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Climat futur de l’Europe : le jour d’après ?

Le changement climatique continue de faire parler de lui tandis que le ciel souffle le chaud et le froid sur l’Europe. Une nouvelle canicule s’abat sur le centre du continent alors que l’ouest retrouve des conditions à peu près estivales après près d’un mois d’humidité et de fraîcheur…

Gulfstream_2 Les théories sur le réchauffement climatique vont bon train, notamment concernant un hypothétique ralentissement ou arrêt du gulf stream. Cette théorie tient de moins en moins la route. Le gulf stream, courant de surface, est en effet très stable comme le confirme le centre de Hadley en Angleterre. C’est en revanche d’une façon plus globale au niveau de la circulation thermohaline en profondeur, courant qui fait remonter l’eau chaude des tropiques vers le nord, que quelques questions se posent. Chutant de 20 millions de m3 par seconde à seulement 14 millions (soit –30%), la circulation thermohaline montrerait un déclin d'environ 30% du flux océanique “général” ainsi que des changements de la circulation de retour en profondeur. En particulier, le flux dans la partie la plus enfouie du courant de retour, entre 3000 et 5000 mètres sous la surface, s'est réduit.

Thermohaline_2 La cause, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne serait pas due à la fonte des glaces de l’Arctique mais à une augmentation sensible de la pluviométrie dans l’Atlantique nord, elle-même due au réchauffement constaté depuis quelques décennies (plus de chaleur = plus de vapeur d’eau = plus de pluie). Certains scientifiques ou pseudo scientifiques nous promettaient parfois un climat rigoureux proche du Québec en France… ce qui relève davantage du fantasme que de la science. L’Europe étant située à l’ouest d’une zone continentale, comme la Colombie-Britannique au Canada, la Californie aux Etats-Unis, l’ouest de l’Afrique… subit simplement le courant d’ouest général simplement du à la rotation de la Terre, d’où un climat doux et tempéré avec peu d’extrêmes. Pour que nous connaissions un climat proche de celui du Québec (très froid en hiver), il faudrait donc « tout simplement » que la planète se mette à tourner à l’envers !

Les causes d’un arrêt ou d’une déviation de la circulation thermohaline seraient minimes en France et en Europe occidentale, tout au plus une baisse de 0,5 degré selon les climatologues de Météo-France, soit un retour au début des années 1990, période déjà chaude, un peu moins qu’actuellement. Et ce n’est même pas certain.

Concernant l’influence de l’activité solaire sur notre climat, elle existe mais reste faible et les tempêtes solaires qui se produisent tous les onze ans ont bien des influences sur le magnétisme, mais aucune sur le climat. C’est le rayonnement du soleil en lui-même, quelque eu fluctuant, qui abaisse ou augmente la température terrestre (comme lors du petit âge glaciaire). Le fait est que ce rayonnement… baisse légèrement depuis 20 ans (alors qu’au contraire le climat s’est brutalement réchauffé).

Bref, le jour d’après est et restera du cinéma. Selon les dernières estimations, le climat va continuer de se réchauffer en Europe et dans le monde. Ce qui ne veut pas dire que nous ne connaîtrons pas de vagues de froid en hiver et d’étés pourris. Leur fréquence devrait simplement continuer à décroître. Un événement pourrait nous plonger brutalement dans le froid : une ou plusieurs éruptions volcaniques majeures ; les poussières rejetées dans l’atmosphère feraient alors écran au soleil et la température globale pourrait chuter de plusieurs degrés !

Frédéric Decker

En avril, découvre-toi d’un fil, en juillet, remets ton gilet !

Juillet07Après trois saisons consécutives records de chaleur en France et en Europe occidentale, le ciel prend un aspect de plus en plus morose pour les grandes vacances…

L’été s’est manifesté en avril cette année. Souvenez-vous la première vague de chaleur, particulièrement précoce autour du 15, puis lors de la dernière huitaine du mois. Les records de chaleur pleuvent, notamment sur les températures moyennes mensuelles et le nombre de jour de chaleur exceptionnellement élevé sur pratiquement toute la France à l’exception… des régions les plus méridionales ! L’ensoleillement pulvérise tous les records, parfois tous moins confondus comme à Strasbourg où le soleil a brillé 346 heures ! La chute fut rude en mai (184 heures de soleil, c’est peu, mais loin des records de faibles ensoleillement). Le soleil se montre beaucoup plus rarement, il pleut souvent, abondamment, et il fait frais… en apparence, car les températures dépassent encore les moyennes d’1,5 degrés en moyenne nationale ! À Strasbourg toujours, l’ensoleillement de juin reste inférieur à 200 heures : 191 heures seulement ! C’est très faible, mais encore une fois assez loin des mois de juin les plus pourris. Il faut une nouvelle fois composer avec des pluies fréquentes et abondantes, et une fraîcheur… toujours apparente puisque juin, comme son prédécesseur, dépasse la moyenne saisonnière de 1,5 degrés !

Juillet reste dans la continuité de mai et juin en terme de pluviosité et d’obscurité : il pleut souvent, beaucoup et le soleil joue très souvent à cache-cache avec les nuages (il perd toutes les parties le bougre !). En revanche, cassure dans la douceur persistante depuis… le premier jour de l’été ! À partir du 21 juin en effet, le flux change d’orientation, passant du sud-ouest au nord-ouest. Il se maintient depuis entre le nord et l’ouest. Conséquences : un temps pourri ! En plus de l’humidité et de la couverture nuageuse, il faut cette fois-ci supporter une véritable fraîcheur, entretenue par un vent souvent sensible. Les vacanciers qui ont choisi de migrer au nord de la Loire connaissent donc des conditions météo dignes de la Toussaint. Si c’est « moins pire » dans le sud, rien de très réjouissant tout de même : pluie et fraîcheur s’invitent régulièrement sur l’Aquitaine et le sud-ouest. Autour de la Méditerranée, si le soleil brille souvent, mistral et tramontane soufflent un peu trop fréquemment au goût des juilletistes, et ils ont une fâcheuse tendance à refroidir la mer…

Le proche avenir n’est guère réjouissant : nous devrions rester dans une flux d’ouest dominant durant les 10 à 15 prochains jours, plutôt frais donc, plutôt humide toujours… ce qui contredit à 100% les tendances saisonnières qui annonçaient un mois de juillet chaud ! L’été serait-il terminé ? La bascule peut être rapide… même si elle reste hors de portée des modèles météo à ce jour !

Frédéric Decker