Elle est où la pagaie ?

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Cambodge_15Cambodge, Phnom Penh. Un nouveau groupe de jeunes hommes vient de se mettre en place. Nous nous attendons d’une seconde à une autre à une chanson typiquement Cambodgienne. Alors que les garçons commencent à chanter et à danser, quelle n’est pas notre surprise de reconnaître une chansonnette qui nous est tout de même légèrement familière. Une chansonnette avec une histoire de pagaie, et de cocotiers…


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Agir pour le Cambodge

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Cambodge_21Cambodge, Phnom Penh. 1984. L’association Agir pour le Cambodge est créée afin de venir en aide aux milliers de Cambodgiens qui fuient le régime des Khmers Rouges afin de se réfugier en Thaïlande. Suite à l’intervention de l’ONU et à la fermeture des camps de réfugiés à la frontière Thaïlandaise en 1993, l’action est loin d’être finie. Le régime a laissé derrière lui nombre de séquelles dont le pays souffre encore de nos jours. Nombre d’orphelins et d’enfants handicapés, entre autre. Il s’agit donc de trouver les moyens de les loger, les nourrir, les scolariser, les soigner…


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Vingt trois années plus tard, l’orphelinat de Sre Ampil, localisé à 40 kilomètres de Phnom Penh, accueille 71 enfants âgés de 6 à 25 ans. Ils sont logés, nourris et suivis pendant tout au long de leur scolarité jusqu’à l’université par les membres de l’orphelinat. Il en coûte en moyenne 20 dollars par enfant, par mois, afin de couvrir les frais de logement, de couvert, de santé, de scolarité et frais de vie. Les enfants sont en permanence encadrés par trois monitrices, auxquelles viennent s’ajouter trois formatrices consacrées aux chants et danses traditionnelles Cambodgiennes, et deux ou trois stagiaires étrangers en charge d’enseigner l’anglais aux enfants.

Jouons sous la pluie !

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Cambodge_17_2Cambodge, Phnom Penh. On nous l’avait pourtant promis, juré. A cette époque de l’année, au Cambodge, il ne pleut pratiquement jamais. Certes, le ciel s’est un peu alourdi. De lourds nuages gris ne présageant rien de bon viennent tout juste d’apparaître juste au dessus de nos têtes. Mais nous ne inquiétons pas beaucoup plus que cela, persuadés, comme on nous l’a maintes fois répété jusque là, qu’à cette époque de l’année, il ne pleut effectivement pratiquement jamais. « Pratiquement », c’est le mot…


Cambodge_18Nous n’avons pas fait trois pas en dehors du préau de l’orphelinat, afin d’enfourcher de nouveau nos motocyclettes respectives, que des trombes d’eau se mettent soudain à se déverser. Par tonneaux entiers, sans s’arrêter, et ce pendant au moins une bonne heure. A la grande joie des enfants, pour qui l’habituel jeu de foot en fin de journée vient soudain de se transformer en un combat de boue, géant. On en oublie du coup totalement la balle de football et l’on court joyeusement sous la pluie, tout en se jetant à la figure des poignées de terre fraîchement arrosées. Ici, l’occasion est rare, et mérite donc bien d’être dignement fêtée, dans la joie, et l’allégresse, la plus complète.

Les enfants, en scène !

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P1030017Cambodge, Phnom Penh. La salle de danse est immense, et s’étend sur tout l’étage. Les musiciens, et leurs instruments, sont en place, dans un coin de la scène improvisée, là où vont se produire l’ensemble des enfants dans quelques secondes à peine. Des petits tapis ont même été aménagés à même le sol afin que nous puissions nous asseoir en face de la petite troupe. Les enfants sont en place, prêts à exécuter leur spectacle du dimanche. Nous réglons nos appareils, prêts à immortaliser le moment. Un seul petit problème : le manque de lumière. On s’agite de nouveau, essayant de trouver la clé qui permet normalement d’allumer les lampes du plafond. On n’arrive pas malheureusement, après cinq minutes de recherche, à localiser cette fameuse clé. Nous ferons donc sans, et avec les moyens du bord, en priant très fort pour que l’image puisse tout de même être lisible…


Voir la danse des filles…
Voir la danse des garçons…

Le plus intelligent des animaux…

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Cambodge_19Cambodge: histoire. Il était une fois un lapin qui se promenait tranquillement le long de la route, sans but précis, sans intention particulière. Jusqu’à ce qu’il croise une vielle dame, munie d’un grand panier entièrement rempli de belles poignées de bananes jaunes, mûres à souhait. Le lapin ne tarda pas à s’en lécher et pourlécher les babines, et à se demander comment il pourrait bien se procurer ces précieuses bananes, sans se faire attraper par la vieille dame. C’est alors qu’il eût une idée de génie, et décida tout simplement de s’allonger à même le sol, bien en vue de la vielle dame. Comme si de rien n’était. Ou presque…


La vielle dame ne tarda pas à apercevoir le lapin, allongé en plein milieu de la route, comme si de rien n’était, et décida donc de s’approcher de plus près. L’animal a bel et bien l’air mort, décida alors la vielle dame, avant de l’attraper promptement afin de l’installer à l’intérieur de son panier, en compagnie des précieuses bananes. Et, alors que la vielle dame s’était déjà mis à penser au délicieux met qu’elle pourrait bien préparer avec cette trouvaille tombée du ciel, le lapin pour sûr ne se fit pas prier afin de se relever aussitôt de cette mort simulée pour s’emparer des précieuses bananes et s’enfuir discrètement du panier, à l’insu de la vielle dame. C’est depuis que le lapin est définitivement considéré au Cambodge comme l’animal le plus malin de toute la faune environnante, et qu’il est régulièrement représenté dans les histoires pour enfants comme un modèle de perspicacité, à suivre…

Le spectacle dans la peau

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Cambodge_8Cambodge, Phnom Penh. Les enfants courent pèle mêle. C’est le branle bas de combat. Habituellement, les sessions de musique, de chant et de danse traditionnelle Cambodgienne n’ont lieux que le dimanche. Nous sommes aujourd’hui lundi, mais peu importe. Les enfants rameutent aussitôt leurs troupes. Appellent les danseurs, les musiciens, localisent le responsable des ateliers du dimanche, un « grand ». Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, voilà l’ensemble des jeunes artistes de l’orphelinat qui ressortent bientôt de leur dortoir, parés de leurs costumes de spectacle du dimanche. Des costumes flamboyants, jaunes, verts et bleu…


Nous nous apprêtons à nous lever afin de monter à l’étage mais Phalla nous fait signe d’attendre. Les enfants veulent répéter avant de nous montrer le spectacle sur lequel ils travaillent chaque dimanche avec leur professeur de chant et de danse. Tandis que la musique commence à s’élever à l’étage supérieur, juste suffisamment étouffée afin que nous ne puissions l’entendre distinctement et que de petits pas tambourinent bientôt régulièrement le plafond, nous, un étage plus bas, à l’abri du préau, essayons de nous concentrer sur une petite histoire Cambodgienne que Phalla décide alors de partager avec nous, impliquant à ce qu’il paraît l’animal le plus intelligent du monde animal, selon la mythologie Cambodgienne…

En route pour Sre Ampil

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Cambodge_2Cambodge, Phnom Penh. Nous voilà partis pour l’orphelinat de Sre Ampil, soutenu par l’association Agir pour le Cambodge depuis 1995, situé à quelques 40 kilomètres de la capitale Cambodgienne, Phnom Penh. Quarante kilomètres de routes principalement faites de terre, de pierres, ainsi que de nombreux trous et autres crevasses… Une route en un mot difficilement empruntable autrement qu’en véhicule tout terrain, ou comme nous, à bord d’une vieille motocyclette pratiquement totalement dépourvue de toute suspension, que nous nous efforçons donc de conduire terriblement lentement, à la suite de Phalla, travailleur social pour Agir pour le Cambodge, notre guide pour la journée.


Cambodge_1Après une heure d’intenses efforts, sous une chaleur de plomb, nous arrivons enfin en vue de l’orphelinat. Un panneau en bois bleu marque l’entrée de l’établissement, et nous conduit le long d’une merveilleuse allée ombragée, bordée d’arbres fruitiers. A notre droite, un grand bâtiment bleu abrite le bureau du directeur de l’école, deux salles de classe, une petite bibliothèque, ainsi qu’une grande pièce occupant tout le second étage de la bâtisse, destinée aux ateliers de musique, de chant et de danse du dimanche. A notre gauche, derrière le jardin, quatre maisons jaunes à deux étages abritent toute une multitude de lits jumeaux en bois. Sur les côtés, les salles de bain, une pour les filles, une autre pour les garçons, encadrent les dortoirs.


Alors que nous savourons un verre d’eau salutaire en compagnie de Phalla et du directeur de l’école, les enfants commencent à sortir par petits groupes de la cantine, et nous aperçoivent, étonnés. La curiosité se lit dans leur regard. Certains viennent immédiatement nous saluer, nous adressent un « wai » traditionnel*. D’autres, plus timides, se cachent derrière leurs camarades tout en gloussant dans leur barbe. Afin de briser la glace, nous décidons donc de leur offrir les petits gâteaux que nous avons achetés un peu plus tôt, spécialement à leur attention, dans une boulangerie Cambodgienne traditionnelle. Certains acceptent avec joie sans se faire presser. D’autres partent aussitôt se cacher à l’abri de la salle de classe la plus proche. Nous décidons donc de laisser le plateau de gourmandises traîner sur la table sous le préau, pendant que nous partons faire la découverte des lieux avec Phalla. Et pour sûr, à notre retour, le plateau a été totalement et mystérieusement libéré de son contenu, si ce n’est quelques miettes, de ci de là.


* salut traditionnel au Cambodge, ainsi qu’en Thaïlande, consistant à joindre les deux mains devant soi et à incliner humblement la tête devant son interlocuteur.