Bon, d'accord je n'étais pas à l'ouverture du Bolchoï à Moscou, hier soir, comme Monica Bellucci mais j'ai le plaisir de recevoir Jean-Guillaume Bart, danseur étoile à l'Opéra de Paris et chorégraphe. Il réinvente un ballet oublié, "La Source" et il est notre invité ce samedi à 16 heures, dans "Y'a du monde à Paris".
Cette oeuvre, créée au XIXème après moult péripéties, est tombée peu à peu dans l'oubli. Il n'en restait même plus rien, si ce n'est ce tableau de Degas : le peintre français a saisi sur le vif une des danseuses pensives, et on peut voir qu'il y avait un vrai cheval et un vrai lac plein d'eau sur scène...
Une oeuvre grandiose, donc, saturée d'Orient et de romantisme, nous sommes au 19ème siècle, les artistes sont très inspirés par les contrées exotiques, que ce soit les peintres Ingres ou les écrivains, Théophile Gautier, Flaubert avec "Salammbô. "La Source" de Jean-Guillaum Bart conserve ce romantisme, cet orientalisme mais dans une version plus épurée, c'est aussi vrai pour la danse.
Le chorégraphe défend son attachement à la danse classique. Il s'est aussi très bien entouré, c'est Christian Lacroix qui signe les costumes ( une équipe de TF1 l'a suivi dans les ateliers de l'Opéra) et aussi Eric Ruf pour le décor, Clément Hervieu-Léger de la comédie française oour réécrire le livret.
Jean-Guillaume Bart nous en dira plus ce samedi à 16 heures, heure de Paris.
"La Source" est à voir jusqu'au 12 novembre à l'Opéra Garnier de Paris, le ballet sera aussi retransmis en direct dans les cinéma Pathé de France et à l'étranger, le 4 novembre à 19 h 30.
3 Initiales celles de Bilodeau (Jasmin), Giguere (Sébastien) et Laverdière (Nicolas). Ces plasticiens québecois forment une entité artistique depuis 15 ans, et ils célèbrent cette date anniversaire en France en présentant "Spectacles+Problèmes". Une oeuvre conçue pour la 10ème Nuit Blanche parisienne, et qui maintenant s'expose au Mac/Va, centre d'art contemporain situé à Vitry sur Seinel.
"Spectacles+problèmes" se veut un feu rassembleur. Un brasier avec des flammes factices mais l'illusion est troublante. C'est le but recherché par BGL qui aime jouer avec les apparences, mais qui refuse dans le même temps de nous laisser dans l'illusion. La lumière s'allume pour nous montrer les ficelles utilisées. On retrouve leur thématique de prédilection : critique de la société de consommation, questionnement sur l'état de notre planète.
BGL aime l'humour, le recyclage et ils sont nos invités ce dimanche à 16 heures, faut-il s'attendre à un happening ? A voir...
Elle a une énergie folle, une jolie voix acidulée et beaucoup de talent : Nadéah nous vient d'Australie. Cette jeune femme au physique de mannequin aime les concerts "sauvages" dans les petits troquets parisiens, elle sort son premier album solo, "Vénus gets even", label Cinq7. Oui vous allez pouvoir ricaner de mon accent anglais...
C'est un album qui donne envie de danser, de chanter, de bouger et pourtant, elle a galéré Nadéah, et ses chansons si légères sont aussi très personnelles, très douloureuses. Mais pas question pour elle de se laisser aller à de sombres balades romantiques. Ses galères, elle les met en chansons, des chansons enlevées, sautillantes, très "cabaret".
Bref un petit peu de fantaisie pour supporter ce monde de brutes, c'est qui nous faut non ?
Je vous laisse apprécier si vous ne connaissez pas la demoiselle et je vous donne rendez-vous à 16 heures, heure de Paris !
Une invitation, un voyage de presse au Mac/Val : ça tombait bien, je n'y étais jamais allée...
Plus d'excuses donc, me voilà au rendez-vous 14h15 devant le théâtre du Châtelet à Paris avec d'autres journalistes "cultureux". Un bus nous emmène dans ce haut lieu de la culture contemporaine, situé à Vitry sur Seine.
Vous ne pouvez pas le rater : une colonne colorée de Dubuffet érigée sur le rond-point signale l'endroit : un espace très grand, un rien bruyant, qui accueille la fine fleur des plasticiens du monde entier. Et pour cette rentrée 2011, toute l'équipe ou presque nous accueille et nous présente les oeuvres exposées, en présence des artistes invités.
Alors on commence avec Tomas Espina et Martin Cordiano, deux plasticiens argentins, l'un construit, l'autre déconstruit. "Dominio", leur oeuvre commune, nous emmène dans un appartement où tout est fissuré avant de nous faire pénétrer une pièce noire et sonore, qui vous suprend et vous bouscule.
Le mexicain Carlos Amorales lui s'empare du code civil français, un code qu'il a réécrit au crayon à papier avant de le soumettre à des avocats, juristes, étudiants en droit. Ils peuvent ainsi revoir, corriger, modifier des lois : ils s'en expliquent dans une video. Et voilà comment notre perception des lois est là aussi bousculée, pourquoi écrit-on des lois, dans quelle mesure sont-elles justes ? A méditer...
A peine le temps de regarder la vidéo et nous voici devant "Spectacles+Problèmes" du collectif québecois, BGL, cet immense brasier factice nous donne presque chaud mais nos plasticiens ont choisi de dévoiler leurs artifices. On est dans du spectacle, ne l'oublions-pas !!! Ils seront nos invités dimanche à 16 heures.
Enfin, la visite se termine avec les expériences cinématiques du danois Jesper Just, il propose en avant-première mondiale "This Unknow Spectacle". Lui joue sur les codes du cinéma. Il nous propose des poèmes visuels inspirés du 7ème art.
Six oeuvres sont présentées dont "A Vicious Undertow" où se mêlent Alain Resnais "L'Année dernière à Marienbad" mais aussi Bergman, avec les deux personnages féminins qui renvoient à "Persona".
Une oeuvre énigmatique à voir jusqu'au 5 février 2012.
Paul Klee à la Cité de la musique : le choix peut surprendre si comme moi, vous ne connaissez pas vraiment ce peintre suisse de la première moitié du 20ème siècle. Cet artiste a toujours été tiraillé entre ses deux vocations : la peinture et la musique. Né dans une famille de musiciens, il fut violoniste d'orchestre, il va se tourner vers l'art pictural de manière progressive, modeste .
Et c'est ce destin artistique qui nous est raconté : une exposition très épurée, riche en tableaux et en effets personnels. Une exposition que vous pouvez suivre en musique grâce à un parcours sonore, ou dans un silence presque recueilli. Marcella Lista, la commissaire, a choisi un parcours chronologique en 6 périodes. Elle a voulu revenir sur certaines idées préconçues : non, Paul Klee, n'était pas un artiste isolé tant sur le plan artistique que politique. Bien au contraire...
"Polyphonies" refuse la comparaison systématique entre la vocation picturale et musicienne de l'artiste mais nous expliquer sa démarche, les grands tournants dans sa carrière. En admirant les oeuvres de Paul Klee, "Fugue en rouge" - "La Lumière et les arêtes" - "Timbalier" : on redécouvre le dadaïsme, le Bauhaus, l'art de l'abstrait mais aussi la première guerre mondiale, le nazisme.
"Polyphonies" c'est aussi le mot le plus juste pour définir une peinture qui voulait faire cohabiter des arts multiples, une peinture qui recherchait la simultanéité. Paul Klee joue sur les seuils de perception, sur la transparence. Une oeuvre où tout est dans le détail.
C'est une époque passionnante et Paul Klee l'est tout autant. Marcella Lista vient nous en parler dans le journal de 16 heures, dans "Y'a du monde à Paris", votre rendez-vous du week-end.
Fin du 26ème festival international du film francophone de Namur, et le palmarès me semble très juste, il couronne deux films humanistes, drôles et émouvants. Et deux réalisateurs sympathiques, la libanaise Nadine Labaki et le québecois Philippe Falardeau.
Le Bayard du meilleur film est attribué l'excellent et drôlissime "Et maintenant on va où ?" de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, un prix de plus à mettre sur sa cheminée. Le film cartonne dans les festivals et dans les salles de cinéma.
Le Prix spécial du jury revient à Philippe Falardeau pour " Monsieur Lazhar". Honneur aussi au trio de jeunes comédiens des "Géants" du belge Bouli Lanners, Zacharie Chasseriaud, Martin Nissen et Paul Bartel ont reçu le Bayard du meilleur comédien. Prix collectif aussi pour le Bayard de la meilleure comédienne, attribué à toutes les actrices du film "Et maintenant on va où ?"
Le Bayard du meilleur scénario revient à "L'Exercice de l'Etat" de Pierre Schoeller. Et le Bayard d'or de la photographie au directeur de la photographie Jean-Paul De Zaeytijd pour" Les Géants", et c'est mérité tant ce film baigne dans une lumière magnifique...
Voilà rendez-vous l'année prochaine à Namur du 5 au 12 octobre avec Marie-France, Patrick et ses chauffeurs, chaufferettes... Moi, je leur décerne le Prix Spécial TV5 Monde du festival le plus sympa !