La danse des drapeaux

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Buenos_aires_visite_ecole_14 Argentine, Buenos Aires. On se pousse du coude. On glousse. On se moque un peu des copains qui vont maintenant s’essayer à leur tour à cette vielle danse traditionnelle pratiquée dans le nord de l’Argentine. Cela n’a pas l’air facile. Loin de là. C’est qu’on vient d’assister à une démonstration tout ce qu’il y a de plus authentique par un groupe de grandes de CM2. Il va maintenant falloir se montrer à la hauteur. Savoir savamment enchaîner les mouvements et les changements de rythme. Dans un sens, puis dans l’autre. Tout en agitant son drapeau, dans le bon sens. Le même sens que la maîtresse, et tous les autres. Pas évident, évident.


Buenos_aires_visite_ecole_15 On n’a pas vraiment répété avant. Du coup, forcément, lorsque la musique commence, on se trompe un peu. On tourne dans le mauvais sens. On n’agite pas son drapeau au bon moment. Tout ceci sous le regard hilaire des copains. Mais parmi le public, on ne fait pas trop bruyamment le malin. Sous peine de devoir passer aussi à son tour devant tout le monde. A la fin, on arrive quand même à rattraper la maîtresse de musique, et les filles, qui se débrouillent plutôt bien. D'abord, il faut agiter son drapeau. De haut en bas. De bas en haut. De droite à gauche. Puis de gauche à droite. Tout en battant la mesure. Puis les choses se corsent. Il faut maintenant danser en ronde. Vers la gauche. Puis vers la droite. Tout en n'oubliant pas de continuer à agiter son drapeau en cadence. De quoi s'emmêler les pinceaux, un tout petit peu, tout de même.


Buenos_aires_visite_ecole_3 Mais ce n’est pas très grave. On s’est tout de même bien amusé à sautiller ainsi partout dans le hall de l’école, et on fera mieux la prochaine fois. Pour l’heure, il faut vite se dépêcher pour attraper le gros bus orange de ramassage scolaire qui attend à l’entrée de l’école, pour ramener tous les enfants chez eux, un à un. Quand on n’a pas, bien entendu, d’activités périscolaires, tel le théâtre, le judo, ou la danse.


Ecouter la chanson...

Le jeu sans nom

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Visite_buenos_aires_visite_ecole_29 Argentine, Buenos Aires. Le grand panneau en liège juste à l’extérieur de la classe de CE1 est recouvert de dessins des enfants illustrant tous leurs jeux préférés. En couleur, au feutre, au crayon, en noir et blanc. Celui qui revient le plus souvent : un jeu qui ne porte apparemment pas vraiment de nom, de l’avis général des enfants. Ou bien peut-être éventuellement le jeu « de la main ». Encore que cette dénomination ne semble visiblement pas non plus remporter l’unanimité au sein du petit groupe d’élèves, qui s’organise rapidement, le moment de la récré enfin venu, afin de nous en faire une brillante démonstration, de ce fameux jeu.


Les enfants ont rapidement formé un rectangle au milieu de la cour de récré. Et se mettent à courir dans tous les sens au sein de ce rectangle, tout en levant furieusement le pouce à chaque fois qu’ils changent de place au sein de la formation. Sur le coup, nous sommes un peu perdus. Mais quelle peut donc bien être la règle du jeu ? A quel moment décide-t-on qui a gagné, ou qui a perdu ?


Buenos_aires_visite_ecole_9C’est là toute la beauté du jeu « sans nom ». On peut apparemment continuer ainsi indéfiniment, sans qu’il y ait vraiment un gagnant, ou un perdant. Toute l’idée est de ne pas se retrouver au milieu du rectangle. Tout en ne restant jamais trop longtemps à la même place. Il faut donc constamment échanger sa place avec d’autres joueurs tout le long du rectangle. Ceci en lui faisant un signe de la main, le pouce levé vers le haut, pour signifier qu’on souhaiterait rapidement changer de place avec lui, et surtout suffisamment rapidement pour que le joueur qui se trouve au milieu du rectangle à ce moment là ne se précipite pas sur la place convoitée, auquel cas on se retrouverait, du coup, là où il ne faut pas.


Il faut donc courir très vite. Et user de toutes sortes de ruses. En particulier il ne faut généralement pas essayer d’échanger sa place avec un joueur qui se trouverait un tout petit peu trop loin. Ce qui laisserait largement le temps au joueur du milieu de nous chiper notre place. On court donc dans tous les sens à en perdre haleine. On lève furieusement le pouce vers tous les joueurs stratégiquement placés pour un échange rapide et efficace. On pousse quand même des petits cris de frustration quand on s’est tout de même fait piquer sa place. Et on continue ainsi éternellement. Jusqu’à ce qu’on ne sache plus où donner de la tête. Ou que la maîtresse donne le signal de fin de la récré.


Buenos_aires_visite_ecole_7« Quoi, déjà ?? », s’exclame-t-on avec indignation. Et oui cela fait déjà 15 minutes que l’on s’épuise au jeu « sans nom ». Mais du côté des enfants, c’est comme si cela ne faisait que cinq petites minutes. Les uns se résignent. Les autres se renfrognent. Ce n’est tout de même pas pour rien qu’il s’agit de leur jeu préféré. Du coup, forcément, quand il faut couper le plaisir comme ça, tout net, alors qu’on n’a pas l’impression d’avoir pu réellement en profiter, ben forcément, on ne peut pas vraiment être tout à fait contents…


La vidéo...

"L'enfant que j'ai dessiné..."

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Buenos_aires_visite_ecole_30 Argentine, Buenos Aires. Tous les cahiers sont ouverts à la bonne page. Les enfants sont enfin quasi prêts. Au signal de la maîtresse, ils pourront donc enfin nous montrer comme ils ont bien répété la chanson. Comme ils la connaîssent même pratiquement au bout des doigts, sans même l’aide du cahier. Comme ils savent aussi très bien chanter en canon, un groupe après l’autre. Le texte est d’un auteur Français, issu de Franche-Comté, la région d’origine de la maîtresse.


Nous, nous l'avouons volontiers, nous avons vraiment beaucoup aimé. D'autant que la chanson que la classe a choisi de nous interpréter illustre à merveille ce que, justement, nous aimerions beaucoup réussir à transmettre à notre tour, dans quelques mois, à notre retour en France, avec la concrétisation de la mallette de jeu « My Petit Mundo ». Mais voyez plutôt par vous même, en quasi direct avec les élèves...

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"Gaturro"

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Buenos_aires_visite_ecole_27 Argentine: personnage préféré. C’est qu’il aurait presque des airs de Garfield, ce Gaturro, incontestablement l’autre grand personnage Argentin préféré des enfants. Et pas seulement. Les aventures de ce chat aux grosses joues proéminentes, imaginées par le cartooniste Argentin Christian Dzwonik, plus connu sous le nom de « Nik », apparaissent également régulièrement, pour le plaisir des petits et des plus grands, dans les pages de la « Nacion », le quotidien de Buenos Aires. Tout bonnement.


Gaturro_brutish_english_1 Peut-être pas tout à fait aussi cynique que son homologue Américain, Gaturro - du nom commun « gato », chat en Espagnol » - sait également rendre la vie tout à fait aussi parfaitement impossible à ses deux maîtres, « Papa » et « Mama ». Tant et si bien qu’ils décideront finalement de l’envoyer très régulièrement... à l’école. Beaucoup plus en réalité pour ne plus l’avoir constamment à la maison, que pour parfaire son éducation. En matière d’Anglais notamment. Ou plus précisément de « Brutish English ».


Buenos_aires_visite_ecole_28 Pas tout à fait doué pour les langues, provoquant régulièrement le désespoir le plus total de son professeur de « Brutish English », Gaturro préfère passer le reste de son temps à converser avec ses comparses du voisinage juché sur le toit de la maison, à essayer, vainement, de conquérir le cœur de son éternelle bien aimée, « Agatha ». Ou à ne rien faire, du tout, de ses quatre pattes, partageant ainsi un amour tout aussi immodéré pour l’oisiveté la plus totale que son "cousin" Garfield.

Il était une fois Malfalda

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Buenos_aires_visite_ecole_26 Argentine: personnage préféré. Salle de lecture de la section primaire du lycée Jean Mermoz. Plus que quelques minutes avant la récré. Les petites têtes brunes et blondes s’agitent. Cogitent. Se pressent. On essaye de nous expliquer tant bien que mal tous ces personnages imaginaires qu’on affectionne tout particulièrement. Parmi les livres et bande dessinées que les enfants nous ont apporté, on retrouve nombre de classiques tout à fait Français. Boule et Bill. Le Club de sept. Le Petit prince. Le Petit Nicolas. Ecrits en Français. Ou traduits en Espagnol. Ainsi donc que des personnages typiquement Argentins, tels Gaturro ou Mafalda


Buenos_aires_visite_ecole_16 « Mafalda, Argentine ? » Eh oui. La célèbre petite brunette de 6 ans constamment tourmentée par des questions existentielles sur la vie, la mort, l’environnement et bien plus encore, qui n’aime pas la soupe, ni James Bond, mais raffole des Beatles, vient bien de tout l’autre côté de la planète. Ou presque. En tous cas c’est certain, elle ne vient pas du tout d’Espagne, comme on pourrait être porté à le croire. Mafalda, qui en réalité a vu le jour en 1962, n’a pas seulement traversé l’océan Atlantique afin de conquérir les cœurs des enfants Français. Elle aura également réussi au passage à gagner à sa cause les petites têtes blondes et brunes Américaines, et même Chinoises.


Toda_mafalda Alors que ses aventures, imaginées par l’auteur Argentin Quino, se sont officiellement achevées en 1973, ses albums, 10 au total, se vendent apparemment toujours aussi bien. Sarah, une mignonne petite blondinette à lunettes de la classe de CE1, a même la très grande chance de posséder le fameux album « collector » rassemblant toutes les meilleures aventures de Mafalda depuis sa création. « Toda Mafalda » (« Tout Mafalda »). Un album de 659 pages, tout de même. Heureusement, également disponible en France. Nous avons vérifié.

¿Hablas Español?

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Buenos_aires_visite_ecole_1Argentine, Buenos Aires. Les enfants cherchent leurs mots pour nous expliquer leur univers. « Comment est-ce qu’on dit déjà en Français ? » Ils s’entraident. Cherchent ensemble. Emettent des hypothèses en Espagnol. Passent de l’un à l’autre sans vraiment avoir l’air d’y penser. C’est qu’ici, au lycée Franco-argentin Jean Mermoz, la moitié des classes sont enseignées en Français. L’autre en Espagnol. On se retrouve donc avec non pas une mais deux maîtresses. L’une qui n’enseigne qu’en Français, et avec qui on ne parle qu’en Français. L’autre qui n’enseigne donc que l’Espagnol, et avec qui on ne parle qu’en Espagnol.


Buenos_aires_visite_ecole_20 Et parce qu’il s’agit d’un établissement Franco-argentin, les méthodes d’enseignement se doivent d’obéir aux programmes Français, mais également donc Argentins. Et en Argentine, les matières dites « spéciales », telles les arts plastiques, ou la musique doivent s’enseigner par des professeurs spécialisés. En plus de leurs deux maîtresses principales, les enfants ont donc également, dès l’école primaire, un professeur de chant, un professeur d’arts plastiques, ainsi qu’un professeur de sport, qui parlent pour la plupart aussi bien Français, qu’Espagnol.


Buenos_aires_visite_ecole_12 Quoi de plus ? Pour certains des enfants, l’Argentine n’est pas le premier pays étranger traversé. Certains ont déjà vécu au Mexique, au Brésil, en Israël, en Espagne, en Allemagne, au Maroc… Avec l’initiation à l’Anglais obligatoire dès l’école primaire, on se retrouve donc avec des élèves qui parlent déjà trois langues alors qu’ils n’ont pas encore fait leur entrée au collège. Plus quelques uns qui en parlent également une quatrième. Tel le Portugais, du Brésil, par exemple. « Ben, c’est comme l’Espagnol », lâche tout bêtement une petite fille de la classe de CE2, - qui a vécu à Rio de Janeiro, au Brésil, avant d’arriver à Buenos Aires, en Argentine. Pour elle, apparemment rien que de plus ordinaire. L’enfance de l’art, en somme.

Mmmm, le dulce de leche...

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Buenos_aires_visite_ecole_22Argentine, Buenos Aires. « Cuidado ». « Sentate !». « Pousse toi un peu ». « Mi tambien ! ». Les mots d’Espagnols et de Français fusent en tous sens. Nous sommes dans la salle de lecture de la section primaire du lycée Franco-argentin Jean Mermoz. Les enfants des deux classes de CE1 et de CE2 avec lesquelles nous allons passer l’après-midi se pressent autour de nous afin de nous présenter, chacun leur tour, ce qu’ils ont spécialement apporté pour nous de chez eux. Leurs bien les plus précieux. Leurs livres d’histoires préférées. Leurs bandes dessinées préférées. Les boites et sachets, parfois pleins, le plus souvent vides, de leurs bonbons, gâteaux et autres friandises préférés. Ainsi que leurs jeux favoris.


Buenos_aires_visite_ecole_6Dans un petit sac blanc « Prune », un jeune homme tout blond de bien 8 ans, nous explique l’ensemble des objets qu’il nous a apporté, dans un Français teinté d’un léger soupçon d’accent Espagnol. Pas seulement ses bonbons préférés. Mais aussi un poncho, en laine de lama, directement issu du nord de l’Argentine. Ainsi qu’un pot de thé, dont on se sert pour boire le « maté », la boisson nationale par excellence, un peu amer. Dont on se délecte jusqu’à plus soif au petit déjeuner, à l’heure du goûter, ou même, avant de se coucher. Avec ou sans lait. Avec ou sans sucre. Sur ce point les avis divergent. Générant l’effervescence dans le petit groupe. Tout le monde y va de son avis personnel sur la manière dont on devrait, normalement, ou dans l’idéal, boire le thé national. A ne surtout pas confondre, comble de l’horreur, avec le « maté cocido », soit le « maté » servi sous forme de simples sachets. Rien à voir avec le vrai, celui qu’on fait à la maison, et que l’on emmène à l’école, dans sa petite bonbonne.


Buenos_aires_visite_ecole_25 Nous n’avons que très peu de temps avant l’heure de la récréation. A 14h45. Les enfants se dépêchent donc pour pouvoir tout nous raconter. A quel point ils aiment par exemple les bonbons et gâteaux à base de « dulce de leche », ce qui équivaudrait chez nous au lait concentré sucré. Hormis qu’ici, il paraît un tout petit peu plus naturel que notre bon vieux produit vendu sous forme de tubes, qu’il est de couleur marron, et non pas jaune, et qu’il se vend en pot, en blocs, ou directement mélangé à 36 000 variétés de bonbons et petits gâteaux différents. Boules de chocolat. Barres de chocolat. Bananes en chocolat. Sucettes. Caramels. Sans oublier les fameux « alfajores », les petits gâteaux traditionnels Argentins, ronds, recouverts de chocolat noir. Ou de chocolat blanc, et fourrés donc au « dulce de leche »… Les enfants nous en offriront même deux gros, tout blancs, abrités à l’intérieur d’une grande boite jaune, qui en contenait originellement six, fourrés au « dulce de leche »…

Le baccalauréat, peut-être...

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Buenos_aires_immeubles_haussmaniens Argentine, Buenos Aires. Immeubles Haussmanniens à notre gauche. Grandes pelouses impeccablement taillées à notre droite. Promeneurs de chiens professionnels et joggeurs du mardi côtoient les cadres en costume et lunettes noires. Nous ne sommes ni à Paris, ni à New York, mais bel et bien à Buenos Aires, en Argentine. Il est 11 heures du matin et nous nous dirigeons vers les quartiers chics de la ville. Au-delà des boutiques Cartier et Hermès. Des 4X4 rutilants et des hôtels quatre étoiles. Au-delà du quartier très huppé de la Recoleta, où est installée l’Ambassade de France. Là où il semble que l’ensemble des « Portenos » - les habitants de Buenos Aires -, vivent toujours comme aux grandes heures de l’Argentine, lorsque le pays se prévalait encore de la cinquième place économique mondiale, sous la houlette du président Péron. Avant que l’instabilité politique ne finisse par plonger le pays dans la pauvreté la plus totale en à peine un quart de siècle…


Dscf1248_2_1Pourtant, là où nous allons aujourd’hui, absolument rien n’y parait. Nous sommes très loin des favelas Brésiliennes et des petites structures soutenues par l’association Solidarité France Brésil. Ici, au lycée privé Franco-argentin Jean Mermoz, la capacité d’accueil est supérieure à 1000 élèves, allant de la maternelle à la terminale. Contre toute attente, les élèves Français expatriés ne représentent que 40% des effectifs. La plupart des élèves du lycée sont donc bel et bien Argentins, ou Franco-Argentins. Et fréquentent une école privée, tout comme plus de 20% des élèves en Argentine. C’est que la confiance en l’éducation publique ne serait plus tout à fait ce qu’elle était depuis la crise. Le phénomène a atteint de telles proportions que le gouvernement Argentin s’est décidé en 1994 à lancer un vaste chantier afin d’améliorer la qualité de l’enseignement dans ses établissements.


Nombre d’initiatives concernent notamment, en toute logique, directement les enseignants. Reste qu’avec un salaire moyen qui ne s’élève pour l’instant qu’à 600 ou 800 pesos par mois (150 à 200 euros), nombre des meilleurs éléments du corps professoral finissent par se diriger vers le privé, laissant les populations les plus démunies, celles qui ne peuvent en aucun cas se permettre de débourser 700 à 900 pesos par mois, avec un niveau d’éducation qui ne leur permet pas, le plus souvent, d’atteindre le niveau du baccalauréat. D’après une étude de la Banque mondiale, seuls 4 jeunes sur 10 âgés inscrits au lycée parviennent en moyenne à finir leur parcours dans le secondaire avec succès, avec un taux de scolarisation qui chute déjà de moitié après 14 ans…

A la découverte des enfants Argentins...

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Buenos_aires_puerto_madero_2Argentine, Buenos Aires. Lundi 18 Septembre: nous sommes à la veille de notre rencontre avec la section primaire du lycée franco-argentin Jean Mermoz, établissement habilité par le Ministère de l’éducation à enseigner le français à l’étranger. Dans quelques heures à peine, nous ferons la connaissance de plus d’une soixantaine d’enfants, élèves de CE1 et de CE2, qui, d’après ce que nous avons compris des emails échangés avec leurs maîtresses, ont travaillé particulièrement dur afin de pouvoir partager avec nous leurs jeux, histoires et friandises préférés. En attendant la fabuleuse journée qui nous attend le lendemain, nous partons donc à la découverte de leur ville, Buenos Aires.


Buenos_aires_la_boca_7_1Et c’est là, alors que nous pénétrons au cœur du quartier de la Boca, historiquement connu pour ses bâtiments particulièrement hauts en couleur, ses artistes, ainsi que sa fameuse équipe de football - l’équipe de la Boca -, que nous croisons tout un groupe de jeunes élèves Argentins, composé d’enfants âgés de sept à une dizaine d’années, environ. Crayons et feuilles en main, ils effectuent apparemment eux aussi une petite visite du quartier, accompagnés de leur institutrice, dans le cadre de ce qui pourrait être une classe de dessin, en plein air. C’est sans doute pour cela, pensons-nous alors, pour ne pas trop se tâcher en essayant de reproduire certaines des peintures exposées dans la rue, qu’ils portent tous une blouse blanche boutonnée de haut en bas, de celles que nous portons nous aussi en France en classe de peinture, de chimie, ou de biologie.


Buenos_aires_la_boca_1Faux, nous apprendront plus tard les maîtresses du lycée Jean Mermoz. Même si en l’occurrence on a choisi de ne pas l’appliquer au sein du lycée franco-argentin, il se trouve que la plupart des élèves en Argentine portent une blouse blanche pour aller à l’école. Et ce n’est nullement afin d’essayer de se protéger d’éventuelles tâches plus ou moins salissantes. Au sein d’un pays où les inégalités sociales restent encore très fortes, il s’agit surtout d’un moyen simple, et économique, de ne créer aucune discrimination entre les élèves, quelque soit leur origine sociale. Un peu en somme comme les uniformes toujours portés par les élèves en Angleterre, ou au Japon. Nous apercevrons effectivement un peu plus tard nombre d’élèves, de tout âge, vêtus de cette même blouse blanche, de Buenos Aires aux tous petits villages, de 1000 à 7000 habitants, par lesquels nous passerons quelques semaines après, tout au nord du pays. Que l’on soit une fille ou un garçon. Que l’on porte le col de la blouse un peu relevé, ou non, pour frimer un peu devant les filles alors qu’on a 13 ou 14 ans.