Robert Mugabé au Zimbabwé , Mwaï Kibaki au Kenya et la liste hélas ne s'arrête pas là, n'auraient jamais pu rêver d'un pareil clin d'oeil de l'histoire. Qualifiés par toute la communauté internationale d'anti-démocrates, pour avoir refusé d'accepter le résultat des urnes. L'élection du premier secrétaire du parti socialiste français est venue leur rappeler qu'ils n'étaient pas les seuls adeptes de cette méthode. Certes l'enjeu électoral n'est pas le même car d'un côté il engage la vie d'une nation et de l'autre l'avenir d'une formation politique, mais au final c'est une image bien pâlichonne de la démocratie qui est offerte aux militants.
Au PS les violences n'ont été que verbales mais elles fragilisent un parti désireux de compter sur l'échiquier politique national et qui ne s'en donne toujours pas les moyens. Au Kenya et au Zimbabwé on ne compte plus les victimes innocentes dont la vie a été sacrifiée sur l'autel de l'égo d'hommes politiques réfractaires au changement. Un célèbre homme politique français disait des africains qu'ils n'étaient pas mûrs pour la démocratie. Sûrement si on s'en tient à tous les drames humains qu'entraîne chaque élection sur le continent. Mais comment demain se prévaloir d'une longue expérience pour accompagner les jeunes démocraties après le spectacle que nous ont offert les soeurs ennemies du PS ?
Déjà en 2000 l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire avait fait couler beaucoup d'encre. Nombreux furent les dirigeants occidentaux à dire que le président Gbagbo avait été mal élu et à souhaiter un troisième tour. Quelques mois plus tard, lors de l'élection américaine, alors que des erreurs dans le décompte des voix furent signalées en Californie, état gouverné par le frère de Georges Bush, personne n'osa exiger un retour aux urnes des américains.
Attendons de voir ce que nous réserveront les traditionnels donneurs de leçon à l'occasion des prochaines élections en terre africaine.

