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Mai en France : bilan mitigé

Après le mois d’avril hors norme, exceptionnellement chaud, ensoleillé et sec en France et en Europe de l’ouest, mai a fait pâle figure. Le ressenti général a été « frais, gris et pluvieux ». Mais les statistiques ne vont pas tout à fait dans le même sens…

Côté ensoleillement effectivement, les chiffres sont relativement bas : les passages nuageux ont été fréquents et le soleil a brillé moins qu’habituellement. Près de 140 heures à Brest au lieu de 212 lors d’un mois de mai « normal », 185 heures à Strasbourg pas si loin des 197 heures habituelles mais très loin des 346 heures, record tous mois confondus, d’avril dernier… ensoleillement normal à Ajaccio (284 heures pour 281), 170 heures à Lille au lieu de 199, à peine plus de 150 heures à Bordeaux pour une moyenne de 211 heures… C’est surtout vers le sud-ouest que le déficit est marqué. Si l’impression de grisaille a dominé un peu partout, c’est principalement à cause de l’exceptionnelle luminosité d’avril qui a faussé notre ressenti !

Mai1_2 Côté précipitations, elles ont été proches des moyennes saisonnières à excédentaires. Et les orages ont parfois apporté des cumuls de pluie exceptionnels, voire des records comme à Bourges le 26 mai : il est tombé 79 mm en quelques heures, ce qui est un nouveau record de pluie en 24 heures tous mois confondus depuis 1945, battant les 75 mm du 29 août 1968. Sur le mois entier, il est tombé 140 mm à Bordeaux (moy 77 mm), 169 mm à Bourges au lieu de 81 mm, 183 mm à Limoges contre 104 en moyenne, 189 mm à Biarritz, 214 mm à Ambérieu…

Enfin côté températures où le ressenti global fut la fraîcheur… mai 2007 figure parmi les mois de mai… chauds !!! Mai 2007 se place en effet dans le top 5 des mois de mai les plus chauds depuis 1950, dans le top 10 depuis 1873 !! L’écart varie entre +1,5 et +2,5 degrés sur la plupart des régions, excédent plus marqué vers les frontières de l’est. Cet écart est surtout marqué sur les températures minimales mais les maximales ne sont finalement pas en reste grâce à quelques épisodes chauds à très chauds autour du 10 et du 19 au 26. Mai là encore avril a faussé l’impression général ainsi que le manque de soleil.

En conclusion, mai 2007 aura été chaud, plutôt humide et peu ensoleillé… Petit apéritif avant l’été dont la tendance est à peu près semblable ? Peut-être, mais rien n’est sûr !

Frédéric Decker

Tendance saisonnière : encore un été chaud ?

Après un automne historiquement chaud, un hiver d’une douceur jamais vue et un mois d’avril qui a battu tous les records de chaleur, on commence à se demander quand cette recrudescence de périodes anormalement chaudes va cesser. Depuis avril 2006 inclus, seul le mois d’août a connu des températures inférieures aux moyennes saisonnières, tous les autres mois ayant été excédentaires, parfois très largement comme juin, juillet (record !), septembre, octobre, novembre, janvier (record !), février et donc avril (record !).

Cette série ne semble pas s’arrêter en si bon chemin. Les différents services météo internationaux envisagent en effet des températures élevées pour les mois à venir sur la France et l’Europe. Petite hésitation du côté de Météo-France qui annonçait du chaud jusqu’à la dernière mise à jour de leurs modèles. En gros, des températures de saison d’ici juillet. Le Met Office, en Angleterre, continue de voir en revanche un été chaud, période chaude qui pourrait déborder sur le début de l’automne, avec en prime un déficit pluviométrique pouvant être marqué de l’Espagne à la France. NOAA, aux Etats-Unis, voit du chaud à perte de vue (jusqu’en octobre) sur une grande partie de l’Europe, dont la France et les îles britanniques, un peu moins peut-être en septembre. Contrairement à l’office britannique, NOAA voit des précipitations abondantes cet été (sans doute sous forme d’orages étant donné la chaleur annoncée) mais un automne très sec. IRI (the International Research Institute) reste sur ses positions en terme de chaleur qui devrait persister jusqu’à l’automne, mais grosse incertitude concernant les précipitations...

Mois3 Bref, en compilant ces diverses données, en y ajoutant des probabilités statistiques liées aux conditions climatiques des derniers mois, j’en ai tiré une tendance qui va bien évidemment vers le chaud, avec des pluies orageuses pouvant être abondantes cet été et un risque de sécheresse pour l’automne. Vous trouverez tous les détail sur lamétéo.org.

Frédéric Decker

Chaleur, soleil, sécheresse : avril extraordinaire

Avril s’est achevé comme il a commencé : sous un soleil resplendissant sur pratiquement toute la France et sous des températures particulièrement élevées…

0705021_2 Le bilan est énorme : les records de chaleur pour la température moyenne ont été battus sur presque toute la France, les records d’ensoleillement également pour de très nombreuses stations, tout comme les records de faible pluviométrie…

Les données les plus anciennes dont nous disposons faisaient état d’une moyenne de température extraordinaire en avril 1865, à tel point que ce record semblait inégalable : 14,6 degrés de moyenne à Paris-Le Bourget. Avril 2007 a pourtant fait mieux avec 15,0 degrés de moyenne, nouveau record depuis au moins 1781 (date des premiers relevés considérés fiables). Météo-France annonce qu’il s’agit du mois d’avril le plus chaud depuis 57 ans, et donc depuis 227 ans si l’on se réfère aux données les plus anciennes.

Des records sont tombés un peu partout. À Chartres, station ouverte en 1945, c’est également le mois d’avril le plus chaud avec 14,1 degrés, soit 5,0 degrés d’excédent (ancien record battu de plus de 2 degrés : 12,0 en 1961), 21,1 degrés en moyenne des températures maximales, soit 7,3 degrés d’excédent (ancien record : 18,0 degrés en 1949). C’est aussi le mois d’avril le plus ensoleillé puisqu’il comptabilise 317 heures de soleil (normale 168 heures), largement devant les 275 heures d’avril 1997, et il s’agit même du quatrième mois de plus ensoleillé à Chartres… tous mois confondus derrière juin 1976, mai 1989 et juillet 1971!!!!!!!!!!!! Record de sécheresse également avec 2 mm seulement (normale 47 mm), battant les 4 mm d’avril 1954 et 1980.

Lyon pulvérise également le record d’avril 1945 (14,0 degrés) puisque la moyenne d’avril 2007 atteint 16,1 degrés… et la station date de 1921. Record aussi à Paris-Montsouris où la température maximale moyenne atteint 21,8 degrés (devant les 21,3 degrés d’avril 1893 depuis 1873) et les 10 jours de chaleur (25 degrés et plus) font oublier les 6 jours de chaleur de ce même avril 1893.

Et toujours des records avec par exemple pour les températures maximales moyennes : 16,7 degrés à Brest (16,1 degrés en 1984) ; 22,6 degrés à Marseille-Marignane (ancien record 20,5 degrés en 1961) ; 21,0 degrés à Clermont-Ferrand (20,7 degrés en 1949) ; 22,0 degrés à Dijon (19,3 degrés en 1949) et 2 mm de pluie (4 mm en avril 1955) ; 20,4 degrés à Nice (19,2 degrés en 1945) ; 20,1 degrés à Lille (16,9 degrés en 1943, soit 3,2 degrés de plus que l’ancien record !!!) et aucune précipitation, c’est la première fois qu’un mois entier reste sec à Lille (2 mm en février 1959 et octobre 1969) ; 22,4 degrés à Strasbourg (19,3 degrés en 1949, là encore 3,1 degrés de mieux !!) et le soleil a brillé 335 heures, davantage qu’en juin 1976 ou juillet 1983… Seuls la Corse, le Roussillon, le Pays Basque et le Midi-Toulousain n’ont pas battu leurs records de chaleur en températures moyennes.

À noter qu’outre Lille, il n’est pas tombé une goutte d’eau à Melun, Reims, Charleville-Mézières, Dunkerque, Dieppe, Le Touquet, Saint-Dizier ou encore à Troyes.

Nous avons donc connu un mois d’avril extraordinaire en France et sur une bonne partie de l’Europe Occidentale avec des records vieux de plusieurs siècles battus, voire pulvérisés, en Suisse, en Angleterre ou encore en Belgique, que ce soit en températures anormalement élevées, en ensoleillement ou en sécheresse.

Avril ayant été bien plus chaud qu’un mois de mai normal, la moyenne de mai devrait se situer au-dessous de celle d’avril ! Mai pourrait du coup nous paraître bien frais…

Frédéric Decker