Les enfants de la Baixada Fluminense - I
Accompagnez-nous chaque semaine sur TV5.org dans les coulisses du projet My Petit Mundo, au cours de nos rencontres avec les enfants et leurs univers, au travers de leurs histoires, jeux, chants, danses, traditions, animaux, préférés, de par le monde…
Brésil, Rio de Janeiro. 8h30. Après une ou deux tasses de café, les yeux encore à moitié fermés, toujours légèrement marqués par le décalage horaire, nous quittons tranquillement les hauteurs de Santa Teresa, jonché sur les hauteurs de Rio de Janeiro, afin de nous diriger vers la banlieue nord de la Baixada Fluminense. Là où se dérouleront nos toutes premières rencontres avec les enfants, sur un voyage d’une durée totale d’environ dix mois. Nous traversons la ville, dépassons les favelas qui surplombent Rio depuis leur colline verdoyante. Nous nous éloignons de l’effervescence urbaine, quittons bientôt le macadam pour nous retrouver au sein de municipalités dépouillées, où les évacuations d’égouts n’existent pas.
... Où il n’y a pas de déchetterie. Où les bouteilles et sacs en plastique jonchent ici et là. Au milieu du quartier. Les baraques de un à deux étages se succèdent. Sommaires. Les rues semblent calmes. La population vaque, à pied ou en vélo. Nous croisons une Jeep. Quelques boutiques. Des regards étonnés. Mais rien ne semble a priori sortir de l’ordinaire. Le calme règne. Nous nous sentons en sécurité. A l’abri de notre véhicule, en compagnie des membres de l’association Solidarité France Brésil (SFB), qui œuvre dans la région depuis maintenant très exactement 20 ans.
Le massacre de la Baixada Fluminense
Pourtant, au cœur de la Baixada Fluminense, nous ne l’apprendrons que bien plus tard, la violence est toujours bel et bien là. C’est ici, au sein de cette petite communauté composée d’une vingtaine de municipalités qu’une trentaine de personnes ont trouvé la mort, il y a un peu plus d’un an, à peine, abattues au hasard par un « Escadron de la mort ». Parmi les victimes, des enfants. Parmi les tireurs, des membres de la police militaire… Représailles de la série d’arrestations quelques jours plus tôt de plusieurs de leurs membres, corrompus. «Il n’y avait plus eu de massacre de cette ampleur à Rio depuis 1993, l’année des massacres de Vigario Geral et Candelaria, reporte alors Amnesty International. Cela montre jusqu’où les « Escadrons de la mort » sont prêts à aller afin de répandre la terreur et résister aux tentatives des autorités de mettre fin à leurs activités.»
Certains membres de l’association nous le confirmeront au cours de la journée, organiser une visite auprès de certaines des écoles soutenues par SFB n’est pas toujours un travail de tout repos. Même si, nous rassure-t-on, les deux centres que nous allons visiter aujourd’hui ne se situent pas dans une des ces zones à risque. De celles nécessitant absolument l’accord préalable des trafiquants locaux et le strict respect, une fois sur place, des codes internes à la communauté, - laisser son visage à découvert, afin de pouvoir être reconnu, ne pas prendre de photos ou de films sans accord, au risque de dévoiler par mégarde l’identité et les emplacements des « guetteurs » du réseau -, sous peine d’essuyer ultérieurement de très sérieux désagréments. Contre toute attente, ces intéressantes informations ne sont pas vraiment pour nous rassurer…
Un havre de paix…
Heureusement(?) pour nous, à l’heure où nous nous apprêtons à pénétrer la municipalité de la Baixada Fluminense, nous le confessons, nous n’avons encore effectué aucune recherche, et ignorons donc tout de ces événements funestes. Pour l’heure, nous semblons tous très loin de tout ça. Alors que le soleil se lève sur une magnifique journée d’août, et que nous nous apprêtons à pénétrer au sein de ce qui ressemble pour nous, dilettantes d’occidentaux, à un véritable havre de paix : le centre Cecaman…

Bravo à vous deux!!
Les articles et les photos transmettent bien le travail des crèches et de SFB. Bonne continuation, bon tour du monde!!
Abraço,
Aurélie
Rédigé par: Aurélie Mégard | 28 septembre 2006 at 18:34