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Pérou, Racchi. Les plats apparaissent devant nous comme par magie. Féculents, feuilles de salade, poivrons farcis. Et une viande que nous ne parvenons tout d’abord pas à identifier. Du « guinea pig », nous éclaire Walter. Autrement dit, du cochon d’Inde… Une spécialité culinaire de la région, que nous ne pouvons tout simplement pas refuser. D’autant que nous sommes les seuls, avec Walter, et les autres membres de la fondation, à en profiter. Nous voyons d’autres assiettes passer devant nos yeux, alors que tout le monde se met progressivement à table après avoir assisté au spectacle du village. Et pas une fois nous ne remarquons autre chose que des pommes de terre… Et encore plus de pommes de terre… Les dames du village, les « Cholitas », ont passé la matinée à préparer ces délicieux mets. Des mets qu’elles ont appris à concocter au sein de l’école pour femmes, édifiée par la HoPe Foundation. Nous sommes donc en train d’assister à une séance de dégustation, et par la même occasion à une séance de démonstration des apprentissages apportés par l’école de la fondation.
Ici pas de couteau. Nous mangeons donc directement la viande avec nos mains. Et discutons tant que nous pouvons, en Espagnol. L’institutrice du village, qui habite un village Quechua voisin, et enseigne aux enfants malentendants de l’école de Racchi, nous demande, par exemple, d’où nous venons. Nous mentionnons donc la France. Mais également, le Vietnam… Un pays dont ils n’ont absolument jamais entendu parler. Pas plus que de la guerre qui y a eu lieu... Ils nous demandent alors quelle langue est parlée là bas, dans ce pays. S’il n’y aurait pas une langue commune, « l’Asiatique », qui serait parlée dans toute l’Asie, un peu comme on parle l’Espagnol dans pratiquement tous les pays d’Amérique du Sud. Nous nous efforçons de répondre à leurs questions, tout en nous rendant de mieux en mieux compte, au fur et à mesure de la discussion, de l’univers dans lequel vivent les villageois Quechua, et de leur relatif isolement du reste du monde, au-delà des frontières de leur pays. Si ce n’est de leur village.

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