L’été 2008 n’a pas été un bon cru pour les estivants. S’il a été moins catastrophique que l’été 2007, l’ensoleillement a souvent fait défaut et les températures n’ont pas atteint des sommets.
La chaleur a eu du mal à s’installer en juin. Il a fait globalement assez frais jusqu’au 20. Toutefois la fraîcheur n’a jamais été marquée, tout au plus 2 ou 3 degrés sous les normales saisonnières pour les jours les plus frais. La dernière décade du mois a enfin vu la chaleur s’installer durablement, et cet épisode de chaleur a suffi à rattraper le petit déficit thermique, puisque l’on note même un excédent national d’un degré sur la France pour l’ensemble du mois. Les pluies sont restées rares et faibles sur le quart nord-ouest du pays où le soleil a brillé plus longtemps qu’habituellement. Sur les autres régions, les pluies orageuses ont parfois été intenses, surtout sur les reliefs. Si l’ensoleillement a été assez généreux sur le quart nord-ouest, ce fut rarement le cas ailleurs, surtout vers l’est où les nuages ont largement obscurci le ciel.
La climatologie du mois de juillet s’est très peu éloignée des moyennes saisonnières. Comme juin, une large première moitié du mois a été un peu fraîche, surtout au nord de la Loire, mais comme en juin la chaleur s’est installée après le 20, comblant le déficit antérieur. Le bilan thermique est donc normal ; il a fait légèrement plus frais qu’habituellement près de l’Atlantique mais légèrement plus chaud près des frontières de l’est. Les pluies ont été inégales en raison des orages : faibles de l’Aquitaine au bassin parisien et autour de la Méditerranée, importantes sur la Bretagne, la Vendée et les régions du centre-est du pays. Quant à l’ensoleillement, il est resté proche des normales également, un peu faible sur le nord-est et en Bretagne ; au contraire, le soleil s’est montré plus généreux qu’habituellement sur les régions du sud-ouest.
Le mois d’août s’est montré plus mitigé :
les températures, généralement proches des moyennes de saison, accusent un très
léger déficit de 0,2 degré à l’échelon national. La chaleur ne s’est manifestée
qu’en début et fin de mois, notamment dans le sud-est. Sur une large moitié
nord, les pluies ont été abondantes, parfois plus du double des normales, alors
qu’un petit tiers sud a au contraire connu peu de pluie. On retrouve la même
répartition au niveau de l’ensoleillement avec des chiffres inférieurs aux
valeurs habituelles sur une grande moitié nord, surtout près des frontières du
nord-est (144h à Nancy au lieu de 211h normalement). Le tiers sud a connu un
ensoleillement normal, voire légèrement excédentaire.
Sur les trois mois d’été, le bilan reste donc mitigé, avec des températures légèrement plus chaudes que sur la moyenne des trente dernières années (+0,3 degré), surtout sur l’est et le sud-est (plus de +1 degré). Les pluies orageuses, comme souvent à cette période de l’année, donnent un bilan hétérogène sur la France. Les pluies ont été supérieures aux normales sur la façade atlantique, près des frontières du nord-est et sur la région Rhône-Alpes. Ailleurs, les précipitations ont été plutôt faibles, surtout autour de la Méditerranée. L’ensoleillement a été plutôt faible sur le quart nord-est du pays ; au contraire, l’astre du jour a brillé plus longtemps que d’habitude autour de la grande bleue. Ailleurs, l’ensoleillement a été conforme au normal. Bref, un été à peu près normal malgré un temps rarement stable, marqué par l’absence de conditions anticycloniques durables.
Frédéric Decker
Un été dans la suite des quelques années précédentes, avec un ensoleillement médiocre même si les températures s'en sont mieux portées, restant dans les normes. Ce "découplement" entre un ensoleillement en baisse et des températures qui restent normales n'est-il pas un signe de réchauffement de fond ?
A noter que depuis longtemps il n'est pratiquement venu aucune période de temps ensoleillé et sec durable sans tomber dans les excès de chaleur (moins de vent de N.E apportant du temps sec mais modérant les températures), l'été 2003 et Juillet 2006 seuls périodes sèches ayant été des mois exceptionnellement chauds au milieu de mois d'été (juillet/août) globalement très nébuleux. Par ailleurs, la France du Nord a connu 5 mois d'Août "pourris" consécutifs, c'est beaucoup. Affaire de cycle ?
Ces étés dépressionnaires ne remettent pas en cause l'hypothèse du réchauffement et ne confirment pas à l'inverse que l'homme soit responsable de ce dérèglement du temps. Le retour cycliquement possible d'étés secs et anticycloniques pourrait ainsi s'accompagner d'épisodes assez voire très durs en terme de chaleur. Affaire à suivre !
Rédigé par: Alain AIRAULT | 08/09/2008 à 22:36