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Mais où est passée la neige ?

Beaucoup se rappellent encore du manque de neige sur les montagnes d’Europe occidentale durant les hivers 1988-89 et 1989-90. Les stations de ski ne faisaient bien évidemment pas le plein, de nombreuses pistes restant souvent désespérément vertes… d’herbe!

Blog1 L’hiver 2006-07 a aussi mal démarré que ces hivers mal réputés. Peu ou pas de chutes de neige, les quelques chutes de début décembre ont été suivies d’air très doux qui a entraîné une fonte au moins partielle de la couche déposée sur les pistes, fonte accélérée par un fort vent de sud ou sud-ouest. Depuis, un anticyclone mal placé bloque l’accès aux perturbations qui sont rejetées très au nord ou au contraire sur le sud du bassin méditerranéen. De plus, alors que les régions de plaine frissonnent sous un temps gris, froid et humide, on a assisté à des inversions thermiques très importantes : alors qu’il ne dégelait pas à Bordeaux, Embrun enregistrait plus de 15 degrés à l’ombre!

Les prévisions pour les jours à venir ne sont pas vraiment emballantes : un flux océanique perturbé va se mettre de nouveau en place. Les pressions auront toutefois du mal à baisser au sud et les perturbations risquent d’arriver avec peu d’activité sur les massifs, notamment les Alpes et les Pyrénées. Le Jura pourrait être un peu plus exposé, mais au-dessus de 1500 à 1800 mètres seulement. Car si les précipitations reviennent timidement, l’air océanique doux à toutes altitudes va se réinstaller également… Et les modèles de probabilité à 15 jours ne voient pas de neige ni de froid sur nos régions. Bref, il va encore falloir attendre.

Mais l’hiver est loin d’être terminé. La situation peut brutalement changer courant janvier, et les débuts d’hiver peu enneigés ne sont pas rarissimes. C’est entre mi-février et mi-mars que l’enneigement est maximal dans nos contrées. Voilà qui laisse de l’espoir d’ici la fin de saison!

Frédéric Decker

Noël au balcon

Bien avant les satellites météo, les radars de précipitations, les supercalculateurs et toute l’instrumentation météo que nous connaissons actuellement, les hommes tentaient déjà d’appréhender les conditions à venir en fonction des signes de la nature (animaux, végétation, lune, marées…) et de très nombreux dictons ont vu le jour. Beaucoup font sourire de nos jours, mais certains ne sont pas dénués de sens.

A l’approche de la nouvelle année, calendriers et almanachs envahissent les librairies, avec pour certains des prévisions pour les dates de pleine lune (100% fantaisistes!), d’autres donnent pour chaque jour le fameux dicton. Et le dicton de circonstance en ce moment n’est autre que : « Noël au balcon, Pâques aux tisons » ou l’inverse. Après des études statistiques, on a découvert que ce dicton n’est fiable qu’à… 15%! L’histoire du chat qui se passe la patte derrière l’oreille pour annoncer la pluie est presque plus fiable!

Les Saints de glace sont particulièrement populaires. Ils évoquent un refroidissement de l’atmosphère sous nos latitudes du 11 au 13 mai. Peut-être pas si loufoque, mais il faut manier tout cela avec beaucoup de prudence et apporter quelques explications : tout d’abord, le calendrier français qui a déterminé ces dictons a été décalé depuis 1582 d’une huitaine de jours. On observe en effet, à Paris ou Châteauroux par exemple, une stagnation voire un légère baisse du thermomètre en moyenne entre les 20 et 22 mai, soit plus d’une semaine plus tard. L’explication n’est pas définitive, mais il semblerait qu’un amas de météorite circule à cette période entre le Soleil et la Terre, abaissant ainsi le rayonnement et donc la température. Mais nos ancêtres ont peut-être tout simplement bien observé le phénomène des gelées : si la dernière gelée de printemps se produit en moyenne mi-avril en France, les plus tardives arrivent vers la mi-mai sur de nombreuses régions. Statistiquement, il s’agit donc des dernières gelées de printemps les plus tardives.

L’été de la Saint-Martin de la mi-novembre est moins évident à prouver d‘un point de vue statistique, on ne note pas de hausse de températures mi-novembre. L’explication aurait été ces mêmes météorites qui, placés à l’opposé de leur position six mois plus tôt, reverraient au contraire davantage de rayonnement et donc de chaleur vers nous.

Les Saint-Médard et Barbabé quant à eux n’ont plus la cote. Et pour cause : leur fiabilité est proche de la nullité.

En dehors de ces dates fixes dont la fiabilité reste faible, on connaît des dictons basés sur des observations du ciel et déjà les résultats sont bien meilleurs : « Gelées qui commencent par vent d’est longtemps restent ». Un vent d’est sur nos régions d’Europe de l’ouest est provoqué par la présence d’un anticyclone sur les îles britanniques ou la Scandinavie. Il est fréquent que lorsque des hautes pressions s‘installent ainsi, elles persistent durant 8 ou 15 jours, parfois davantage.

« Ciel rouge au matin, joie pour le berger. Ciel rouge au soir, prends garde berger! » : au lever et au coucher du soleil, le ciel rougit surtout si le ciel est partiellement nuageux. Seule la couleur rouge nous parvient du fait que le soleil rasant doit traverser un partie plus épaisse de l’atmosphère, les autres couleurs ne parviennent donc plus jusqu’à notre œil. Un ciel rouge au matin peu évoquer l’évacuation d‘une perturbation (dégagement du ciel) et au contraire le soir une dégradation à l‘arrivée de la pluie. Mais les résultats ne sont pas si concluants que cela, même si cela peut paraître satisfaisant dans les campagnes.

Parmi les dictons  les plus fiables, on retrouve « Ciel pommelé et femme fardée sont de courte durée » : lorsque le ciel prend un aspect pommelé (altocumulus), c’est souvent qu’une perturbation arrive, ils sont donc annonciateurs du mauvais temps et ne durent pas. « Lune cerclée, pluie assurée » : à l’approche d’un front, le ciel se voile et des photo météores tels que les halos (solaires ou lunaires) apparaissent par diffraction de la lumière à travers les cristaux de glace. Un cercle entoure ainsi la lune ou le soleil et on peut s’attendre assez souvent à l’arrivée de la pluie dans les heures qui suivent.

Mais nos vieux dictons tendent à disparaître, remplacés par une technologie de plus en plus avancée. Le plus résistant et le plus fiable reste certainement : « Brouillard en novembre, Noël en décembre! ».

Frédéric Decker