Après
la tragédie d’Hautmont de dimanche soir, j’ai ouvert mon dictionnaire ce matin
pour chercher un terme une nouvelle fois employé par les médias :
mini-tornade… rien, pas de mini-tornade dans le Petit Robert… Wikipedia indique
que le terme de mini-tornade est à proscrire car le phénomène n’existe pas.
Eh OUI ! Messieurs, mesdames journalistes, ce terme que vous employez si souvent à la moindre bourrasque orageuse, que ce coup de vent retourne trois caravanes dans un camping ou qu’il détruise un village tout entier… la mini-tornade n’existe pas !
Ce terme, inventé il y a une bonne vingtaine d’années par un journaliste (journaleux !) en panne d’inspiration ne veut absolument rien dire. Autant attribuer aux tempêtes de 1999 le terme de « minis-cyclones » tant qu’on y est…
Les phénomènes orageux peuvent présenter une multitude de formes de vents dévastateurs, de la micro-rafale, ou de la macro-rafale au front de rafales, jusqu’aux rafales descendantes, et bien sûr au pire jusqu’à la tornade.
Les micro et macro-rafales sont dues à de puissants courants descendants. Une fois arrivés au sol, ils s’éparpillent sous forme de micro (diamètre de 4 km et moins, courte durée de vie) ou de macro-rafales (plus de 4 km de diamètre et plus de 5 minutes de durée de vie). Les vents peuvent alors culminer autour de 180 à 200 km/h. On en constate plusieurs cas par an en France.
Les rafales descendantes sont dus à des courants descendants exceptionnellement violents, au sein du cumulonimbus, qui ne décélèrent pas avant d’atteindre le sol. Dans ce cas, les vitesses peuvent être plus importantes encore, dépassant parfois 200 km/h, comme ce fus le cas en août 2000 dans le Val d’Yerres, dans l’Essonne. Les dégâts montrent alors clairement que les arbres, toitures et autres ont été « écrasés » par ces rafales tombant quasiment à la verticale.
Le front de rafales, situé en début d’orage, correspond à la partie antérieure d’un courant d’étalement d’un violent orage en pleine expansion. À son passage, les rafales peuvent dépasser 150 km/h.
Les termes « tempêtes », « cyclones », « typhons » que l’on peut lire dans les plus mauvais articles ou entendre dans les plus mauvais reportages sont encore moins appropriés, puisqu’il s’agit dans tous ces cas de systèmes dépressionnaires complexes à grande échelle, qui n’ont absolument rien à voir avec une tornade !
À nous, météorologues, de définir quel type de phénomène dévaste tel ou tel secteur, en détaillant les photos et vidéos à disposition, en écoutant les témoins, voire en nous déplaçant sur le lieu du sinistre. Car ce n’est pas à partir d’une image satellite ou radar que l’on pourra déterminer précisément si tornade il y a eu ou pas…
Frédéric Decker