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Argentine, Buenos Aires. Immeubles Haussmanniens à notre gauche. Grandes pelouses impeccablement taillées à notre droite. Promeneurs de chiens professionnels et joggeurs du mardi côtoient les cadres en costume et lunettes noires. Nous ne sommes ni à Paris, ni à New York, mais bel et bien à Buenos Aires, en Argentine. Il est 11 heures du matin et nous nous dirigeons vers les quartiers chics de la ville. Au-delà des boutiques Cartier et Hermès. Des 4X4 rutilants et des hôtels quatre étoiles. Au-delà du quartier très huppé de la Recoleta, où est installée l’Ambassade de France. Là où il semble que l’ensemble des « Portenos » - les habitants de Buenos Aires -, vivent toujours comme aux grandes heures de l’Argentine, lorsque le pays se prévalait encore de la cinquième place économique mondiale, sous la houlette du président Péron. Avant que l’instabilité politique ne finisse par plonger le pays dans la pauvreté la plus totale en à peine un quart de siècle…
Pourtant, là où nous allons aujourd’hui, absolument rien n’y parait. Nous sommes très loin des favelas Brésiliennes et des petites structures soutenues par l’association Solidarité France Brésil. Ici, au lycée privé Franco-argentin Jean Mermoz, la capacité d’accueil est supérieure à 1000 élèves, allant de la maternelle à la terminale. Contre toute attente, les élèves Français expatriés ne représentent que 40% des effectifs. La plupart des élèves du lycée sont donc bel et bien Argentins, ou Franco-Argentins. Et fréquentent une école privée, tout comme plus de 20% des élèves en Argentine. C’est que la confiance en l’éducation publique ne serait plus tout à fait ce qu’elle était depuis la crise. Le phénomène a atteint de telles proportions que le gouvernement Argentin s’est décidé en 1994 à lancer un vaste chantier afin d’améliorer la qualité de l’enseignement dans ses établissements.
Nombre d’initiatives concernent notamment, en toute logique, directement les enseignants. Reste qu’avec un salaire moyen qui ne s’élève pour l’instant qu’à 600 ou 800 pesos par mois (150 à 200 euros), nombre des meilleurs éléments du corps professoral finissent par se diriger vers le privé, laissant les populations les plus démunies, celles qui ne peuvent en aucun cas se permettre de débourser 700 à 900 pesos par mois, avec un niveau d’éducation qui ne leur permet pas, le plus souvent, d’atteindre le niveau du baccalauréat. D’après une étude de la Banque mondiale, seuls 4 jeunes sur 10 âgés inscrits au lycée parviennent en moyenne à finir leur parcours dans le secondaire avec succès, avec un taux de scolarisation qui chute déjà de moitié après 14 ans…

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