Canicule et réchauffement
La canicule sévit sur une grande partie de l'Europe depuis plusieurs semaines. Météorologiquement, cela s'explique par la présence d'un anticyclone qui bloque et repousse très au nord les perturbations atlantiques, celles-là même qui pourraient nous apporter davantage d'humidité et de fraîcheur.
A l'instar de l'escargot qui sort quand vient la pluie, les articles qui font un lien évident entre canicule et réchauffement foisonnent. Les météorologues savent bien que le lien entre les deux n'est pas évident à établir et pourtant à la lecture des articles de presse, cette canicule est directement liée au réchauffement.
Or, si l'on en croit les rapports des experts en climatologie, le réchauffement du climat en Europe se produit avant tout durant la saison froide. En clair, ce sont davantage des hivers doux que des étés chauds qui sont à la base du réchauffement. Petit retour en arrière de quelques mois. Cette même Europe qui connaît un été caniculaire sort d'un hiver particulièrement froid, voire glacial en Russie. Dans ce cas, les mêmes "experts" clamaient que dans un scénario de réchauffement, il y aurait toujours des exceptions et des anomalies. Pourtant autant l'hiver dernier que cet été, la situation météorologique fut la même (anticyclone persistant sur l'Europe). Ne trouvez-vous pas anormal que dans un cas c'est une preuve du réchauffement et que dans une situation météorologique similaire (au niveau de la pression) on parle d'une exception ?
En conclusion, il faut être très prudent et ne pas croire aveuglément tout ce que l'on raconte sur le sujet. Vouloir imputer au réchauffement de la planète toutes les catastrophes naturelles actuelles est une excuse facile et vite trouvée, mais la réalité est bien plus complexe que cela. L'écologie est une responsabilité de chacun, mais dès que ces théories entrent dans le jeu politique, on est capable de tous les raccourcis pour rallier des suffrages. Dans le camp opposé, ce n'est guère plus réjouissant, quant on sait les pressions exercées par l'administration Bush pour atténuer l'effet des gaz à effet de serre sur le réchauffement global.