« Pour tout homme, même s’il a l’esprit encore sain et alerte, le corps a ses limites dont il convient de tenir compte »
C’est par cette belle périphrase qu’Antoine Guizenga Fundji annonça à ses compatriotes congolais son départ de la primature au terme de vingt un mois. En décembre 2006 au moment de sa prise de fonction le premier ministre était alors âgé de 81 ans !
A cette époque Antoine Guizenga Fundji aurait dû avoir l’élégance de décliner l’offre qui lui était faite, pour céder la place à plus jeune que lui au sein de la formation politique qu’il dirige. Hélas, ce ne fut pas le cas.
Trois ans plus tôt, à quelques kilomètres de là à Bangui, Abel Nguéndé Goumba né le 18 septembre 1926, céda lui aussi aux sirènes du pouvoir. Re-céda serait-on tenté d’écrire car en 1959 il fut le premier ministre du tout jeune état centrafricain. Fonction qu’il occupa de nouveau durant neuf mois au lendemain du coup d’état de mars 2003.
Loin de moi l’envie de contester la riche expérience des deux patriarches. Leur principal défaut, du haut de leur bel âge, est de manquer de fougue et d'entrain pour animer des équipes gouvernementales dans des états en pleine reconstruction.
Quant aux présidents François Bozizé et Joseph Kabila, la hantise d’avoir à leurs côtés un premier ministre qui leur fasse de l’ombre et qui au fil des mois serait tenté de briguer la magistrature suprême, est à l’origine de leurs erreurs de casting.



