Maintes fois souhaité par l'opposition le dialogue politique centrafricain s'est enfin tenu à Bangui. Le choix de la date qui coïncidait avec la célébration des 50 ans de l'indépendance du pays était révélateur de la volonté de la classe politique accusée de tous les maux, de prendre un nouveau départ.
C'était sans compter avec les vieux réflexes d'un pouvoir autoritaire. Un mois plus tard, les recommandations prises par les politiques, les politico-militaires et la société civile tardent à être mises en oeuvre.
Durant quinze jours ce grand déballage a permis de dresser une lise des nombreux cas de violation de la constitution par les différents gouvernements depuis l'avènement de l'indépendance. Pour ce Renouveau Centrafricain tous les acteurs politiques à l'exception de l'ancien président André Kolingba ont répondu présents. Après cinq années d'exil en terre togolaise, le président déchu Ange-Félix Patassé était lui aussi de la partie. Tous ont cru et nous avec, qu'enfin la RCA était prête à écrire une nouvelle page de son histoire pour en finir avec les crises à répétition qui ont plombé le développement de ce petit pays situé aux confins du Tchad et du Soudan. Deux encombrants voisins...
Si elles ont été un gage de succès, les qualités du président du dialogue Pierre Buyoya, et celles du président du comité de suivi Bongo Odimba, ne pourront rien face à l'entêtement du président Bozizé qui aujourd'hui refuse d'appliquer les recommandations pourtant arrêtées par consensus. Dans l'intérêt suprême du pays, les deux parrains pourront-ils l'y contraindre? Rien n'est moins sûr.
Fort de la légitimité qu' il a acquise au sortir de ces assisses, François Bozizé entend désormais faire cavalier seul en attendant le scrutin de 2010. Les élections de 2005 lui avaient déjà permis de légaliser sa prise de pouvoir par les armes intervenue deux ans plus tôt.
Un coup de force que la communauté internationale avait salué en son temps... Pour cause, il mettait un terme au régime fantasque d'Ange-Félix Patassé. Hélas, six ans plus tard rien n'a changé, le pays est toujours exsangue. La désignation d'un premier ministre de consensus censé conduire un gouvernement d'union nationale n'est toujours pas à l'ordre du jour. A défaut d'être consultée et associée à la gestion des affaires, l'opposition centrafricaine prend son mal en patience. Et dans les chancelleries occidentales on médite sur cette erreur de casting.

