Triste anniversaire

Posté par : Denise Epoté le 6 octobre 2009 à 14h08

Images-4 Il y a 51 ans le 28 septembre par la voix de Sékou Touré les guinéens disaient NON au Général de Gaulle et mettaient un terme à la domination coloniale. Un demi siècle plus tard toujours plus épris de liberté que jamais, les guinéens au cours d'une manifestation pacifique disaient NON au capitaine Dadis Camara. Plusieurs d'entre eux hélas paieront très cher cet affront fait au capitaine. Sa garde rapprochée n'a guère supporté que des démocrates aux mains nues s'opposent ainsi au projet du bouillant capitaine qui se verrait bien président de la Guinée au lendemain de janvier 2010. Certes en succédant à Lansana Conté il avait pris l'engagement de conduire une transition  avant de rendre le pouvoir aux civils. Mais huit mois plus tard depuis le camp Alpha Yaya devenu le centre du pouvoir , le jeune capitaine fils putatif de Lansana Conté à cédé aux appels de certains guinéens qui en 51 ans n'auront connu que des dictatures militaires et qui s'en contentent. Et pour cause, dans ce régime arbitraire prospèrent toutes sortes de trafic. Alors pour en profiter autant être dans les petits papiers de l'armée.
Images-1 Mais au fond pourquoi Dadis Camara n'aurait-il pas de velléité? Certains politiciens se sont félicités de son coup de force car il prenait de court celui que le camp adverse préparait. Et pour plaire au bouillant capitaine ils ont tôt fait d'approuver toutes ses décisions les unes plus fantasques que les autres, en pensant le moment venu être adoubé par le chef de junte. L'attitude de personnes réputées très proches du chef de l'état français n'a pas non plus aidé à décourager le capitaine dans son dessein présidentiel. Heureusement depuis les évènement survenus le 28 septembre , Paris par la voix du ministre des affaires étrangères a annoncé qu'il n'était plus question de négocier avec le chef de la junte. Décision courageuse mais qui intervient au lendemain de la mort d'une centaine de guinéens.
"Dadis doit partir" c'est la ligne qu'ont adoptée les leaders politiques guinéens. La médiation du présidentImages-2 Blaise Compaoré mandaté par la CEDEAO s'avère très délicate voire impossible. Parmi les quinze points contenus dans le mémorandum qu'ils lui ont remis deux sont non négiciables: le départ des militaires et l'envoi d'une force internationale. Pour le président burkinabé l'expérience acquise dans les crises  ivoirienne et togolaise ne lui sera d'aucune utilité. A Conakry il lui faudra convaincre un psychopathe qui voulait être président que pour la paix de la sous-région il faut qu'il rennonce à son rêve. Rien n'est moins sûr.

Suicidaire Tandja?

Posté par : Denise Epoté le 30 juin 2009 à 12h42

 Images-1 La fin de la crise qui secoue la scène politique nigérienne depuis trois mois est inévitable pour qui connait l'histoire politique fort mouvementée de ce pays. Jusqu'en 1999 année de l'assassinat tragique du président Ibrahim Baré Maïnassara, le Niger a connu de nombreux coups de force. A l'époque les raisons de l'intervention de l'armée se justifiaient beaucoup moins.
Depuis l'annonce de son intention de se maintenir au pouvoir au delà de décembre 2009, Amadou Tandja ne s'est pas privé pour piétiner les institutions de la république. Exit l'assemblée nationale, puis la cour constitutionnelle qui au nom de la démocratie s'étaient opposé à la tenue du référendum que convoque le chef de l'état pour le 4 août.
Certes le président nigérien n'est pas un cas isolé. Avant lui de nombreux présidents sont revenus sur l'engagement pris au moment de leur élection. Se retirer du pouvoir à la fin de leur mandat. Dès lors on comprend mieux leur mutisme concernant la crise nigérienne. Rares sont ceux qui pourraient jetter la pierre à Amadou Tandja. Il le sait et profite de la gène de ses pairs pour persister et signer.
Images-4  Seul le président Yaradua du Nigéria en sa qualité de président en exercice de la communauté économique des états d'afrique de l'ouest (CEDEAO) a osé tancer son homologue au cours du récent sommet tenu à Abuja. Une nouveauté de ton dans ce genre de forum, mais qui hélas ne sera suivie d'aucun effet . La CEDEAO n'ayant pas les moyens d'imposer de sanctions à ses membres.
Du côté de l'union africaine, face aux prises de position du guide libyen, encombrant président et ardent défenseur de la présidence à vie, la voix du  président de la commission peine à se faire entendre.
Silence radio également du côté de Paris. Mais à cela rien d'étonnant. La présence à ses côtés de Nicolas Sarkozy au moment de l'inauguration du site d'Imouraren dont la production fera du Niger le premier producteur mondial d'uranium, a été interprétée par Amadou Tandja comme un quittus. En fin stratège militaire qu'il est, le président nigérien avait minutieusement organisé son agenda. Réconciliation avec la rébellion touareg, révision des contrats avec Areva, création d'un mouvement de soutien "Tazarche" l'appelant à poursuivre son action à la tête du pays, et enfin l'annonce de la tenue du référendum.
Désormais seul aux commandes d'un état aux ressources minières considérables, Amadou Tandja va Images-2 gouverner par ordonnances. Par crainte de sanction personne dans son entourage ne prend le risque de  faire entendre raison au président devenu autiste. Un entêtement qui hélas pourrait coûter au pays une paix chèrement acquise.

La fin d'un système?

Posté par : Denise Epoté le 11 juin 2009 à 18h16

Images-1 A peine sortis du deuil de la première dame du pays les gabonais sont de nouveau frappés par le malheur.
Le reste de l'Afrique partage également leur tristesse car Omar Bongo Ondimba était le doyen des chefs d'état, le dernier de ceux ayant accédé au pouvoir au lendemain des indépendances. Le médiateur incontournable de toutes les crises africaines.
Les gabonais perdent un père, celui qui de son palais du bord mer réglait tous les conflits, politiques, sociaux, économiques et familiaux du pays.

Sur le front politique, depuis l'avènement du pluralisme en 1990 sa ligne n'a pas variée: "la bouche qui mange ne parle pas" se plaisait-il à répéter à ceux de ses pairs qui lui demandaient sa recette pour gérer les partis d'opposition. A coup de largesses les opposants les plus irréductibles ont fini par rejoindre les rangs du pouvoir. Opposant historique le père Mba Abessole est l'exemple le plus parlant. Un poste de vice-premier ministre aura suffit à briser la fougue du parti des bûcherons. Que deviendra le Parti Démocratique Gabonais? Le PDG aura du mal à survivre à l'homme qui l'incarnait et qui faute de cotisations le finançait depuis quatre décennies.

Dans une région secouée par des conflits en tout genre, c'est grâce à la théorie des cercles concentriques qu'Omar Bongo Ondimba aura épargné au Gabon la contagion. En fin stratège il avait compris que la garantie de sa sécurité passait par l'opposition des divers groupes chargés de veiller sur sa personne. Contrairement à tous ses pairs, Omar Bongo Ondimba en quarante ans de pouvoir n'a  jamais craint d'être démis de ses fonctions à l'occasion d'un voyage à l'étranger !

Images-3 En bon bantou, Omar Bongo Ondimba même affaibli par la maladie et le chagrin n'aura pas failli à la règle. Ne jamais trancher de son vivant la question brûlante de sa succession. Certes il y a trois mois il a pris le soin de confier la gestion de la transition à la présidente du sénat qui dispose de quarante cinq jours pour organiser des élections. Mais la réalité est plus complexe. Au sein du PDG les barons du parti qui aujourd'hui ont tous les moyens de faire campagne se rangeront-ils derrière le vice-président et non moins ministre de la défense Ali Bongo Ondimba? Sauront-ils taire leurs ambitions personnelles pour désigner un candidat et éviter l'implosion du parti au cours d'un congrès extraordinaire qui s'impose? Où mènera la Images-2 guère fratricide qui se joue en sourdine entre Ali et Pascaline Bongo Ondimba? La toute puissante directrice de cabinet du défunt président et grand argentier du régime résistera t-elle à l'envie d'imposer son époux l'actuel ministre des affaires étrangères Paul Ntoungui que plus d'un observateurs jugent consensuel? Autre baron qui pourrait être tenté par la magistrature suprême, c'est Jean Ping l'actuel président de la commission de l'union africaine. Prendra t-il le risque de quitter les sommets éthiopiens pour descendre dans l'arène?

Du côté de l'opposition les choses ne sont guère plus simples. Après avoir fait acte d'allégeance, le père Mba Abessole a perdu tout crédit. L'ex ami de trente ans Zacharie Myboto pourra t-il incarner la rupture d'un système après l'avoir pratiqué  durant trois décennies avant de cracher dans la soupe? La seule constance c'est que tous les candidats devront compter avec le puissant ministre de l'intérieur André Mba Obame le monsieur élections depuis quatre ans. A moins que lui même ne juge le moment  propice pour sortir du bois...

Dans l'avenir politique du Gabon qui se joue depuis le 7 juin deux autres données sont capitales. La réaction de la population et la dimension tribale.

La majorité de la population qui n'a guère profité de la manne pétrolière, est en droit désormais d'exprimer son ras le bol et de rejeter l'option d'une succession dynastique.
En 1967 le premier président Léon Mba issu de l'ethnie majoritaire fang confiait la direction du pays à un batéké qui avait pour nom Albert Bernard Bongo. Quarante et un an plus tard les fangs  pourraient estimer que le pouvoir devrait leur revenir.

En attendant comme le recommande la culture bantoue, l'heure est au recueillement  autour du défunt. Les hostilités débuteront au lendemain du 18 juin. Malgré les ambitions légitimes des uns et des autres souhaitons que le Gabon demeure une terre de paix comme il le fut au cours des cinquante dernières années.

Vous avez dit médiation?

Posté par : Denise Epoté le 3 juin 2009 à 15h32

Faut-il se féliciter du succès remporté par la diplomatie sénégalaise qui a réussi à faire changer la date du scrutin présidentiel en Mauritanie?
A première vue oui. Après neuf mois de crise opposants et partisans du coup d'état d'août 2008 ont fini par s'asseoir à la même table. L'élection qui devait se tenir le 6 juin est reportée au 18 juillet et ne sera plus boycottée par l'opposition comme elle l'avait annoncé. Dans le gouvernement d'union qui devrait voir le jour cette semaine les partisans du président déchu Siddi seront appelés à siéger. Obtiendront -ils les postes de souveraineté qu'ils ont réclamés? Rien n'est moins sûr.

 Images-1 A bien y regarder les pourparlers de Dakar, ne règlent pas les questions de fond. Mieux , ils les ont même soigneusement évitées. Après avoir crier haro sur le général putschiste, en suspendant la Mauritanie, l'union africaine vient de donner carte blanche au général démissionnaire Abdelaziz. Puisqu'il a  accepté de faire des concessions, il peut donc désormais envisager sereinement de se présenter à l'élection présidentielle de juillet et demain une fois élu retrouver ses pairs au sein de l'organisation panafricaine. Abdelaziz est donc le grand gagnant de ces négociations, il a tenu tête à l'Union africaine et cela à payé. Avec le soutien sonnant et trébuchant des monarchies du Golfe et du royaume du Maroc  les mois passés au ban de l'organisation internationale n'ont rien changé au quotidien des Mauritaniens. Au passage en confiant le poste de président intérimaire à un mauritanien de souche noire, Abdelaziz a rallié à sa cause cette communauté souvent marginalisée. Le 18 juillet le retour sur investissement pourrait bien faire pencher le vote de cette communauté en sa faveur. D'ici là aucune mesure ne contraint ses partisans à cesser de battre campagne. Ce qui leur donnent deux longueurs d'avance sur le camp des partisans du président déchuImages-2 Sidi Abdallahi qui eux devront attendre début juillet pour se mettre en ordre de bataille.

 Ce dernier doit se sentir bien seul aujourd'hui . Pour une poignée de postes au sein d'un hypothétique gouvernement d'union nationale, ses partisans réunis au sein du Front national pour la défense de la démocratie ont cessé d'exiger le retour à l'ordre constitutionnel. Les combats menés en 2007 en faveur de la démocratie mauritanienne semblent oubliés de tous.

Fin de l' arc-en-ciel?

Posté par : Denise Epoté le 21 avril 2009 à 14h55

  Images-1 Jacob Zuma n'aurait pas pu rêver meilleur soutien pour son dernier meeting de campagne.
La présence de  Madiba, Nelson Mandela premier président de l'Afrique du sud post appartheid au stade Ellis plein à craquer vallait tous les discours. Peu disert pendant la guerre qui opposa pendant près de deux ans Jacob Zuma à Thabo Mbeki et qui en décembre dernier a abouti à la scission  de l'Anc, Mandela par sa présence apporte au candidat Zuma l'onction nécessaire  à sa victoire. Un soutien que ne partage pas l'autre prix nobel sud-africain Monseigneur Desmond Tutu. Pour le célébrisime archevêque, l'élection de Jacob Zuma porterait préjudice au pays. Qu'à cela ne tienne, les militants de l'Anc ont choisi, ce sera Zuma ou rien. Vainqueur des trois précédentes élections, l'Anc est cette fois encore assurée de les remporter, les sondages lui prédisent plus de 60% des suffrages malgré le départ d'une frange du parti au sein du Cope restée proche de Mbeki et qui peine à s'imposer tant l'implantation de l'Anc est grande.

 Images-2 Images Dans le match qui l'oppose à Mbeki, Zuma marque ainsi un nouveau point. Dix ans après avoir cédé le pouvoir à Thabo Mbeki, fils de son fidèle compagnon de lutte Govan Mbeki, Mandela lui tourne le dos. Un désaveu dont ce serait passé l'ancien chef de l'état, après l'humiliation subie il y a quelques mois lors du congrès de l'Anc.

Demain aux affaires Zuma l'homme de gauche, le populiste dont l'image est ternie par les différents procés pour viol et pour corruption devra rassurer la communauté internationale, habituée jusqu'ici au modèle libéral insufflé par Mbeki au cours des dix dernières années. Au plan national, le futur locataire du Congress Hall aura fort à faire. Il devra tenir les nombreuses promesses faites aux sud-africains. Assurer l'emploi aux 40% de chomeurs qui ne tirent aucun profit des fruits de la croissance de l'économie la plus prospère du continent. Lancer et gérer au mieux une réforme agraire constament annoncée mais toujours repoussée, l'exemple zimbabwéen incitant à la plus grande prudence. Associer comme il l'a promis la population aux décisons que prendra le gouvernement, elle aura accès à un numéro vert ainsi qu'à un site dédié. Excellent programme de la part de quelqu'un réputé plus chaleureux que son prédécesseur, mais les promesses n'engageant que ceux qui les écoutent Jacob Zuma aura t-il les moyens de sa politique? Dans un contexte économique aussi difficile on peut craindre que non.

Coup d'état,nouveaux modes d'emploi?

Posté par : Denise Epoté le 19 mars 2009 à 16h33

M-pi Les crises qu'ont connu ces cinq derniers mois, la Mauritanie, la Guinée, Madagascar puis la Guinée Bissau attestent que le cycle de l'instabilité politique en Afrique que l'on croyait révolu est loin de l'être.
Aux coups de force classiques des années 60 ont succédé les coups de force constitutionnels alors même que l'avènement du multipartisme intervenu trente ans plus tard laissait penser que les dirigeants avaient enfin pris conscience de l'importance des alternances démocratiques dans le jeu politique.
La liste des bons élèves est hélas trop courte pour aujourd'hui se féliciter du bilan démocratique du continent. En souhaitant qu'ils ne connaissent jamais de crise politique les conduisant à piétiner les lois fondamentales d'un  état de droit, pour longtemps encore le Bénin, le Sénégal, le Mali, le Mozambique, le Ghana seront cités en exemple. Sur un total de cinquante deux états, le pourcentage d'états démocratiques est bien faible. Un dixième !!!

Alors à qui la faute? Aux dirigeants qui au fil de leur mandat se révèlent être des autocrates. Des présidents tant bien que mal élus qui concentrent en leurs mains tous les pouvoirs. Constitutionnellement le parti unique a vécu, mais dans les faits il a encore la vie dure.

Aux leaders des partis politiques, chacun prêchant pour sa chapelle. Proposant rarement des programmes alternatifs, ils sont les spécialistes du "pousses toi que je m'y mette".

La faute aux institutions ou plus tôt à ceux qui les animent. Les parlements comme les sénats ont perdu leur vocation, ce sont des caisses d'enregistrement. Toutes les lois y sont votées à une majorité écrasante.

La société civile, elle aussi dans ce triste bilan a une part de responsabilité non négligeable. Attirée par les ors de la république elle a perdu son sens critique.

6a00d83452081969e2011279751f9828a4-800wi La population également est comptable de ce bilan. Elle qui par le biais du vote est invitée à faire entendre sa voix. Mais par ces temps de scrutins aux résultats connus d'avance, que valent aujourd'hui les votes des électeurs. Bien peu de chose. Alors il ne lui reste plus que la rue pour crier son ras le bol ou sa haine des dirigeants corrompus. Ce fut le cas récemment à Madagascar. Porté au pouvoir par la rue en 2002 certes après des élections, c'est la population qui sept ans plus tard poussera Marc Ravalomana à écourter son mandat.

6a00d83452081969e2011279751edf28a4-800wi Puis il y a l'armée. En Mauritanie, en Guinée et en Guinée Bissau elle a sifflé la fin de la récréation. A l'exception de la Guinée Bissau où il y a eu mort d'homme, les coups de force version années 70  sont passés de mode. La grande muette  composée aujourd'hui d'officiers supérieurs de talent entend désormais jouer sa partition sur la scène politique. Une nouvelle donne que devra intégrer la communauté internationale, elle dont les prises de position sont à géométrie variable.

Curieuse accélération...

Posté par : Denise Epoté le 4 février 2009 à 12h01

Images Ouf, Joseph Kabila peut enfin souffler. A l'horizon se profile la fin de l'interminable guerre du Kivu. L'armée nationale congolaise n'ayant jamais réussi à venir à bout de la soldatesque de Laurent Nkunda, il aura fallu la générosité du voisin rwandais pour mettre un terme à l'entreprise du leader du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).


Certes la pression des pays nordiques et de la Grande Bretagne est pour beaucoup dans ce changement de cap de Paul Kagamé. L e chef de l'état rwandais  s'étant toujours défendu de soutenir et d'armer le général dissident.
La communauté internationale qui a toujours feint de voir la main de Kigali dans la déstabilisation de la RDC, devrait aujourd'hui se poser une question: comment peut-on aussi rapidement mettre fin à une entreprise si on ignore tout de la réalité de cette entreprise?
Kunda arrêté, de nombreuses questions demeurent à ce jour sans réponse. Quid  de son extradition vers la RDC où le sénat refuse de voter son amnistie pour faits de rebellion?
Quid de son transfert devant la CPI comme son allié Thomas Lubanga? Paul Kagamé est-il prêt à jouer jusqu'au bout la transparence dans la gestion de ce dossier? Avec le risque demain d'être cité parmi les donneurs d'ordres, par un Laurent Nkunda qui ne voudra pas porter seul le chapeau?

Images-1 L'arrestation de Nkunda ôte certes une épine du pied à Joseph Kabila, mais ses soucis sont loin d'être terminés. L'accord donné à l'armée rwandaise de poursuivre sur le sol congolais les génocidaires hutus (FDLR) n'est pas du goût de tout le monde à Kinshasa et de l'opposition en particulier. Le loup est dans la bergerie  dit-elle. Et pour cause, nul ne connaît la durée et la nature exacte de cette expédition.
A cela s'ajoute les interrogations suscitéess par la teneur du plan Sarkozy: "comment dans cette région, partager l'espace et partager les ressources?"
Cette proposition à tout le moins surprenante, traduit la volonté manifeste de Paris de se réconcillier avec Kigali. Mais au détriment de qui? L'opposition congolaise s'insurge contre ce fâcheux précédent et souhaite le report sine die du voyage prévu en mars du président français en RDC.

Bangui, rendez-vous manqué

Posté par : Denise Epoté le 14 janvier 2009 à 12h59

  Images Maintes fois souhaité par l'opposition le dialogue politique centrafricain s'est enfin tenu à Bangui. Le choix de la date qui coïncidait avec la célébration des 50 ans de l'indépendance du pays était révélateur de la volonté de la classe politique accusée de tous les maux, de prendre un nouveau départ.

C'était sans compter avec les vieux réflexes d'un pouvoir autoritaire. Un mois plus tard, les recommandations prises par les politiques, les politico-militaires et la société civile tardent à être mises en oeuvre.
Durant quinze jours ce grand déballage a permis de dresser une lise des nombreux cas de violation de la constitution par les différents gouvernements depuis l'avènement de l'indépendance. Pour ce Renouveau Centrafricain tous les acteurs politiques à l'exception de l'ancien président André Kolingba ont répondu présents. Après cinq années d'exil en terre togolaise, le président déchu Ange-Félix Patassé était lui aussi de la partie. Tous ont cru et nous avec, qu'enfin la RCA était prête à écrire une nouvelle page de son histoire pour en finir avec les crises à répétition qui ont plombé le développement de ce petit pays situé aux confins du Tchad et du Soudan. Deux encombrants voisins...

Si elles ont été un gage de succès, les qualités du président du dialogue Pierre Buyoya, et celles du président du comité de suivi Bongo Odimba, ne pourront rien face à l'entêtement du président Bozizé qui aujourd'hui refuse d'appliquer les recommandations pourtant arrêtées par consensus. Dans l'intérêt suprême du pays, les deux parrains pourront-ils l'y contraindre? Rien n'est moins sûr.

Images-1 Fort de la légitimité qu' il a acquise au sortir de ces assisses, François Bozizé entend désormais faire cavalier seul en attendant le scrutin de 2010. Les élections de 2005 lui avaient déjà permis de légaliser sa prise de pouvoir par les armes intervenue deux ans plus tôt.  Un coup de force que la communauté internationale avait  salué en son temps... Pour cause, il mettait un terme au régime fantasque d'Ange-Félix Patassé. Hélas, six ans plus tard  rien n'a changé, le pays est toujours exsangue. La désignation d'un premier ministre de consensus censé conduire un gouvernement d'union nationale n'est toujours pas à l'ordre du jour. A défaut d'être consultée et associée à la gestion des affaires, l'opposition centrafricaine prend son mal en patience. Et dans les chancelleries occidentales on médite sur cette erreur de casting.

Black Star

Posté par : Denise Epoté le 12 décembre 2008 à 13h12

Ancienne colonie britannique, le Ghana fut le premier pays africain à obtenir l'indépendance en 1957. Un rang qu'il s'applique à tenir malgré les nombreux écueils rencontrés et heureusement surmontés. Après  avoir alterné gouvernements militaires et civils, le pays est depuis 1992 un des rares modèles de culture démocratique. Arrivé en fin de mandat les présidents Jerry Rawlings et John Kufor n'ont pas contrairement à leurs homologues été tentés par une modification de la constitution. Il aurait pourtant suffit de quelques marches organisées et bien encadrées pour qu'ils puissent garder leur fauteuil.

Images4_3 Alors que le triste feuilleton électoral au Zimbabwé, autre ancienne colonie britannique entre dans son neuvième mois, ce 7 décembre c'est encore d'Accra que nous vient la bonne nouvelle. Le scrutin qui oppose John Atta-Mills ancien vice président de Jerry Rawlings à Nana Akufo-Addo du parti au pouvoir, de l'avis unanime des observateurs s'est déroulé de manière exemplaire. Une exception, dans une Afrique où la règle semble être devenue la violence post-électorale. Malgré le mince écart qui les séparent, 49,13% contre 47,92%, les deux candidats et leurs partisans ont accueilli avec dignité les résultats de la commission électorale. Rendez-vous est donc pris pour un second tour le 28 décembre. D'ici là les ghanéens connaîtront la composition du parlement. Pour peut que le parti du futur président ne remporte pas les 116 sièges requis pour la majorité absolue, le pays serait appelé à connaître sa première cohabitation.

Images1_8 Une épreuve délicate qu'il appartiendra aux deux principaux partis de gérer avec beaucoup de doigté pour ne pas faire démentir une expression chère au président sortant selon laquelle le Ghana est "un phare en Afrique". Autre appel lancé aux deux candidats, que le démarrage annoncé de la production pétrolière à partir de 2010, n'inscrive pas le Ghana sur la liste des damnés de l'or noir.

Leçon d'humilité

Posté par : Denise Epoté le 26 novembre 2008 à 18h47

Images Robert Mugabé au Zimbabwé , Mwaï Kibaki au Kenya  et la liste hélas ne s'arrête pas là, n'auraient jamais pu rêver d'un pareil clin d'oeil de l'histoire. Qualifiés par toute la communauté internationale d'anti-démocrates, pour avoir refusé d'accepter le résultat des urnes. L'élection du premier secrétaire du parti socialiste français est venue leur rappeler qu'ils n'étaient pas les seuls adeptes de cette méthode. Certes l'enjeu électoral n'est pas le même car d'un côté il engage la vie d'une nation et de l'autre l'avenir d'une formation politique, mais au final c'est une image bien pâlichonne de la démocratie qui est offerte aux militants.

Au PS les violences n'ont été que verbales mais elles fragilisent  un parti désireux de compter sur l'échiquier politique national et qui ne s'en donne toujours pas les moyens.  Au Kenya et au Zimbabwé on ne compte plus les victimes innocentes dont la vie a été sacrifiée sur l'autel de l'égo d'hommes politiques réfractaires au changement. Un célèbre homme politique français disait des africains qu'ils n'étaient pas mûrs pour la démocratie. Sûrement si on s'en tient à tous les drames humains qu'entraîne chaque élection sur le continent. Mais comment demain se prévaloir d'une longue expérience pour accompagner les jeunes démocraties après le spectacle que nous ont offert les soeurs ennemies du PS ?

Déjà en 2000 l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire avait fait couler beaucoup d'encre. Nombreux furent les dirigeants occidentaux à dire que le président Gbagbo avait été mal élu et à souhaiter un troisième tour. Quelques mois plus tard, lors de l'élection américaine, alors que des erreurs dans le décompte des voix furent signalées en Californie, état gouverné par le frère de Georges Bush, personne n'osa exiger un retour aux urnes des américains.

Attendons de voir ce que nous réserveront les traditionnels donneurs de leçon à l'occasion des prochaines élections en terre africaine.