à Toulon.

Pour ces mêmes villes, les normales 1981-2010 affichent 10,8 degrés à Lille, 11,1 degrés à Chartres (l'équivalent d'une année très chaude entre 1945 et 1990), 10,9 degrés à Dijon, 12,5 degrés à Lyon, 13,8 degrés à Bordeaux, 14,3 degrés à Biarritz et 16,2 degrés à Toulon.

NORM-1951-80

La température moyenne annuelle à Chartres atteint à présent l'ancienne normale (1951-80) de Tours, située plus de 100 km plus au sud. On retrouve de manière globale des isothermes qui remontent de 100 à 200 km plus au nord par rapport à ces anciennes normales. Le réchauffement atteint en moyenne 1 degré sur la France, réchauffement un peu plus marqué sur l'ouest, la moitié sud, le Bassin Parisien, la région lilloise et du nord de l'Alsace au sud de la Lorraine. Jusqu'aux années 90, ce sont surtout les températures minimales (nocturnes) qui se sont réchauffées. Dans les années 2000, le relatif retard des maximales (diurnes) a été largement rattrapé.

NORM-1981-10

En prenant les normales intermédiaires (1961-90 et 1971-2000), on constate par ailleurs que ce réchauffement n'a pas été régulier : quasiment inexistant entre 1951/80 et 1961/90, il s'est amorcé sur la période 1971/2000 pour franchement s'accélérer sur la dernière trentaine d'années. La sortie des années 70, relativement fraîches, et l'entrée des années 2000, particulièrement chaudes, a fait la différence.

Si l'on compare sur des normales plus anciennes, sur quelques stations suffisamment vieilles, la température moyenne est restée très stable entre 1901/30 et 1931/60 avant de baisser de 0,5 degré (la période 1951/80 étant la plus fraîche) pour remonter très nettement ensuite. Le dernier écart (+1 degré) sur 40 ans à peine est le plus rapide depuis que des relevés thermométriques fiables existent.

ECARTS-1951-2010

Ce réchauffement existe aussi bien en plaine qu'en montagne ou encore en bord de mer (+0,9 degré au Pic-du-Midi à plus de 2,800 mètres d'altitude dans les Pyrénées, +1,1 degrés au Mont-Aigoual à plus de 1,500 mètres dans les Cévennes, +0,4 degré à l'île d'Ouessant au large du Finistère) : ce réchauffement n'est donc pas attribuable à l'éventuel développement des villes autour des stations de mesures, les stations étant la plupart du temps en dehors des agglomérations, sur les aéroports ou les aérodromes. Paris-Montsouris ne s'est d'ailleurs pas réchauffé plus vite que le reste du pays : +1,0 degré.

Bien évidemment, cette hausse des températures a occasionné un recul des gelées, mais pas aussi marqué qu'on pourrait l'imaginer : 5 à 10 jours de baisse annuelle "seulement". En revanche, les jours de chaleur (25 degrés et plus) et de forte chaleur (30 degrés et plus) sont une fois et demi à deux fois plus nombreux en 1981/2010 par rapport à la période 1951/1980, affichant des valeurs jamais atteintes depuis l'existence de relevés météo fiables. 

En considérant les stations météo les plus anciennes (Paris, Châteauroux, Besançon, Mont Aigoual), on ne retrouve pas de période trentenaire aussi chaude que ces trois dernières décennies. Il faut sans doute remonter à l'optimum médiéval pour retrouver des températures aussi douces qu'actuellement. Le changement climatique ou réchauffement est donc bel et bien en marche, et il devrait se poursuivre sans doute en s'accélérant, selon les dernières études, en raison des rejets de gaz à effet de serre toujours trop importants. Mais rappelons que par définition le climat en France et sur Terre n'est pas linéaire et connaît des soubresauts d'origines naturelles en fonction de l'activité solaire, de l'activité volcanique ou encore des variations de l'inclinaison terrestre. 

Frédéric Decker, MeteoNews