Le mois de septembre s’est déroulé dans un contexte d’ « été indien » sur la France avec de belles journées et des températures agréables. Mais malgré un ressenti très favorable, aucun record n’est tombé, on en est même resté assez loin.
Les températures sont excédentaires partout, avec un excédent moyen de 1,3 degrés à l’échelon national. Septembre est le septième mois consécutif « trop chaud » sur notre pays par rapport aux normales 1971-2000. Il faut remonter au premier semestre 2007 pour trouver une anomalie positive aussi récurrente, mais entre septembre 2006 et juin 2007, on dénombrait dix mois chauds consécutifs (un record) !
La chaleur de ce mois de
septembre a été généralement modérée mais durable, avec un pic les 7 et 8. Les
températures ont souvent dépassé 30 degrés au cours de ces deux jours, sans
atteindre de records.
Les précipitations ont été
faibles partout à l’exception de la Côte d’Azur qui a bénéficié de pluies
orageuses. Ailleurs, les pluies sont restées rares et faibles, se concentrant
sur les quatre premiers jours du mois. Il est souvent tombé moins de la moitié
d’un mois de septembre normal au nord de la Loire, sur le centre-ouest ou
encore le Roussillon. À Strasbourg, il n’est tombé que 13 mm pour une normale
de 62 mm. Si ce mois a été sec, il n’a pas fait tomber de record : en
septembre 1985 et 1997, il n’avait pratiquement pas plu sur une grande partie
du pays. La sécheresse estivale se poursuit donc et il faut espérer un automne
et un hiver correctement arrosés pour appréhender le printemps et l’été 2010 en
toute quiétude. Les tendances saisonnières ne vont pas vraiment dans ce sens
puisque les mois à venir risquent de rester secs (fiabilité de 65% toutefois).
Le soleil a largement brillé au
cours de ce mois de septembre, et l’excédent est général. C’est près de la
Méditerranée, sur le Lyonnais ou encore le bassin parisien que les excédents
sont les plus faibles. En revanche, la façade atlantique et la Bourgogne ont
connu un net surplus d’heures ensoleillées. À Dijon par exemple, le soleil a
brillé 226 heures pour une normale de 172 heures. Mais là encore, aucun record
n’est tombé, septembre 1997 ayant connu un ensoleillement nettement plus élevé
que cette année (266 heures à Dijon pour comparaison).
Les conditions anticycloniques
omniprésentes expliquent bien évidemment ces anomalies. L’anticyclone, proche
du Royaume-Uni, a peu bougé au cours de ces dernières semaines, détournant le
courant perturbé beaucoup plus au nord, vers l’Islande et la Scandinavie, ou
vers le sud en Méditerranée. Cet énième mois chaud n’est pas forcément lié au
changement climatique, même s’il se situe dans un contexte de réchauffement,
bien établi en France depuis 1988.
Frédéric Decker