Ancienne colonie britannique, le Ghana fut le premier pays africain à obtenir l'indépendance en 1957. Un rang qu'il s'applique à tenir malgré les nombreux écueils rencontrés et heureusement surmontés. Après avoir alterné gouvernements militaires et civils, le pays est depuis 1992 un des rares modèles de culture démocratique. Arrivé en fin de mandat les présidents Jerry Rawlings et John Kufor n'ont pas contrairement à leurs homologues été tentés par une modification de la constitution. Il aurait pourtant suffit de quelques marches organisées et bien encadrées pour qu'ils puissent garder leur fauteuil.
Alors que le triste feuilleton électoral au Zimbabwé, autre ancienne colonie britannique entre dans son neuvième mois, ce 7 décembre c'est encore d'Accra que nous vient la bonne nouvelle. Le scrutin qui oppose John Atta-Mills ancien vice président de Jerry Rawlings
à Nana Akufo-Addo du parti au pouvoir, de l'avis unanime des observateurs s'est déroulé de manière exemplaire. Une exception, dans une Afrique où la règle semble être devenue la violence post-électorale.
Malgré le mince écart qui les séparent, 49,13% contre 47,92%, les deux candidats et leurs partisans ont accueilli avec dignité les résultats de la commission électorale. Rendez-vous est donc pris pour un second tour le 28 décembre. D'ici là les ghanéens connaîtront la composition du parlement. Pour peut que le parti du futur président ne remporte pas les 116 sièges requis pour la majorité absolue, le pays serait appelé à connaître sa première cohabitation.
Une épreuve délicate qu'il appartiendra aux deux principaux partis de gérer avec beaucoup de doigté pour
ne pas faire démentir une expression chère au président sortant selon laquelle le Ghana est "un phare en Afrique". Autre appel lancé aux deux candidats, que le démarrage annoncé de la production pétrolière à partir de 2010, n'inscrive pas le Ghana sur la liste des damnés de l'or noir.


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