Septembre : encore un mois chaud

Le mois de septembre s’est déroulé dans un contexte d’ « été indien » sur la France avec de belles journées et des températures agréables. Mais malgré un ressenti très favorable, aucun record n’est tombé, on en est même resté assez loin.

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Les températures sont excédentaires partout, avec un excédent moyen de 1,3 degrés à l’échelon national. Septembre est le septième mois consécutif « trop chaud » sur notre pays par rapport aux normales 1971-2000. Il faut remonter au premier semestre 2007 pour trouver une anomalie positive aussi récurrente, mais entre septembre 2006 et juin 2007, on dénombrait dix mois chauds consécutifs (un record) !

La chaleur de ce mois de septembre a été généralement modérée mais durable, avec un pic les 7 et 8. Les températures ont souvent dépassé 30 degrés au cours de ces deux jours, sans atteindre de records.

Les précipitations ont été faibles partout à l’exception de la Côte d’Azur qui a bénéficié de pluies orageuses. Ailleurs, les pluies sont restées rares et faibles, se concentrant sur les quatre premiers jours du mois. Il est souvent tombé moins de la moitié d’un mois de septembre normal au nord de la Loire, sur le centre-ouest ou encore le Roussillon. À Strasbourg, il n’est tombé que 13 mm pour une normale de 62 mm. Si ce mois a été sec, il n’a pas fait tomber de record : en septembre 1985 et 1997, il n’avait pratiquement pas plu sur une grande partie du pays. La sécheresse estivale se poursuit donc et il faut espérer un automne et un hiver correctement arrosés pour appréhender le printemps et l’été 2010 en toute quiétude. Les tendances saisonnières ne vont pas vraiment dans ce sens puisque les mois à venir risquent de rester secs (fiabilité de 65% toutefois).

Le soleil a largement brillé au cours de ce mois de septembre, et l’excédent est général. C’est près de la Méditerranée, sur le Lyonnais ou encore le bassin parisien que les excédents sont les plus faibles. En revanche, la façade atlantique et la Bourgogne ont connu un net surplus d’heures ensoleillées. À Dijon par exemple, le soleil a brillé 226 heures pour une normale de 172 heures. Mais là encore, aucun record n’est tombé, septembre 1997 ayant connu un ensoleillement nettement plus élevé que cette année (266 heures à Dijon pour comparaison).

Les conditions anticycloniques omniprésentes expliquent bien évidemment ces anomalies. L’anticyclone, proche du Royaume-Uni, a peu bougé au cours de ces dernières semaines, détournant le courant perturbé beaucoup plus au nord, vers l’Islande et la Scandinavie, ou vers le sud en Méditerranée. Cet énième mois chaud n’est pas forcément lié au changement climatique, même s’il se situe dans un contexte de réchauffement, bien établi en France depuis 1988.

Frédéric Decker

Août estival, été chaud

L’été météorologique (s’étalant du 1er juin au 31 août) s’est terminé sous la chaleur et dans un contexte de sécheresse sur la majeure partie de la France.

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Août 2009 a été globalement chaud à très chaud. En moyenne nationale, l’écart thermique sur le mois est de +1,7 degrés, ce qui place ce mois d’août en quatrième position des mois d’août les plus chauds depuis 1950, derrière dans l’ordre décroissant : 2003, 1997 et 1991. L’épisode caniculaire du 15 au 20 a évidemment pesé lourd dans la balance, avec rappelons-le des pics de chaleur atteignant 35 à 38 degrés au nord de la Loire (36 degrés à Paris, 38 degrés à Colmar) et jusqu’à 40 degrés dans le sud  (Albi, Montauban). Même s’il se situe bien loin d’août 2003 marqué par une canicule sans précédent, août 2009 peut être qualifié de particulièrement chaud (6 jours consécutifs avec plus de 35 degrés à Lyon du 15 au 20). Tout le monde n’a toutefois pas été logé à la même enseigne : la Bretagne fait bande à part avec des températures de saison, voire inférieures aux normales en Bretagne-sud (25,3 degrés de maximum absolu dans le mois à Lorient, 23,8 degrés à Quimper) !

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Les précipitations ont été très rares et bien faibles, liées principalement aux orages des 1er et 24 du mois. Il n’est par exemple tombé que 6 mm dans le mois à Châteaudun (Eure-et-Loir) pour une normale de 45 mm. Il n’a plu en moyenne que 3 fois dans le mois sur le bassin parisien et la Beauce. Certaines localités proches de la Méditerranée n’ont pas vu la moindre goutte d’eau (Nice, Sète).

Logiquement, on retrouve un ensoleillement excédentaire partout, sauf… en Bretagne. Les valeurs ont été élevées, sans être exceptionnelles toutefois, avec des excédents proches de 15% en général.

Sur l’ensemble de la saison, l’été 2009 (moyenne du 1er juin au 31 août) présente un excédent national marqué : +1,3 degrés. Il se place en huitième position des étés les plus chauds depuis 1900, derrière, dans l’ordre décroissant : 2003, 2006, 1947, 1994, 1983, 1911 et 1976. Le ressenti général ne va pourtant pas forcément dans ce sens : la chaleur des mois de juin et juillet a été irrégulière, entrecoupées de courtes périodes normales ou fraîches. Seule la vague de chaleur d’août a été véritablement durable, et dans une moindre mesure celle de fin juin-début juillet. À noter que sur les 21 derniers étés, 19 ont été plus chauds que la normale. Seuls les étés 1993 et 2007 ont connu des températures légèrement inférieures aux normales saisonnières. La saison estivale a été sèche cette année, notamment sur le tiers sud de la France et de la frontière belge aux Pays de Loire. L’ensoleillement a été important partout, sauf encore un fois en Bretagne où un déficit marqué a été observé.

Frédéric Decker

Météo de juillet en dents de scie

Juillet 2009 a été très changeant, alternant courtes périodes anticycloniques et passages perturbés et orageux rapides. En conséquence, on retrouve finalement des paramètres climatiques assez proches de leurs normales en général.

Chaleur et fraîcheur, sans excès d’un côté comme de l’autre, ont alterné à peu près équitablement sur la France. À l’échelon national, on note un léger excédent thermique de 0,6 degré, mais avec des disparités géographiques : un léger déficit concerne le quart nord-ouest (-0,6 degré à Rennes) alors qu’un excédent notable intéresse la région Rhône-Alpes (+1,7 degrés à Lyon). Malgré des records de chaleur en fin de mois (43,4 degrés à Sartène) battant même la canicule d’août 2003, la Corse ne présente pas d’excédent thermique important (+1,0 degré à Ajaccio). Le coup de chaud a en effet été de courte durée.

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Comme toujours en été, les précipitations ont été très disparates d’un point à un autre en raison des orages, et le cumul moyen sur la métropole est très proche de la normale. On constate toutefois d’importantes quantités de pluies sur le quart nord-est avec localement des records en raison d’orages parfois violents (138 mm à Dijon pour une normale de 61 mm ; le record de juillet 1936 est frôlé : 141 mm). Le bassin parisien, la Normandie, le Bordelais, la Côte d’Azur et la Corse ont reçu moins de pluie qu’habituellement. Il n’a pas plu du tout d’ailleurs à Ajaccio.

L’ensoleillement quant à lui fait un peu grise mine : le déficit est généralisé, n’épargnant que la Côte d’Azur et l’île de beauté où le quota d’heures de soleil a été rempli à l’heure près. Ailleurs, les chiffres sont assez bas, avec un déficit souvent de l’ordre de 15 à 20%. Le soleil n’a brillé que 172 heures à Paris pour une normale de 211 heures.

Le ciel très changeant et la relative chaleur a toutefois laissé une assez bonne impression générale, malgré des nuages un peu trop présents. La France vient de connaître son cinquième mois consécutif un peu trop chaud, et le bilan de l’été aux deux-tiers de la saison est de +1,0 degré.

Frédéric Decker

Un orage pas comme les autres

De nombreux orages grêleux se sont produits au mois de mai en France, notamment dans les plaines du sud-ouest, dans la Loire, en Picardie, en Ile-de-France ou encore dans le Nord-Pas-de-Calais. Près de Valenciennes, on a même pu recenser des grêlons de 12 cm de diamètre, phénomène exceptionnel du à des courants ascendants particulièrement puissants au sein du cumulonimbus qui a provoqué cet orage.

Certains médias se sont emparés du phénomène, comme toujours, et ces orages grêleux répétitifs sont apparus comme étant « jamais vus » et « dus au réchauffement climatique »… Que nenni ! Orages et grêle ont de tous temps traversé la France de part en part, semant panique et désolation. Et le plus bel exemple ne date pas d’hier… mais du 13 juillet 1788 !

Ce jour-là, ou plus exactement ce matin-là, un orage aborde la France par la Charente-Maritime avant de progresser rapidement vers le nord-est (à une vitesse d’environ 100 km/h !). Il se renforce brutalement sur la région Centre et le bassin parisien au lever du jour. Et tous les écrits de l’époque, paroissiaux et autres, confirment ces détails : un grondement sourd et continu a précédé l’orage. Des rafales de vent très brutales et violentes ont accompagné le début des précipitations, déracinant des arbres et renversant des moulins. Puis ce fut au tour de la grêle : des grêlons dont la taille variait entre des œufs de pigeons et… le poing sont tombés durant un quart d’heure, réduisant les récoltes beauceronnes à néant (les plus gros grêlons pesaient alors 600 grammes), trouant le toit du château de Versailles… Tout a été saccagé en quinze petites minutes seulement, et le soleil est réapparu crânement après la tourmente, comme si de rien n’était… Le monstre météorologique a ensuite traversé la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais, la Belgique et la Hollande en semant le trouble sur son passage. Il s’agit de l’orage de grêle le plus mémorable en France, et il date de plus de 200 ans.

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Cet orage est d’ailleurs partiellement mis en cause dans les événements historiques qui suivirent, tout comme l’hiver glacial 1788-89 (-21 degrés à Paris, 86 jours de gel). La Beauce, grenier de la France, a donc perdu pratiquement tout son blé - déjà peu prometteur en raison d’une sécheresse estivale - sous la grêle, les fruits ont été saccagés, le pain est devenu très cher et la disette s’est installée. Le froid sibérien qui a suivi quelques mois plus tard n’a fait qu’empirer la situation. Un an et un jour après cet orage historique, la France tournait une page de son histoire en ce 14 juillet 1789… la suite, tout le monde la connaît.

Frédéric Decker

Mai doux et orageux

Dans la continuité d’un mois d’avril agréable et très doux, le mois de mai 2009  a été doux, orageux et normalement ensoleillé sur la France.

Les températures moyennes nationales dépassent leurs normales de 2 degrés sur l’ensemble du mois. L’excédent a été marqué surtout sur la moitié sud-est de la France avec plus de 3 degrés d’écart, voire plus de 4 degrés de l’Auvergne à la frontière italienne. Avec 24,1 degrés de température maximale moyenne, mai 2009 se rapproche du record de mai 1945 à Lyon (24,5 degrés). De nombreux records de chaleur absolus mensuels ont d’ailleurs été battus en fin de mois dans le grand Est, avec 30 à 35 degrés les 24 et 25 mai (34,7 degrés à Colmar le 25, l’ancien record était de 32,8 degrés le 27 mai 2005 depuis 1957). La palme revient à Calvi avec 36,0 degrés le 22, pulvérisant le record du 19 mai 1978 (32,3 degrés). Comme en avril, il n’y a pas eu de véritable incursion d’air frais durant ce mois, uniformément doux à chaud partout.

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Les précipitations ont été globalement faibles sur la France avec un déficit généralisé, sauf des Pays de la Loire à la frontière belge en passant par le bassin parisien où des épisodes orageux répétitifs ont fourni beaucoup d’eau. C’est près de la Méditerranée évidemment que les pluies ont été les plus faibles (5 mm à Ajaccio, 11 mm à Nice). Alençon obtient le score pluviométrique le plus élevé : 123 mm sous des orages fréquents. Les orages ont surtout frappé les plaines du sud-ouest, les Pays de la Loire, la Normandie, le bassin parisien, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais en causant souvent d’importants dégâts. Dans la nuit du 25 au 26, des orages particulièrement violents éclatent de la Picardie à la Belgique, avec des rafales atteignant localement 130 km/h et des grêlons énormes, mesurant ponctuellement plus de 10 cm de diamètre près de Cambrai, fait rarissime sur l’hexagone.

L’ensoleillement a été globalement proche des normales saisonnières, avec quelques disparités géographiques toutefois : il a été relativement faible du nord de la Seine au Poitou et sur le piémont pyrénéen. Le soleil s’est montré assez généreux en revanche de la Bretagne à la Vendée, du centre-est au Limousin et de la Côte d’Azur à la Corse. C’est à Rouen que l’astre du jour s’est le moins montré : 155 heures. À l’opposé, le soleil a brillé 363 heures à Ajaccio.

Un mois de mai où nous avons donc pu faire à peu près ce qu’il nous plaisait !

 

Frédéric Decker

En mai, fais ce qu’il te plaît…

Qui ne connaît pas ce dicton : « en avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te plaît »… Sur le calendrier, le mois de mai se situe à la fin du printemps, mais le ciel peut encore nous jouer des tours, y compris cette année après un mois d’avril bien agréable au nord de la Loire…


Si avril a été très lumineux sur les deux-tiers nord de la France, mai fait plutôt grise-mine depuis son début, avec par exemple 54 heures de soleil à Paris du 1er au 17, alors que la normale est de 111 heures. Il est vrai que les nuages se succèdent en rangs serrés depuis le jour du muguet et que les averses tombent fréquemment. Mais ne nous plaignons pas trop : malgré l’humidité ambiante, les températures restent de saison, ni plus ni moins.


Masses d’air chaud et d’air froid se mènent un combat sans merci au-dessus de nos têtes traditionnellement en mai, et il est très rare d’avoir un mois de mai uniformément chaud ou froid. Grande fraîcheur et fortes chaleurs peuvent se suivre de très près à cette période de l’année. Le 1er mai 1945 par exemple, Paris se réveille avec 0 degré au thermomètre et surtout… 8 cm de neige au sol (plus que l’hiver dernier !!). Seulement 9 jours plus tard, le 10 mai, le thermomètre affichait 30 degrés l’après-midi…

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Le 18 mai 1935, Paris connaît se chute de neige la plus tardive… qui tient au sol durant quelques heures avec 3 cm. Ce jour-là, il fait 0 degré le matin, et pas plus de 6 degrés au plus « chaud » de la journée. Mais il tombe jusqu’à 20 cm de neige dans l’intérieur de la Normandie, davantage encore côté anglais ! Il a également neigé début mai 1979.

Plus près de nous, le 7 mai 1997, Tours se réveille sous 5 cm de neige… alors qu’il faisait 27 degrés… trois jours avant !! Mai 1997 est d’ailleurs globalement doux, cette chute de neige fut donc un « accident » climatique…

En 1902, il faut attendre le 24 du mois pour enfin atteindre le seuil des 20 degrés, le 21 l’année d’après, le 22 mai en 1951, le 30 mai ( !!!!) en 1957…

Le 21 mai 1908, c’est le plein été, avec 29,2 degrés à Paris !!! Le lendemain, c’est… la fin de l’automne avec 10,9 degrés au plus « chaud » de l’après-midi, soit une chute de plus de 18 degrés en 24 heures !

En 1910, du 1er au 12, le thermomètre ne dépasse jamais 15 degrés ! Mais le 12 mai 1912, il fait 33 degrés…

En 1923, mai démarre sur les chapeaux de roue, avec 22 à 29 degrés du 1er au 8… Mais du 9 au 31, on ne repassera plus la barre des… 19 degrés !

En mai 1941, les 20 degrés ne sont dépassés que durant 3 jours (avec un maximum absolu de 21 degrés seulement le 21 !), et ce sera pire en 1984 avec deux jours au-dessus de 20 degrés, avec pour « record de chaleur du mois » 20,1 degrés le 5 !

En mai 44, c’est l’inverse avec près de 35 degrés les 29 et 30, et 4 jours consécutifs avec plus de 30 degrés…

Le mois de mai 1998 compte… 14 jours de chaleur (plus de 25 degrés) pour une normale de 3 jours!

 

Bref, il peut se passer tout et n’importe quoi côté météo dans notre ciel, et le dicton cher à notre cœur ne tient pas la route. Il aurait été difficile de sortir bras nus le 1er mai 45 ou le 18 mai 1935, non ?

Un mois de mars bien calme...

Après un hiver bien agité et froid, le calme est revenu en ce premier mois de printemps sur la France grâce à des conditions anticycloniques omniprésentes, installées 20 jours sur 31 sur nos régions.

Ces hautes pressions ont logiquement apporté un temps sec. C’est en début de mois et du 23 au 29 que l’essentiel des précipitations est tombé. Un long épisode sec nous a concerné en revanche du 11 au 22. En conséquence, les quantités de pluie cumulées sur le mois atteignant généralement 45 à 60% de la normale, soit seulement la moitié des précipitations habituelles. Ce déficit relativement marqué n’est pas exceptionnel. En mars 1953, de nombreuses régions n’avaient pas reçu la moindre goutte d’eau, notamment le Centre et le bassin parisien. L’Alsace, la Côte d’Azur et la Corse font bande à part puisque les précipitations dépassent leurs normales, avec près du double des chiffres habituels dans la région de Strasbourg.

Autre conséquence des conditions anticycloniques : l’ensoleillement a été généreux pratiquement partout. L’excédent est généralement de l’ordre d’une trentaine d’heures (soit une heure de soleil supplémentaire par jour), davantage vers le Roussillon (+45) et en Bretagne (+60). Petites exceptions sur l’extrême nord-est et notamment en Alsace où l’astre du jour s’est fait désirer (23 heures de déficit à Strasbourg) et dans une moindre mesure sur l’île de beauté (20 heures de perte à Ajaccio).

Du point de vue des températures, mars 2009 a été parfaitement conforme à la normale (+0,3 degré d’excédent à l’échelon national), mais avec quelques subtilités… Les températures nocturnes ont souvent été légèrement inférieures aux valeurs habituelles (nuits claires, fort rayonnement, chute du mercure la nuit). Au contraire, les températures moyennes des après-midis dépassent les normales de 0,5 à 1 degré en général grâce au bon ensoleillement. Si le léger excédent de la température moyenne est général (jusqu’à +0,7 degré à Bordeaux), un petit déficit concerne les régions situées entre la Bourgogne et l’Alsace. Mars a par ailleurs été très régulier, sans températures extrêmes dans un sens comme dans l’autre (pas de grands froids, pas de douceur excessive).

En conclusion, un beau mois de printemps après un hiver assez long et froid. Il a peu plu, le soleil s’est montré fréquemment et les températures diurnes ont souvent été agréables.

Frédéric Decker

Hiver 2008-2009 : une saison mouvementée !

Froid, neige, tempêtes… L’hiver qui vient de s’achever météorologiquement (l’hiver météorologique va du 1er décembre au 28 février) a été bien agité et la météo a fréquemment fait la une des journaux. Détaillons un peu le déroulement de cette saison :

Le mois de décembre a été modérément froid (1,2 degrés de déficit à l’échelon national), en raison d’un froid modéré qui s’est installé surtout à partir du réveillon de Noël. Il n’y a pas eu de véritable pic de froid, ni de grande douceur d’ailleurs. Les précipitations ont été assez faibles au nord de la Loire mais très importantes sur les régions du sud-est (185 mm à Bastia, 207 mm à Perpignan) et sur le Pays Basque (254 mm à Biarritz). Les épisodes neigeux ont été fréquents mais rarement importants. On a mesuré 5 cm à Albi (Tarn) le 26, et c’est surtout le Massif central qui a reçu beaucoup de neige mi-décembre (20 cm à Millau le 14). Un bon ensoleillement a régné dans l’ensemble sur la France. Quelques coups de vent se sont produits en Méditerranée et dans une moindre mesure près de l’Atlantique, sans atteindre le seuil de la tempête.

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Janvier a été un mois véritablement hivernal, notamment sur la moitié nord. Froid et neige se sont invités durant toute la première quinzaine, avec des températures descendant à –20 degrés dans les Ardennes, -15 degrés en banlieue parisienne, ce qui ne s’était pas produit depuis janvier 1997, voire janvier 1987 ! Le déficit moyen national n’est finalement que de 1,7 degrés : le tiers sud de la France et la Bretagne ont connu des températures à peine déficitaires alors que l’écart à la normale dépasse localement –3 degrés près des frontières du nord-est. Les précipitations ont été faibles du nord-est au centre, normales à excédentaires ailleurs. Il a neigé assez fréquemment, généralement en petites quantités. Un épisode neigeux exceptionnel en revanche a frappé les Bouches-du-Rhône entre le 7 et le 8, donnant 25 cm au sol à Marseille, 30 cm à Istres et Marignane, 33 cm à Chamas et 50 cm à Mimet. Dans l’arrière pays, la neige a mis une semaine à fondre. Janvier a été globalement bien ensoleillé. L’événement du mois est le passage d’une tempête extraordinaire (Klaus) le 24 dans le sud-ouest, aussi forte voire plus que la tempête du 28 décembre 1999 un peu plus au nord… On a ainsi pu relever des rafales atteignant 161 km/h à Bordeaux, 173 km/h à Biscarrosse, 183 km/h à Perpignan, 191 km/h au Cap Béar… Les dégâts ont été considérables mais le bilan humain n’a pas été trop important : 6 morts en France, 11 en Espagne.

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Février a suivi la logique de l’hiver avec des températures assez basses même si le déficit a été beaucoup plus modéré (-0,8 degré), en raison d’un début de mois froid alors que la douceur s’est installée en troisième décade. Pas de vague de froid à proprement parlé en tous cas pour ce dernier mois d’hiver… Les précipitations ont été assez abondantes, surtout sur la moitié nord en raison d’un nombre important de perturbations en début de mois. Des épisodes neigeux se sont produits, notamment le 2 avec 5 à 8 cm du Nord au Centre dans un contexte de redoux. L’ensoleillement, contrairement aux deux mois précédents, a été faible, parfois la moitié seulement du quota habituel. Le vent fait encore parler de lui avec le passage de la tempête « Quinten » au nord de la Loire le 9. Bien moins forte que « Klaus » en janvier, elle provoque tout de même des dégâts, avec des rafales atteignant parfois 130 km/h dans les terres du Poitou à la Bourgogne jusqu’au sud du bassin parisien.

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Un hiver donc froid dans sa globalité, avec un déficit proche de 1,5 degrés, comme l’hiver 2005-06, marqué par un froid moins vif que cette année mais plus durable. Les écarts de précipitations et d’ensoleillement sur la saison sont assez réduits, mais avec une répartition très inégale (décembre et janvier ensoleillés ont été compensés par un mois de février bien sombre). Les phénomènes violents (vague de froid, épisodes neigeux et tempêtes) auront donc marqués les esprits, même s’ils font parti de la variabilité naturelle de notre climat tempéré (et qu’ils ne sont donc pas à rattacher au réchauffement climatique).

Frédéric Decker

Climatologie : 2008 coupée en deux !

L’année 2008 a été nettement coupée en deux du point de vue thermique, avec un premier semestre chaud, une seconde moitié beaucoup plus mitigée, voire fraîche…

JANVIER : la douceur a très largement dominé durant ce mois (+2,3 degrés d’écart en moyenne nationale), battant même des records sur les régions du nord-ouest (établis en 2007 ou 1988). Les pluies ont été assez abondantes sur les régions du nord-ouest, faibles dans le sud. L’ensoleillement a été généralement important. Une tempête se produit le 14 au nord de la Loire.

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FEVRIER : encore de la douceur (+1,9 degrés d’écart sur la France), notamment grâce à des après-midis printanières. Il a peu plu dans l’ensemble. En revanche, l’ensoleillement a été exceptionnellement élevé avec de nombreux records. L’hiver dans son ensemble a établi un record de fort ensoleillement sur ces 60 dernières années grâce à des conditions anticycloniques très tenaces et de l’air sec.

MARS : les températures se sont peu éloignées des moyennes saisonnières avec peu d’excès dans un sens comme dans l’autre. Le temps perturbé a occasionné des pluies fréquentes et abondantes sur l’ensemble de la France. Ce même courant perturbé a souvent occulté le soleil, qui a été plutôt absent. Le vent souffle  fort en début de mois, avec une tempête le 10 (plus de 150 km/h dans le Finistère), provoquant des dégâts sur les côtes, comme à Saint-Malo, en raison des marées d’équinoxe.

AVRIL : les thermomètres se sont peu éloignés des normales, alternant froids et chauds. Un léger excédent est noté. Il a beaucoup plu des Charentes à la Franche-Comté, alors qu’une relative sécheresse s’est manifestée au nord et sur l’extrême sud. Bon ensoleillement sur le nord-ouest, faible sur le nord-est. Un épisode neigeux remarquable s’est produit les 7 et 8 du Nord-Pas de Calais au bassin parisien, donnant 5 cm autour de Paris et jusqu’à 30 cm à Boulogne-sur-Mer.

MAI : il a fait remarquablement doux. Pas de chaleur excessive, mais des températures régulièrement douces à chaudes tout au long du mois ont suffit à maintenir mai 2008 au niveau des records de 1989 ou 1999 (record à Paris depuis 1873). Les pluies ont été abondantes sur la moitié ouest (orages, inondations à Dinan), faibles dans le nord-est. L’ensoleillement a été important au nord de la Loire.

JUIN : les conditions ont été globalement anticycloniques et ce mois a été modérément chaud (+1 degré), notamment en deuxième quinzaine. Les pluies ont été faibles et l’ensoleillement important sur le quart nord-ouest. De violents orages ont éclater dans la région de Dijon.

JUILLET : juillet a été parfaitement normal du point de vue thermique. Les précipitations ont été inégales en fonction des orages, parfois importantes en Bretagne et en Bourgogne. L’ensoleillement a été important sur le quart sud-ouest, plus normal ailleurs, sauf de la Manche au bassin parisien où il est resté un peu faible.

Actu050808a AOUT : le thermomètre s’est peu éloigné des valeurs habituelles. Les pluies ont été importantes sur les deux-tiers nord de la France. Le temps a été au contraire très sec sur les régions méridionales. L’ensoleillement a été particulièrement faible sur une large moitié nord. Le fait marquant est la tornade qui a dévasté le secteur d’Hautmont, dans le Nord, le 3. Il s’agit de la plus violente observée en France depuis septembre 1982.

SEPTEMBRE : les conditions ont souvent été anticycloniques, mais elles ont dirigé de l’air frais sur la France. Les températures moyennes accusent un déficit de 1,1 degrés. Les précipitations ont été généralement assez faibles, sauf près des frontières de l’est où de fortes pluies se sont produites en début de mois. Bon ensoleillement sur l’ouest.

OCTOBRE : ce mois a été normal du point de vue thermique, mais contrasté avec une première quinzaine très douce et un coup de froid en fin de mois. Il a beaucoup plu dans l’ensemble, surtout dans le sud-est. L’est du Massif-Central et la Corse ont reçu beaucoup d’eau. L’ensoleillement s’est peu éloigné des normales. Le 30, des chutes de neige précoces blanchissent la Normandie, donnant localement jusqu’à 10 cm.

NOVEMBRE : une relative douceur a régné avant l’arrivée du froid en fin de mois, faisant de novembre un mois légèrement excédentaire : +0,4 degré. Les précipitations ont souvent été abondantes, sauf sur l’extrême nord-est. Le soleil s’est très peu montré dans l’ensemble.

DECEMBRE : ce premier mois d’hiver a été assez froid, sans excès. La douceur a été rare. Le déficit thermique est de l’ordre de 1,5 degrés. Les hautes pressions très présentes ont maintenu un temps sec, sauf près de la Méditerranée où les cumuls se sont avérés importants (plus de 200 mm par endroits). L’ensoleillement a été élevé sur le nord-ouest, plutôt normal ailleurs. De fortes chutes de neige ont intéressé le centre-est.

BILAN ANNUEL : les températures moyennes annuelles sur la France dépassent de 0,4 degré les normales. 2008 est l’année la plus « fraîche » depuis 1998 malgré deux mois très chauds (janvier et mai), mais avec un second semestre un peu frais. 2008 se situe à la vingtième position parmi les années les plus chaudes depuis 1900. Les précipitations ont dépassé leurs moyennes pratiquement partout à l’exception du Roussillon. C’est de la moyenne vallée du Rhône à la Corse que les excédents ont été les plus marqués. L’ensoleillement en revanche n’a pas montré d’écarts significatifs.

Frédéric Decker

Y’a plus de saison ma bonne dame !

Mai trop chaud, septembre trop frais, été en demi-teinte… les français râlent (c’est coutumier !) par rapport au temps qu’il fait, au fait qu’ « il n’y a plus de saison », qu’autrefois « l’hiver c’était l’hiver, l’été c’était l’été »… etc etc…

Alors aujourd’hui je me suis amusé à regarder le temps qu’il faisait autrefois il y a longtemps, très longtemps même… et à y regarder de près, en fait, il n’y a jamais eu de saison…

Janvier 1795… Oui c’est loin, mais des relevés météo avaient lieu ! Et ils montrent que ce mois de janvier est le plus froid de 1781 à nos jours ! Les saisons étaient des vraies saisons en ce temps-là ! Sauf que l’année suivante, en 1796, janvier était exceptionnellement chaud, le plus chaud jusqu’à ce que 2007 le détrône de… 0,1 degré ! Ca ne s’invente pas ! Sauf qu'en 2007, contrairement à 1796, l'urbanisation a réchauffé l'air ambiant. On peut donc estimer que le record appartient toujours à 1796... Le printemps en hiver, c’était déjà possible il y a bien longtemps pardi !

Dec10 Et décembre 1879 exceptionnellement froid ? 12 degrés de déficit sur le mois !!! Un an plus tard, décembre 1880 était… exceptionnellement chaud (4 degrés d’excédent, aussi doux que le mois de décembre 2000 printanier)! D’ailleurs, le mois de décembre le plus chaud reste 1806, invaincu depuis…

Ah… l’année sans été en Amérique du Nord en 1816, la faute au volcan Tambora, situé en Indonésie. En projetant des quantités astronomiques de poussières volcaniques dans l’atmosphère, un écran grisâtre a bloqué une partie du rayonnement solaire et le froid s’est fait ressentir en toutes saisons… mais chez nous aussi ! Avec 14,8, 15,6 et 15,5 degrés de moyenne, les mois de juin à août n’avaient rien d’estival. Même les étés 2007 et 2008 paraissent caniculaires comparés à cet été hors-norme. Mais les étés 1860, 1888 ou plus près de nous 1954 et 1978 ont été tout, sauf estivaux !

Arehn_00279 Mais il y a eu aussi des canicules : en 1794, 1807, 1826, 1842, 1859… 1911 fut un cru exceptionnel en terme de chaleur (un an plus tard en 1912, c’était l’opposé avec des records de froidure pour août et septembre).

Et il est intéressant de noter que les mois peuvent se succéder n’importe comment : 1789 a vu un mois de février très doux puis mars glacial ; en 1837, avril n’a pas été plus chaud que février ; l’année suivante, avril a même été plus froid que mars ! En 1841, mai chaud a été suivi d’un mois de juin froid. En 1865, mars glacial est suivi d’un mois d’avril estival. En 1881, novembre fut plus chaud qu’octobre. En 1895, septembre a été le mois le plus chaud de l’année (comme en 1841 et 1961…) après un été moyen. De mai à septembre 1919, juillet est le mois le plus frais ! Les mois d’octobre, novembre et décembre 1974 ont connu, au dixième de degré près, la même température moyenne (froid exceptionnel en octobre, douceur exceptionnelle en décembre). La sécheresse et l’été caniculaire de 1976 ont été suivis par cinq étés « pourris » consécutifs. En 1986 et 2001, les mois d’octobre étaient plus chaud que septembre… Mars 1989 estival fut suivi de neige en avril, tandis que la canicule de juillet 2006 cédait la place à une grande fraîcheur en août. Novembre 1993 glacial fut suivi d’un mois de décembre particulièrement doux…

Bref, tout cela pour vous dire que l’expression « Il n’y a plus de saison » a toujours existé. Et les chauds et froids continueront de se succéder n’importe comment dans les temps à venir. Des hivers extraordinairement doux se produisaient parfois durant le « petit âge glaciaire », il ne fait nul doute que nous connaîtrons à nouveau, un jour ou l’autre, des vagues de froid hivernales exceptionnelles malgré le contexte de réchauffement…

Un beau livre tout récent et très illustré, de Guillaume Séchet, évoque les extrêmes et records climatiques en France et dans le monde, un "livre des records qui éclaire notre réflexion sur les aléas climatiques". Je vous invite à le découvrir un peu plus ici : Y'a plus de saison!

Frédéric Decker