Influence maritime

Pour faire suite à quelques remarques concernant des divergences entre les données actuelles et la prévision, prenons le cas de Los Angeles.

Dans la plupart des cas, les stations météorologiques de référence sont localisées dans les aéroports. Or ces derniers ne se situent presque jamais en ville. Les relevés météo ne reflètent donc rarement la réalité des centre-villes, îlots de chaleur. Dans le cas de Los Angeles, l'écart est encore plus flagrant. L'aéroport international se situe en bord de mer, soumis à une brise marine fraîche. Ainsi, il n'est pas rare de voire plafonner le thermomètre à 23 degrés l'après-midi à l'aéroport, alors que l'on enregistre 30 degrés au centre-ville (downtown) et même parfois 35 degrés sur les collines de Beverly Hills.

En général, dans ces cas extrêmes, la prévision se réfère au centre-ville. Cette prévision n'est donc pas à mettre en cause, car différente du relevé de l'aéroport, mais il est préférable de se dire qu'il existe deux microclimats particuliers. Dans un cas encore plus extrême, on observe une différence encore plus marquée entre l'aéroport de Lima-Callao (souvent dans le brouillard) et le centre-ville de Lima.

Nouvelle offensive hivernale sur l'Europe occidentale ?

Après quelques jours printaniers  du moins au niveau de la température - mais souvent humides - les hautes pressions ne se sont toujours pas décidées à s'installer de façon durable sur l'Europe occidentale. Pire, une masse d'air polaire pourrait gagner les îles Britanniques, le Benelux et le nord de la France durant la journée de mercredi 5 avril. Si la nuit de mercredi à jeudi est en partie dégagée, des gelées assez sévères sont probables sur une large moitié nord de la France, de la Suisse, sur le Benelux et une grande partie de l'Allemagne comme le prévoit la carte des températures Tminjeudici-après. Cette situation représente toujours un danger potentiel élevé pour l'agriculture, surtout durant la période où les plantes deviennent très sensibles au froid.

Enfin, si la saison des tornades  a débuté aux Etats-Unis, ce genre de phénomène est plus inédit à pareille période, qui plus est sur le nord de l'Allemagne. Et pourtant, au passage d'un front froid actif, la région de Hambourg a été touchée par une tornade. Voici une Wirbelphoto de cette dernière prise par un particulier. Pour appréhender la puissance et les conséquences du phénomènes, il suffit de consulter les différents clichés après le passage de la tornade.

Hiver glacial

L'hiver météorologique (dans l'hémisphère nord) vient juste de s'achever le 28 février dernier. Les premiers bilans font la une - ou presque - dans la presse européenne. En résumé, cet hiver 2005-2006 aura été l'un des plus froids des 20 dernières années sur une grande partie de l'Europe. C'est le cas notamment dans le nord-est de la France, sur le Benelux, en Suisse, en Allemagne et évidemment dans les pays d'Europe centrale et orientale.

Cette situation résultait en grande partie de la présence d'un puissant anticyclone centré sur l'Atlantique nord, lequel bloquait toute circulation océanique d'ouest ou de sud-ouest dans nos régions. Au contraire, devant contourner cette vaste zone de hautes pressions, les masses d'air nous arrivaient par le nord-ouest, le nord ou le nord-est, ce qui explique les températures très froides enregistrées cet hiver, aussi bien par temps perturbé et neigeux que par temps sec ventilé par une bise glaciale.

A quelques trop rares exceptions, les situations douces de sud-ouest ont été pratiquement inexistantes par la fréquence mais aussi par la durée. Du coup, l'impression (la réalité aussi) de froid prévaut depuis fin novembre jusqu'à présent.

Si la position sur l'Atlantique nord de ce puissant anticyclone a valu un temps froid sur l'Europe, c'est la situation inverse qui a prévalu sur les Etats-Unis, notamment en janvier, l'un des plus chauds depuis le début des mesures météorologiques. A l'ouest de l'anticyclone, le vent s'orientait en effet au sud-ouest et faisait affluer une masse d'air subtropical sur les Etats-Unis. Cette situation s'est brusquement interrompue en février avec l'irruption d'une tempête de neige mémorable sur le nord-est du pays, dans la région de New York en particulier.

Cet exemple pour montrer qu'en dépit d'un réchauffement global constaté, la variabilité des situations météorologiques restera toujours à l'origine de très forts contrastes d'une région à l'autre et que des épisodes très froids pourront toujours survenir durant quelques jours, voire de longues semaines...

Evénements météorologiques et surmédiatisation

La fréquence et l'intensité des événements météorologiques extrêmes ont-elles augmenté durant ces 10 dernières années ?

Il est vrai que dans le contexte d'un réchauffement global, la tendance médiatique voudrait lui imputer à peu près tout ce que l'on considère comme anormal.

Il est très difficile de se montrer catégorique pour répondre à cette question fondamentale, mais pour tenter d'y répondre, il est important de prendre en considération les éléments suivants:

-La couverture médiatique est telle - grâce aux moyens technologiques actuels - qu' il ne se passe plus un événement météorologique dans le monde qui ne soit pas relayé dans les minutes ou heures qui suivent à la télévision ou sur la toile. Ce n'était pas le cas voici 30 ans, encore moins voici 100 ans. Souvent impressionnantes, ces images sont généralement très prisées par les médias.

-Dans le même ordre d'idée, une très forte inégalité de traitement des ces images peut également nous induire en erreur. Toute l'attention médiatique s'est concentrée sur les cyclones qui ont touché les Etats-Unis cet automne, alors que dans le même temps, des typhons en série ravageaient Taiwan, le Sud-est de la Chine ou le Japon, dans une quasi indifférence générale.

-Autre élément important à prendre en considération est la question des bilans. Les bilans liés aux événements météorologiques sont matériels (coût) et/ou humains, mais jamais ou trop rarement sur la puissance réelle (rafales de vent, cumul pluviométrique) de ces catastrophes. Si Katrina fut le cyclone le plus cher de l'histoire, il est erroné de dire que c'était le plus violent. Avec une population mondiale en constante augmentation et un bâti de plus en plus dense, il est logique que les dégâts coûteront de plus en plus cher à l'avenir. Les projections des grandes sociétés de réassurance vont également dans ce sens.

-Pour suivre au quotidien la météo dans le monde depuis plus de 5 ans, il ne se passe pas un seul jour, sans qu'un événement météorologique d'importance se produise quelque part sur le globe. Mais le traitement ou non de ces événements dépend avant tout de critères subjectifs et émotionnels. Souvent impressionnantes, la demande pour ces images est forte. Mais une hausse de la demande guidée par la surmédiatisation ne rime pas forcément avec augmentation de ces événements.

En conclusion, pour autant que l'on puisse en tirer une, il est possible que les événements météorologiques extrêmes aient augmenté en fréquence et intensité au cours de ces 10-20 dernières années, mais certainement pas autant que l'on voudrait nous le faire croire.