Qui ne connaît pas ce dicton : « en avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te plaît »… Sur le calendrier, le mois de mai se situe à la fin du printemps, mais le ciel peut encore nous jouer des tours, y compris cette année après un mois d’avril bien agréable au nord de la Loire…
Si avril a été très lumineux sur les deux-tiers nord de la France, mai fait plutôt grise-mine depuis son début, avec par exemple 54 heures de soleil à Paris du 1er au 17, alors que la normale est de 111 heures. Il est vrai que les nuages se succèdent en rangs serrés depuis le jour du muguet et que les averses tombent fréquemment. Mais ne nous plaignons pas trop : malgré l’humidité ambiante, les températures restent de saison, ni plus ni moins.
Masses d’air chaud et d’air froid se mènent un combat sans merci au-dessus de nos têtes traditionnellement en mai, et il est très rare d’avoir un mois de mai uniformément chaud ou froid. Grande fraîcheur et fortes chaleurs peuvent se suivre de très près à cette période de l’année. Le 1er mai 1945 par exemple, Paris se réveille avec 0 degré au thermomètre et surtout… 8 cm de neige au sol (plus que l’hiver dernier !!). Seulement 9 jours plus tard, le 10 mai, le thermomètre affichait 30 degrés l’après-midi…
Le 18 mai 1935, Paris connaît se chute de neige la plus tardive… qui tient au sol durant quelques heures avec 3 cm. Ce jour-là, il fait 0 degré le matin, et pas plus de 6 degrés au plus « chaud » de la journée. Mais il tombe jusqu’à 20 cm de neige dans l’intérieur de la Normandie, davantage encore côté anglais ! Il a également neigé début mai 1979.
Plus près de nous, le 7 mai 1997, Tours se réveille sous 5 cm de neige… alors qu’il faisait 27 degrés… trois jours avant !! Mai 1997 est d’ailleurs globalement doux, cette chute de neige fut donc un « accident » climatique…
En 1902, il faut attendre le 24 du mois pour enfin atteindre le seuil des 20 degrés, le 21 l’année d’après, le 22 mai en 1951, le 30 mai ( !!!!) en 1957…
Le 21 mai 1908, c’est le plein été, avec 29,2 degrés à Paris !!! Le lendemain, c’est… la fin de l’automne avec 10,9 degrés au plus « chaud » de l’après-midi, soit une chute de plus de 18 degrés en 24 heures !
En 1910, du 1er au 12, le thermomètre ne dépasse jamais 15 degrés ! Mais le 12 mai 1912, il fait 33 degrés…
En 1923, mai démarre sur les chapeaux de roue, avec 22 à 29 degrés du 1er au 8… Mais du 9 au 31, on ne repassera plus la barre des… 19 degrés !
En mai 1941, les 20 degrés ne sont dépassés que durant 3 jours (avec un maximum absolu de 21 degrés seulement le 21 !), et ce sera pire en 1984 avec deux jours au-dessus de 20 degrés, avec pour « record de chaleur du mois » 20,1 degrés le 5 !
En mai 44, c’est l’inverse avec près de 35 degrés les 29 et 30, et 4 jours consécutifs avec plus de 30 degrés…
Le mois de mai 1998 compte… 14 jours de chaleur (plus de 25 degrés) pour une normale de 3 jours!
Bref, il peut se passer tout et n’importe quoi côté météo dans notre ciel, et le dicton cher à notre cœur ne tient pas la route. Il aurait été difficile de sortir bras nus le 1er mai 45 ou le 18 mai 1935, non ?