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Un brave petit tuk tuk*

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Thailande_10Thaïlande: histoire. Il était une fois un petit tuk tuk bleu, pas du tout comme les autres. Un tuk tuk qui, ne supportant pas la chaleur écrasante de Bangkok, ne roulait jamais comme tous les autres tuk tuk de la ville, et préférait de loin passer toutes ses journées à l’abri d’une petite boutique de souvenirs, délicieusement climatisée. C’était sans compter sur ses propriétaires qui décidèrent un jour de se rendre à Chiang Mai, loin, très loin de Bangkok, en tuk tuk, pour la grande fête du « Songkran ». Impossible, se dit alors le petit tuk tuk bleu affolé. Comment faire, alors qu’il n’avait jamais même vraiment mis les roues en dehors de sa confortable petite boutique de souvenirs ?


Thailande_11C’est alors que le petit tuk tuk bleu fit un étrange et merveilleux rêve. Un rêve où apparût soudain, comme surgie de nulle part, un merveilleux petit tuk tuk tout rose. Un tuk tuk qui apparemment vivait loin, très loin, quelque part non loin de Chiang Mai… Ni une ni deux, le petit tuk tuk bleu décida donc de prendre son courage à trois roues, et de se lancer sur la longue route conduisant de Bangkok à Chiang Mai, bravant tous les dangers, dépassant tous les énormes et imposant camions et bus pour touristes, surpassant sa peur du soleil, et des innombrables poussières soulevées par tous les autres véhicules.


Thailande_12C’est ainsi qu’au bout d’une longue et épuisante route, le brave petit tuk tuk bleu, et ses heureux propriétaires, arrivèrent sain et sauf à Chiang Mai, à temps pour la grande fête du « Songkran ». Et que le petit tuk tuk bleu vit apparaître comme par magie, comme dans un rêve, là, au milieu de la foule, à l’horizon, un merveilleux petit tuk tuk rose, avec qui très sûrement le brave petit tuk tuk bleu vécut heureux très très longtemps, et eut tout plein de petits tuk tuk, bleus, et roses.


* extrait et inspiré de « The brave little tuk-tuk », par Janice Santikarn, illustrations Sukit Tanmankong, aux éditions Sirivatana

L’éléphant, cette idole

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Thailande_8Thaïlande. L’animal le plus idolâtré et révéré ici arbore une magnifique robe grise, pèse déjà plus d’une tonne à la naissance, et sait se servir mieux que personne de sa longue et agile trompe. Il est tant adulé et révéré que l’on ne parvient presque plus, au bout d’un moment, à compter le nombre de statuettes, de tailles diverses et variées, qui jonchent absolument toutes les rues, les entrées et halls d’immeuble, les devantures de commerces, les ponts, ainsi que les berges du moindre point d’eau. C’est qu’ici, en Thaïlande, l’éléphant symbolise à la fois la sagesse, la force et la chance. L’éléphant blanc, synonyme de paix et de prospérité et réservé au roi qui en possèderait 12 au sein de son palais, revêt même un caractère sacré.


Thailande_9Individu à part entière ? Presque. Incroyable mais vrai, les éléphants bénéficient ici d’une sécurité sociale à part entière, qui leur permet de se retirer, après quelques années de labeur dûment remplies une fois la soixantaine passée, au sein d’un hôpital qui leur est entièrement consacré, et où il peuvent finir leurs jours en toute quiétude. Inutile de dire que les camps spécialement réservés aux éléphants remportent ici un franc succès. Où comment approcher au plus près de ces énormes pachydermes si particuliers, et découvrir les incroyables exploits dont ils sont capables…


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"L’éléphant, cette idole", la vidéo

Thaïlande, Chiang Mai. L’animal le plus idolâtré et révéré ici arbore une magnifique robe grise, pèse déjà plus d’une tonne à la naissance, et sait se servir mieux que personne de sa longue et agile trompe...



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Songkran!

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Thailande_1Thaïlande, Chiang Mai. 14 Avril. Aujourd’hui commence officiellement la grande fête dite du « Songkran », le nouvel an Thaï, et Bouddhique, dans toute la Thaïlande pendant deux journées entières. Après avoir pu faire exploser plusieurs centaines de pétards dans toutes les rues de la ville lors du nouvel an « Chinois », le 18 Février dernier, les enfants vont pouvoir cette fois-ci souhaiter la bonne année et porter chance à toutes les personnes à portée de mains, à coups de seaux d’eau, parfumée, tiède ou glacée… Cela tombe bien : en Thaïlande, les 14 et 15 Avril s’avèrent justement être les jours les plus chauds de l’année !


Thailande_7 Le chaos qui règne à présent dans la ville de Chiang Mai, particulièrement connue pour la ferveur de son « Songkran », est indescriptible. Petits et grands, en groupes, en familles, à pied, en Jeep, tous armés jusqu’aux dents de divers pistolets, fusils à pompe et seaux multicolores, tous remplis à ras bord, ont envahi les trottoirs de la ville et se jettent des trombes entières à qui mieux mieux. Les passagers de tuk tuk (taxi traditionnel Thaï à trois roues), camionnettes et taxis ayant le malheur de passer par là ne sont pas épargnés, et se retrouvent bientôt baignant au milieu d’une mare glacée. Impossible de rester au sec pendant le « Songkran ». Comme tout le monde ici, nous courons d’une rue à l’autre, munis de nos propres seaux, nous retrouvons rapidement trempés de la tête au pied, nous abritant du coup tout de même de temps en temps afin d’immortaliser le moment.


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"Songkran!", la vidéo

Thaïlande, Chiang Mai. Commencement de la grande fête dite du « Songkran », le nouvel an Thaï, et Bouddhique, pendant deux journées entières. Periode pendant laquelle les enfants peuvent souhaiter la bonne année et porter chance à toutes les personnes à portée de mains, à coups de seaux d’eau, parfumée, tiède ou glacée…



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Elle est où la pagaie ?

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Cambodge_15Cambodge, Phnom Penh. Un nouveau groupe de jeunes hommes vient de se mettre en place. Nous nous attendons d’une seconde à une autre à une chanson typiquement Cambodgienne. Alors que les garçons commencent à chanter et à danser, quelle n’est pas notre surprise de reconnaître une chansonnette qui nous est tout de même légèrement familière. Une chansonnette avec une histoire de pagaie, et de cocotiers…


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"Elle est où la pagaie ?", la vidéo

Cambodge, Phnom Penh. Adaptation par les garçons de l'orphelinat de Sre Ampil, d'une chanson qui à écouter de plus près ressemble étrangement à une chansonnette bien française...



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Agir pour le Cambodge

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Cambodge_21Cambodge, Phnom Penh. 1984. L’association Agir pour le Cambodge est créée afin de venir en aide aux milliers de Cambodgiens qui fuient le régime des Khmers Rouges afin de se réfugier en Thaïlande. Suite à l’intervention de l’ONU et à la fermeture des camps de réfugiés à la frontière Thaïlandaise en 1993, l’action est loin d’être finie. Le régime a laissé derrière lui nombre de séquelles dont le pays souffre encore de nos jours. Nombre d’orphelins et d’enfants handicapés, entre autre. Il s’agit donc de trouver les moyens de les loger, les nourrir, les scolariser, les soigner…


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Vingt trois années plus tard, l’orphelinat de Sre Ampil, localisé à 40 kilomètres de Phnom Penh, accueille 71 enfants âgés de 6 à 25 ans. Ils sont logés, nourris et suivis pendant tout au long de leur scolarité jusqu’à l’université par les membres de l’orphelinat. Il en coûte en moyenne 20 dollars par enfant, par mois, afin de couvrir les frais de logement, de couvert, de santé, de scolarité et frais de vie. Les enfants sont en permanence encadrés par trois monitrices, auxquelles viennent s’ajouter trois formatrices consacrées aux chants et danses traditionnelles Cambodgiennes, et deux ou trois stagiaires étrangers en charge d’enseigner l’anglais aux enfants.

Jouons sous la pluie !

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Cambodge_17_2Cambodge, Phnom Penh. On nous l’avait pourtant promis, juré. A cette époque de l’année, au Cambodge, il ne pleut pratiquement jamais. Certes, le ciel s’est un peu alourdi. De lourds nuages gris ne présageant rien de bon viennent tout juste d’apparaître juste au dessus de nos têtes. Mais nous ne inquiétons pas beaucoup plus que cela, persuadés, comme on nous l’a maintes fois répété jusque là, qu’à cette époque de l’année, il ne pleut effectivement pratiquement jamais. « Pratiquement », c’est le mot…


Cambodge_18Nous n’avons pas fait trois pas en dehors du préau de l’orphelinat, afin d’enfourcher de nouveau nos motocyclettes respectives, que des trombes d’eau se mettent soudain à se déverser. Par tonneaux entiers, sans s’arrêter, et ce pendant au moins une bonne heure. A la grande joie des enfants, pour qui l’habituel jeu de foot en fin de journée vient soudain de se transformer en un combat de boue, géant. On en oublie du coup totalement la balle de football et l’on court joyeusement sous la pluie, tout en se jetant à la figure des poignées de terre fraîchement arrosées. Ici, l’occasion est rare, et mérite donc bien d’être dignement fêtée, dans la joie, et l’allégresse, la plus complète.

Les enfants, en scène !

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P1030017Cambodge, Phnom Penh. La salle de danse est immense, et s’étend sur tout l’étage. Les musiciens, et leurs instruments, sont en place, dans un coin de la scène improvisée, là où vont se produire l’ensemble des enfants dans quelques secondes à peine. Des petits tapis ont même été aménagés à même le sol afin que nous puissions nous asseoir en face de la petite troupe. Les enfants sont en place, prêts à exécuter leur spectacle du dimanche. Nous réglons nos appareils, prêts à immortaliser le moment. Un seul petit problème : le manque de lumière. On s’agite de nouveau, essayant de trouver la clé qui permet normalement d’allumer les lampes du plafond. On n’arrive pas malheureusement, après cinq minutes de recherche, à localiser cette fameuse clé. Nous ferons donc sans, et avec les moyens du bord, en priant très fort pour que l’image puisse tout de même être lisible…


Voir la danse des filles…
Voir la danse des garçons…

"Les enfants, en scène 2!', la vidéo

Cambodge, Phnom Penh. Démonstration du spectacle répété tous les dimanches par les garçons de l'orphelinat de Sre Ampil, à quelques 40 kilometres de Phnom Penh, avec leur professeur de chant et de danse.



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"Les enfants, en scène!', la vidéo

Cambodge, Phnom Penh. Démonstration du spectacle répété tous les dimanches par les filles de l'orphelinat de Sre Ampil, à quelques 40 kilometres de Phnom Penh, avec leur professeur de chant et de danse.



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Le plus intelligent des animaux…

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Cambodge_19Cambodge: histoire. Il était une fois un lapin qui se promenait tranquillement le long de la route, sans but précis, sans intention particulière. Jusqu’à ce qu’il croise une vielle dame, munie d’un grand panier entièrement rempli de belles poignées de bananes jaunes, mûres à souhait. Le lapin ne tarda pas à s’en lécher et pourlécher les babines, et à se demander comment il pourrait bien se procurer ces précieuses bananes, sans se faire attraper par la vieille dame. C’est alors qu’il eût une idée de génie, et décida tout simplement de s’allonger à même le sol, bien en vue de la vielle dame. Comme si de rien n’était. Ou presque…


La vielle dame ne tarda pas à apercevoir le lapin, allongé en plein milieu de la route, comme si de rien n’était, et décida donc de s’approcher de plus près. L’animal a bel et bien l’air mort, décida alors la vielle dame, avant de l’attraper promptement afin de l’installer à l’intérieur de son panier, en compagnie des précieuses bananes. Et, alors que la vielle dame s’était déjà mis à penser au délicieux met qu’elle pourrait bien préparer avec cette trouvaille tombée du ciel, le lapin pour sûr ne se fit pas prier afin de se relever aussitôt de cette mort simulée pour s’emparer des précieuses bananes et s’enfuir discrètement du panier, à l’insu de la vielle dame. C’est depuis que le lapin est définitivement considéré au Cambodge comme l’animal le plus malin de toute la faune environnante, et qu’il est régulièrement représenté dans les histoires pour enfants comme un modèle de perspicacité, à suivre…

Le spectacle dans la peau

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Cambodge_8Cambodge, Phnom Penh. Les enfants courent pèle mêle. C’est le branle bas de combat. Habituellement, les sessions de musique, de chant et de danse traditionnelle Cambodgienne n’ont lieux que le dimanche. Nous sommes aujourd’hui lundi, mais peu importe. Les enfants rameutent aussitôt leurs troupes. Appellent les danseurs, les musiciens, localisent le responsable des ateliers du dimanche, un « grand ». Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, voilà l’ensemble des jeunes artistes de l’orphelinat qui ressortent bientôt de leur dortoir, parés de leurs costumes de spectacle du dimanche. Des costumes flamboyants, jaunes, verts et bleu…


Nous nous apprêtons à nous lever afin de monter à l’étage mais Phalla nous fait signe d’attendre. Les enfants veulent répéter avant de nous montrer le spectacle sur lequel ils travaillent chaque dimanche avec leur professeur de chant et de danse. Tandis que la musique commence à s’élever à l’étage supérieur, juste suffisamment étouffée afin que nous ne puissions l’entendre distinctement et que de petits pas tambourinent bientôt régulièrement le plafond, nous, un étage plus bas, à l’abri du préau, essayons de nous concentrer sur une petite histoire Cambodgienne que Phalla décide alors de partager avec nous, impliquant à ce qu’il paraît l’animal le plus intelligent du monde animal, selon la mythologie Cambodgienne…

En route pour Sre Ampil

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Cambodge_2Cambodge, Phnom Penh. Nous voilà partis pour l’orphelinat de Sre Ampil, soutenu par l’association Agir pour le Cambodge depuis 1995, situé à quelques 40 kilomètres de la capitale Cambodgienne, Phnom Penh. Quarante kilomètres de routes principalement faites de terre, de pierres, ainsi que de nombreux trous et autres crevasses… Une route en un mot difficilement empruntable autrement qu’en véhicule tout terrain, ou comme nous, à bord d’une vieille motocyclette pratiquement totalement dépourvue de toute suspension, que nous nous efforçons donc de conduire terriblement lentement, à la suite de Phalla, travailleur social pour Agir pour le Cambodge, notre guide pour la journée.


Cambodge_1Après une heure d’intenses efforts, sous une chaleur de plomb, nous arrivons enfin en vue de l’orphelinat. Un panneau en bois bleu marque l’entrée de l’établissement, et nous conduit le long d’une merveilleuse allée ombragée, bordée d’arbres fruitiers. A notre droite, un grand bâtiment bleu abrite le bureau du directeur de l’école, deux salles de classe, une petite bibliothèque, ainsi qu’une grande pièce occupant tout le second étage de la bâtisse, destinée aux ateliers de musique, de chant et de danse du dimanche. A notre gauche, derrière le jardin, quatre maisons jaunes à deux étages abritent toute une multitude de lits jumeaux en bois. Sur les côtés, les salles de bain, une pour les filles, une autre pour les garçons, encadrent les dortoirs.


Alors que nous savourons un verre d’eau salutaire en compagnie de Phalla et du directeur de l’école, les enfants commencent à sortir par petits groupes de la cantine, et nous aperçoivent, étonnés. La curiosité se lit dans leur regard. Certains viennent immédiatement nous saluer, nous adressent un « wai » traditionnel*. D’autres, plus timides, se cachent derrière leurs camarades tout en gloussant dans leur barbe. Afin de briser la glace, nous décidons donc de leur offrir les petits gâteaux que nous avons achetés un peu plus tôt, spécialement à leur attention, dans une boulangerie Cambodgienne traditionnelle. Certains acceptent avec joie sans se faire presser. D’autres partent aussitôt se cacher à l’abri de la salle de classe la plus proche. Nous décidons donc de laisser le plateau de gourmandises traîner sur la table sous le préau, pendant que nous partons faire la découverte des lieux avec Phalla. Et pour sûr, à notre retour, le plateau a été totalement et mystérieusement libéré de son contenu, si ce n’est quelques miettes, de ci de là.


* salut traditionnel au Cambodge, ainsi qu’en Thaïlande, consistant à joindre les deux mains devant soi et à incliner humblement la tête devant son interlocuteur.

Tout le Vietnam

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Les enfants du Mékong

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Vietnam_20Vietnam, Mékong. Nous remontons lentement le fleuve du Mékong vers le Cambodge à bord d’un petit bateau à moteur contenant difficilement une vingtaine de personnes. Dans quelques heures, nous arriverons à la frontière du Vietnam, là où nous devrons changer d’embarcation afin de pouvoir continuer notre route vers la capitale Cambodgienne, Phnom Penh. Nous passons là nos dernières heures au Vietnam. Nous traversons de multitudes de petits villages, bordant le fleuve, qui ne comportent la plupart du temps que quelques baraques en bois ou en bambous, coiffées de toits de tôle, ou de ce qui ressemble de loin à de la chaume.


Vietnam_19Tandis que nous traversons l’un de ces nombreux villages, un petit garçon pas plus haut que trois pommes se précipite tout à coup vers nous en courant de toutes ses forces depuis le fin fond de sa maison. « Vite, vite, dépêche toi », lui crie son père depuis l’avant de la baraque. Le petit garçon court de plus belle et se jette littéralement devant nous afin de nous saluer à toute allure. « Hello, hello !!! », nous lance-t-il fièrement en agitant ses deux bras vers nous, encore tout essoufflé après sa folle course. « Hello, hello !! », nous lui répondons-nous en cœur depuis notre embarcation de fortune. « Hello, hello !! », continue-t-il à nous lancer toutes dents dehors alors que nous nous éloignons progressivement, le visage illuminé comme s’il n’avait jamais rien vu de plus beau qu’un bateau à moteur rempli d’une vingtaine d’étrangers. Un air émerveillé que nous recroiserons tout au long de notre voyage le long du Mékong. Partout où nous passons, les enfants courent le long de la berge, sortent de l’eau, sautent dans l’eau, rien que pour nous saluer, et nous offrir le plus beau des sourires. Le plus beau des au revoir.

La vie à deux roues

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Vietnam_22Vietnam, Hué. La petite ruelle encore pratiquement vide il n’y a que quelques heures de cela est à présent totalement encombrée. De scooters. De motocyclettes. De parents venus chercher leurs enfants à la sortie de l’école. Il est 16h30. Alors que le soleil s’apprête à se coucher, que les grands, et les grandes, en uniformes bleus pour les garçons, en magnifiques robes longues et blanches pour les filles, rentrent à vélo, les plus petits, ceux de l’école maternelle, et de l’école primaire, grimpent à l’avant, ou à l’arrière, du deux roues motorisé de leurs parents, leur cartable précieusement accroché à l’avant du véhicule.


Vietnam_21_2Démarrer la motocyclette n’est ensuite pas chose aisée. Les véhicules se bousculent. C’est un concours de klaxons et de voix essayant de se faire entendre au dessus des klaxons. On appelle son enfant. On lui dit de bien se tenir à l’avant, ou à l’arrière du scooter. Puis on démarre, en essayant d’éviter les autres parents. Ainsi que les autres enfants. Puis on se faufile, lentement, très lentement, jusqu’à avoir réussi à se dégager de l’incroyable horde qui habitera encore pendant une bonne demi heure l’entrée de l’école. Et on se met à rouler, mais toujours lentement, très lentement, au milieu de la circulation urbaine Vietnamienne, principalement composée de véhicules à deux roues, et de cyclos*.


* véhicule « taxi » traditionnel Vietnamien, permettant de tracter un ou deux passagers à l’aide d’un vélo.

La fabuleuse histoire des boules de riz

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Vietnam_23Vietnam: histoire. Il était une fois, il y a très très longtemps de cela, une époque où il n’était point nécessaire de cultiver le riz au sein de gigantesques rizières. Autrefois, les boules de riz tombaient tout simplement directement du ciel. Elles tombaient ainsi, régulièrement, une fois par jour, toujours au même moment, permettant chacune de nourrir une famille toute entière. Encore fallait-il pouvoir rattraper ces grosses boules correctement, afin qu’elles ne se brisent pas lamentablement en milliers de grains au contact du sol. Il s’agissait donc de tout un art que chacune des familles Vietnamiennes avait développé au fil du temps, afin de pouvoir récupérer chaque jour faisant leur précieuse boule.


Mais un beau jour, alors que rien ne le présageait, l’impensable arriva. Un jeune homme, sans doute distrait, sans doute encore très très mal réveillé, n’apparût pas au bon endroit, au bon moment, afin de recueillir la grosse boule de riz familiale. Il arriva sur les lieux bien trop tard, quelques secondes seulement avant que l’énorme boule ne toucha le sol, avant de se briser lamentablement en milliers de grains... Le jeune homme eut beau essayer de recomposer la boule, le mal avait malheureusement été fait. C’est donc depuis ce temps que les hommes ne reçurent plus jamais leur grosse boule de riz quotidienne du ciel, et durent en conséquence commencer à apprendre à cultiver leur riz eux-mêmes, au sein de gigantesques rizières…

SOS enfants sans frontières

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Vietnam, Hué. C’était il y a maintenant 33 ans, en 1974, lorsque Jacqueline Bonheur décide de créer ce qui deviendra officiellement quelques années plus tard l’association SOS enfant sans frontières. A l’origine oeuvre d’adoption destinée à venir en aide aux enfants issus des milieux defavorisés en Haïti, l’organisation étend bientôt son activité à l’Asie. Nous sommes alors à la fin des années 70, marquées par la chute du regime de Pol Pot au Cambodge, et avec elle par les afflux de refugiés fuyant vers la Thaïlande afin d’échapper au régime des Khmers rouges.


C’est une dizaine d’années plus tard que SOS enfants sans frontières initiera ses premières missions au Vietnam. Des missions tout d’abord d’ordre médicale, avec la mise en place de deux bus sanitaires dans la région de Hué, dans le centre du Vietnam, puis l’ouverture en 1993 de l’école maternelle « Truong Mam Non Vi Da», située dans le quartier defavorisé de Vy Da. Présente en Haïti, en Thaïlande et au Vietnam, l’association oeuvre également sur de nombreux autres territoires, tels l’Ethiopie, le Liban ou bien encore le Cameroun.

La danse du lotus

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Vietnam_5Vietnam, Hué. Ici, dans la classe des grands, celle des 5-6 ans, tout semble tout de suite beaucoup plus compliqué. Il y a vraisemblablement du chant. Mais il y a aussi de la danse. Des accessoires de scène. Et un vaste public entourant un petit groupe d’enfants, trois filles et deux garçons, qui agitent à présent, au milieu de la salle, des fleurs de lotus rouges, en carton, dans chacune de leurs mains, tout en coordonnant leurs mouvements, et en essayant de ne pas se laisser trop déconcentrer par tous les regards rivés sur eux. Les maîtresses encouragent le groupe et chantent en chœur avec eux, bientôt reprises par le reste des enfants. Il s’agit ici, nous explique-t-on, d’une danse célébrant la beauté du pays, le lotus symbolisant dans la culture boudhiste "l'aspiration à la pureté".


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"La danse du lotus", la vidéo

Vietnam, Hué. Session de danse des enfants de l'école primaire Vy Da à l'occasion du début de la nouvelle année, celle du cochon, et avec elle du début du printemps...