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Pérou, Racchi. Deux jours plus tôt, nous avions effectivement pu commencer à nous en rendre compte de l’isolement dans lequel vivent parfois les villageois Quechua. Alors que nous croisons un jeune homme de 13 ans, déjà, sur le chemin du Macchu Picchu. Nous sommes alors tous entassés, tant bien que mal, à l’intérieur d’une petite camionnette qui fait office de bus scolaire, afin de nous rendre au village de Ollantaytambo. Une horde d’enfants en uniformes d’école discutent vivement autour de nous, et se mettent à nous poser des questions en Espagnol. La discussion déborde rapidement sur le foot. On parle de Zidane. De Ronaldo, de Ronaldhino. On échange même des emails avant de se séparer. Ou presque. Parmi les écoliers, un jeune homme, pas plus haut que trois pommes, nous propose, devant nos mines un peu égarées, de nous indiquer le chemin jusqu’à la gare, d’où nous devons emprunter un train jusqu’à la ville de Agua Calientes, au pied du Macchu Picchu.
En attendant le train, nous allons tous déguster une pizza. Notre jeune ami refuse, malgré notre insistance, le repas que nous lui proposons. C’est que ses parents l’attendent pour le dîner, il ne pourra donc s’attarder. Il n’acceptera en tout et pour tout qu’un seul verre de Coca. Presque un peu gêné. Nous nous mettons donc à parler. Il n’a que 13 ans. Mais il nous paraît progressivement avoir bien plus que cela, alors qu’il se met à répondre à nos questions, de manière extrêmement lucide, à propos de lui, de sa famille, et de sa vie au sein du village.
Il nous parle, par exemple, de son envie de faire du droit. De son rêve de devenir avocat. Un jour. Même s’il le sait, cela n’arrivera jamais, ses parents n’ayant pas les moyens de l’envoyer à l’université. Il nous pose également des questions sur la ville de Cuzco. A nous, qui ne sommes pas Péruviens. Afin de le renseigner lui, qui habite à une heure, à peine, de là, et qui n’a pourtant jamais mis les pieds au sein de la célèbre capitale sacrée. Nous finissons par nous quitter, la gorge serrée, en nous demandant ce que notre jeune ami va devenir, dans les années à venir. Lui qui devrait, normalement, au sein de n’importe laquelle de nos villes occidentales, être promis à un si bel avenir… Et nous comprenons encore plus, en cet instant, toute l’importance de toutes ces associations que nous rencontrons, sans lesquelles nombres des enfants que nous rencontrons, tel notre jeune ami de ce soir, ne pourraient bénéficier d’aucune perspective d’avenir, quelque qu’elle soit, où que ce soit…










