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Quand la planète chauffe...

Je vous parle très souvent – trop souvent – des anomalies de températures excédentaires, de records de chaleur etc… Je dois malheureusement rester sur ma lancée aux vues des dernières données fournies par l’institut américain NOAA, données mondiales qui ne font que confirmer les prévisions établies l’an dernier qui annonçaient une année 2007 record…

Globjanaprpg En effet, sur les quatre premiers mois de l’année, 2007 se situe déjà en toute première position des années les plus chaudes, devant 2002 et 1998 (depuis 1880) pour cette période, avec un excédent de 0,69 degré sur l’ensemble du globe. Et si l’hiver 2006-2007 a été le plus chaud connu en Europe, c’est également le cas à l’échelon mondial. Les seules régions du globe ayant connu un hiver un peu au-dessous des moyennes ont été le centre des Etats-Unis, le nord du Mexique, le Proche-Orient, une petite partie du centre-Afrique ou encore la Nouvelle-Zélande. Les excédents sont en revanche très marqués sur les parties terrestres de l’hémisphère nord.

Map_blended_mntp_13_2007_pg Dans le détail, janvier a largement battu le record de 2002 (+0,85 degré cette année contre +0,71 en 2002), février n’a pas battu le record de 1998 (+0,82 contre +0,60 cette année) mais se place en sixième position des mois de février les plus doux depuis 1880. Mars 2007 est le cinquième mois de mars le plus chaud (+0,61 degré), le record appartenant à 2002 (+0,75 degré). Avril se place en troisième position (+0,67 degré cette année), le record étant toujours détenu par 1998 (+0,70 degré).

Par ailleurs, la douceur quasi-ininterrompue a maintenu une couche de glace bien mois étendue qu’habituellement, et la couverture glacée fin avril est la plus faible depuis que ce type de mesures existe (1970), le précédent record datant de l’an dernier.

À huit kilomètres d’altitude dans la troposphère, la température moyenne des mois de janvier à avril est la deuxième plus forte après 1998. Bref, le coup de chaud de ce début d’année se mesure à tous niveaux dans l’espace et dans le temps…

Ces excédents thermiques vont probablement se poursuivre au cours des prochains mois sur la planète, faisant donc de cette année 2007 l’année la plus chaude, conformément aux prévisions.

Frédéric Decker

Commentaires

Bravo pour ces articles toujours aussi passionnant les uns que les autres.
Continuez!!!

Une seule chose m'intrigue en fait : la disparité des températures moyennes terrestres entre les différents centres de mesure (NOAA, GISS et Hadley Center). Pour les Américains, 2007 est de loin l'année la plus chaude, tandis que les Anglais considèrent la chose avec infiniment plus de circonspection, arguant du fait que la Nina et le minimum solaire actuel constituent des forçages négatifs réduisant comme peau de chagrin la possibilité de records de chaleur à l'échelle de l'année.
Quoi qu'il en soit, le trend est clair : l'hémisphère Nord, et plus particulièrement les terres continentales, n'en finissent plus de chauffer !

Tout le monde est d'accord pour reconnaitre que le climat se réchauffe. Ce qui me gène c'est cet acharnement à en mettre la responsabilité sur nous, les humains. A écouter la plus part des médias cela me fait penser à une belle manipulation. Il est certain que nos activités contribues à certaines pollutions. Mais la plus part des savants s'accordent pour dire que cet augmentation de T° du climat n'est pas la première et que c'est plutôt les facéties du soleil et de nos volcans qui en sont les principales causes. Les différentes ères de glaciations et réchauffements de notre planète au cours des âges ne semblent ils pas nous démontrer ce propos ? Surtout lorsque dans les champs qui entourent mon exploitation (Aisne)je trouves, en surface, (il est vrais très rarement) des plaques de calcaire avec des fossilisations de branches de palmiers ! (origine quaternaire) même en tenant compte de la dérive des continents, il semblerait que ce ne soit pas la première foi que nous vivons un tel réchauffement dans l'hémisphère Nord. Les météorologues disent aussi que la masse nuageuse (H2O) à bien plus d'effet de serre que le CO2 ?? quoiqu'il en soit ils nous appartiens à tous de ménager "mère nature".

D'accord avec toi pour faire litière de l'alarmisme ambiant concernant le réchauffement climatique actuel, mais de là à affirmer qu'il n'y a aucune présomption de la responsabilité, au moins partielle, de l'humanité dans le phénomène me paraît tout de même exagéré. De plus, dire qu'une majorité de climatologues pensent qu'il s'agit simplement d'une saute d'humeur de notre soleil, ou de toute autre chose d’ordre strictement naturel, cela est de la pure désinformation. Beaucoup de sites intéressants, comme Realclimate par exemple, traitent de manière objective et contradictoire ce sujet délicat en présence de scientifiques compétents dans ce domaine. Aujourd’hui, malgré quelques dissidences d’opinion persistantes, la plupart des savants s’accordent à dire que des indices de plus en plus convergents mettent en lumière un réchauffement récent important et surtout rapide. Bien sûr, dans le passé, le climat n’a cessé de changer. On peut citer l’optimum climatique médiéval, courte période de grande douceur dans l’Atlantique Nord, mais à ce propos, des études glaciologiques récentes ont démontré que ce radoucissement climatique fut relativement confiné géographiquement, au contraire de celui-ci, plus global et généralisé, excepté pour certaines zones de l’hémisphère sud. Tu fais référence également aux cycles de variation orbitale de notre planète autour de notre étoile, les fameux paramètres de Milankovitch. Ces modifications d’insolation se font sur des milliers d’années et les vitesses actuelles de notre réchauffement sont trop rapides pour être expliquées par cela. J’ajouterai qu’André Berger, de l’université de Louvain en Belgique, a calculé qu’aucune glaciation ou réchauffement important n’est à attendre dans les 50.000 prochaines années. Le soleil a-t-il pu influencer le climat récent ? C’est fort possible, vu la recrudescence des maxima solaires ces cinquante dernières années. Là encore, l’Institut Max Planck, à Hambourg, a démontré que l’incidence solaire ne pouvait être supérieure à 30% pour les trois dernières décennies. Cette variabilité naturelle ne signifie pas pour autant que l’homme soit incapable de le perturber par ses activités industrielles. Au contraire, le réchauffement contemporain ne peut s’expliquer qu’en faisant intervenir à la fois les facteurs humains et naturels. Il est en effet indéniable que l’effet de serre augmente, et ce, en réponse au dégazage de milliards de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère. Il est bien sûr difficile d’évaluer précisément l’effet sur le système climatique de ces perturbations anthropiques. Mais rien ne fera qu’une molécule de gaz carbonique cesse de retenir le rayonnement infrarouge au sein de la troposphère. Les fourchettes données par le GIEC reflètent d’ailleurs parfaitement ces incertitudes. Pour moi, ce débat est dépassé.
C’est tellement vrai que même Climate Global Coalition, un groupe de pression constitué d’entreprises américaines adversaires de la thèse anthropique voit ses membres parmi les plus influents le quitter tour à tour (je pense à Shell, General Motors et Ford).
Pour conclure, au-delà des doutes indispensables à la science, certaines réalités géophysiques sont suffisamment maîtrisées aujourd’hui pour que nous réagissions maintenant, au regard des conséquences potentiellement déstabilisatrices pour nos sociétés.

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juillet 2008

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