Solidarité France Brésil

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Rio_visite_crche_19_4Brésil, Rio de Janeiro. C’était en 1986, lorsqu’un groupe de français et de brésiliens, diplomates, et femmes de diplomates, décidèrent de fonder Solidarité France Brésil (SFB) afin de venir en aide aux populations défavorisées de la Baixada Fluminense, la banlieue nord de Rio. L’objectif ne consiste pas à simplement leur porter assistance, en leurs fournissant les fonds nécessaires pour développer des crèches, des écoles, des centres culturels… Il s’agit aussi et surtout de leur donner les moyens de se prendre en mains, à long terme.


Cela passera donc par l’organisation de formations, à destination de futurs instituteurs, éducateurs, leaders de quartier… Mais aussi par des réunions. Beaucoup de réunions, afin d’assister les groupes locaux désirant bénéficier de l’aide de SFB à définir clairement leurs besoins, leurs objectifs, et les moyens à mobiliser. Pas toujours évident. Mener à bien de tels projets prend du temps. En moyenne, il s’écoule entre deux à trois ans avant que les premiers résultats, concrets, ne se manifestent.


Rio_visite_crche_2_2 C’est pourquoi l’association ne prend jamais les devants. Ce sont aux populations locales de se manifester auprès de SFB. C’est que le budget de l’association n’est pas illimité. Situé autour des 200 000 reals par an, tout au plus. Il faut donc s’assurer, dans la limite du possible, des chances de succès des projets soutenus, qui dépendent pour beaucoup de la motivation des principaux instigateurs. Et de leur volonté de changer les choses au niveau de leur communauté.


Rio_visite_crche_29_1Car il s’agira également pour eux, dans un second temps, d’aider à leur tour d’autres projets à voir le jour. En leur faisant bénéficier de leur propre expérience. Il s’agit de ce que l’on appelle l’effet boule de neige. Pour au final aboutir à un véritable réseau, organisé, capable de se suffire à lui-même. Et de prospérer. En 2005, ce sont 48 projets auxquels SFB a choisi d’apporter son aide au sein de la Baixada Fluminense. Représentant plus de 4000 enfants et adolescents pris en charge, en dehors des rues.

"Carnivale"

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Rio_visite_crche_36_1Brésil, Rio de Janeiro. Nous ne sommes pas exactement en pleine période de « carnivale ». Nous ne sommes pas au « sambadrome ». Nous ne sommes même pas vraiment à Rio. Pourtant, on y croirait presque. Alors que les enfants ont terminé leurs échauffements. Que les « grands », ceux de plus de 13 ans, les ont rejoints. Et qu’ils tambourinent tous maintenant comme des forcenés sur leurs percussions. Des vraies, en bois, pour les plus expérimentés. Composées de gros bidons en plastique et de bandoulières en tissu, pour les plus petits, les débutants. Pourtant, expérimentés ou débutants, le rythme est bel et bien là. Echauffé. Tout comme pour un véritable « carnivale ».


Rio_visite_crche_40_1 Il ne faut pas s’étonner. Au CIDI, le sens du rythme s’inculque dès l’âge de trois ans. Par l’intermédiaire du jeu. On passe ensuite rapidement aux tous premiers instruments, ceux faits de bidons en plastique et de bandes de tissu. Afin de s’habituer à l’instrument. Développer la complexité des rythmes. Avant de passer, enfin, aux choses sérieuses, les véritables percussions, celles toutes en bois, que l’on peut recouvrir à l’envie de multiples couches de peinture multicolores.


Rio_visite_crche_39_2Quelques heures avant, à notre arrivée, l’ensemble des instruments sont alignés, à même le sol, le long de l’allée menant aux salles de classe. Nous ne nous doutons pas alors qu’ils ont été expressément disposés ainsi, à notre attention, prêts pour la démonstration que l’ensemble des enfants du centre nous feront plus tard, à la fin de la rencontre. Alors que les enfants se préparent, que les « grands » aident les plus « petits », les font répéter, leur font des signes pour le démarrage, nous avons bien du mal à réaliser que tout cela a été préparé spécialement à notre attention. Nous qui ne sommes pourtant personne pour eux. Rien que des étrangers, de passage, venus leur rendre visite, pour une seule journée.


Pour eux, cela ne semble pas faire la moindre différence. Une fois l’incroyable session de percussions achevée, les enfants se pressent autour de nous, et sont plein de curiosité. Alors qu’il est déjà bien plus de 16 heures, et que la plupart d’entre eux devraient déjà être rentrés chez eux, auprès de leurs familles, Ils veulent en savoir plus sur notre projet. Sur les raisons pour lesquelles nous faisons tout cela. Ils veulent savoir comment ils pourraient nous suivre au cours de nos rencontres. Pour pouvoir, eux aussi, en apprendre plus sur tous ces enfants qui habitent au-delà des frontières de leur quartier. Bien au-delà de Rio. De la Baixada Fluminense.


Rio_visite_crche_43_1 Ils semblent déjà s’imaginer tous ces mondes, à des milliers de kilomètres de chez eux. Et leurs esprits fourmillent de projets. Pourquoi pas même un jour, sait-on jamais, venir là où nous habitons, en France, pour jouer des percussions avec les enfants de chez nous ? Ils n’ont que 6, 8 ou 13 ans. Mais ils nous ont déjà totalement dépassés par leur incroyable énergie. Du coup, nous nous mettons, nous aussi, à espérer. Qu’ils finiront bien tous, un jour, par franchir les frontières de la Baixada. Pour aller voir la mer, qui ne se situe pourtant qu’à quelques kilomètres de là, pour la toute première fois. Pour commencer...

La vidéo...

Un jour, tu seras Gauguin

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Rio_visite_crche_28_1Brésil, Rio de Janeiro. Ici, les murs en sont recouverts. Dans la rue. Le long des bâtiments. A l’intérieur des écoles. De dessins, de toutes les tailles, et de toutes les couleurs. Plus de que de simples graffitis, il s’agit ici, d’un véritable mode d’expression. Comme un second langage. Pratiquement inné. Au Brésil, où que nous passions, les façades des écoles sont ornées de bleu, de rouge, de vert, parsemées de personnages imaginaires. Parfois des personnages connus. Loin des façades, plus conventionnelles, auxquelles nous avons été habitués, à l’âge de l’école primaire.


Rio_visite_crche_30 Au CIDI, le Centre intégré de développement infantile, le second centre que nous visitons avec SFB, l’exception n’est pas de mise. Le dessin constitue clairement une seconde nature chez l’ensemble des enfants qui viennent régulièrement assister aux ateliers peinture organisés par le centre. Le fruit de leur travail est exposé, à l’entrée du centre, sur de véritables chevalets. Dire que nous sommes alors extrêmement impressionnés par ce que des enfants de cet âge sont capables de réaliser est peu dire. Pour tout avouer, nous avons même alors presque peine à croire que de telles peintures aient pu être réalisées par des enfants. Nous avons même tellement du mal à le croire que nous n’avons d’autre choix d’en emporter la preuve, avec nous. Afin de pouvoir les intégrer à la série d’exposition que nous organiserons, une fois rentrés à la maison.


Rio_visite_crche_31Le choix s’avère bien évidemment particulièrement difficile. Nous aimerions bien tout emporter. Mais nous ne pourrions malheureusement nous permettre de tout envoyer vers la France, même par bateau. Nous nous contentons donc, à regret, de deux des œuvres exposées. Et attendons dès lors, déjà, avec impatience, le moment où nous pourrons de nouveau les exposer, sur leurs chevalets, à des dizaines de milliers de kilomètres de là, en France.

La lecture par les bonbons

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Rio_visite_crche_4_1Brésil, Rio de Janeiro. Nous sommes dans ce qui équivaudrait en France à une classe de CE1. Les bureaux sont proprement alignés, en carré, le long des murs. Des dessins sont accrochés tout autour de la classe. Les jeux sont rangés sur les étagères de la commode en bois. La maîtresse écrit un texte au tableau noir. On pourrait presque se croire dans une salle de cours tout ce qu’il y a de plus ordinaire… Excepté qu’ici, le les enfants ne sont pas sagement assis à leurs places, mais debout, en plein milieu de la pièce, en train de se déhancher furieusement sur une musique qui s’échappe du lecteur CD. « Patorratafoca ». « La cane a dit au canard ».


Rio_visite_crche_14_1On connaît la chanson… »
Les petites têtes brunes semblent même tellement apprécier la chansonnette que l’on se demanderait presque s’ils parviendront à revenir calmement à leurs pupitres. Pourtant, quelques minutes plus tard, la petite troupe a bel et bien mis un terme à sa danse effrénée, et commence à se mettre en rang afin d’être interrogée pour ce qui s’avère être, en fait, une classe de lecture.

Au tableau sont inscrites les paroles de la chanson qui vient juste d’être diffusée. L’objectif consiste aujourd’hui, pour cette petite classe d’une dizaine d’élèves, à identifier et à énoncer à haute voix au moins un mot de la chansonnette. Celui désiré. N’importe lequel. Du coup, très rapidement, la séance d’apprentissage se transforme en séance de jeu, et les enfants se bousculent bientôt au tableau afin de pointer fièrement leurs mots préférés. C’est qu’ici, apprendre en s’amusant n’est pas un vain mot.


Lire dans les bonbons

Rio_visite_crche_27_1On l’étend même à toutes les sauces, et à tous les domaines. On l’étend même aux sachets vides de bonbons. Multicolores, de toutes formes, de toutes tailles, les fameux outils pédagogiques, pour le moins peu orthodoxes, trônent juste à côté à gauche du grand tableau noir, à portée de vue des jeunes et studieux élèves. L’objectif est simple : il suffit juste d’utiliser à bon escient les grandes passions des enfants, afin de les intéresser, pour au final leur inculquer les subtilités de l’alphabet. Et bien plus encore.


Rio_visite_crche_18_1Histoire d’éléphant

« Les institutrices utilisent les livres, les chansons ainsi que les vidéos afin d’ouvrir les esprits des enfants à d’autres domaines », nous explique les membres de SFB. Tels la biologie, les sciences, ou les règles de la vie en société. L’autre jour par exemple, l’institutrice de la classe de « CE1 » a pu profité de l’atelier vidéo afin d’inculquer quelques valeurs aux enfants, par le biais d’un dessin animé qu’elle a trouvé décidément « très intéressant ». L’histoire d’une maman éléphant, protégeant son petit des railleries des autres éléphants.

Intrigués, nous tendons l’oreille, nous attendant à découvrir un conte directement issu du folklore brésilien. Crayon en main, nous nous apprêtons donc à noter. La maîtresse ne parvient pas à se souvenir du titre de la vidéo. Peut-être les enfants s’en rappelleront-ils ? A la demande de leur maîtresse, le petit groupe s’agite. Les têtes cogitent. On réfléchit. On cherche. Les noms fusent. « Doumboeeee! », s’écrit finalement une petite fille au milieu du brouhaha. Soit « Dumbo ». De Walt Disney. Ou l’histoire d’un bébé éléphant, rejeté par ses pairs à cause des ces décidément trop grandes oreilles. Comme quoi…

La capoeira, quand on a 5 ans...

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Rio_visite_crche_24_2Brésil, Rio de Janeiro. Ici, au Brésil, la capoeira est une affaire extrêmement sérieuse. Tellement sérieuse qu’on l’apprend extrêmement tôt. Et extrêmement vite. Pratiquement juste après avoir appris à marcher, à courir, à bondir... et à rebondir. Soit à l’âge de 4 ou 5 ans. C’est donc tétines au bec et couches culottes bien harnachées que trois petits bouts d’hommes, pas plus haut que trois pommes, se jettent, sous nos yeux hébétés, sur ce qui constitue habituellement leur terrain de sieste, ici instantanément reconverti en furieuse piste de danse pour capoeiristes débutants.

Rio_visite_crche_3Les roues et acrobaties s’enchaînent à un rythme effréné. On prend de l’élan. On se jette corps et âmes. On se moque des copains qui n’ont pas accompli leurs figures tout à fait bien comme il fallait. On enchaîne les sauts. Les roulés boulés. Les roues. Mais attention, pas de ces roues classiques que l’on exécute de l’autre côté de l’Atlantique. Non, la véritable roue de capoeira, celle que les partenaires capoeiristes se doivent d’exécuter à chaque entrée sur la piste de danse, face à face, sans perdre à aucun moment le contact visuel.

Tout ceci autour d’un quatrième comparse, tranquillement assis à même le sol au milieu de toute cette agitation, fermement armé de sa tétine et bien décidé à ne pas bouger. C’est qu’ils sont déjà particulièrement agiles, alors qu’ils n’ont pas encore atteint l’âge de l’école primaire. On imagine donc aisément ce que ces acrobaties, improvisées à notre attention, pourront donner, d’ici quelques années…

La vidéo...

Les enfants de la Baixada Fluminense - II

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Rio_visite_crche_10Brésil, Rio de Janeiro. Deux petites portes d’entrée en bois, tables, chaises et armoires multicolores, toute de bleu, de jaune et de vert ornées, peinture impeccable, réfectoire irréprochable. Salles de douche. De sieste. Des cris d’enfants nous parviennent de la grande cour de récréation, située à l’arrière de l’école, abritée sous un large préau. Nous avons beau être dans une des métropoles les plus pauvres de la région, les effigies de Barbie, Mickey, et autres Bob l’éponge ornent les murs et les cartables.


Rio_visite_crche_25 A l’étage, nous découvrons même une salle informatique, équipée d’une petite dizaine d’ordinateurs. Des vieux modèles certes, sans connexion Internet. Mais tout de même. A l’origine du projet, un français, nous informe-t-on, oeuvrant par le biais du Comité pour la démocratisation de l’informatique (CDI). « Ils forment le personnel et fournissent les ordinateurs.» Dans quelques jours, une nouvelle bibliothèque va même être inaugurée, grâce à de nombreux dons, ainsi qu’à l’aide de la fondation Suez. Même si, et c’est le hic, tous les ouvrages légués ne correspondent pas toujours tout à fait aux besoins des enfants. Le long des étagères, nous apercevons effectivement une série d’ouvrages encyclopédiques, a priori plutôt réservés à des étudiants ayant déjà atteint un niveau universitaire. Au moins.


Rio_visite_crche_6 Un travail de longue haleine
« SFB a travaillé avec cette école pendant plus de 10 ans avant d’en arriver à ce résultat.» Que l’on ne se leurre pas, l’exemple de la Cecaman est un cas isolé. Rare, et idéal. Ici, le personnel est organisé. Les instituteurs, pour la plupart des institutrices, dévoués. Au total, ce sont une trentaine de personnes qui travaillent en permanence auprès des enfants, âgés de 3 mois à 17 ans. « La plupart sont très peu ou pas payés. Mais ils restent. » C’est ce qui fait tourner la maison. Car ailleurs, avec un salaire de seulement 200 à 300 reals par mois, soit moins de 100 euros mensuels (!), les gens partent, laissant place à une rotation du personnel telle qu’il est impossible pour les enfants de bénéficier d’un suivi cohérent.


Rio_visite_crche_25_1 Mais même dans ces conditions idéales, même au sein de la Cecaman, l’avenir reste incertain. Le centre ne bénéficie d’aucune subvention de l’Etat, même s’il devrait, et dépend donc en très grande majorité des donations des fondations privées, forcément très variables. Nous ne comprendrons que plus tard ce que signifie ici l’engagement gouvernemental, alors que nous passons devant une bâtisse toujours en cours de construction, aujourd’hui laissée à l’abandon. « C’est l’hôpital municipal, nous précise-t-on. Il n’est pas terminé mais pour l’Etat, officiellement, il est ouvert, et il fonctionne… » Mmm, de quoi laisser un tantinet perplexe, tout de même…


Rio_visite_crche_1 Pourtant, ici, il suffirait de 25 reals par enfant, par mois, soit environ 8 euros, afin de financer le centre de manière pérenne. Mais sans source stable de revenus, la Cecaman se retrouve fatalement, de manière récurrente, en déséquilibre financier. L’an dernier, la période de disette a même duré sept long mois. Du coup, il a fallu s’organiser, et développer de petites activités annexes, afin d’arrondir les fins de mois. A l’arrière du jardin de l’école a donc été aménagé un petit atelier de recyclage, tandis qu’à l’étage, les filles profitent des ateliers couture organisés par le centre afin de vendre leurs créations, pour quelques reals, au bazar hebdomadaire du quartier. Pas grand-chose certes, mais juste de quoi tenir jusqu’à la prochaine donation. Peut-être.

Les enfants de la Baixada Fluminense - I

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Rio_27bord Brésil, Rio de Janeiro. 8h30. Après une ou deux tasses de café, les yeux encore à moitié fermés, toujours légèrement marqués par le décalage horaire, nous quittons tranquillement les hauteurs de Santa Teresa, jonché sur les hauteurs de Rio de Janeiro, afin de nous diriger vers la banlieue nord de la Baixada Fluminense. Là où se dérouleront nos toutes premières rencontres avec les enfants, sur un voyage d’une durée totale d’environ dix mois. Nous traversons la ville, dépassons les favelas qui surplombent Rio depuis leur colline verdoyante. Nous nous éloignons de l’effervescence urbaine, quittons bientôt le macadam pour nous retrouver au sein de municipalités dépouillées, où les évacuations d’égouts n’existent pas.

Rio_visite_crche_23_bisbord ... Où il n’y a pas de déchetterie. Où les bouteilles et sacs en plastique jonchent ici et là. Au milieu du quartier. Les baraques de un à deux étages se succèdent. Sommaires. Les rues semblent calmes. La population vaque, à pied ou en vélo. Nous  croisons une Jeep. Quelques boutiques. Des regards étonnés. Mais rien ne semble a priori sortir de l’ordinaire. Le calme règne. Nous nous sentons en sécurité. A l’abri de notre véhicule, en compagnie des membres de l’association Solidarité France Brésil (SFB), qui œuvre dans la région depuis maintenant très exactement 20 ans.


Le massacre de la Baixada Fluminense
Pourtant, au cœur de la Baixada Fluminense, nous ne l’apprendrons que bien plus tard, la violence est toujours bel et bien là. C’est ici, au sein de cette petite communauté composée d’une vingtaine de municipalités qu’une trentaine de personnes ont trouvé la mort, il y a un peu plus d’un an, à peine, abattues au hasard par un « Escadron de la mort ». Parmi les victimes, des enfants. Parmi les tireurs, des membres de la police militaire… Représailles de la série d’arrestations quelques jours plus tôt de plusieurs de leurs membres, corrompus. «Il n’y avait plus eu de massacre de cette ampleur à Rio depuis 1993, l’année des massacres de Vigario Geral et Candelaria, reporte alors Amnesty International. Cela montre jusqu’où les « Escadrons de la mort » sont prêts à aller afin de répandre la terreur et résister aux tentatives des autorités de mettre fin à leurs activités.»

Rio_visite_crche_5_bisbord_1Certains membres de l’association nous le confirmeront au cours de la journée, organiser une visite auprès de certaines des écoles soutenues par SFB n’est pas toujours un travail de tout repos. Même si, nous rassure-t-on, les deux centres que nous allons visiter aujourd’hui ne se situent pas dans une des ces zones à risque. De celles nécessitant absolument l’accord préalable des trafiquants locaux et le strict respect, une fois sur place, des codes internes à la communauté, - laisser son visage à découvert, afin de pouvoir être reconnu, ne pas prendre de photos ou de films sans accord, au risque de dévoiler par mégarde l’identité et les emplacements des « guetteurs » du réseau -, sous peine d’essuyer ultérieurement de très sérieux désagréments. Contre toute attente, ces intéressantes informations ne sont pas vraiment pour nous rassurer…


Rio_visite_crche_2bord Un havre de paix…
Heureusement(?) pour nous, à l’heure où nous nous apprêtons à pénétrer la municipalité de la Baixada Fluminense, nous le confessons, nous n’avons encore effectué aucune recherche, et ignorons donc tout de ces événements funestes. Pour l’heure, nous semblons tous très loin de tout ça. Alors que le soleil se lève sur une magnifique journée d’août, et que nous nous apprêtons à pénétrer au sein de ce qui ressemble pour nous, dilettantes d’occidentaux, à un véritable havre de paix : le centre Cecaman…