« décembre 2006 | Accueil | février 2007 »

Il neige en hiver...

Après des semaines, voire des mois, d’une exceptionnelle douceur, froid et neige se sont invités sur une grande partie de la France au cours de cette dernière semaine. Sans parler d’une véritable vague de froid, il s’agit de la première offensive hivernale, certes tardive, de la saison… Contrairement à ce qu’ont pu annoncer quelques présentateurs météo, aucun record de froid n’est tombé (il a souvent fait 10 degrés de plus qu’en janvier 1985!!!) et il n’est pas si rare, au cours d’un hiver normal, de descendre jusqu’à -10 degrés dans l’est de la France…

Les français ont ainsi renoué avec le gel, la neige, la glace et le froid. Et comme toujours, les plus grands râleurs de la planète par leur réputation se sont retrouvés empêtrés dans quelques centimètres de neige dans de nombreuses régions.

30011 Il faut avouer que quelques régions du centre du pays ont connu d’abondantes chutes de neige, de l’ordre de 50 cm en Creuse, jusqu’à 30 cm dans le sud de la Bourgogne, l’Auvergne ou encore la région Rhône-Alpes… plus localement, 5 à 15 cm de neige ont recouvert la Normandie. Résultats : des autoroutes coupées, des foyers privés d’électricité…

Mais comme toujours, ce sont les premiers petits centimètres de neige qui sèment la pagaille dans la vie des français. En dépit des vigilances émises par Météo-France, de la réactivité plus ou moins avérée de la DDE, routes coupées, automobilistes naufragés et camions bloqués font tous les ans la une de le presse nationale, qu’il tombe 2 ou 10 cm de neige…

Question d’organisation, de mauvais relais d’informations entre différents services publiques? Toujours est-il que la France reste la mauvaise élève en matière de gestion de périodes de crises climatiques…

Frédéric Decker

California ice

Losangeles1 Eh oui! Une grande partie de l’Europe a trop chaud depuis des semaines, voire des mois, nos montagnes souffrent de l’absence de neige (mais ça va changer en début de semaine prochaine!)… et pendant ce temps, les Etats-Unis vivent des extrêmes climatiques : le thermomètre a atteint 21 degrés à New York alors que les orangers californiens se sont recouverts de glace et de neige!

La cause ? Un anticyclone situé sur le proche Pacifique, une dépression sur le centre du Canada et une coulée d’air polaire entre les deux, faisant chuter les températures jusqu’au sud des Etats-Unis. Ce refroidissement s’est produit au passage d’une perturbation qui a provoqué des chutes de neige et du verglas, ce qui est très inhabituel dans ces états méridionaux, encore plus en Californie peu habituée aux conditions hivernales.

Losangeles2 Il s’agit de la vague de froid la plus sévère sur l’ouest du pays depuis 20 ans. La température est descendue au-dessous de 3 degrés à Los Angeles. La neige est tombée au nord de la ville, recouvrant le sol de 5 à 10 cm. 8 cm de neige sont également venus recouvrir Dallas au Texas. On dénombrait jeudi 65 morts des effets directs de la vague de froid et de neige, de nombreux accidents, des aéroports paralysés (Los Angeles et Dallas notamment). Les dégâts aux cultures n’ont pas encore été estimés, mais les orangers californiens semblent avoir beaucoup souffert de ce coup de froid.

Les températures vont remonter ces prochains jours, surtout en Californie. Le Texas va connaître une hausse du thermomètre également ce week-end mais une nouvelle baisse est attendue en milieu de semaine prochaine.

Frédéric Decker

Les limites de la prévision météo

Blog2 Alors que les stations de sports d’hiver attendent impatiemment la neige, que de nombreux regards se tournent vers le ciel en demande de flocons, que l’on demande aux météorologues de prévoir toujours plus loin, il est intéressant de se pencher justement sur les limites de la prévision météo.

La prévision météo dépend de nos jours de supers-calculateurs qui analysent et calculent chaque seconde des milliards de données en provenance du monde entier. Car bien évidemment, la prévision se base tout d’abord sur l’observation, depuis l’espace grâce aux satellites météo toujours plus précis, et depuis le sol grâce aux radars de précipitations et aux relevés météo des nombreuses stations météo qui jalonnent le monde.

C’est à partir de ce point de départ que ces supers-calculateurs déterminent le déplacement des masses d’air, des dépressions, des anticyclones et des différents fronts sur notre planète. C’est pourquoi l’observation de départ doit être la plus précise possible pour permettre à la prévision d’être la plus fiable possible.

Blog3 L’ « effet papillon », s’il est parfois remis en question, sert très bien d’image à ce problème : un petit décalage entre l’observation et la prévision peut ensuite remettre entièrement en question la tendance des jours suivants. Mais avec les progrès techniques, les prévisions vont toujours plus loin : elles passeront prochainement de 7 à 9 jours dans vos médias préférés. Mais les modèles numériques, qu’ils soient déterministes ou probabilistes, vont d’ores et déjà jusqu’à 15 jours. Il s’agit d’ailleurs très probablement de la limite que l’homme ne saura jamais dépasser en prévisions météo, notre climat étant trop complexe pour espérer aller au-delà.

Les modèles déterministes sont des modèles qui, chacun, calculent les déplacements des grands centres d’action, permettant ainsi d’établir une prévision précise, qui perd toutefois en fiabilité assez rapidement en avançant dans l’échéance. La fiabilité reste bonne jusqu’à 6 jours, elle chute très rapidement ensuite.

Les modèles probabilistes sont une moyenne des nombreux modèles déterministes. Ils permettent assez souvent d’anticiper des changements de temps et notamment les changements de masses d’air 10 à 15 jours à l’avance parfois. Ce fut le cas concernant la canicule de 2003, décelée 12 jours à l’avance par ce type de modèles.

La météo reste une science inexacte et la fiabilité n’atteindra jamais 100%, même pas pour le jour même. Notre atmosphère est très complexe et réserve des surprises que nous apprenons encore à comprendre actuellement…

Frédéric Decker