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Argentine, Buenos Aires. On se pousse du coude. On glousse. On se moque un peu des copains qui vont maintenant s’essayer à leur tour à cette vielle danse traditionnelle pratiquée dans le nord de l’Argentine. Cela n’a pas l’air facile. Loin de là. C’est qu’on vient d’assister à une démonstration tout ce qu’il y a de plus authentique par un groupe de grandes de CM2. Il va maintenant falloir se montrer à la hauteur. Savoir savamment enchaîner les mouvements et les changements de rythme. Dans un sens, puis dans l’autre. Tout en agitant son drapeau, dans le bon sens. Le même sens que la maîtresse, et tous les autres. Pas évident, évident.
On n’a pas vraiment répété avant. Du coup, forcément, lorsque la musique commence, on se trompe un peu. On tourne dans le mauvais sens. On n’agite pas son drapeau au bon moment. Tout ceci sous le regard hilaire des copains. Mais parmi le public, on ne fait pas trop bruyamment le malin. Sous peine de devoir passer aussi à son tour devant tout le monde. A la fin, on arrive quand même à rattraper la maîtresse de musique, et les filles, qui se débrouillent plutôt bien. D'abord, il faut agiter son drapeau. De haut en bas. De bas en haut. De droite à gauche. Puis de gauche à droite. Tout en battant la mesure. Puis les choses se corsent. Il faut maintenant danser en ronde. Vers la gauche. Puis vers la droite. Tout en n'oubliant pas de continuer à agiter son drapeau en cadence. De quoi s'emmêler les pinceaux, un tout petit peu, tout de même.
Mais ce n’est pas très grave. On s’est tout de même bien amusé à sautiller ainsi partout dans le hall de l’école, et on fera mieux la prochaine fois. Pour l’heure, il faut vite se dépêcher pour attraper le gros bus orange de ramassage scolaire qui attend à l’entrée de l’école, pour ramener tous les enfants chez eux, un à un. Quand on n’a pas, bien entendu, d’activités périscolaires, tel le théâtre, le judo, ou la danse.





















