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Quid du petit âge glaciaire

La planète a connu, en gros entre 1550 et 1850 (mais surtout entre 1570 et 1730), un « petit âge glaciaire », période où la température s’est abaissée d’un degré en moyenne notamment sur l’hémisphère nord. Cela peut paraître peu, mais cela a suffi pour que les glaciers avancent rapidement et la banquise progresse vers le sud.

Le réchauffement que nous connaissons depuis une trentaine d’années est légèrement inférieur à un degré, mais les conséquences sont tout à fait mesurables, avec des vagues de chaleur en recrudescence, des gelées plus rares et plus modérées l’hiver…

Bien sûr, tous les hivers n’étaient pas glaciaux durant ces siècles de froidure, il arrivait même qu’il fasse aussi doux que nos derniers hivers (l’hiver 1603-1604 se serait produit sans gelées selon les écrits de l’époque). Et si les étés étaient régulièrement pourris, froids et très pluvieux, quelques périodes de canicule se sont tout de même produites (en 1650 et 1700 par exemple).

Bruegel Les hivers sont donc régulièrement très froids et neigeux. Les hivers 1607-1608, 1613-1614, 1623-1624, 1657-1658 (la Seine prise par les glaces durant trois semaines), 1659-1660, 1708-1709 (-26 degrés à Paris, tous les oliviers périssent près de la Méditerranée), 1739-1740, 1788-1789, 1794-1795 (-23,5 degrés à Paris), 1811-1812, 1829-1830 (-17 degrés à Paris, -28 degrés à Mulhouse) furent sans doute les plus froids, avec des températures s’abaissant jusqu’à –25 degrés sur une grande partie de la France et des neiges très abondantes. L’hiver 1788-89 notamment a été très long et glacial. La végétation en a beaucoup souffert et les productions ont été très faibles cette année-là (sécheresse puis orages destructeurs le 13 juillet 1788) et l’année suivante, frappée par ailleurs par une sécheresse de printemps exceptionnelle. Les conditions climatiques ont donc quelque peu contribué à la révolution française !

Printemps et étés étaient souvent frais avec des gelées qui se poursuivaient régulièrement jusqu’en mai, voire en plein cœur de l’été ! Les années 1709 et 1740 se sont déroulées pratiquement sans chaleur. Dans le cas de 1740, les écrits de l’époque évoquent un hiver continuel durant toute l’année… 1745 est nommée l’ « année des blés mouillés » en raison des pluies incessantes et du froid de juin à septembre. L’année 1816 fut l’année sans été, plus particulièrement en Amérique du Nord. Au Canada, il neigea jusqu’en juin… et dès le mois d’août !

Ce refroidissement climatique est du selon les hypothèses les plus vraisemblables :

- à une succession de fortes éruptions volcaniques qui auraient envoyé d’énormes quantités de poussières dans l’atmosphère, celles-ci réduisant ensuite le rayonnement solaire au sol,

- à une nette baisse de l’activité solaire

      - peut-être à un ralentissement de la circulation thermo haline au large de l’Europe.

Le prochain petit âge glaciaire, c’est pour quand ? Nous serions actuellement arrivé pratiquement au terme d’un optimum climatique, on peut donc penser que les températures auraient tendance à baisser au cours des prochains siècles… mais le réchauffement climatique actuel devrait largement compenser cette baisse qui, du coup, resterait une hausse… mais restons prudents sur ces conclusions !

Frédéric Decker