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Canicule et réchauffement

La canicule sévit sur une grande partie de l'Europe depuis plusieurs semaines. Météorologiquement, cela s'explique par la présence d'un anticyclone qui bloque et repousse très au nord les perturbations atlantiques, celles-là même qui pourraient nous apporter davantage d'humidité et de fraîcheur.

A l'instar de l'escargot qui sort quand vient la pluie, les articles qui font un lien évident entre canicule et réchauffement foisonnent.  Les météorologues savent bien que le lien entre les deux n'est pas évident à établir et pourtant à la lecture des articles de presse, cette canicule est directement liée au réchauffement. 

Or, si l'on en croit les rapports des experts en climatologie, le réchauffement du climat en Europe se produit avant tout durant la saison froide. En clair, ce sont davantage des hivers doux que des étés chauds qui sont à la base du réchauffement. Petit retour en arrière de quelques mois. Cette même Europe qui connaît un été caniculaire sort d'un hiver particulièrement froid, voire glacial en Russie. Dans ce cas, les mêmes "experts" clamaient que dans un scénario de réchauffement, il y aurait toujours des exceptions et des anomalies. Pourtant autant l'hiver dernier que cet été, la situation météorologique fut la même (anticyclone persistant sur l'Europe). Ne trouvez-vous pas anormal que dans un cas c'est une preuve du réchauffement et que dans une situation météorologique similaire (au niveau de la pression) on parle d'une exception ?

En conclusion, il faut être très prudent et ne pas croire aveuglément tout ce que l'on raconte sur le sujet. Vouloir imputer au réchauffement de la planète toutes les catastrophes naturelles actuelles est une excuse facile et vite trouvée, mais la réalité est bien plus complexe que cela. L'écologie est une responsabilité de chacun, mais dès que ces théories entrent dans le jeu politique, on est capable de tous les raccourcis pour rallier des suffrages. Dans le camp opposé, ce n'est guère plus réjouissant, quant on sait les pressions exercées par l'administration Bush pour atténuer l'effet des gaz à effet de serre sur le réchauffement global.

Influence maritime

Pour faire suite à quelques remarques concernant des divergences entre les données actuelles et la prévision, prenons le cas de Los Angeles.

Dans la plupart des cas, les stations météorologiques de référence sont localisées dans les aéroports. Or ces derniers ne se situent presque jamais en ville. Les relevés météo ne reflètent donc rarement la réalité des centre-villes, îlots de chaleur. Dans le cas de Los Angeles, l'écart est encore plus flagrant. L'aéroport international se situe en bord de mer, soumis à une brise marine fraîche. Ainsi, il n'est pas rare de voire plafonner le thermomètre à 23 degrés l'après-midi à l'aéroport, alors que l'on enregistre 30 degrés au centre-ville (downtown) et même parfois 35 degrés sur les collines de Beverly Hills.

En général, dans ces cas extrêmes, la prévision se réfère au centre-ville. Cette prévision n'est donc pas à mettre en cause, car différente du relevé de l'aéroport, mais il est préférable de se dire qu'il existe deux microclimats particuliers. Dans un cas encore plus extrême, on observe une différence encore plus marquée entre l'aéroport de Lima-Callao (souvent dans le brouillard) et le centre-ville de Lima.

Un été chaud finalement

En mai dernier, je vous faisais le compte rendu des tendances saisonnières pour l'été à venir de la part des différents instituts météorologiques nationaux. Il y avait quasi unanimité pour annoncer un été mitigé et un peu plus frais que la normale sur l'Europe occidentale. Au milieu de l'exercice (l'été météorologique dure du 1er juin au 31 août), on ne peut que prétendre le contraire. Explications.

1) les tendances saisonnières ne sont pour l'heure fiables qu'à 60%. C'est juste un peu mieux que "pile ou face".

2) Ces prévisions d'anomalies thermiques se basent avant tout sur les données océaniques. Or, si un anticyclone persistant empêche toute influence océanique, la prévision ne sera plus valable.

3) Les paramètres pris en compte pour ces tendances saisonnières (écart de température et écart de précipitations) sont flous pour décrire une tendance météorologique précise à un endroit précis.

4) Sous les latitudes tropicales, les tendances saisonnières sont plus fiables (ìle Maurice, la Réunion, Guadeloupe ou Martinique) car le régime des vents et donc l'influence océanique y sont plus constants.

En résumé, il s'agit donc de relativiser ces tendances saisonnières. L'évolution météorologique reste et restera toujours un phénomène sur le court terme (10 jours maximum.

juillet 2008

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