Vent de panique
Le début de semaine a été bien agité dans le ciel de France : la première tempête d'automne a frappé les régions de l'ouest et du nord, provoquant quelques dégâts même si les rafales n'ont que rarement atteint les chiffres annoncés en prévision.
Les vents ont atteint 136 km/h sur l’Île d’Yeu, 101 km/h à Nantes, 80 à 90 km/h en région parisienne… des valeurs le plus souvent inférieures de 20 km/h aux rafales annoncées. Il n’en reste pas moins que la tempête médiatique a bien eu lieu, elle! A chaque écart de notre climat tempéré donc irrégulier, la télévision, la radio ou encore la presse s’empressent d’amplifier un phénomène tout à fait banal, car cette première tempête de la saison n’a présenté aucune caractéristique particulière. Il s’en produit tous les ans, il est même fréquent d’en connaître des plus violentes!
Mais non! Avant même que ce coup de tabac n’atteigne nos côtes, l’effet médiatique était lancé : « une violente tempête arrive », « tempête sérieuse »… la liste est longue. Sans oublier que certains médias font un lien grossier entre le réchauffement de la planète et le moindre petit soubresaut climatique. Il faut savoir que les statistiques parlent d’elles mêmes : le nombre de tempêtes en France depuis 50 ans est parfaitement stable. Ce qui a changé, c’est la surmédiatisation : l’ouragan d’octobre 1987 n’avait pas fait tant parlé de lui après avoir ravagé la Bretagne et la Normandie (le vent avait pourtant dépassé 200 km/h par endroits)… pour trois raisons : pas de parisianisme possible puisque la capitale avait été peu touchée, les médias ne prêtaient pas encore une grande attention aux intempéries et le réchauffement ne faisait pas vraiment parler de lui à l’époque.
Depuis, ce fameux réchauffement apparaît dès qu’une sécheresse, une inondation, un ouragan ou une chute de neige frappe un coin ou un autre de la planète ou de l’Europe. Les intempéries et catastrophes ont pourtant toujours existé, il y a eu pire et il y aura pire.
Petit bémol encore concernant ce que l’on peut lire ou entendre : la fameuse « mini-tornade », comme celle qui a frappé une partie du Nord-Pas de Calais lundi… en météo, une mini-tornade, ça n’existe pas! Il s’agit purement d’un terme journalistique (pour ne pas dire journaleux!) qui englobe des phénomènes aussi divers et variés que les tornades, trombes marines, fronts de rafales, rafales descendantes… Tous ces phénomènes peuvent provoquer des dégâts assez similaires, mais ils ont tous leur formation et leurs caractéristiques propres.
Pour terminer cet article aérien, je cite un passionné d’ouragans qui nous a quitté quelques jours après les tempêtes de décembre 1999, Alain Gillot-Pétré : bon vent!
Frédéric Decker