La sécheresse a largement dominé durant la majeure partie de l'année sur la plupart des régions, notamment de janvier à mai puis de septembre à octobre, selon Frédéric Decker de MeteoNews.
Après un mois de décembre 2010 froid, neigeux et pluvieux, les conditions météo se calment subitement peu après Noël, calme qui durera tout le reste de l'hiver. Les stations de montagne, peu enneigées, attendent impatiemment les intempéries de mars et avril pour espérer le retour même tardif de l'or blanc. Il n'en sera rien : un blocage anticyclonique exceptionnel s'installe pour trois mois sur la France, occasionnant une sécheresse printanière record : il tombe parfois moins de 20 mm (en trois mois !!!) au nord de la Seine, et généralement moins de 50 mm de la frontière belge aux Charentes. Une sécheresse aussi extrême ne s'était pas vue depuis 1785 ! Le Languedoc-Roussillon et l'est de la Corse ont tiré leur épingle du jeu, seules régions à avoir connu des pluies excédentaires au cours de ce printemps historique (également le plus chaud et extrêmement ensoleillé).
Contre toute attente et malgré des tendances météo alarmistes, la pluie revient en force en juin, sous forme d'orages parfois violents. Ces précipitations atteignent leur paroxysme en deuxième quinzaine de juillet au retour d'un courant... dépressionnaire océanique ! Les pluies de début août continuent de tomber fréquemment avant de s'atténuer sensiblement en deuxième quinzaine du mois. Au final, l'été est bien arrosé (sans atteindre de records), notamment sur un grand quart nord-ouest, en région Rhône-Alpes et en basse vallée du Rhône. Le sud-ouest, le nord de la Lorraine et la Corse connaissent des précipitations estivales davantage "dans les normes", voire légèrement en dessous. Malheureusement, ces pluies sont arrivées trop tard et ont ruisselé en grande partie à la surface du sol. Les pluies d'été sont réputées comme étant "inefficaces", plus particulièrement après un printemps très sec. Seule consolation : les céréales ont pour la plupart évité un échaudage qui paraissait inévitable.
La situation de blocage exceptionnelle du printemps fait son retour... dès septembre pour se poursuivre jusqu'au 30 novembre ! Les précipitations sur trois mois sont souvent inférieures à 100 mm au nord de la Loire ainsi qu'entre Toulouse et le Périgord. A contrario, le pourtour méditerranéen connaît un automne très pluvieux (à l'exception de l'ouest de la Corse), en raison notamment d'épisodes pluvieux exceptionnels répétitifs entre le 25 octobre et le 10 novembre, provoquant évidemment de nombreuses inondations.
Le long épisode sec automnal s'est brutalement stoppé dès le 1er décembre au retour du courant perturbé d'ouest. Les zones pluvieuses se sont très rapidement succédées, permettant de dépasser 100 m (voire 150 mm !) sur la moitié ouest du pays. Ces pluies sont les bienvenues après une année difficile et peuvent enfin gagner nos précieuses nappes phréatiques.
Les précipitations, en moyenne nationale, présentent un déficit de 20% en 2011, essentiellement à cause des saisons intermédiaires très sèches, voire arides (printemps). Si la pluie a fait son retour en fin d'année, ne crions pas victoire trop tôt : il faudrait que ces pluies abondantes se poursuivENT jusqu'à début mars pour éliminer totalement la sécheresse et remplir convenablement nos nappes phréatiques.
Frédéric Decker, MeteoNews