Accompagnez-nous chaque semaine sur TV5.org dans les coulisses du projet My Petit Mundo, au cours de nos rencontres avec les enfants et leurs univers, au travers de leurs histoires, jeux, chants, danses, traditions, animaux, préférés, de par le monde…
Brésil, Rio de Janeiro. Nous ne sommes pas exactement en pleine période de « carnivale ». Nous ne sommes pas au « sambadrome ». Nous ne sommes même pas vraiment à Rio. Pourtant, on y croirait presque. Alors que les enfants ont terminé leurs échauffements. Que les « grands », ceux de plus de 13 ans, les ont rejoints. Et qu’ils tambourinent tous maintenant comme des forcenés sur leurs percussions. Des vraies, en bois, pour les plus expérimentés. Composées de gros bidons en plastique et de bandoulières en tissu, pour les plus petits, les débutants. Pourtant, expérimentés ou débutants, le rythme est bel et bien là. Echauffé. Tout comme pour un véritable « carnivale ».
Il ne faut pas s’étonner. Au CIDI, le sens du rythme s’inculque dès l’âge de trois ans. Par l’intermédiaire du jeu. On passe ensuite rapidement aux tous premiers instruments, ceux faits de bidons en plastique et de bandes de tissu. Afin de s’habituer à l’instrument. Développer la complexité des rythmes. Avant de passer, enfin, aux choses sérieuses, les véritables percussions, celles toutes en bois, que l’on peut recouvrir à l’envie de multiples couches de peinture multicolores.
Quelques heures avant, à notre arrivée, l’ensemble des instruments sont alignés, à même le sol, le long de l’allée menant aux salles de classe. Nous ne nous doutons pas alors qu’ils ont été expressément disposés ainsi, à notre attention, prêts pour la démonstration que l’ensemble des enfants du centre nous feront plus tard, à la fin de la rencontre. Alors que les enfants se préparent, que les « grands » aident les plus « petits », les font répéter, leur font des signes pour le démarrage, nous avons bien du mal à réaliser que tout cela a été préparé spécialement à notre attention. Nous qui ne sommes pourtant personne pour eux. Rien que des étrangers, de passage, venus leur rendre visite, pour une seule journée.
Pour eux, cela ne semble pas faire la moindre différence. Une fois l’incroyable session de percussions achevée, les enfants se pressent autour de nous, et sont plein de curiosité. Alors qu’il est déjà bien plus de 16 heures, et que la plupart d’entre eux devraient déjà être rentrés chez eux, auprès de leurs familles, Ils veulent en savoir plus sur notre projet. Sur les raisons pour lesquelles nous faisons tout cela. Ils veulent savoir comment ils pourraient nous suivre au cours de nos rencontres. Pour pouvoir, eux aussi, en apprendre plus sur tous ces enfants qui habitent au-delà des frontières de leur quartier. Bien au-delà de Rio. De la Baixada Fluminense.
Ils semblent déjà s’imaginer tous ces mondes, à des milliers de kilomètres de chez eux. Et leurs esprits fourmillent de projets. Pourquoi pas même un jour, sait-on jamais, venir là où nous habitons, en France, pour jouer des percussions avec les enfants de chez nous ? Ils n’ont que 6, 8 ou 13 ans. Mais ils nous ont déjà totalement dépassés par leur incroyable énergie. Du coup, nous nous mettons, nous aussi, à espérer. Qu’ils finiront bien tous, un jour, par franchir les frontières de la Baixada. Pour aller voir la mer, qui ne se situe pourtant qu’à quelques kilomètres de là, pour la toute première fois. Pour commencer...
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