Froid, neige, tempêtes… L’hiver qui vient de s’achever météorologiquement (l’hiver météorologique va du 1er décembre au 28 février) a été bien agité et la météo a fréquemment fait la une des journaux. Détaillons un peu le déroulement de cette saison :
Le mois de décembre a été modérément froid (1,2 degrés de déficit à l’échelon national), en raison d’un froid modéré qui s’est installé surtout à partir du réveillon de Noël. Il n’y a pas eu de véritable pic de froid, ni de grande douceur d’ailleurs. Les précipitations ont été assez faibles au nord de la Loire mais très importantes sur les régions du sud-est (185 mm à Bastia, 207 mm à Perpignan) et sur le Pays Basque (254 mm à Biarritz). Les épisodes neigeux ont été fréquents mais rarement importants. On a mesuré 5 cm à Albi (Tarn) le 26, et c’est surtout le Massif central qui a reçu beaucoup de neige mi-décembre (20 cm à Millau le 14). Un bon ensoleillement a régné dans l’ensemble sur la France. Quelques coups de vent se sont produits en Méditerranée et dans une moindre mesure près de l’Atlantique, sans atteindre le seuil de la tempête.
Janvier a été un mois véritablement hivernal, notamment sur la moitié nord. Froid et neige se sont invités durant toute la première quinzaine, avec des températures descendant à –20 degrés dans les Ardennes, -15 degrés en banlieue parisienne, ce qui ne s’était pas produit depuis janvier 1997, voire janvier 1987 ! Le déficit moyen national n’est finalement que de 1,7 degrés : le tiers sud de la France et la Bretagne ont connu des températures à peine déficitaires alors que l’écart à la normale dépasse localement –3 degrés près des frontières du nord-est. Les précipitations ont été faibles du nord-est au centre, normales à excédentaires ailleurs. Il a neigé assez fréquemment, généralement en petites quantités. Un épisode neigeux exceptionnel en revanche a frappé les Bouches-du-Rhône entre le 7 et le 8, donnant 25 cm au sol à Marseille, 30 cm à Istres et Marignane, 33 cm à Chamas et 50 cm à Mimet. Dans l’arrière pays, la neige a mis une semaine à fondre. Janvier a été globalement bien ensoleillé. L’événement du mois est le passage d’une tempête extraordinaire (Klaus) le 24 dans le sud-ouest, aussi forte voire plus que la tempête du 28 décembre 1999 un peu plus au nord… On a ainsi pu relever des rafales atteignant 161 km/h à Bordeaux, 173 km/h à Biscarrosse, 183 km/h à Perpignan, 191 km/h au Cap Béar… Les dégâts ont été considérables mais le bilan humain n’a pas été trop important : 6 morts en France, 11 en Espagne.
Février a suivi la logique de l’hiver avec des températures assez basses même si le déficit a été beaucoup plus modéré (-0,8 degré), en raison d’un début de mois froid alors que la douceur s’est installée en troisième décade. Pas de vague de froid à proprement parlé en tous cas pour ce dernier mois d’hiver… Les précipitations ont été assez abondantes, surtout sur la moitié nord en raison d’un nombre important de perturbations en début de mois. Des épisodes neigeux se sont produits, notamment le 2 avec 5 à 8 cm du Nord au Centre dans un contexte de redoux. L’ensoleillement, contrairement aux deux mois précédents, a été faible, parfois la moitié seulement du quota habituel. Le vent fait encore parler de lui avec le passage de la tempête « Quinten » au nord de la Loire le 9. Bien moins forte que « Klaus » en janvier, elle provoque tout de même des dégâts, avec des rafales atteignant parfois 130 km/h dans les terres du Poitou à la Bourgogne jusqu’au sud du bassin parisien.
Un hiver donc froid dans sa globalité, avec un déficit proche de 1,5 degrés, comme l’hiver 2005-06, marqué par un froid moins vif que cette année mais plus durable. Les écarts de précipitations et d’ensoleillement sur la saison sont assez réduits, mais avec une répartition très inégale (décembre et janvier ensoleillés ont été compensés par un mois de février bien sombre). Les phénomènes violents (vague de froid, épisodes neigeux et tempêtes) auront donc marqués les esprits, même s’ils font parti de la variabilité naturelle de notre climat tempéré (et qu’ils ne sont donc pas à rattacher au réchauffement climatique).
Frédéric Decker