Dans les hauteurs de la Paz…
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Bolivie, La Paz. 06h du matin. Nous arrivons sur les hauteurs de La Paz, capitale officielle de la Bolivie, juchée à quelques 3600 mètres d’altitude. La ville est encore endormie. Il n’y a pas un bruit. Les rues sont désertes. Nous nous dirigeons vers la rue principale de la Paz, le Prado, là où se trouve notre auberge de jeunesse. Nous essayons de ne pas nous endormir. Luttons contre le sommeil qui nous gagne malgré nous après une nuit en bus, il faut bien l’avouer, quelque peu difficile. Pourtant, malgré cela, malgré notre état avancé de fatigue et notre envie pressante de nous jeter dans un lit, un vrai, dès que possible, nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter, pratiquement bouche bée, devant les vertigineuses collines qui entourent pratiquement entièrement la capitale.
Des collines totalement recouvertes d’habitations. Aucun immeuble en vue. Juste une succession de petites maisonnettes, à un, deux ou trois étages. A perte de vue. Seules subsistent encore ici et là quelques restes de verdure. Tandis qu’au loin, à la frontière de la ville, les montagnes rocheuses, inhabitées, semblent s’étendre à l’infini… Et tout en haut, tout au sommet, à près de 4000 mètres d’altitude, littéralement perdue au milieu du léger brouillard qui recouvre les environs de La Paz en cette heure matinale, nous devinons plus que nous ne discernons réellement la ville de l’Alto, située sur les hauts plateaux de la région de l’Altiplano. Là où s’arrêtent les pentes escarpées de la vallée, et où commencent des kilomètres et des kilomètres de terrain totalement plat. Là où habitent près de 70% de la population Bolivienne. Là où dorment encore, en ce moment même, les enfants que nous rencontrerons deux jours plus tard, en compagnie des volontaires de l’association Sport Sans Frontière.
Mais pour l’heure, alors que le jour vient à peine de se lever, que nous sommes encore difficilement réveillés, et que nous n’avons encore rien vu de la ville, nous sommes encore très loin de nous douter des réalités d’un pays bien moins développé que ceux que nous avons précédemment traversés, le Brésil et l’Argentine. Un pays resté encore, en très grande partie, extrêmement sauvage, où près de la moitié de la population se proclame d’une origine indigène. Ici, en Bolivie, nous venons de pénétrer un tout autre monde. Un monde où l’espérance de vie moyenne ne dépasse pas les 64 ans. Où le taux de mortalité infantile frise encore les 57 pour 1000. Où plus de 20% des femmes ne savent toujours pas lire. Où seuls 7% des enfants en milieu rural parviennent au bout de leurs huit années de scolarité primaire… Et où 50% des établissements scolaires n’ont de toute façon pas les moyens de prodiguer les huit années normalement nécessaires à une scolarité primaire complète.

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