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Encore un janvier printanier

Janvier 2007 avait battu les records de douceur en Europe et en France sur 50 ans au moins, et même plus de 200 ans selon les chiffres les plus anciens dont nous disposons. La durée retour d’un mois de janvier est donc élevée, de l’ordre de 50 ans au moins, voire beaucoup plus. Un événement semblable s'est déjà produit toutefois en 1974 puis 1975, les deux mois de janvier les plus chauds avant que n'arrivent ceux de 1988 puis 2007.

Pourtant, janvier 2008 jusqu’à aujourd’hui fait aussi exception. En France, en dehors de la frange est du pays, allant de Lille à la Corse en passant par Dijon, Strasbourg et Nice où les valeurs de 2008 sont légèrement inférieures à celles de 2007 (de l’ordre de 0,1 à 1,5 degrés), les 23 premiers jours du mois se placent généralement au premier rang devant janvier 2007. C’est le cas par exemple à Lyon (7,2 degrés en janvier 2008 au lieu de 6,4 degrés l’an dernier), à Marignane (9,6 degrés au lieu de 9,1), à Toulouse (8,4 degrés au lieu de 7,0), Biarritz où l’écart est largement positif (10,6 degrés au lieu de 8,8) ou encore Brest (8,9 degrés contre 8,6 degrés en janvier 2007). À Paris, où les chiffres remontent à 1780, nous égalons le record de l’an dernier avec 7,9 degrés. Il n'a gelé qu'une seule fois dans Paris, mais janvier 1988 n'avait pas du tout connu de gel dans la capitale. Il est à noter par ailleurs que les trois premières semaines de janvier 2007 ont été beaucoup plus douces que cette année, mais la moyenne s’était abaissée ensuite en raison d’une dernière décade plus froide, et d’un coup de froid relativement marqué notamment dans l’est autour du 25.

Les moyennes du mois en cours devraient toutefois quelque peu « se tasser ». Les conditions anticycloniques à venir vont assurer un temps calme mais sans doute plus froid, avec des gelées assez nombreuses, même si les valeurs ne s’abaisseront pas autant qu’en janvier 2007. L’ensoleillement et l’air doux en altitude devraient en revanche assurer des après-midi assez doux, avec une dizaine de degrés sur les deux-tiers ouest du pays. Le bilan en toute fin de mois devrait donc être très proche de janvier 2007, voire un peu en dessous thermiquement grâce aux gelées nocturnes.

Frédéric Decker

2007 en France : des saisons décalées !

L’année 2007 a connu des saisons marquées… mais hors normes. Après l’automne 2006 exceptionnellement chaud, l’hiver 2006-2007 est resté sur la lancée puisqu’il s’agit en France de l’hiver le plus chaud depuis que des relevés météo fiables existent (150 ans). Le printemps en hiver, avec un mois de janvier chaud (3 degrés d’excédent) dont une nuit qui a vu des températures stagner autour de 13 degrés au nord de la Loire, du jamais vu au cours de ce mois normalement le plus froid de l’année. Une grande douceur a encore régné en février. Et cette douceur s’est généralement manifesté malgré la présence de hautes pressions. Les précipitations ont donc été faibles, l’enneigement mauvais en montagne (les skieurs s’en souviennent !) et la sécheresse battait son plein près de la Méditerranée.

Actu300407 Après un mois de mars proche des moyennes saisonnières malgré un milieu de mois ensoleillé et très doux, l’été s’invite brutalement en avril : les températures s’envolent tout au long du mois, les 30 degrés sont atteints localement au nord de la Loire, Paris compte 10 jours de chaleur, du jamais vu là encore. Avril 1893, qui détenait bon nombre de records jusqu’ici, est effacé des tablettes. Outre la chaleur exceptionnelle, la sécheresse fut extrême (pas une goutte à Melun, Reims ou Lille) et l’ensoleillement a atteint des sommets (80% du maximum théorique au nord de la Loire, 346 heures de soleil à Strasbourg, record tous mois confondus). Les pelouses sont déjà jaunes fin avril et l’on craint la canicule et la sécheresse pour les mois suivants…

Actu270707 Mais après plusieurs mois de blocage, l’anticyclone en décidera autrement… en nous quittant sans coup férir. Dès début mai, un courant dépressionnaire d’ouest s’installe et les perturbations se succèdent sur la France, alternant avec de courtes accalmies et des périodes orageuses. Bien que peu ensoleillé (186 heures de soleil à Dijon) et pluvieux (192 mm à Biarritz, 255 mm à Ambérieu), mai est chaud (mais moins qu’avril) avec 1,5 degrés d’excédent. Le temps perturbé va se poursuivre… tout l’été ! Juin, juillet et août sont des mois fréquemment et abondamment arrosés. Perturbations et orages apportent des quantités de pluie souvent remarquables. La période de juin à août bat un record de faible ensoleillement sur 50 ans sur le bassin parisien. Près de la Méditerranée, le soleil brille mais mistral et tramontane s’invitent un peu trop souvent au goût des estivants, rafraîchissant la mer qui affiche parfois une petite quinzaine de degrés… moins qu’à Dunkerque ! Malgré cet aspect pourri, les températures ne battent pas de records de fraîcheur. Juin est même un peu plus chaud que la moyenne, alors que juillet et août présentent un léger déficit, de l’ordre de 0,5 à 1 degré. Cet été ressemble à celui de 1977, aussi pourri mais beaucoup plus frais.

Nouveau basculement fin août - début septembre : exit le courant d’ouest perturbé ! Les conditions anticycloniques reviennent en fanfare et s’installent… pour tout l’automne ! La sécheresse bat son plein sur l’ensemble de nos régions et les épisodes pluvieux, normalement fréquents en cette saison en Méditerranée, se font attendre… Le soleil brille souvent, durablement, comme pour se faire pardonner de cet été calamiteux. Les températures sont un peu au-dessous des moyennes, sans plus. Une première offensive hivernale s’impose mi-novembre avec une chute du thermomètre (jusqu’à –10 degrés dans le sud-ouest) et quelques flocons dans l’est. Il faut attendre la fin novembre pour revoir des perturbations et la douceur océanique qui l’emportent qu’au 10 décembre. Un énième blocage anticyclonique nous concerne alors, apportant une fois n’est pas coutume beaucoup de soleil (assez rare en hiver !), un froid modéré assez durable et un temps à nouveau très sec.

Une année donc peu ordinaire, exceptionnellement chaude durant son premier trimestre, un peu fraîche au cours de sa deuxième moitié, qui se situe en neuvième position parmi les années les plus chaudes depuis 1900. La période de douze mois - de juillet 2006 à juin 2007 - est la plus chaude jamais connue en France et en Europe depuis plusieurs siècles, au moins 300 à 400 ans selon le Met Office, institut météorologique britannique.

Frédéric Decker