Jamais une élection américaine n'aura autant passionné les foules sur le continent africain. De Tunis au Cap et de Dakar à Nairobi, on ne compte plus les clubs de soutien au candidat démocrate. Dans toutes les capitales et même dans les coins les plus reculés, jeunes et vieux exhibent fièrement tee-shirts, casquettes et autres pagnes à l'effigie de leur champion.
Depuis son investiture en juin dernier face à Hillary Clinton, il ne se passe pas un seul jour où les médias consacrent des pages ou du temps d'antenne à l'enfant du pays, comme on dit ici. Dans de nombreux états d'Afrique Centrale, le nom Obama est un nom courant chez les Fangs et signifie aigle ou épervier...
Pour la majorité des Africains, l'élection du 4 novembre ne sera qu'une simple formalité. L'Afrique a déjà élu Obama. Cette obamania tient au fait que le candidat démocrate est plus qu'un symbole pour un continent dont l'image a toujours été écornée et qui se trouve ainsi réhabilité par un homme dont l'intelligence, les qualités et le charme ne sont contestés par personne, même pas par ses adversaires républicains. Les rares Africains à contenir timidement leur ferveur ont encore en mémoire les échecs de Jesse Jackson aux présidentielles de 1984 et de 1988, mais également la défaite de Tom Bradley, candidat malheureux au poste de gouverneur de Californie en 1982. A voix haute ils s'interrogent : "l'Amérique serait-elle prête à élire à sa tête un métis alors que là-bas on est soit blanc soit noir ?".
Ce que ce destin a de fabuleux, c'est qu'à la différence des Afro-Américains, qui depuis la guerre de sécession et l'affirmative action, se battent pour la liberté, Obama né d'un père kenyan ne traînant pas ce lourd passif incarne l'égalité qu'on ne leur a jamais concédée ! Il est la preuve que malgré les couacs enregistrés dans le camp républicain, la question raciale aux Etats-Unis a enfin été surmontée. Dans quel autre pays occidental pourrait-on ainsi faire abstraction de la couleur d'un citoyen pour ne s'arrêter que sur ses compétences et ses qualités ?
Malgré les travers de l'administration Bush, que nous n'oublierons pas de sitôt, cette AMERIQUE où tous les rêves sont possibles fascine à plus d'un titre.
Avant Obama, Collin Powell et Condoliza Rice ont été les symboles isolés de cette Amérique post raciale ; lui fait mieux, il l'incarne. Le 5 novembre 2008 la première puissance du monde sera peut-être dirigée par un citoyen américain non blanc et de père kenyan. Cela suffit a expliquer la ferveur de tout un continent qui recouvre par procuration sa dignité.


Bonjour Denise
Je viens de découvrir votre blog. Permettez moi de vous féliciter de cette belle initiative.
Pour revenir à l'élection d'Obama, disons que c'est une belle leçon que les USA viennent de donner au Monde. C'est au moment où l'on parle de la faillite des EU qu'ils rebondissent de la plus belle manière. En effet, ils viennent de porter à leur tête un fils d'un Kenyan de l'ethnie Luo.
Les africains peuvent se réjouir que l'un des leurs soit à la Maison Blanche, mais ils doivent aussi mener leur autocritique. Quand je pense que le Kenya –pays d’origine d’Obama- a été au bord de la guerre civile il n'y a même pas une année à cause d'affrontements ethniques suite à une élection présidentielle, que la Côte d'Ivoire a connu un guerre civile à cause de "l'ivoirité", que le racisme et l'esclavage sont toujours présents en Mauritanie,...
Tout à l'honneur donc des Américains qui ont su réaliser la prophétie de Martin Luther King. Barak Obama est à la Maison Blanche pas pour la couleur de sa peau mais par le trait de son caractère.
Merci à Obama d'avoir redonné à tous la confiance en soi.
"Yes we can"
Rédigé par: Baba Seydi | 08 novembre 2008 à 11:16
Bonjour Denise.
Je viens une fois de plus réagir à votre article sur l'election de barack Obama.
Cela a fait énormement plaisir à tous les peuples du monde sans distinction de races. Tout ce qui est beau attire. Les USA viennent de montrer à la face du monde qu'un réel changement venait de prendre le train.Mais en comparaison avec les pays africains, le moment était venu depuis une semaine de l'élection de Barack Obama que les dictateurs africains comprennent que c'est bien eux qui trahissent l'indépendance du continent. Les Biya, les Bongo, les sassou Nguesso, les Idriss Deby ,les Compaoré, et bien d'aautres...
Toutes ces personnes ont trahi l'Afrique.Vous en tant que femmes de média bien aguerries ,vous avez la mission noble de programmer des emissions de vérité pour que les africains prennent consience que l'accumulation des mandats présidentiels dans certains pays en Afrique, est un crime.C'est bien vous le quatrième pouvoir au monde aviez la possibilité de poser des questions bien crues aux dictateurs africains qui multiplient des mandats d'arrêter de s'éterniser au pouvoir. On attend encore de termes du genre;doyen des chefs d'État, doyen de ceci, de cela...
Un tel élan ne fait que reculer la démocratie et l'alternance.je crois bien que même l'élite intellectuelle africaine est complice de l'état dans lequel se trouve l'Afrique.
Il n'y a pas de vérité à dire aux dictateurs qui ont endeuillé leurs pays et tout le continent.
On doit aussi avoir des Barack Obama en Afrique.
C'est ça la vérité! la vraie vérité!
Rédigé par: GERVAIS MBOUMBA | 10 novembre 2008 à 23:16
"poster un commentaire" typekey jackson
Rédigé par: jackson | 22 juillet 2009 à 16:47