Nargis en Birmanie ou le bilan effroyable
Un violent cyclone, nommé Nargis,
a traversé la Birmanie vendredi 2 mai. Environ 134.000 personnes ont été tuées, les sans-abri se comptent par millions… Un bilan très lourd, il faut
remonter au 29 avril 1991 pour trouver un bilan plus élevé dans le monde après
le passage d’un cyclone : 140.000 morts au Bangladesh.
Ce cyclone violent, classé 4 sur
une échelle qui compte 5 niveaux, a engendré des vents atteignant 200 à 250
km/h et une vague de 4 mètres de haut, ayant d’importantes conséquences dans ce
pays constitué en grande partie d’un delta. Son altitude est donc très basse et
la vague a pu pénétrer sans difficulté dans les terres. De plus, les pluies
diluviennes qui se sont abattues ont nettement aggravé les inondations
provoquées par la vague. Rangoon est cernée par les eaux et les aides
humanitaires se bousculent pour venir en aide à une population très marquée par
le phénomène.
En 2007, un cyclone d’une force à
peine plus faible que Nargis a frappé cette même partie du monde, faisant un
millier de morts. Le système d’alerte météo est mis en cause ces jours cis dans
l’absence de communiqués prévenant de l’arrivée de Nargis. Les services
météorologiques indiens s’en défendent, affirmant avoir prévenu 48 heures à
l’avance de l’arrivée du phénomène cyclonique.
Faut-il lier ce cyclone au réchauffement ou encore au phénomène La Niña ? La Niña a en effet tendance à renforcer la mousson humide d’été en Asie, ainsi que les phénomènes cycloniques sur tout le sud-est asiatique. On peut donc s’attendre à de nouveaux cyclones (ou typhons) d’ici la fin de l’été.
Côté atlantique, les experts
annoncent également une saison cyclonique assez intense : 13 phénomènes
tropicaux, 7 cyclones, trois cyclones violents… La Niña pourrait toutefois
modérer la saison cyclonique cette année. Mais les prévisions pour 2007
n’étaient pas très bonnes.
Enfin, peut-on lier la recrudescence des cyclones au réchauffement climatique ? Oui… et non. Non, dans le sens ou les cyclones n’augmentent pas en nombre sur la planète. Le nombre de cyclones depuis le début du 20ème siècle reste stable. Oui, car il semblerait que le nombre de cyclones violents soit en augmentation depuis une vingtaine d’années, à mettre en corrélation avec l’augmentation de la température des océans. Pas plus de cyclones sans doute dans les décennies à venir, mais probablement plus de phénomènes dévastateurs…
Frédéric Decker